La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie
Par Alain Joannes le mardi 28 avril 2009, 14:05 - METHODES DE VERIFICATION - Lien permanent
Dans l'état actuel de mon travail (1) sur les rumeurs qui ont précédé et qui
accompagnent désormais l'émergence du phénomène H1N1, j'ai pu identifier trois
matrices factuelles, quatre vecteurs de propagation, une structure rhétorique
commune et une dynamique d'amplification, principalement dans la
blogosphère.
LES MATRICES FACTUELLES
J'appelle "matrice" un fait ou un ensemble de faits avérés qui constitue la
source lointaine ou récente d'une rumeur. Une des caractéristiques de la
désinformation est de s'appuyer sur des réalités passées ou présentes puis de
les modifier de manière plus ou moins subtile pour aboutir à des factoïdes ou
pseudo-faits.
Dans le cas de la grippe dite porcine, voici par ordre d"ancienneté, les trois
matrices identifiées à ce jour:
1- la guerre bactériologique: les réalités
historiques, telles qu'elles sont manipulées aujourd'hui, remontent à la
Deuxième Guerre mondiale et notamment aux agissements japonais. Une tentative
plus récente se réfère aux relations entre les Etats-Unis et Cuba dans les
années soixante-dix. Ces jours-ci est apparue une variante "prospective" qui
implique Israël et l'Iran.
2 - L'accident de laboratoire: il y a eu, en
février, une erreur de manipulation dans un laboratoire pharmaceutique situé en
Europe. Le thème de l'éprouvette qui s'écrase sur le sol et qui libère un
poison (2) dévastateur est une constante anthropologique (l'apprenti sorcier
et, plus profondément, le mythe de Prométhée) que l'on retrouve dans les
courants d'opinion anti-scientifiques.
Ce thème fait partie de la mémétique (Voir ce
billet ainsi que mon livre,
pages 84, 89, 90.)
3 - L'anti-capitalisme : les performances
boursières, positives ou négatives, de certains groupes pharmaceutiques
réactivent une allégation aussi ancienne que le SIDA: les "big pharmas"
créeraient de nouvelles maladies pour améliorer leur chiffre d'affaires. On
trouve notamment dans cette matrice 3 une référence à la firme Bayer qui a été
accusée de distribuer des produits dangereux et ceux - conspirationnistes ou
anti-capitalistes - qui exploitent cette matrice se réfèrent systématiquement
au même article du quotidien "Le Monde".

Remarque:
Hollywood a exploité la matrice 1 (guerre bactériologique) et la matrice 2
(accident de laboratoire), dans "Alerte !" de Wolfgang Petersen avec,
notamment, Dustin Hoffmann et Donald Sutherland.
Ce film catastrophe emprunte à la matrice 1, le thème du secret et celui de la
pulsion apocalyptique attribués au "complexe militaro-industriel" américain
(dénoncé naguère par le général Eisenhower). Sutherland incarne un général
psychopathe qui renvoie au climat de guerre froide cultivé dans "Le docteur
Folamour".
"Alerte !" emprunte à la matrice 2 le thème de l'accident de laboratoire. Un
des personnages, incarné par Kevin Spacey, est atteint par un virus parce que
sa combinaison de protection se déchire.
Ce film est sorti le 12 avril 1995, c'est à dire au moment précis où un
laboratoire militaire du Maryland récupérait le virus H1N1 retrouvé dans les
poumons d'une fillette tuée en Alaska par la grippe espagnole de 1918. Mais le
scénario hollywoodien avait été imaginé et écrit avant la récupération
militaire du virus dont la structure génétique a été publiée en 2005.
A l'intention des blogueurs incultes
qui commentent ce qu'ils ne comprennent pas dans un style rédactionnel typique
de la confusion mentale, voici une nouvelle image à plagier.
Elle renvoie à un film de "science fiction" signé Lars Von Trier, film sorti en
1987.
LES VECTEURS DE PROPAGATION
Vecteur A: les groupes conspirationnistes, adeptes de la "théorie
du complot". Leurs blogs et leurs réseaux sociaux accusent les
Etats-Unis (pêle-mêle: la CIA, le Pentagone, la Maison Blanche) d'avoir
fabriqué puis libéré la souche A/H1N1. Parmi les innombrables "preuves"
proposées par ces groupes, celle-ci: un savant mexicain serait mort de la
grippe porcine vingt-quatre heures après avoir rencontré le président Obama en
visite officielle...
Vecteur B: une mouvance
écolo-altermondialiste-anticapitaliste. Ces trois sensibilités
se rejoignent dans la mise en cause de Wall Street, des grandes firmes
pharmaceutiques et de la mondialisation. A côté de cette mouvance, des groupes
opposés à la vaccination obligatoire des enfants reprennent, avec une probable
sincérité, les "démonstrations" idéologiques d'une fraction de
l'ultra-gauche.
Vecteur C: les réseaux anti-sionistes. Leur
virulence les rend particulièrement délirants. Au point de sombrer dans une
certaine confusion. L'un d'entre eux affirme que l'Iran aurait bénéficié de
l'aide d'anciens biologistes militaires soviétiques afin de prévenir une
attaque israélienne programmée pour la mi-juillet 2009....A noter que quelques
blogs ultra-sionistes évoquent une "peste islamiste".
Vecteur D: les blogs et tweets de faux
experts mythomanes affamés de notoriété. Ils semblent, pour
l'instant, peu influents mais leurs "raisonnements" d'allure scientifique
commencent à alimenter les vecteurs A et C en "preuves" apparemment
rationnelles.
Remarque: un grand nombre de ces vecteurs,
parmi les plus anciens et les plus actifs - relevant essentiellement des types
A, B et D - sont géographiquement situés au Québec. Je cherche à savoir
pourquoi.

