Datajournalism: le Washington Post "piste" Barak Obama
Par Alain Joannes le vendredi 26 mars 2010, 14:13 - PRATIQUES PROFESSIONNELLES - Lien permanent
Aux citoyens américains qui veulent savoir ce que fait leur POTUS ( =
Président Of The United States), le Washington Post propose
un accès
facile à l'agenda de la Maison Blanche compilé dans une base de
données.
Le principal intérêt de cette offre journalistique appelée POTUS
Tracker réside dans une interface graphique interactive, simple mais
particulièrement éloquente.

Chaque surface représente un type d'activité. L'importance relative de ces
surfaces indique le nombre d'évènements liés à chacune de ces activités.
Une ligne blanche, insuffisamment perceptible, sépare l'année 2009 de l'année
2010.
Une meilleure séparation temporelle peut être obtenue en ajustant un curseur
sur une date de départ pour obtenir les résultats d'une période précise. Par
exemple, ci-dessous, les activités de l'hôte de la Maison Blanche depuis le
début de l'année 2010.

En cliquant dans une des sections ( 2009 ou 2010 ) d'un quadrilatère,
l'internaute accède une liste chronologique d'évènements impliquant Barak Obama
dans l'un des vingt enjeux de l'activité présidentielle.
Le Washington Post a retenu une quinzaine de types d'évènements: briefings
quotidiens, conférences de presse, déplacements à l'étranger, conversations
téléphoniques officielles, rendez-vous protocolaires, vacances.

Outre celles qui conduisent aux enjeux et à la nature des activités, deux
entrées sont réservées aux noms des personnalités rencontrées et aux
localisations des déplacements présidentiels, avec évidemment une carte
pertinente réalisée à partir d'une Google map.
Si ces entrées multiples ne suffisent pas, un moteur de recherche trouve dans
la base de données les contenus associés aux mots clés. Ainsi, dès le 26 mars,
le mot "Iowa" renvoyait au discours présidentiel prononcé la veille, dans cet
état, sur la réforme du système de santé. Rien de plus facile que d'aller,
ensuite, chercher dans les archives du journal, les articles, opinions et
billets de blogs concernant cet évènement.
Enfin des filtres permettent de réduire le nombre d'enjeux à explorer, en ne
regroupant par exemple que les dossiers diplomatiques et militaires ou les
seuls thèmes qui relèvent des affaires intérieures.
On reconnait, derrière cette ergonomie quasiment ludique, la logique interne
d'une base de données avec ses enregistrements, ses champs, ses tables, ses
requêtes et formulaires, austères délices d'Access...
Précisément: le principal intérêt du travail réalisé par neuf personnes est
d'avoir considérablement simplifié la consultation d'une masse énorme de
données en évitant le piège de
l'esthétisme qui guette la ''french touch'' en journalisme de
données. C'est une médiation au sens le plus exigeant et le plus
évident.
C'est donc du journalisme d'aujourd'hui car impossible à proposer ailleurs que
sur le web.
