APTURE révolutionne l'écriture avec des hyperliens en rich media
Par Alain Joannes le mercredi 11 février 2009, 15:41 - EDITION, PUBLICATION - Lien permanent
L'apparition, il y a vingt ans, des systèmes hypertexte transformait
radicalement la manière de consommer un récit. La norme linéaire était
bousculée par l'accès aléatoire à de multiples séquences agrégées dans un
contenu.
Finalisée par le World Wide Web de
Tim-Berners-Lee, cette révolution a régénéré le récit journalistique tout en
lui imposant quelques contraintes, dont celle de produire des contenus à la
fois riches et facilement assimilables.
Une bande de jeunes
informaticiens de Stanford réunis dans la start up
Apture est en train de
répandre la révolution des hyperliens en rich media.

Il faut d'abord ouvrir un compte gratuit sur le site d'Apture et y inscrire
son ou ses blog(s). Chaque site ou blog doit ensuite être pourvu d'un
script sans lequel l'innovation ne peut pas fonctionner. Pour
implémenter cette ligne de code, un tutoriel propose une procédure généraliste
ainsi que des méthodes adaptées aux principaux éditeurs de blogs.
(Sur ce blog, par exemple, qui utilise DocClear, le script d'Apture
est à copier-coller dans un widget "texte.)

Quand Apture a reconnu le site ou le blog qui lui est affilié,
l'administrateur ou les rédacteurs sont en mesure de confier à un seul
hyperlien plusieurs accès vers différentes sources textuelles, sonores,
visuelles (photos, cartes, vidéos, animations électroniques).

Démonstration rapide avec le mouvement de protestation des chercheurs.
Un lien, six contenus différents dans une seule fenêtre pop
up
Pour que l'hyperlien aille de l'expression "mouvement de protestation" vers six
destinations différentes - trois vidéos et trois documents textuels - proposées
dans une seule fenêtre annexe, il m'a suffi de surligner l'expression en
question. Un boîte de dialogue m'a proposé d'inscrire de adresses de sites, des
fichiers vidéos. J'aurais pu ajouter sur le même lien des sons, des cartes ou
des animations. Il s'agit bien de rich media, mais il est proposé en
arrière-plan du contenu.
Si les ressources disponibles par syndication automatique dans le hub
d'Apture sont encore limitées en français, cette lacune peut être comblée par
la sélection manuelle d'adresses ou de contenus audio et visuels "empaquetés".
Les formats de contenus acceptés sont suffisamment nombreux pour que l'on
puisse, par exemple, regarder (vidéo Flash) et écouter (MP3) un
instrumentiste tout en suivant la partition du morceau qu'il interprète
(PDF).

Le site Apture.com propose des exemples de mise en oeuvre particulièrement
adaptées au journalisme. En particulier:
- Le Washington Post propose des
données politiques plus denses et plus transparentes, dont les
résultats de votes parlementaires, les statistiques du Congrès, etc.
- Les blogs du San Francisco Gate proposent d'agréables
enrichissements du texte par des vidéos pertinentes.
Implications considérables.
Au niveau de l'assimilation d'abord.
Dans le système hypertexte antérieur à l'émergence d'Apture, il y a une
contradiction potentielle entre le nombre de liens que le journaliste souhaite
proposer et le confort d'assimilation de ses lecteurs.
Un journaliste qui a bien compris les apports professionnels du web, ainsi que
l'éthique qui en découle, est tenté d'incruster dans son récit de très nombreux
liens:
- parce qu'il n'a pas suffisamment de place pour développer un aspect
intéressant de son reportage
- parce qu'il met un point d'honneur à donner ses sources afin que ses lecteurs
évaluent la qualité de son propos
- parce qu'il souhaite partager des connaissances plus profondes.
Mais, plus il incruste de liens, plus il risque de pulvériser l'acte de lire.
Le lecteur peut se perdre dans une prolifération de liens, en particulier si
ces liens conduisent à des sources riches, elles-mêmes très
arborescentes.
Avec Apture, le danger de dispersion de l'attention est considérablement
atténué. La fenêtre qui s'ouvre n'est pas une digression aussi perturbante que
la perdition dans une arborescence infinie. Le lecteur ne perd pas le fil.
Exemple, avec une documentation expresse proposée dans un reportage à San
Francisco:

C'est donc au niveau de l'écriture que tout se joue.
