Fulgurances et pépites d'une recherche affinée
Par Alain Joannes le jeudi 21 février 2008, 18:44 - METHODES DE COLLECTE - Lien permanent
Ayant
déjà eu
l'occasion de m'esbaudir sur les singularités d'un moteur qui
accompagne la curiosité du journaliste, il ne restait plus qu'à soumettre cet
engin aux impératifs de l'actualité.
Les divergences entre les prévisions du gouvernement Fillon, celles du Fonds
Monétaire International et celles de la Commission européenne pour la
croissance française en 2008 constituent un beau sujet de perplexité.
Suivant le mode d'emploi de SurfCanyon, je
m'attends à ce qu'une requête produise une dizaine de résultats primaires sur
la page d'accueil et que, m'attardant sur un de ces résultats primaires,
l'astucieux moteur devine ce qui m'intéresse le plus et me propose au moins
trois recommandations.Ce schéma n'en montre que deux pour préserver la
lisibilité.

Avec une requête en deux mots - croissance France - sur Google, le plug
in SurfCanyon implémenté sur mon navigateur Firefox est tout simplement
fulgurant. Sur sa première page, Google ne me fournit aucun résultat primaire
hautement pertinent c'est à dire complet et récent, en provenance du FMI ou de
Bruxelles.
Mais, dès le troisième résultat primaire, les algorithmes intelligents de
SurfCanyon émettent une recommandation qu'ils sont allés chercher assez loin
dans la collecte de Google: 41 articles sur les prévisions du FMI, publiées la
veille. J'ai gagné une bonne dizaine de minutes. Au sixième résultat primaire,
je trouve - toujours recommandé par SurfCanyon - les chiffres de la Commission
européenne qui datent, eux, de la matinée.
Avec la même requête en deux mots, les résultats primaires de Yahoo.fr
n'incitent guère à consulter les suggestions de SurfCanyon puisque les quatre
premiers font état de la croissance et du développement à Madagascar et du
procès en cours sur l'hormone de croissance.
Cependant, sur le site SurfCanyon, le recours à Yahoo procure une surprise.
Le premier résultat propose un traité d'économie.

Sous ce premier résultat une recommandation surgit sous la forme d'un
"collector" (Le web n'est pas seulement le temps réel, c'est aussi une
fabuleuse mémoire): Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle,
__s'exprime
le 21 avril 2007 en vidéo__, sur ses projets pour la France. Pas de
chiffres, pas de prévisions, juste un catalogue d'intentions aussi floues que
nobles. Je note au passage que ce document n'a été regardé que 605 fois, dont
deux fois par moi aux fins de vérification. Ce document figurait à la 62ème
place, c'est à dire à la septième page. Il est peu probable que je sois allé
jusqu'à cette septième page car j'avais un article à écrire et il me fallait
trouver des angles originaux. Précisément, cette vidéo est un angle de mise en
perspective pour un bilan économique provisoire de l'actuel président de la
République.

Une des suggestions m'intrigue parce qu'elle associe les notions de
"croissance" et de "dette publique". Je demande à SurfCanyon de m'en dire un
peu plus sur les relations entre la croissance et la dette publique. Il me
propose, dès le second résultat primaire, d'aller faire un tour sur un site
étonnant - l__e compteur
d'endettement__ - qui n'est pas un gadget car il est saturé de références
sérieuses.
Grâce aux recommandations de SurfCanyon sur
Google et à ce compteur d'endettement introuvable par un moyen classique, je
peux envisager mon
article sous l'angle de "la perte de recettes qui creuse les déficits."

Commentaires
Prenant connaissance de votre objection orthographique, de honte mon front est entré en érubescence.
Je me suis rué sur le volume 2 du Grand Robert. Sa page 336 vous donne raison. L'article consacré au verbe "ébaudir" signale que "s'esbaudir" était utilisé aux XIème et XIIème siècle.
En suis allé en appel vers le dictionnaire Hachette. Il tolère les deux formulations.
En cassation, le correcteur orthographique de Word ne réagit pas lorsque j'écris "esbaudir" mais souligne en rouge le néologisme "esbeaudir".
La vérité est que je préfère la musicalité archaïsante de "esbaudir" et que je ne résiste jamais à la jubilation de suggérer qu'on peut être technophile et féru de précision sémantique, voire amoureux des mots, voire même lire des livres imprimés sur du papier.