Des vecteurs différents s'alimentent aux mêmes matrices pour développer
leurs propres tonalités de désinformation: les alter-mondialistes (B) puisent,
comme les conspirationnistes (A) dans la même matrice 1 de la guerre
bactériologique qui relève, fondamentalement, de l'anti-américanisme. De même,
les anti-sionistes qui se distinguent des anti-sémites mais qui, dans la
désinformation que j'étudie sont dominés par les anti-sémites (C) puisent dans
la matrice anti-capitaliste 3. Les traits noirs se réfèrent à des liens
explicites entre les différents vecteurs: ils sont évidents entre les
anti-sionistes et les conspirationnistes. Le courant (bleu) opposé à la
vaccination obligatoire va chercher des arguments un peu partout. Les faux
experts (D) distribuent leurs "raisonnements scientifiques" à tout le
monde.
LA STRUCTURE RHETORIQUE
La rhétorique des propagateurs de désinformations en tous genres prend appui
sur:
1- la perplexité, le scepticisme ou, au
contraire, la crédulité voire l'anxiété qui
commence à générer l'incertitude sensible depuis mardi soir
chez certains officiels.
2 - les zones d'opacité qui apparaissent temporairement ou qui
subsistent parfois dans l'information officielle et médiatique. Et, désormais,
quelques incohérences et contradictions dans
cette information.
3 - la défiance que les médias inspirent de manière
latente.
Voici un échantillon synthétique, reconstitué, de cette structure narrative:
"On ne vous dit pas tout. On vous cache des choses. La preuve, les
officiels et les médias se contredisent sur tel point. Donc, ils mentent. S'ils
mentent c'est qu'ils ont des objectifs inavouables. Objectifs cachés que nous
sommes en mesure de dévoiler..." Commence alors la litanie des "preuves",
souvent mélangées à des faits réels anciens ou récents, intacts ou
déformés.

Une des manipulations les plus redoutables, dans les actuelles opérations de
désinformation, consiste à amener un universitaire à apporter, sans qu'il sans
doute peut-être, des éléments de preuve aux conspirationnistes. Un chercheur
français vient, dans une réponse ambivalente apportée à un intervieweur, de
valider une partie de la thèse conspirationniste inspirée par la matrice 1
(guerre bactériologique).
LA DYNAMIQUE D'AMPLIFICATION
Dans la mesure où l'information officielle et médiatique a été relativement
rapide, dense et plutôt crédible jusqu'à présent, la désinformation menée par
les groupes à irrationalités exacerbées n'a pas obtenu la même puissance
qu'après les attentats de septembre 2001. Mais cette dynamique de
désinformation est plus forte qu'à l'automne 2005 quand la grippe aviaire est
devenue un thème médiatique.
La dynamique d'amplification prend son essor à partir de données officielles
incomplètes. Par exemple, la nature exacte de l'incident de laboratoire survenu
en février.
Cette dynamique se nourrit, dès qu'elle le peut, de la moindre contradiction au
sein de l'information conventionnelle (= information officielle et information
médiatique). Par exemple, ce mardi, un virologue a brièvement évoqué à la radio
2000 à 3000 contaminations humaines au Mexique; cette évaluation est "sortie"
sans explications; elle n'a aucune cohérence avec le nombre officiel de décès
dûs à ce virus au Mexique; elle accrédite la rhétorique du "on ne nous dit
pas tout; donc, on nous cache quelque chose."
Une relance de la dynamique de désinformation pourrait intervenir par le biais
de polémiques dont les médias audiovisuels sont friands:
- Un expert accuse le gouvernement de mentir sur la préparation de la France à
une éventuelle pandémie. On a pu lire aussitôt sur certains blogs des
commentaires émanant de personnels hospitaliers qui accusent (anonymement mais
avec des exemples crédibles) de mentir au pays; il est évident que les
personnels hospitaliers ont, en ce moment, des tas de raisons d'accuser le
gouvernement mais le soupçon de défaillance en matière de santé publique est
évidemment plus porteur que des revendications catégorielles.
- Un candidat aux élections européennes n'hésite pas à s'emparer du thème de la
grippe porcine pour essayer d'attirer l'attention sur une campagne à laquelle
personne ne s'intéresse.
- Certains sites médiatiques peu scrupuleux sont à la recherche de "sujets"
susceptibles de "faire du buzz" à leurs profit (3). Leur business
consiste à "balancer" n'importe quoi pourvu que ça fasse du bruit, sous la
signature d'un contributeur amateur, de laisser le temps aux "vrais"
journalistes de vérifier - en réalité: de laisser le "buzz" enfler - puis de
faire plus ou moins machine arrière en dégageant la responsabilité de la
rédaction.
- A court de matière rédactionnelle, si le développement de l'émergence
ralentit dans les jours qui viennent, les médias traditionnels n'hésiterons pas
à "relancer" l'actualité avec des polémiques, des "buzz" (4) et des "scoops".
Autant d"atouts qui seront offerts aux maniaques de la désinformation.

Dans l'état actuel des choses, grâce au web et à la partie experte de la
blogosphère, le risque de pandémie n'a donné lieu à aucun dérapage de quelque
ampleur. Sauf sur Twitter qui déverse des torrents d'inanités mais où l'on
trouve aussi des sources rapides et fiables.
1) Pour des raisons éthiques - et mon étude n'étant pas terminée - je ne
fournirai pas, dans un premier temps, les liens conduisant vers les vecteurs de
propagation de la désinformation. Trop d'exaltés se précipiteraient vers ces
blogs pour y chercher des arguments qu'ils répliqueraient de manière virale.
Quelques sites médiatiques iraient y chercher de quoi créer le buzz
indispensable à leur business''. Quelques "journalistes citoyens"
s'adonneraient à leur activité préférée: le plagiat.
2) Ce n'est pas ce qui s'est passé en février 2009 où il y a eu une erreur
de manipulation non expliquée entre la maison mère, sa filiale européenne et
une entreprise sous-traitante .
3) J'ai été contacté par une "journaliste" se réclamant , la pauvre, de
l'un de ces sites: elle était vivement intéressée par un seul détail de mon
billet de dimanche: "C'est quoi la rumeur ? C'est quoi l'adresse du blog
qui a lancé la rumeur ?". (Encore un peu de patience, cocotte, tu sauras
bientôt tout).
