AJR_logo.jpgIntéressantes réflexions, dans l’American Journalism Review de février-mars 2008, sur l’exploitation journalistique de Wikipedia. Donna Shaw, auteur de l’article, cite trois journaux qui ont publiquement mentionné l’encyclopédie en ligne comme une de leurs sources d’information. Elle fait également état d’interdictions formelles, édictées par des rédacteurs en chef, de recourir à cette publication controversée.

L’anonymat des contributeurs suffit à exclure Wikipédia des sources d’information et de vérification. L’historique des débats qui ont entouré l'actualisation de la biographie de Ségolène Royal, en 2005-2006, montre que des enseignants ont tenté de régler des comptes avec l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Education.

Depuis le 13 août 2007, le moteur WikiScanner.Virgil.com détecte les ingérences de grandes firmes: elles croient pouvoir profiter de l'anonymat des contributeurs pour faire modifier, par leurs salariés, les contenus qui leur sont défavorables.

Ainsi, le 1er février 2007, entre 11h46 et 12h06, quelqu’un a voulu introduire neuf changements dans la biographie de Patrick Poivre d’Arvor, dont la suppression du passage consacré à sa fausse interview de Fidel Castro.

Wikipedia_PPDA_V3.jpg

Or les tentatives de manipulation de Wikipédia émanent d'un ordinateur connecté au réseau depuis le siège de TF1, ordinateur associé au nom d'une certaine Sophie B.:

Preuve_de_TF1_V2.jpg

WikipediaVision, une application plus récente du type Twitter, relève en temps réel toutes les tentatives de modification.

Wikip_dia_modif_instantan_e.jpg

Il n’y a rien donc rien d’étonnant à ce que le bannissement de Wikipedia soit inscrit dans le code de déontologie du bureau de l’AFP à Londres.

Pourtant, Donna Shaw relève plusieurs concentrés d’érudition dans cette encyclopédie. Elle cite le cas de la bataille de Guadalcanal qui fait l’objet de 95 citations avec leurs références, 33 ouvrages et 19 liens vers des sites web. Obtenir une telle quantité et une telle diversité de sources en deux clics est assez rare, même avec un moteur comme Google qui « ramasse » beaucoup trop de liens inutiles. Il y a donc dans Wikipedia des zones de savoir recommandables.

Wikipedia_petit_logo.jpgD’où l’idée d’utiliser dans certains cas l’encyclopédie comme un moteur thématique. Testé à propos des élections municipales , cet usage alternatif s'avère productif avec, notamment, un tableau exhaustif de tous les scrutins depuis les débuts de la Vème République. Sur la Société Générale, l’actualisation est presque convaincante. Dommage qu'une phrase ajoutée le 6 février et qui se réfère à un site web pas particulièrement crédible, laisse entendre que le ministère de l’Economie va « aider » la banque avec un chèque d’un milliard. Sans cette formulation tendancieuse, qui manque singulièrement de recul pour une encyclopédie, l’entrée « Société générale » serait crédible.

Wikipedia, point d’appui vers des sources fiables, oui à trois conditions:

- éviter les sujets à la mode

- éviter les thèmes passionnels

- privilégier les articles qui proposent le plus grand nombre possible d'instances de validation: livres, revues et sites web qui font autorité dans le domaine traité.

LIEN PERMANENT