EADS_carte_Mobile.jpgLe choix par l'US Air Force de l'alliance Northrop-EADS pour la construction des futurs ravitailleurs en vol est le type même d'information qui relève de la globalisation.

C'est la mise en oeuvre d'une stratégie - en gestation depuis le début des années 2000 - de coopération transatlantique plutôt que de concurrence entre les principaux acteurs occidentaux de l'industrie de l'armement.

Au-delà de cet aspect de cette dimension de l'actualité, l'idée m'est venue de chercher des informations sur ce contrat en utilisant le prisme de ses retombées locales.

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Sachant que l'unité d'assemblage de l'appareil sera implantée à Mobile (Alabama), la source éditoriale qui s'impose est le Mobile Press Register. Le site web du journal fournit la photo emblématique du contentement des notables mais aussi sept feuillets de données.

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Première information, qui ne figurait pas dans l'article du "Monde" électronique de samedi après-midi: parmi les raisons qui ont motivé le choix de l'US Air Force figure le fait que l'avion de Northrop-EADS sera plus gros - il emportera donc davantage de carburant - et il sera aussi plus modulable - susceptible d'emporter aussi plus de passagers et davantage de matériel - que l'avion proposé par Boeing.

Deuxième information: les articles de la presse locale résument une magistrale leçon de savoir-faire en attractivité du territoire. Le magazine Forbes désigne le comté de Mobile comme la zone industrielle la plus dynamique des Etats-Unis avec une perspective de croissance de 34 % au cours des cinq prochaines années. La ville abrite déjà de nombreuses industries, dont une unité Thyssen de production d'acier qui représente un investissement de 3,7 milliards de dollars, un constructeur de containers, un constructeur de navires de combats "près du littoral". On apprend ausssi qu' EADS est déjà présente sur le complexe industriel de Brookley où la construction de la nouvelle usine d'assemblage débutera dans les trois mois.

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Les aides publiques à l'alliance Northrop-EADS se montent à 120 millions de dollars, soit un cinquième du coût de la future installation. Le Bureau pour le Développement de l'Alabama travaille depuis deux ans avec Northrop et EADS. Son directeur annonce qu'il va maintenant veiller de près à ce que tous les sous-traitants viennent effectivement s'installer dans la région. Les notables locaux se réjouissent bruyamment. Ils fixent leur nouvelle priorité absolue: faire venir et fixer une main d'oeuvre qualifiée. Ils calculent que le niveau moyen des salaires va exploser dans la ville et dans ses environs. Ils ambitionnent de devenir la troisième ville aéronautique après Seattle et Toulouse.

La presse locale regorge également d'informations sur les conséquences nationales du choix de l'US Air Force. Les policitiens d'Alabama préparent déjà leurs arguments pour contrer les éventuelles démarches de Boeing pour faire annuler le contrat.

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Seattle, siège de Boeing, est le second point d'impact local. Le Seattle Times publie une photo d'ouvriers américains qui protestent contre le choix de l'US Air Force. Dans une dizaine de feuillets de données, peu d'informations en provenance de Boeing. Le journal déplore la perte de 2000 emplois immédiatement et de 6000 emplois ultérieurs dans l'état de Washington.

Le site web du journal publie une longue liste de personnalités régionales et nationales qui se déclarent disposées à tout faire pour obtenir l'invalidation du contrat. Parmi les réactions des lecteurs, beaucoup d'arguments patriotiques, mais aussi des raisonnements très pragmatiques sur le fait, par exemple, qu'une préférence nationale en faveur de Boeing aurait certainement coûté plus cher aux contribuables américains.

Et puis, parmi les réactions plutôt avisées des lecteurs - sélectionnées par les journalistes du Seattle Times - un sujet de perplexité introduit par un lecteur en poste à Shanghaï. Il affirme que l'accord Northrop-EADS va permettre aux Etats-Unis d'intervenir directement dans l'industrie de défense européenne.

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