4) J'attends avec une gourmandise sardonique, je dois l'avouer,
l'argumentation des médias tradionnels qui diront, en substance: " C'est à
cause du web. Il y avait un tel buzz qu'on a été obligés de traiter le sujet.
Même si on savait que c'est faux. A partir du moment où tout le monde en parle,
çà relève de l'actu." Ben voyons.
Commentaires
Bonjour, et merci pour votre veille sur la grippe mexicaine.
A propos de théories du complot, j'ai remarqué la résurgence de l'information sur un vide des registres du labo de Fort Detrick concernant un virus encéphalique au sein de diverses théories sur la pandémie actuelle. Je n'ai pas conservé les liens, toutefois j'ai un lien relativement intéressant sur l'évènement en lui-même (vous l'avez peut-être déjà, c'est au cas où) : http://www.wired.com/dangerroom/200...
Je ne peux qu'être d'accord avec vous à propos de l'inanité de l'information qu'on trouve sur twitter en partant à la pêche. Ca n'a d'intérêt qu'en suivant certaines sources de première ou seconde main (comme celle qu'a indiqué un commentateur dans votre précédent billet).
Je viens de lire l'article, que je ne connaissais pas, de "Wired"
Il m'est impossible de l'inclure dans ma typologie de la désinformation car cet article est, en réalité, la réflexion personnelle d'un journaliste de "Wired" sur un article du "Washington Posté.
(Voilà qui en dit long, soit dit en passant, sur l'état de la presse en ligne américaine: faire un article sur un article sans apporter aucune information, rien que du "jus de crâne" étalé dans un style ringard - années quatre-vingt dix - de "smart guy".)
Cependant, on ne peut pas soupçonner de désinformation un journaliste qui souligne les risques inhérents aux préparatifs de guerre bactériologique. Les journalistes, les citoyens, les mouvements écologistes et autres ont parfaitement le droit d'interpeller les pouvoirs publics sur les risques du nucléaire, sur la gestion des déchets nucléaires, sur les OGM et sur tout ce que les sciences et les technologies recèlent comme menaces potentielles.
C'est ce que fait le journaliste de "Wired". Il oublie ou ignore qu'il y a toujours eu des problèmes de ce type et que, malheureusement, les moyens militaires permettent parfois d'accélérer la recherche scientifique. Tel est le cas du virus H1N1 retrouvé dans les années cinquante dans un cimetière d'Alaska, récupéré en 1995 par un laboratoire militaire du Maryland et séquencé dix ans plus tard pour faciliter la recherche civile de vaccins....
La désinformation commence quand des arguments fallacieux mélangés à des faits vrais plus ou moins déformés sont déployés à des fins idéologiques ou autres dissimulées car inavouables.
Merci Alain pour votre billet tout à fait intéressant.
Cependant, après cette analyse tout à fait intéressante, comment s'informer de manière crédible ? Les média ont des biais, les théories alternatives aussi, les politiques également... L'OMS?
Trois réponses à expérimenter séparément ou de manière cumulative:
1 - lire mon billet précédent sur les sources fiables.
2 - exercer son discernement de citoyen internaute exigeant. Par exemple, sur les 10 000 tweets par heure qui déferlent sur Twitter (Pardon, je plaisantais. Je pensais au journaliste du Figaro.fr et à la journaliste du "Monde" qui utilisent Twitter comme une agence de presse.)
3 - Lire mon livre "Le journalisme à l'ère électronique" dans lequel je propose une typologie des sources d'information, de la plus fiable à la plus nocive ainsi que des méthodes de vérification des informations et de validation des sources.
En parlant de source (qui n'en ai pas une d'ailleurs, mais une agrégation de sources, je n'ai pas pris le temps de l'évaluer), en voici une qui pourrait il me semble vous intéresser...
http://swineflu.ushahidi.com/
Je viens de regarder l'application au phénomène H1N1 de cette remarquable plateforme dont j'ai parlé naguère à propos des tueries au Congo.
Ses indications semblent raisonnables, ce qui ne devrait pas faire apparaître une telle source dans les commentaires d'un billet dédié à la désinformation. Mais je n'ai pas le temps de transférer votre commentaire vers le billet précédent consacré aux sources fiables.
J'ai juste noté, vers 15h30 ce mercredi, un retard par rapport à l'annonce officielle du premier décès aux Etats-Unis. Mais, mieux vaut un tel retard qu'une hystérique twitterisation.
Les sources semblent sérieuses, bien que très conventionnelles.
En tous cas, c'est visuellement performant avec une salutaire hiérarchisation entre la suspicion et la confirmation des différents cas.
Petite "timeline" semblant bien faite a propos du la fameuse grippe:
http://biosurveillance.typepad.com/...
Encore un lien qui devrait figurer dans les commentaires du précédent billet consacré aux sources fiables.
Le fil twitter de Veratect a en effet été inclus dans la catégories des sources rapides et fiables grâce à un internaute.
Ce qui est nouveau dans le lien que vous proposez, c'est l'adjonction d'un réseau social de médecins pour approfondir le canal Twitter de Veratect.
Bonsoir,
Merci pour la qualité de votre blog.
Afin de pouvoir résister collectivement à la désinformation, quel dommage que nous ne recevions pas tous une formation telle que celle que vous dispensez à vos étudiants même si nous ne sommes pas des journalistes. Cela nous aiderait j'en suis certain en tant que "citoyen internaute exigeant" à mieux exercer notre jugement et à trier plus facilement le bon grain de l'ivraie. Je pense également à une formation qui pourrait être orienter vers les lycéens afin de les armer des bons outils d'analyse dans le monde de sur/des-information qui vient.
Je profite de ce mot pour vous soumettre une réflexion. J'ai suivi l'évolution sur 3 jours du nombre de followers des site Twitter de Veratect (http://twitter.com/Veratect) et du CDC (http://twitter.com/CDCemergency). Veratect est passé en deux jours de 2.400 à 4.700 followers, le CDC est passé en 2 jours de 18.000 à 42.000. Le nombre de messages informatifs posté par Veratect a été sur cette période de 300 environ, le CDC n'en a émis que 6.