Le journaliste doit évidemment limiter le recours à Apture dans un contenu qui
est déjà structuré en rich media. Inutile de plaquer de nombreuses
structures légères comme celles d'Apture sur une structure lourde.
Le journaliste doit aussi séparer les liens hypertexte en deux catégories pour
deux usages différents.
Réserver pour Apture, ceux qui conduisent vers des documents qui appuient le
corps du récit: cartes, photos, sons brefs, vidéos courtes.
Les autres sources, notamment celles qui approfondissent le contenu
journalistique, doivent être ciblées par des liens proposés à part, de manière
traditionnelle. Ce qui exige un sens de la construction non linéaire assez
développé et rigoureux.
Avec Apture, le journaliste devient un réalisateur au sens où il agrège et
structure des contenus avec le souci de leur richesse et de leur impact.
Il créé des atolls de cohérence dans le chaos du web.
Actualisation le 15 février:
Le New York Times en ligne
exploite une application qui ressemble beaucoup à celle d'Apture
pour "raconter" la tournée à travers les Etats-Unis de la chanteuse Neko Case:
une carte, de nombreuses fenêtres pop up qui proposent des photos et
des extraits de chansons en MP3.

Les trois développeurs du NYT ont prévu, ici, un code de couleurs qui indique
avec quel orchestre la chanteuse s'est produite dans les différentes étapes de
sa tournée. Une fonctionnalité en parfaite adéquation avec le fond d'un article
de cinq pages.

Commentaires
Merci pour cette découverte. Cela fait un nouvel outil à intégrer pour les journalistes, mais à la lecture de ce post il me semble être extrêmement riche en possibilités. Je pars les explorer…
Il est très important que plusieurs journalistes innovants, comme vous, testent cette application avec des objectifs différents et dans des configurations aussi variées que possible.
Toutes les observations critiques susceptibles de tempérer mon enthousiasme ou, au contraire, d'éventuels usages auxquels je n'aurais pas pensé sont les bienvenus.
J'adore. Je me suis inscrit et je vais tester sur mon blog. On peut enrichir ses dossiers et le confort de lecture est accru, notamment pour les appareils mobiles.
Merci pour cette merveilleuse découverte.
Les éditeurs d'ebooks pourraient d'ailleurs s'en inspirer pour enrichir l'offre éditoriale.
nous sommes ravis de lire ce post! Nous sommes également très heureux de voir l'adoption internationale, de notre service et gardez un oeil sur ce que vous tous avec Apture dans l'avenir. Nous sommes toujours à l'ajout de nouvelles sources et de modifier les fonctionnalités de l'outil, il sera toujours mieux et plus utile pour votre écriture. Nous sommes heureux de voir que l'enthousiasme et l'importance d'un service comme celui-ci se propage. S'il vous plaît n'hésitez pas à prendre contact avec des questions / commentaires / recommandations / louange. :)
À la vôtre,
Colleen
Ce serait bien si, sur ce blog, sur le vôtre ou ailleurs, vous pouviez nous faire part de l'utilisation - productive ou décevante - que vous faites de cette application.
J'espère avoir à traiter prochainement, ici, d'un sujet qui se prêterait à une exploitation large et intensive d'Apture.
Le test sur le mouvement de protestation des chercheurs n'était qu'un début.
A Colleen:
J'imagine que vous appartenez au "gang de Stanford". Vous serez tenue au courant des usages, des observations et des suggestions que les journalistes français feront en exploitant Apture dans leur travail au quotidien.
Nous suivrons les évolutions de l'application sur vote blog.
Sifflement d'admiration: très intéressants ces liens "rich media".
A réserver aux éditeurs web, car sans doute chronophages à mettre en place; et éviter de les multiplier dans un texte, au risque d'écoeurer le lecteur.
Quoi qu'il en soit un très bel outil... adopté! Merci pour l'info
En tant que professionnel du rich media j'applaudis avec mon clavier - merci aussi pour cet article fort bien chaloupé !
Simplement une petite pierre à la discussion pour signaler un usage "wiki" d'Apture sur ce blog.
http://www.mikiane.com/node/2008/08...
A Phil:
La mise en place du script sur un blog est moyennement chronophage; tout dépend de la plateforme de publication.
Ici, j'ai dû demander une assistance à Gandi car je n'arrivais pas à implémenter la ligne de code entre les bonnes balises du "template", au demeurant inacessible.
