« La vie des idées » : un outil documentaire pour varier les angles et anticiper l’actualité
Par Alain Joannes le mercredi 17 septembre 2008, 20:31 - PRATIQUES PROFESSIONNELLES - Lien permanent
Le web n’est pas seulement un espace de
recherche d’informations et de vérifications. Certains de ses contenus peuvent
aider les journalistes à s’extraire du conformisme et du suivisme qui rendent
l’information hexagonale globalement fade.
Dirigé par Pierre Rosanvallon, le magazine électronique « La vie des idées » fournit,
outre un large éventail de documents et de réflexions, deux précieuses
utilisations professionnelles: la diversification des approches et la
préparation du traitement de l’actualité prévisible.
Pour faire vivre cette revue qui publie en moyenne un article par jour,
Pierre
Rosanvallon a constitué un réseau
impressionnant: conseillers scientifiques difficilement récusables
comme caution intellectuelle; rédacteurs, correspondants, contributeurs
nombreux et diversifiés dans leurs origines comme dans leurs orientations
intellectuelles. Autant de caractéristiques qui garantissent l’absolue
fiabilité de la documentation mise à la disposition des journalistes.
Le terreau de l'actualité durable
Cette documentation se découvre de trois manières :

- Par les thèmes : politique, société, économie, culture & medias,
philosophie, histoire
- Par les rubriques
- Par une navigation alternative : articles les plus lus et
mots-clés
Se fier aux articles les plus lus n’étant pas la meilleure manière d’être
original, on se référera de préférence aux mots-clés : il y en a forcément
un qui mène à un éclairage précieux sur l’actualité la plus chaude.
Le recours à « La
vie des idées » est cependant beaucoup plus productif par la structure
thématique du site. Impossible de ne pas trouver au moins un article qui
enrichira les conférences de rédaction. La performance de ce magazine réside en
effet dans la capacité des auteurs à cultiver le recul nécessaire à la
réflexion tout en intervenant sur l’actualité durable (1). Exemples, parmi de
nombreux autres: « L’enterrement des 35 heures », « Comment mettre en
œuvre une réforme en France », « Réformer les minima sociaux »
…
La sérendipité – art de trouver sans vraiment chercher mais pas tout à fait par
hasard quand même – est une autre manière de varier les angles. Le journaliste
en bénéficiera en visitant périodiquement « Les idées du monde
» où il pouvait trouver, à la mi-septembre , une analyse peu
répandue des résultats des élections en Iran, une réévaluation de l’image de
Berlusconi, actualisation utile pour qui cherche à sortir des stéréotypes
médiatiques.
Préparer le meilleur traitement possible
Enfin, et puisque le web est accusé d’amplifier l’accélération de
l’actualité, une des responsabilités croissantes du journaliste consistera à
anticiper afin de produire le meilleur traitement possible des évènements
prévisibles. Là encore, « La vie des idées » apparaît comme un outil
providentiel avec des contenus singuliers sur les protagonistes de l’élection
présidentielle américaine, sur la crise du parti travailliste britannique, un
essai à explorer avant le prochain congrès du PS sur les socialistes et
l'économie de marché...

Avec ses fils RSS et sa lettre électronique hebdomadaire, « La vie des
idées » est une précieuse banque d'idées pour les journalistes soucieux de
se cultiver afin d' exorciser la sentence de Jean Yanne (2), mais surtout pour
entretenir la faculté de l'intense curiosité. Un journaliste qui n’est pas
curieux – il y en a beaucoup – ne peut produire que de l’information
ennuyeuse.
(1) J’appelle « actualité durable », le traitement journalistique
d’évènements qui ont une forte probabilité d’être retenus par des
historiens.
(2) « Quand j’entends parler de culture, je sors mon transistor », parodie de la phrase attribuée à Goebels: "Quand j'entends parler de culture, je sors mon revolver."