- Le public a donc semble-t-il tendance naturellement à se tourner vers le gouvernement et une source connu. Le site Twitter du CDC continue à gagner régulièrement 4 ou 5 fois plus de followers que le site de Veratect.
- Le WHO, les gouvernements américains et français ne semblent pas avoir ouvert de site Twitter pour informer le public (il y a pourtant des centaines de milliers de personnes jeunes et éduquées sur Twitter qui ont faim d'informations)
- La seule source "publique" présente, le CDC n'arrive a fournir que 6 gazouillements en deux jours alors que le monde entier est en émoi
- Malgré le probable bouche à oreille (j'observe un buzz important et organisé - auquel je contribue - autour de Veratect), la quantité et la qualité de l'information donné : le taux de progression des followers des deux sites reste pour le moment stable dans le temps en fonction des fuseaux horaires.
Le public est donc tout à fait demandeur d'une information "officielle" brute, vérifiée, coordonnée et transparente (gouvernement, CDC, Who, ...) qui tuerait dans l'oeuf la désinformation. Qu'atttendent donc ces organisations pour s'y mettre ?
Votre travail d'observation des sites Twitter de Veratect et du CDC enrichit les billets de ce blog consacrés au traitement de la presque pandémie.
Il n'est pas très étonnant que le fil du CDC soit beaucoup plus suivi que celui de Veratect. Cette firme est peu connue (c'est vous qui m'en avez révélé l'existence) et elle opérait jusqu'à présent dans le secteur "B2B" c'est à dire dans les services aux entreprises, pas aux particuliers.
Par ailleurs, le CDC est massivement cité par les médias du monde entier et ces citations sont encore plus massivement citées par les blogueurs.
Le point le plus intéressant de votre observation réside sans doute dans la différence entre le nombre de messages informatifs postés par les deux entités. Sans soupçonner le moins du monde Veratect d'en rajouter, il me semble naturel, de la part d'une firme privée spécialisée dans la communication de crise, de profiter de cette actualité pour faire connaître son savoir-faire, qui est réel.
A l'inverse, le CDC se doit de raréfier sa communication afin de la rendre à la fois plus solennelle et plus percutante. Imaginons le CDC, ou tout autre organisme officiel, vomissant 10 000 tweets à l'heure comme cela a été enregistré mardi sur les canaux "swine flu" de Twitter: cela provoquerait une sensation de panique et d'incohérence et la crédibilité de ces instances serait pulvérisée.
Un des gros problèmes que commencent à rencontrer les organismes officiels européens - et qui explique l'attitude du CDC - c'est le risque d'incohérences, voire de contradictions entre eux. Or, plus ces organismes publient d'informations, plus le risque de décalages, d'incohérences, de contradictions entre les sources officielles augmente statistiquement. Le moindre hiatus au sein de l'information officielle est exploité par les vecteurs de désinformation que je continue à étudier et qui sont littéralement en transes.
S'agissant des étudiants de l'IFP, le thème du risque imminent de pandémie à traiter en février était un thème d'examen de Master 2ème année, pas un cours complet.
Mon opinion personnelle est que ce qui se passe en ce moment est une preuve, parmi d'autres, de la nécessité pour les médias en quête de crédibilité de créer une fonction rédactionnelle de Chercheur Vérificateur. C'est un poste qui n'existe pas dans les rédactions. Il devrait être ouvert aux journalistes, aux documentalistes et à toutes personne désireuse de s'investir dans l'étude des moteurs et méthodes de recherche, dans les techniques de vérifications de l'information et dans la validation des sources.
J'ai proposé depuis longtemps de créer et d'animer une formation de ce type, vitale pour la crédibilité des organes d'information. Aucune réponse.
Les images ne s'affichent pas sur mon navigateur (IE8)
En effet. C'est nouveau. Depuis ce lundi matin. Peut-être un problème avec l'hébergeur. Je ne peux m'en occuper que ce soir. Désolé.
Bonjour,
Dans le commentaire no 4, vous évoquez un billet précédent sur la fiabilité des sources, pouvez vous mentionner de quel billet vous parlez exactement ?
Bonne journée
Billet daté du dimanche 26 avril:
http://www.journalistiques.fr/post/...
Bonjour,
Plusieurs idées que je vais développer ici inspiré par la lecture de votre article :
Je trouve votre article incomplet, en effet vous décriver des mécanismes possibles de désinformations par ce que vous nommez des matrices et vous montrez la dynamique de récupération de l'évènement par différents groupes qui veulent l'utiliser pour leurs propres causes, toutefois, par exemple, le traitement politique de l'affaire du sang contaminé en France ou encore le chiffre officiel de l'AIEA du nombre de mort par radiation en ex-URSS suite à l'accident de Tchernobyle nous montre que des sources officielles ne sont pas au dessus de tout soupçon quant à la rétention avéré d'informations (il ne s'agit pas là de rumeurs, d'incohérence sur des points de détail ou de données incomplètes vu le recul qu'il y a sur ces sujets), je trouve que vous mettez très rapidement de coté tout ce qui dévit de la ligne officielle sans en traiter aucune pour ne pas alimenter la rumeur (intention louable) mais sans démonter non plus ces rumeurs ni la manipulation sous jacente y étant attachée ne serait ce que pour illustrer le propos.
Dans ce processus autour de cette épidémie quelque chose m'interpelle, sans vouloir faire d'amalgame malheureux, je ne peux m'empécher de faire le parallèle avec les grèves en Guadeloupe où, d'après ce que j'ai constaté vu de Belgique, il a fallut des semaines avant que l'évènement soit traité de manière significative par les médias de métropole, ici nous sommes dans une situation où un pays lointain, pauvre et au service de santé déficient est touché par une épidémie et où les médias en fond leurs choux-gras en un temps record.
Dans un cas, la crise sociale met en cause l'attitude de la métropole provoquant un malaise face aux accusations de racisme et de colonialisme (pour faire court), dans l'autre cas, la crise sanitaire conforte le système de santé en place dans les pays européens et fait dire "qu'on est quand meme bien chez nous" (pour faire court là aussi), bref il y a consensus et non remise en cause de la société.