La subtile Laura de Gandi - c'est la baronne (et la madone) des blogueurs en difficulté - m'a suggéré d'emballer le code dans un widget "texte". Sitôt dit, sitôt fait. Avec d'autres systèmes de gestion de contenu, c'est peut-être plus rapide.
Eviter de multiplier les hyperliens Apture dans le texte me semble, en effet, nécessaire pour préserver le confort du lecture.
Cet indispensable discernement ouvre une nouvelle réflexion sur l'écriture web. J'appuierai cette réflexion sur différentes exploitations sur plusieurs de mes blogs.
A Jean35 :
Je viens de visiter Mikiane. Le billet mais surtout les commentaires qui suivent sont effectivement très intéressants te prometteurs.
Mon sentiment est qu'on n'a pas fini de faire le tour de la question, notamment la dimension participative de l'application.
Pour l'instant, je ne regrette pas trop d'avoir utiliser le verbe "révolutionne" que je m'apprêtais à atténuer dans la note.
Non seulement cet article est excellent, instructif et efficace, mais il touche à l'essence du rich media et médite sur les implications du format.
Continuez à blogguer ainsi c'est parfait !
(et j'exprime rarement mon enthousiasme sur un blog ;-))
Après avoir lu le billet suivant consacré au traitement par le New York Times, de la catastrophe aérienne de Buffalo, un ami d'enfance - qui n'est pas journaliste mais qui a une évaluation critique des médias- évoque deux implications éthiques du rich media. Il ouvre un débat dont tous les visiteurs de ce blog doivent profiter.
Extrait de son courriel:
"il y a l'image , le mouvement ,le son , la couleur , le scénario , il y a ... la mise en scène et du même coup.. l'objectivité ..
... danger !! ... au moins .. risque .."
Scénario = mise en scène : c'est vrai, l'actualité n'est qu'une construction journalistique. Construction collective: les médias ont tendance à s'accorder, même sans se consulter, sur la sélection des thèmes. Certains de ces thèmes s'imposent (la situation sociale dans les départements d'Outre-Mer, par exemple). D'autres relèvent du conformisme (emballements médiatiques peu justifiés par l'intérêt des thèmes mais qui sont censés attirer des lecteurs-auditeurs-téléspectateurs-internautes). Si certains évènements sont privilégiés, il faut en déduire que d'autres sont négligés ou ignorés: les massacres au Darfour n'ont pas été traités tant que des ONG puis des caméras n'ont pas pu en montrer des traces et s'il n'y avait pas de gisements de pétrole au Soudan, il n'y aurait peut-être pas eu d'ONG...Un évènement qui n'est pas visible a de fortes chances de ne pas être sélectionné dans l'actualité.
L'actualité est donc bien une construction collective. Les conférences de rédaction servent de "chantiers de construction".
L'actualité traitée en rich média est aussi une construction individuelle. Les journalistes - dont l'auteur de ce blog - choisissent des éléments à intégrer dans leur récit, ce qui signifie qu'ils en écartent d'autres. Il s'agit bien, là encore, d'une construction.
L'avantage du rich media, dans ce contexte, c'est que la construction se voit, ce qui n'est pas le cas dans la presse écrite, à la radio et à la télévision. L'infonaute qui entre dans un contenu journalistique en rich media en perçoit spontanément la logique de construction. Le journalisme en rich media est plus transparent que le journalisme conventionnel.
"Mise en scène = risques pour l'objectivité": contestés par certains spécialistes des médias, les biais journalistiques existent. Ils ont puissamment contribué à l'élection de Barak Obama.
Le bidonnage a lui aussi toujours existé: conférence de presse transformée en interview exclusive, faux SMS, photos recadrées et retouchées...
Le rich media ne fait pas disparaître ces risques. Cependant, par les liens qui conduisent les infonautes vers certaines sources exploitées par le journaliste, par les liens qui pointent vers des sources de documentation, l'infonaute est mieux pourvu en outils de discernement et d'évaluation critique du travail des journalistes.
Dans le traitement de l'information en rich media, un journaliste qui ne donne pas à ses lecteurs un minimum de liens vers des sources de contrôle et des sources documentaires est un journaliste suspect.
@ Alain Johannes
Commentaire très intéressant. J'y mettrais, du moins un bémol, au moins une nuance. Rich media ou pas, tout dépend de l'implication et de la volonté de transparence du journaliste dans la construction de son article.
Je schématise, mais je trouve que finalement, le support n'a pas tant d'importance que cela.
