Flyp_logo.jpgFlyp est un magazine exclusivement conçu pour le web, sans équivalent sur papier. Il répartit ses contenus entre le texte, le son, les photographies, les graphiques, les animations électroniques, la vidéo et il propose de l’interactivité. Flyp devrait être considéré comme un modèle de publication en rich media. Il n’est qu’un produit multimédia. Voici pourquoi.

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Tous les ingrédients sont là. D’abord – et c’est le plus important pour un tel positionnement - une rédaction de six reporters polyvalents, assistés par quatre spécialistes du design numérique.

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Ensuite, des sons et des vidéos de bonne qualité. Des animations pertinentes et astucieuses. Une mise en page aérée. Sur la page d’accueil, un design sophistiqué concilie l'esthétique et l'ergonomie. Le visiteur trouve l’équivalent de la « une » assorti d’un sommaire explicite.

Les limites du dispositif apparaissent assez rapidement. Technology_review.jpgElles s’insinuent dans l’inévitable comparaison avec la Technology Review du Massachusets Institute of Technology dont l’interactivité est beaucoup plus développée.

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Plus grave : pendant que l’internaute lit une enquête sur les derniers vétérans du blues dans le Sud des Etats-Unis, il entend un extrait de la musique produite par un seul artiste sur une page qui présente six musiciens.

Deux problèmes :

- L’intégration du son et de l’image est imposée. Dans le rich media le plus pur, l’infonaute doit pouvoir choisir entre trois possibilités : lire en silence, écouter sans lire et lire en écoutant. Le fait que la rédaction ait décidé d’une modalité d’assimilation relève d’un réflexe de médias traditionnels.

- La moindre des attentions aurait consisté à laisser l’internaute choisir lequel ou laquelle des bluesmen ou des blueswomen il veut entendre, histoire de se faire une idée. Ce n’est pas le cas : chaque arrêt sur cette page déclenche le même extrait sonore.

Le feuilletage linéaire trahit la pesanteur des vieux médias

Enfin et surtout, le principe du feuilletage. Il peut se comprendre pour une version web d’une publication sur papier, comme « Le Monde » électronique payant ou « Technology review », mais il est inadéquat pour un pure player comme Flyp. La navigation linéaire imposée trahit la pesanteur des vieux médias. Dans le pur rich media, l’infonaute doit bénéficier de la plus grande liberté pour assimiler les contenus à sa guise, quand il en a envie et comme il le souhaite. Rien ne doit lui être imposé. Il doit pouvoir aborder une enquête par un module textuel ou par une séquence vidéo, passer à un document sonore et revenir au texte ou consulter un graphisme.

La responsabilité cruciale d’une rédaction opérant en rich media se concentre dans la structuration des contenus ( ce qui réhabilité la hiérarchisation de l'information) et notamment sur leur adéquation avec tous les modes d’expression disponibles. Le journaliste rich media est un organisateur de contenus expert en langages numériques.

Jusqu’à preuve du contraire, c’est l’extension web d’un magazine papier qui s’approche le plus de la perfection. Le webreportage de Geo consacré à la Nouvelle Orleans trois ans après l'ouragan Katrina est, comme les précédents, un modèle du genre.