Mon parallèle a le tord de comparer le traitement journalistique de deux évènements, pas le traitement politique de ceux-ci, cela contribue à l'effet de dissonance utilisée par les manipulateurs d'informations, toutefois les journaux qui choisissent de traiter ces sujets sont eux-aussi politisés (personne ne discutera des positions politiques respectives du Figaro et du NouvelObs ;) ), il y a donc un choix politique de la façon dont une information est répercutée, même si ceux qui fond le choix ne sont pas directement ceux qui sont au pouvoir, la répercussion d'un sujet est tout de même traité en fonction du rapport de force qui va peser sur la vie politique.
Autre idée, ce type d'article comme ce message sur ce blog a tendance à systématiquement démontrer que les "complots" et "ententes" à au niveau n'existent pas, que ce sont toujours des idées de manipulateurs en puissance. Pourtant, l'histoire nous apprend qu'à la conférence de Yalta, les dirigeants de l'époque se sont d'une certaine façon "partagé le monde", la réalité du partage ne s'est pas affichée au grand jour au lendemain de la conférence, il a fallut du temps pour que tout se mette en place. De façon similaire, une société choisi de jetter dans l'oublie certaines choses de son histoire qui la gène, ainsi, fait assez connu en Europe, les japonais fond l'impasse dans leur enseignement de l'histoire du rôle de l'Allemagne nazi et des atrocités japonaises en Chine, de même, chose peu admise en Europe, les pays européens fond l'impasse sur le comportement de leurs concitoyens dans leurs colonnies respectives, ainsi, en France dans les années 80, l'enseignement de la colonisation consistait à étudier la décolonisation, pas la colonisation en elle-même. Qu'est ce que tout cela sinon de la manipulation organisée par les états eux-mêmes ?
Bonne journée
Je suis en désaccord avec vous sur les principaux points que vous développez. Je souscris à quelques unes de vos affirmations secondaires
Mon désaccord sur le premier paragraphe de votre réflexion porte sur ceci: vous me reprochez de désigner des sources de désinformation que j'appelle "matrices" et de ne rien dire de la désinformation institutionnelle, politique, voire médiatique. Mais vous passez allègrement, pour étayer votre grief, d'un problème - le phénomène actuel A/H1N1 - à un autre problème - le sang contaminé, Tchernobyl... Je vous dis franchement que votre rhétorique m'apparaît totalement fallacieuse, voire intellectuellement malhonnête, pour trois raisons que voici:
1 - Le sujet du billet, ce n'est pas le sang contaminé mais une actualité qu'on appelait il y a quelques jours encore "grippe porcine" ou "grippe mexicaine". J'accepterais votre accusation et j'en serais humilié s'il était démontré par moi ou par d'autres que les gouvernements ont produit de la désinformation sur l'affaire qui nous occupe en ce moment. Si j'avais désigné des groupes et non des gouvernements, pris en flagrant délit de désinformation, ce serait de l'auto-censure, voire pire. Mais vous n'êtes pas en mesure de prouver que les gouvernements ont désinformé sur le H1N1 et je tiens donc votre accusation pour nulle et non avenue.
2 - Les circonstances ont beaucoup changé sur un point que vous négligez gravement et qui réduit à néant tout le reste de votre réflexion. A Yalta ( comment fonctionne l'information en temps de guerre !...) lors de l'émergence du SIDA en 1981, lors de l'explosion de Tchernobyl, le web n'existait pas. Les autorités pouvaient faire de la rétention d'information, voire de la désinformation - et ne s'en sont pas privés pour le fameux nuage radioactif qui aurait survolé l'Europe mais contourné la France - parce que le web n'existait pas.
3 - Le web et c'est le sens de mes trois billets sur le phénomène H1N1 , empêche les gouvernements de faire de la rétention et de désinformer, les incite à faire de la communication assez proche de la réalité (avec quand même les incertitudes scientifique sur le comportement du virus et le souci de ne pas semer la panique) parce qu'ils savent, les gouvernements, qu'un scientifique, un témoin bien placé peuvent à tout moment briser la loi du silence, dénoncer les censeurs, sur un blog ou sur un site. Même les journalistes qui, naguère étaient réduits au silence par la rétention d'information ou la censure interne, peuvent aujourd'hui enquêter et publier sur le web en s'affranchissant des anciennes contraintes. Je ne dis pas que la désinformation officielle n'est plus possible. Je dis qu'elle est moins facile qu'avant: en 1984, j'ai voulu enquêter sur le sang contaminé. Non seulement il était impossible de trouver un interlocuteur valable qui acceptait de parler sur la réalité de la contamination, mais mes patrons ne croyaient pas à l'opportunité d'enquêter. Aujourd'hui, je pourrais enquêter comme Marie-Dominique Robin l'a fait sur Arte à propos des OGM de la firme Monsanto: " Sans internet, je n'aurais pas pu mener à bien mon enquête et réaliser son documentaire".
Votre (presque) mauvaise foi sur la désinformation hier et aujourd'hui et votre confusion assez désolante sur les différentes époques plus ou moins propices à la manipulation m'incitent, évidemment, à récuser l'amalgame assez odieux que vous faites entre l'actualité H1N1 et les évènements sociaux en Guadeloupe.
Je n'irai donc pas plus loin. Je publie votre réflexion et j'y réponds parce que vous êtres poli - contrairement à d'autres, dont les inanités sont dans la poubelle du web - mais je vais quand même vous citer un cas de désinformation politique et médiatique:
La ratification par référendum du projet de traité constitutionnel européen a donné lieu, en 2005 en France, à une cynique désinformation de presque tous les partis politiques français et à une honteuse mésinformation de la part des journalistes qui conseillaient à 85% des éditorialistes de voter "oui" alors qu'ils n'avaient pas lu ce texte. Or ce texte - que j'ai lu et analysé - contenait des horreurs anti-démocratiques que personne n'a jamais relevé. Celle-ci: l'Union européenne ne connaît que l'économie de marché. Traduction: il est constitutionnellement impossible aux citoyens européens de choisir le type d'économie qui convient à leurs aspirations. Heureusement, malgré la désinformation politicienne et la mésinformation médiatique, ll s'est trouvé des citoyens néerlandais et français assez lucides pour rejeter un texte fondamentalement insupportable, fort mal construit, fort mal écrit et traduit.