Pour ne prendre que la presse écrite, il me semble qu'il existe des techniques, certes plus contraignantes du fait du support, mais qui permettent au lecteur de voir la construction qui a prévalu pour tel ou tel article. Et lui permettent de sourcer les infos.
Plusieurs exemples me viennent en tête :
- Pourquoi ne pas dupliquer le système des revues universitaires où les chercheurs ont l'obligation de sourcer leurs infos. Il ne s'agirait certes pas de publier 12 pages de bibliographie. Mais simplement d'indiquer, pour chaque article, dans une petit encadré, les sources utilisées. Où bien remettre au goût du jour le système des notes de bas de page. Autre idée, le système de Médiapart (certes média en ligne) avec sa boite noire (utilisée avec plus ou moins de réussite) qui raconte le making-off de l'article.
- L'autre solution peut se faire au fil de l'écriture. Pour des formats longs, il est possible de raconter de son article, comment le journaliste met en scène la matière informative qu'il récolte. Certains reportages de XXI le montrent très bien. Bémol : il ne faut pas que l'explication de cette mise en scène serve justement à la mise en scène de l'article.
Pour revenir à Aperture, une interview vidéo de l'un des fondateurs d'Apture réalisée par David Cohn (spot.us)
http://vimeo.com/2746225
Pas tout à fait d'accord avec votre "bémol" sur la neutralité du support:
Il est plus facile, plus naturel, plus spontané de suggérer la construction ou la structure d'un contenu - pas seulement du corpus textuel - en rich media que sur le papier. Ne parlons pas de la radio et de la télévision: un éditorial radiophonique complètement orienté par des biais journalistiques, un reportage télévisuel conçu à partir d'un point de vue spécifique mais caché et monté selon une logique - c'est à dire une idéologie - camouflée ne sont absolument pas justifiables.
Ce qui revient à affirmer ceci:
- le journaliste le plus éthiquement impliqué ne réussira jamais à faire saisir par ses lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs le méta-langage qui dévoile ses intentions et la construction de son récit.
- le journaliste le moins éthiquement impliqué, pour peu qu'il ait une culture web l'incitant à multiplier les hyperliens, en dira toujours plus sur la manière dont son récit a été construit.
A propos de vos exemples en presse écrite:
Je vous souhaite bien du plaisir si vous voulez convertir une rédaction aux pratiques que vous préconisez, y compris le petit encadré. Deux obstacles pulvériseront vos bonnes intentions:
- la hiérarchie, qui oblige les journalistes à "faire toujours plus court", n'acceptera et ne comprendra même pas l'utilité de vos encadrés.
- les journalistes eux-mêmes sont, en presse écrite et dans les médias traditionnels, plus que réticents à révéler leurs sources. J'ai assisté à de très nombreuses conférences de rédactions grotesques; un spécialiste "bien informé" essayait de se faire valoir en orientant ses confrères crédules vers des angles fantaisistes ou idéologiquement sélectifs. Certains journalistes, se prenant parfois pour des "officiers traitants" des services secrets, véritables agents d'influence dans certaines circonstances, intoxiquent leurs rédactions.
Anecdotes: le 5 février dernier, un de ces manipulateurs manipulés téléphonait à 20h à une rédaction de province pour lui confier un "scoop" sur l'intervention télévisée du chef del'Etat... Refus de dévoiler sa source et c'était bidon. En remontant dans le temps, un "grand" journaliste naguère un peu notoire dans les médias audiovisuels a fait publier une fausse information à ce même quotidien régional en assurant, sans donner ses sources mais en suggérant qu'il avait "ses entrées au Département d'Etat", que Saddam Hussein venait d'être arrêté par l'armée américaine. Ce fut imprimé en gros titre à la "une" du lendemain. C'était faux. Le connard prétentieux a évidemment fait porter la responsabilité de l'impair sur la malheureuse rédactrice en chef qui a été, en outre, "lâchée" par sa hiérarchie.)
La responsabilité éthique du journaliste est une question de culture.
La culture des supports traditionnels est moins orientée vers la transparence que la culture web, avec le sens du lien, du partage des sources et de la discussion.
C'est la raison pour laquelle, je crois que le web peut régénérer cette profession.
Enfin, je ne crois pas beaucoup à la pertinence du"making off" en presse écrite. Sûrement pas en radio. Peut-être dans certains magazines télévisés. Sur le web en rich media, assurément - voir ceux de Géo Webreportage - car le journalisme en rich media sur le web offre les mêmes potentialités que le DVD.
