Jamespot, le micro-blogging intelligemment collaboratif
Par Alain Joannes le dimanche 1 mars 2009, 20:39 - COMMUNICATION INTERACTIVE - Lien permanent
Même s'ils détestent le plagiat et n'aiment pas l'idée de "pomper" des idées
dans les articles de leurs confrères, les journalistes sont obligés de gérer
une revue de presse.
La revue
de presse fait partie de la documentation personnelle. Elle sert à
mémoriser des données, à chercher d'autres angles, à pister des opérations de
communication, à détecter les tentatives d'intoxication(1).
Jamespot
est une plateforme conçue pour ceux, journalistes et documentalistes, qui
veulent transformer une revue de presse en un contenu hautement
collaboratif.

Inscription gratuite, paramétrage facile: en quelques minutes l'utilisateur
se retrouve dans un espace qui tient à la fois du micro-blogging, du blog et du
wiki.

Du micro-blogging, Jamespot a la dimension "instantanéiste" mais
contrairement à celle de Twitter, elle est au service de la productivité.
(Dans son utilisation compulsive et un peu narcissique - l'obsession addictive
des followers est de même nature que celle de l'audimat, avec les
mêmes effets sur les "moitrinaires" - Twitter est chronophage. Le rapport entre
le temps passé à tweeter, à gérer ses audiences et le rendement
intellectuel des contenus collectés ne semble pas équilibré. On y fait de la
veille cumulative dans le meilleur des cas, du relationnel la plupart du
temps.)

Jamespot fait gagner du temps dans la collecte puisqu'il suffit de cliquer sur
un plug-in de navigateur pour capter le titre, les premières lignes et
l'adresse d'un article.
Cet article est automatiquement sourcé. Il fait l'objet d'une mise en forme
dans la présentation générale choisie par le spotter.
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Une panoplie complète d'outils d'édition permet de commenter chaque élément de
la revue de presse et de partager les réflexions avec les personnes concernées
ou intéressées par le sujet.
Exemple: un journaliste intrigué par la fiabilité d'un article le transmet avec
les annotations qui motivent sa perplexité à un(e) documentaliste pour lui
demander de faire des recherches, à un confrère plus spécialisé pour lui
demander son avis, à un informateur extérieur pour vérifier une donnée.

Une activité de ce type, hautement collaborative, se mène plus facilement que
sur de nombreux blogs. Elle crée les salutaires réflexes du travail en essaims:
concentration sur un thème de plusieurs compétences et expertises.
Espaces critiques pour infonautes avisés
Autre exemple: un journaliste veut discuter avec des infonautes sur un article
déjà publié ou sur une enquête en cours. Il ouvre un spot et invite des
interlocuteurs à commenter le thème qui justifie ce spot.
En dehors des rédactions, les infonautes peuvent évidemment ouvrir des espaces
de discussions, voire des espaces critiques, à partir de revues de presse dans
lesquelles seraient collectées les articles qui posent des problèmes à leurs
lecteurs.

Jamespot est complètement ouvert sur les autres espaces éditoriaux de web 2.0.
Un panneau énumère d'innombrables possibilités de publication ailleurs.
Il faut sans doute être
ouvert bien sûr mais aussi sélectif et rigoureux pour agréger, sur des thèmes
précis et consistants, des communautés susceptibles de fonctionner en
intelligences collectives.
Dans le cadre d'une rédaction normalement constituée, ce ne devrait pas être totalement impossible.
1) Le milieu journalistique est tellement petit, segmenté et conformiste qu'il est facile de savoir - en politique surtout, mais aussi en économie et dans d'autres secteurs - "qui est informé ou manipulé par qui" ou "qui roule pour tel personnage, tel groupe de pression ou telle entreprise".
Commentaires
Bonjour Alain,
je viens de tenter le spot pour un bon surf. Cela me semble effectivement très ouvert comme format. Comme se passe le classement une fois que le nombre de papiers archivés dépasse la dizaine ?
Et sur Twitter, je plussoie, le rapport temps-contenu paraît ridiculement bas.
Bonne journée et merci pour vos analyses distanciées dans le Télégramme.
MC