Ceci pour vous conseiller avant de prendre la posture de redresseur de torts de réfléchir un peu pour savoir de quoi l'on parle, à quelle époque, dans quelles circonstances et surtout ne pas "raisonner" en comparant des tensions sociales et un virus.
Cher Monsieur,
Je vous remercie de m'avoir répondu de manière constructive.
En relisant votre article, mon message et votre réponse et en y réfléchissant longuement, je pense avoir été mis en erreur par le titre de votre article "La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie", titre générique n'indiquant pas que vous vous attachez à traiter exclusivement le cas de la grippe A/H1N1, pour moi vous le traitiez de manière large, comme vous l'auriez fait vis à vis des élèves auxquels vous donnez cours. Je suis arrivé sur votre blog en venant de rezo.net (probablement) et j'ai eu l'impression que vous cherchiez à traiter dans votre article le sujet vraiment de manière générique et pas uniquement le cas du A/H1N1, d'où mon élargissement rapide du sujet vers le sang contaminé avec le virus du sida (autre pandémie) et vers l'accident de Tchernobyle de nature différente d'une pandémie mais aux effets voisins (grand nombre de personnes malades, contamination invisible, dénuement devant la maladie engendrée). A ma lecture trop large du sujet par rapport à votre article ciblé sur le A/H1N1, j'ai considéré que vous aviez "expédié" le sujet de manière facile par rapport à ce que j'attendais d'un article générique sur le sujet de la désinformation sur les pandémies.
Je ne peux que m'excuser platement et sincèrement de mon erreur, tout en essayant d'en apprendre qque chose pour ne plus la faire !
Concernant le point 2 de votre réponse, j'admet volontier avoir perdu de vu que Yalta se passer en temps de guerre avec une censure bien en place, et qu'effectivement, "l'effet web" n'existait pas lors de l'affaire du sang contaminé, toutefois je trouve que vous surestimez l'influence du web même si vous affirmez que malgré sa présence, la manipulation est possible, la guerre d'Iraq pour "contrer la présence des armes de destruction massives" en est un exemple, nous en conviendrons tous les deux, je pense.
Je m'explique, le phénomène des blog n'était pas ce qu'il est aujourd'hui et l'Iraq était une dictature ne laissant pas de place aux blogueurs ni au journalisme d'investigation, la situation d'alors en Iraq est celle de bien des pays aujourd'hui, laissant la porte ouverte à des opérations militaires similaires.
L'effet web est à mon avis contrebalancé par le fait qu'on y trouve le pire comme le meilleur et qu'un blog noyé parmi d'autres (comme c'est le cas du votre par exemple, sans vouloir ni vous vexer ni vous attaquer d'une façon quelconque) n'est à priori pas plus fiable qu'un autre.
Par ailleurs, les pressions commencent à se faire sur le contenu des blogs pour la non-divulgation d'informations : ici un procès, là du harcélèment fiscale, ailleurs une blogueuse-serveuse de bar indélicate licenciée pour avoir répété les propos d'un ministre à moitier ivre dans un bar à New-York. Le web à ouvert la porte sur le non contrôle de la divulgation de l'information (noyé dans un flood d'informations fausses), certains groupes d'intérêt essayent de refermer cette porte. Comment savoir si la porte est toujours ouverte ? Pour l'instant cela semble être le cas, bien malin qui pourra dire si cela durera (cela ne m'empèche pas de l'espérer).
Concernant la possibilité que les journalistes ont de publier sur le web ce qu'ils voient et qui serait soumis à une forme de censure, c'est une réalité pour autant qu'ils aient les moyens financiers de faire leurs reportages et qu'en faisant cela ils ne mettent pas en danger leurs sources de revenus, de plus, comme j'ai l'impression que cela à tendance à se faire depuis peu, le bloggeur solitaire peut se voir mis en procés et devoir avancer des frais d'avocat importants (sauf à prendre l'avocat pro-déo au talent inconnu), ce risque est assumé par le journal pour lequel le journaliste-bloggeur travaille dans le système de la presse traditionnelle. Mon expérience de la vie professionnelle dans l'industrie high-tech montre qu'il n'est pas nécessaire d'être en droit pour qu'un procés soit "rentable" au final, mettre à genoux le concurrent par des frais d'avocat élevé suffit à remplir l'objectif (je parle ici de ce qu'il se passe par rapport au droit des brevets, état de fait que je n'approuve pas et qui m'écoeur du métier où je suis). Je fais probablement un parallèle injustifié entre le monde des brevets et le monde journalistique, ce qui se passe dans les brevet ne correspond pas à la situation des journalistes en Europe, j'en suis conscient, je vois se parallèle plutot comme une dérive possible à laquelle je suis à l'écoute quand je regarde ce qui est rapporté sur le web.
Concernant le parallèle que je fais sur le virus H1N1 et les évènements sociaux en Guadeloupe que vous qualifiez d'odieux, mon propos concerne le traitement médiatique des fait (écrits et web des grands médias principalement, je n'ai pas la télévision), mon propos n'est pas de mettre en balance la vie des gens avec un conflit social dans un pays riche. Au vu de mon intention, j'ai du mal à situer ce que vous trouvez d'odieux.
Ce qui pour ma part m'insupporte dans le traitement fait par la presse sur ces deux sujets est d'un coté une négation du phénomène pendant un certain temps et d'autre part la surenchère médiatique quasi immédiate. Dans les deux cas, les sujets sont traités trop souvent superficiellement sans explication de fond. De là, pour la Guadeloupe, j'ai cherché à aller au delà de ce qui était présenté dans les médias, en creusant sur les revendications des grévistes, sur les statistiques et raisons qu'ils avancent, je me documente sur la situation socio-économique des communautés en présence (par exemple http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amsud... paragraphe 2.4). Pour synthétiser ce que je lis, je cherche à mettre des mots sur les grandes tendances sans m'encombrer du politiquement correcte ni du vocabulaire qui va avec (des malvoyants de la dialectique de la presse sont des aveugles, appelons un chat un chat). Quand je lis qu'en Guadeloupe les blancs contrôlent les postes décisionnaires de l'administration, que 1% de la population (des blancs) contrôle 40% du secteur privé (le reste étant gérés par des investisseurs de métropoles), que les différentes communautés se mélangent peu, les mots "racisme" et "colonialisme" sont ceux qui me viennent à l'esprit.
