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Quand l’actualité évolue très vite et quand tous les organes d’information tentent de la traiter au plus près du temps réel, les sources sont tellement nombreuses et redondantes que le journaliste risque l’égarement de la raison.
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Ajoutés à la dimension mondiale et au caractère multiforme de la crise, la profusion de dépêches et l’emballement médiatique saturent l’entendement.

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Pour comprendre, raconter et expliquer, il faut paradoxalement restreindre le nombre d’outils d’observation.

Les alertes des sources fiables

Dans la répartition que je préconise entre recherche active et collecte passive, cette dernière rationalise la frénésie de nouvelles grâce aux alertes qui, comme celles du Wall Street journal du New York Times ou du Monde, moins réactif mais donc plus sélectif, délivrent les faits bruts les plus récents en une seule ligne sans omettre de les relier à une ou plusieurs explication(s) disponible(s) quelques minutes plus tard.

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Un moteur singulier

Je ne citerai pas, par charité, les moteurs classiques qui produisent au mieux du conformisme en proposant tous les mêmes dépêches dans le même ordre, au pire des réponses qui n’ont aucune pertinence. Deux exceptions cependant.
D’abord Google qui dénichait ce lundi un intéressant podcast délivré par l’école HEC de Lausanne: six minutes d’analyse par un professeur d’économie de Harvard.

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Ensuite, et c’est la bonne surprise, le moteur Echonimo, développé par le site Retronimo.

Moteur_echonimo.jpgEchonimo est précieux en ces temps fébriles parce qu’il ne propose que 116 réponses à la requête « crise financière » (Google en déverse cinq millions) et parce que ces résultats d’origines diversifiées mais très pertinents sont chronologiquement répartis entre une "actualité du jour" et une "actualité de la semaine". Le journaliste peut, dès lors, construire son récit et le mettre en perspective.

Annuaires et portails

Pour prolonger cette mise en perspective- exercice qui oblige à prendre du recul sans renoncer à l’instantanéité – rien de tel qu’un portail ou annuaire, répertoire de sites spécialisés bien classés.

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Finaperf est celui qui contient les ressources les mieux adaptées au suivi de l’actualité avec un minimum de distanciation.

Il est à peine plus performant que le portail Ernstrade, lui aussi passionnant. Ces deux voies d’accès aux gisements électroniques de données et d’analyses permettent de sélectionner des sources à consulter régulièrement pendant la durée de la crise.

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Effondrement du "journalisme citoyen"

Pas grand-chose du côté des blogs. La crise financière montre les limites du soi-disant "journalisme citoyen", mythologie du Web 2.0 qui s'effondre dans les mêmes profondeurs abyssales que les indices boursiers.
La raison en est que si des citoyens peuvent évidemment publier leurs opinions sur la crise - opinions généralement copiées sur celles des gourous médiatiques qui disent tous les mêmes choses- les citoyens sont beaucoup moins aptes que les journalistes à trouver et à structurer les données et les analyses qui permettent de comprendre et d'expliquer le cours des évènements. Ces évènements démontrent qu'il peut y avoir des citoyens témoins, des citoyens commentateurs et des citoyens vigilants à l'égard des médias, mais qu'il ne peut pas y avoir de citoyens journalistes pour la simple raison qu'ils n'ont pas les moyens, l'organisation et les procédures dont disposent les rédactions.

Fulgurance et complexité

Seuls importent, en ces temps de fulgurance et de complexité, les blogs d'experts, comme celui de Nouriel Roubini évoqué dans un précédent billet. Blog tellement pertinent que Martin Wolf, éditorialiste du Financial Times, avait repris le scénario en 12 séquences de la crise en cours. C’était le 21 février 2008 sur le site Contre Info.

Contre Info est à consulter périodiquementContre_info_logo.jpg en raison de la diversité et de la qualité de ses contributeurs.Pas vraiment didactique mais utile, quand même, pour qui veut comprendre ce qui se passe en évitant les fadeurs médiatiques. Ce site se donne pour ambition de diffuser «Les infos absentes des prompteurs des journaux télévisés ».
Il est donc salutaire.