Pionnier, et toujours en avance, dans le traitement des évènements complexes en rich media, le "New York Times" montre comment la transformation d'une base de données en une carte interactive procure une forte valeur ajoutée à l'information.

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Sur cette carte, les petits cercles de différentes couleurs représentent tous les homicides recensés par la police depuis 2003 dans les cinq districts de la ville. Au premier coup d'oeil, l'infonaute comprend que le Bronx est plus dangereux que Manhattan.

Il peut vérifier cette impression initiale en entrant une adresse dans une boîte de dialogue,NYT_homicides_map_7eme_avenue.jpg sur la 7ème avenue de Manhattan par exemple: il y a peu de scènes de crimes autour du pointeur dans ce très chic quartier des médias et de la publicité.

Les codes de couleurs permettent de savoir avec quelles armes les homicides ont été commis, par qui (sexe, âge, appartenance ethnique) et qui en a été la victime avec les mêmes éléments d'identification, y compris la date, voire l'heure, du décès et les motivations du meurtrier quand elles sont connues..

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Cependant, l'information la plus intéressante de cette carte globale réside dans représentation des évolutions. En effet, si la totalité des crimes recensés depuis six ans est impressionnante, ce qui compte pour les citoyens, c'est de savoir si la mortalité est en hausse ou en baisse, quartier par quartier. Il y a dans ces mesures de précieux éléments d'appréciation sur les politiques sécuritaires.

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Un curseur temporel situé au-dessus de la carte permet de visualiser, année par année, le caractère plus ou moins létal de la ville et de ses différents quartiers.

La valeur ajoutée de la carte du "NewYork Times" s'apprécie d'abord du point de vue de l'internaute. Il ne pourrait pas assimiler, dans un texte et même sous la forme de tableaux ou de graphismes statistiques, toutes les données textuelles et chiffrées concentrées dans cette visualisation. Du coup, les deux pages de texte du site web peuvent se consacrer à la contextualisation des données cartographiques.

NYT_homicides_genres_de_crimes.jpgC'est évidemment le travail journalistique que produit cette valeur ajoutée. Il suffit d'imaginer l'ampleur de la collecte auprès des services de police puis son traitement séquentiel, caractéristique des industries de contenus.

La collecte des reporters du service des faits divers a été formatée dans une base de données. On reconnaît, dans le fonctionnement interactif de la carte, les relations entre les tables et les champs d'un système lourd et minutieux comme celui d'Access. Une base de données de ce type n'est exploitable que par des utilisateurs compétents.

Il a donc fallu transformer un système de gestion de bases de données relationnelles en images faciles à manipuler et à comprendre, ce qui suppose une réflexion sur l'ergonomie et une bonne dose d'empathie.

Ce travail de développement a été réalisé par sept personnes: Matthew Bloch, Shan Carter,Tyson Evans, Brian Hamman, Andrew W. Lehren, Angelica Medaglia, Jo Craven McGinty dont il importe peu de savoir s'ils sont reporters, informaticiens spécialistes des bases de données, documentalistes ou infographistes.

Ce qui réjouit l'infonaute avide d'informations qui produisent du sens, c'est la symbiose de toutes ces expertises et compétences, l'importance du travail collaboratif en essaim sur une telle production et le constat qu'un organe de presse investit dans de telles compétences.

Ce qui étonne le plus c'est que le "New York Times" ne fasse pas payer l'accès à une information aussi consistante. Qu'un organe de presse offre en consuiltation gratuite des articles peu élaborés, c'est désormais la norme. Qu'il ne fonde pas, au moins partiellement, son modèle économique sur la rémunération d'une telle valeur ajoutée est beaucoup moins compréhensible.