Pour en revenir au traitement que les médias fond du sujet, puisque c'est là dessus que je veux faire un parallèle entre le grippe et la Guadeloupe (et pas sur les évènements en eux-même), je m'interroge sur les raisons du passage sous silence de ces informations socio-économique sur la Guadeloupe, des choix de rédaction qui s'oppèrent, de là je m'interesse aux témoignages divers sur le fonctionnement interne des rédactions des journaux (ces témoignages accessibles grâce au web !), je tombe des nues, la situation est pire que ce que je pensais, la crédibilité que j'accorde aux médias (et, de là, aux journalistes) baisse significativement.
Je m'interroge aussi sur leurs motivations, je repense à la sociologie et à la psychologie, à l'idée de contrat social, aux dénis qu'une société a de son passé ou de son comportement présent ; je pense à l'influence de la société sur les médias et à l'influence inverse des médias sur la société, je pense à l'équilibre des différents pouvoirs, ceux de Montesquieu et ceux qu'il n'a pas cité (économique, financier, le pouvoir du web aujourd'hui), cela m'amène à réfléchir sur la dynamique de la société dans laquelle nous vivons, sur son état, son degré de racisme, la position dominante de l'occident et de ses valeurs, et cela m'amène à mes propos qui vous hérissent et que vous qualifiez d'odieux.
Vous me qualifiez de redresseur de tord, peut-être avez vous raison, les quelques mots de mon précédent message laissent cette impression, toutefois mon intention n'est pas de redresser des tords, mon intention sous-jacente est de décripter notre société de manière plus complète en étant conscient des non-dits et des fondements des comportements de chacun, pas pour juger ni les gens ni l'histoire, par pour culpabiliser les gens, seulement pour agir en conscience au sein même de notre société.
J'espère, Monsieur, par ces quelques mots avoir levé une incompréhension.
Bonne journée
Le billet sur lequel vous avez déversé des raisonnements biaisés débouchant sur une mise en cause assez sournoise commençait par cette phrase prudente et précise:
"Dans l'état actuel de mon travail (1) sur les rumeurs qui ont précédé et qui accompagnent désormais l'émergence du phénomène H1N1".
Les journalistes ont des défauts - je le sais pour avoir passé quarante huit ans dans ce métier - mais je sais aussi que des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs ne veulent lire, entendre et voir que ce qu'ils ont envie, eux, de lire, d'entendre et de voir. Il y a des filtres et des biais journalistiques mais il y en a aussi des filtres et de biais au sein du lectorat et des audiences.
Je pense que vous avez en tête, une vision personnelle des rapports entre les pouvoirs économiques, les pouvoirs politiques et les médias et que, comme beaucoup de gens passionnés, vous "sautez" sur n'importe quel article ou billet pour développer cette vision personnelle. Qui est respectable mais que je ne peux partager que très partiellement.
Sur les faux prétextes construits par l'administration Bush pour envahir l'Irak et sur le rôle de la presse à l'égard des allégations de l'administration Bush, je suis d'accord avec vous. D'ailleurs le New York Times s'est excusé, dans un long éditorial à à la "Une", auprès de ses lecteurs pour avoir failli dans sa mission de vérifier, d'enquêter et d'informer sur les soi-disant stocks d'armes de destruction massive. J'attribue personnellement cette défaillance historique de la presse américaine au climat psychologique qui prévalait aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre. Un pays traumatisé, une presse qui ne pouvait ou ne voulait pas tempérer la crise de patriotisme. C'est une explication. Elle n'excuse pas à mes yeux l'impardonnable faillite éthique et déontologique de la presse américaine qui fut pourtant exemplaire dans certaines circonstances: la guerre du VietNam, le Watergate....Mais le mal est fait et la crédibilité de la presse américaine ne s'en relèvera jamais.
Quant à la crédibilité de la presse française, je préfère ne pas y revenir: je lui consacre le premier chapitre de mon livre et de temps en temps sur ce blog, je me permets en tant que journaliste formé "sur le tas" dans les années soixante par des journalistes issus de la presse de la Libération de dire tout le mépris que m'inspirent les agissements de certains de mes "confrères". Français, si vous saviez...ce qui se passe dans les salles de rédaction, dans le domaine de la corruption.
Pour le reste je pense que vous mélangez un peu tout et cela ne facilite pas la discussion sur ce billet précis. Cela entraine, au contraire, des digressions.
cher monsieur,
Laissons de coté certains délire de simplets (quels que soient leur "bords") et venons-en aux faits...car il n'y a pas de fumée sans feu...peut-être ;-)
Comment pourrait-on expliquer, par exemple, (références disponibles.) :
1)-qu'un éminent spécialiste assure que les masques utilisés au Mexique sont "inadaptés" (équivalents à rien), et qu'il n'y a malgré cette fausse précaution illusoire "que" 60 morts attribués au virus, dans la seconde plus grande mégapole du monde, saturée en polluants atmosphérique ???
2) que la (soi-disant?) pandémie ne démarre pas dans l'hémisphère Sud, où c'est l'hiver, alors qu'on nous "prédit" un "risque important" pour notre hiver à venir, dans le nord ??
3) que les symptômes ne sont pas différents d'une grippe classique. Et que celle-ci fait des dizaines de milliers de morts chaque année. Si elle était dûe à un "virus" (selon la théorie admise), vu que ce nombre correspond à un niveau de contagion extrêmement élevé (par rapport au 60 actuel, reliés à une soi-disant"pandémie" de niveau "d'alerte 5 " ) ne devrait-il pas logiquement y en avoir ENCORE BIEN PLUS ??? (chaque année- grippe classique)...