Grâce aux "bonuses", certains films sont plus intelligents sur DVD que quand ils sont montrés en salles ou à la télévision (supports et vecteurs traditionnels au même titre que le papier, la radio et la télévision). Exemple, "Walk the line" sur DVD est intéressant qu'en salle ou à la télévision parce que le DVD montre les scènes que les producteurs ont fait enlever et ces scènes censurées sont hautement significatives.
Même chose pour le journalisme: dans un contenu en rich media, vous pouvez montrer des aspects d'un reportage qui ne figurent pas dans le corps du récit principal.
Je vous défie de publier, sur papier, des encadrés sur ce que vous n'avez pas pu écrire dans le récit conventionnel, de diffuser en radio des extraits de ce que le reportage linéaire ne contenait pas.
Imaginez n'importe quel Pujadas ou une quelconque Ferrari présentant les extraits non diffusés de reportages du "JT".
Il est bon de rire, parfois.
Je ne suis qu'une toute petite blogueuse mais j'ai eu la veine d'être twittée il y a qques jours par pature euh, apture, que j'utilise depuis sur mon blog (Blogger, installé en vingt secondes). Pour wikipedia, pas de souci, mais sur des thèmes français ou européens, le wp ne sert pas à grand chose. J'attends avec impatience des liens vers la presse française, brit, espagnole, etc pour le moment je les mets à l'ancienne, mais....
Je viens de parcourir votre blog et il me semble que vous faites une exploitation pertinente d'Apture.
Peut-être - mais je ne suis pas l'arbitre des élégances - certains liens mériteraient-ils plus une infobulle qu'une fenêtre Apture davantage dédiée aux fichiers visuels qu'aux contenus textuels concis.
L'essentiel est que la lecture du billet "apturé" par vos soins soit riche et ergonomique, ce qui est le cas.
Le fait qu'il y ait peu de ressources en français s'explique par l'origine américaine de l'application. Quand les Français voudront bien innover, inventer...
Les Français ne sont pas si nuls, netvibes, daily motion, c'est pas si mal...
le gros avantage d'apture, c'est sa facilité et sa rapidité. Surtout depuis la semaine dernière et la possibilité de l'utiliser au fur et à mesure qu'on écrit. J'écris vite mais je me relis lentement (journaliste une fois, journaliste toujours) et j'ai finalement peu de temps.
Le danger, c'est d'en mettre partout, il faut choisir....
Bonjour Martine,
Puis-je vous taquiner ? Juste un un peu ...Le fait que DailyMotion copie YouTube ne constitue pas une innovation. Pareil pour Netvibes: copier n'est pas créer...Fin de la taquinerie du matin.
Sur Apture et "le danger d'en mettre partout": un vrai "problème" (il y a pire). La tentation est grande en effet, pour les journalistes, d'enrichir leurs contenus au point de les saturer et de provoquer un inconfort pour l'infonaute.
Un étudiant en journalisme m'a amené à réfléchir, ces jours-ci, sur la narration journalistique. Nous devons recourir à une narration linéaire à la radio et à la télévision qui sont des vecteurs de flux. Nous pouvons introduire un peu de narration modulaire en "cassant", avec des encadrés, la lecture de nos articles rédigés pour le support papier.
Sur le web, la narration journalistique reste un peu linéaire - nos billets ont un début, un développement et une conclusion - mais elle est majoritairement modulaire par le recours aux hyperliens.
La question est de savoir à partir de quel nombre de liens, la lecture d'un billet se "disloque" au point de faire "perdre le fil". C'est le danger avec Apture. Si vous en "mettez partout" le lecteur s'égare autour du message contenu dans le billet.
J'ai rencontré ce "problème" dans le billet récemment consacré sur ce blog aux Pocket Video Caméra. Je confie une vidéo d'une minute à Apture et je lui ajoute une autre vidéo qui complète la mienne. Puis une deuxième consacrée à un autre produit que le mien afin de ne pas favoriser une marque. Puis une troisième qui propose un comparatif étonnant, donc intéressant.
Quatre vidéos dans une fenêtre Apture, c'est de l'enrichissement mais c'est peut-être beaucoup pour le confort de lecture du billet. Dilemme
Conclusion provisoire: hiérarchiser les liens avec des infobulles pour les petits textes explicatifs, quelques liens incorporés dans la narration linéaire, deux ou trois fenêtres Apture avec des vidéos, selon la longueur du billet et des liens hors texte pour les sources et la documentation en profondeur.