N'est-ce pas un indice fort comme quoi ces symptômes sont plutot dûs au "terrain biologique" ?
De Quelle preuve dispose -t-on pour affirmer le lien de cause à effet entre le virus in vivo et les symptomes ?
-4) pourquoi ne faudrait-il rester critique que par rapport aux "hoax" circulants sur des sites de marginaux, et jamais quant aux infos relayées (peut-être de bonne foi ou par automatisme) par les Médias, dont on ne peut nier l'affiliation à des capitaux et autres systèmes idéologiques ??
etc
Je ne suis pas biologiste, ni virologue, ni épidémiologiste, ni journaliste spécialisé dans les problèmes de santé.
Je n'ai donc aucune légitimité pour évaluer et pour commenter vos trois premières remarques, qui sont peut-être pertinentes.
Sur votre quatrième remarque, une mise au point, la dernière sans doute: je n'ai jamais écrit que le scepticisme, le doute et la critique doivent être réservés aux interprétations non officielles.
Les gens adhèrent aux explications qui leur conviennent, institutionnelles, gouvernementales, anti-capitalistes ou anti-scientifiques: je ne fais pas de prosélytisme et ne mène nulle croisade, même pas contre les conspirationnistes qui ne m'intéressent pas, ni même contre les anti-sémites.
Je pense, pour répondre après ce long prélude à votre quatrième interpellation, que les citoyens ont le devoir de se méfier, à priori et systématiquement des médias, des pouvoirs politiques et économiques, de leurs connivences. Connivences que je décris dans mon livre et dans quelques billets de ce blog. Même les pouvoirs scientifiques, qui ont failli naguère dans d'autres circonstances, doivent être tenus en suspiscion. Leurs hésitations actuelles, résultant de grandes incertitudes, incitent - vous avez raison à la plus grande circonspection.
Le problème n'est dons pas dans les croyances des gens mais dans les relations de ce blog avec certains de ses visiteurs occasionnels (J'ai peu de visiteurs, ce qui me permet d'identifier les hystériques un peu débiles notamment et de les ranger dans la boîte aux indésirables).
Ce blog est soumis à l'interpellation des journalistes d'abord, à celles des lecteurs ensuite et éventuellement. Ce blog est ouvert à la critique à des conditions que je suis seul, comme auteur responsable du contenu, à pouvoir appliquer. Voici ces conditions:
Un grand nombre de commentaires publiés depuis l'origine de ce blog sur toutes sortes de sujets montre que, non seulement, j'admets d'être critiqué mais que je considère les critiques comme des enrichissements. Un visiteur a même fait remarquer plaisamment que les commentaires sur mon blog sont souvent plus intéressants que mes billets. Ce qui incite à l'humilité.
Pour qu'une critique de mon travail soit publiée sur mon blog, il faut d'abord qu'elle porte sur le sujet dont traite une de mes notes. C'est, curieusement, assez rarement le cas quand le commentaire émane de non-journalistes.
Il faut ensuite qu'elle reste polie, encore que je ne déteste pas une confrontation un peu rugueuse. Tout dépend de la qualité de mon contradicteur.
Il faut enfin et surtout que la critique apporte quelque chose, soit en précisant ce que j'ai oublié dans ma note, soit en m'obligeant à changer tout ou partie de ce que j'ai écrit, ce qui est déjà arrivé plusieurs fois.
Quand ces conditions sont remplies, je publie les critiques et m'oblige à y répondre systématiquement. Ce que je fais avec vous.
Le problème des commentaires, fort nombreux, que j'envoie à la poubelle, est qu'ils sont assez souvent hors sujet, impolis, mal rédigés et surtout mal pensés, ce qui m'afflige. En effet, la majorité des commentaires qui croupissent dans la poubelle de mon hébergeur ont été envoyés par des gens qui ne savent pas lire, au sens propre du mot "lire". (Je comprends mieux, soit dit en passant, à la lumière cruelle de l'épreuve consistant à analyser des commentaires ineptes, pourquoi il s'est trouvé une majorité de Français pour porter Nicolas Sarkozy à la présidence de la République)
Le titre de ce blog - "journalistiques" - indique assez clairement (?) qu'il s'adresse surtout aux journalistes et en particulier aux jeunes journalistes ou futurs journalistes. Il ne s'agit pas d'une tentative de mise en valeur de moi-même - j'ai d'autres satisfactions - il s'agit simplement d'un acte de transmission. Je ne suis pas enseignant, je déteste l'école et je n'ai jamais mis les pieds dans un collège. Mais il se trouve que, cancre non repent, j'ai bénéficié, naguère, d'un privilège rare: les conseils gratuits et amicaux de vieux journalistes issus de la Résistance, c'est à dire ceux qui ont réhabilité le journalisme français après l'éviction des praticiens de la désinformation et de la propagande. J'estime normal de faire profiter les jeunes et futurs journalistes qui le souhaitent de mes quarante-huit années d'expériences professionnelles en presse écrite, en radio, en télévision et sur le web.
Ainsi, le billet qui justifie votre interpellation est une occasion pour moi de décrire, à l'intention des jeunes journalistes, un certain nombre de phénomènes rattachés à la rumeur, phénomènes suffisamment intéressants pour que j'accepte de travailler avec des chercheurs sociologues et anthropologues d'une université parisienne. C'est à eux que je réserve l'exclusivité des données que j'ai pu réunir depuis le 2 mars 2009 et, s'agissant de la grippe aviaire, depuis décembre 2005.
Je pourrais réserver l'accès de ce blog aux seuls jeunes journalistes, mais cette décision m'empêcherait de recevoir, parfois, des remarques et des critiques intelligentes de la part de non journalistes.
Tout le problème est là: mon blog ne s'adresse pas à tout le monde mais tout le monde peut le lire.
Je le solutionne en remplissant la poubelle de commentaires débiles et en invoquant à chaque fournée la sentence de Michel Audiard: " Je ne parle pas aux cons, ça les instruit".
Vous aurez compris que je ne vous range pas dans cette catégorie.