Nokia et Reuters ont testé cet été un dispositif de transmission des informations pour les journalistes en reportage. Il s'agit bien de transmission entre le lieu de l'évènement, qu'on appelle aussi "le terrain" et la rédaction et non de diffusion de l'information.
Nokia_N95_8_G.jpg L'outil de base est un terminal nomade, le N958G pour l'Europe, doté d'un bel écran , d'un capteur de cinq millions de pixels, d'une grande capacité de stockage et d'une connectivité enviable. Cependant, les débits mentionnés sur la fiche technique pour les envois de fichiers semblent insuffisants pour des images vidéos dont il est proclamé qu'elle sont d'une qualité équivalente à celles des DVD. Bien que peu animées, les images mises en ligne sur le site dédié par Reuters aux "mojos" (journalistes mobiles) sont d'ailleurs affectées d'un ondoiement inédit dans les annales des bizarreries télévisuelles (Voir notamment l'interview flottante de Vinton Cerf, un des cinq pères fondateurs d'internet, au Festival d'Edimbourg.

Le codage des transmissions est assuré par la firme ComVu, spécialisée dans la diffusion d'images animées pour terminaux nomades.Comvu développe une conversion logicielle de bande passante qui, selon la délicieuse Jennifer qui assure la démonstration à DemoFall 2007, transforme un téléphone mobile en outil de diffusion. Elle a bien dit "broadcast".

Le principal intérêt du dispositif Nokia Reuters semble bien être une interface qui, développée par Reuters à partir du système d'exploitation Symbian, relie les contenus collectés par le journaliste sur le terrain à l'organisation éditoriale de sa rédaction. Concrètement: les textes rédigés sur le N95 8G vont sur le système de traitement de texte du journal, les photos dans la banque d'image, les sons et les vidéos dans leurs serveurs respectifs si la rédaction est ainsi structurée. Le reporter en action retrouve sur son terminal nomade l'environnement bureautique qu'il utilise quotidiennement au siège. C'est un avantage, semble-t-il, par rapport à l'outil nomade australien décrit dans une note précédente.

Il reste que comme dans les années quatre-vingt dix pour la vidéo légère, la mobilité n'est pas vraiment servie par la miniaturisation. Car si l'outil central - naguère le caméscope de plus en plus petit, aujourd'hui le "smartphone" - devient effectivement de plus en plus léger et discret, il exige pour assurer une totale fiabilité des périphériques bien encombrants. En l'occurrence: Nokia_N95_clavier_bluetooth.jpg Un clavier relié au téléphone par ondes Bluetooth.

Nokia_micro_Sony_directionnel.jpg + un micro directionnel Sony aménagé par Nokia pour réduire les arrière plans bruyants.

Nokia_tripode_vid_o.jpg +un tripode "customisée pour contenir le N95 8G

Nokia_chargeur_solaire.jpg + un chargeur et une batterie solaires pour faire face aux besoins énergétiques du dispositif.

Autrement dit, un journaliste peut exploiter ce dispositif pour "couvrir" des évènements prévus et réputés calmes mais il prendrait de grands risques, pour son reportage et pour son matériel, à se rendre avec un tel attirail sur une manifestation un peu agitée, pour ne rien dire d'une catastrophe ou de la guerre en Irak. Assurément, il n'aura jamais le temps de tout installer, de tout enregistrer et de tout remballer.

La MJA (Mobile Journalism Application) présente un intérêt évident pour certaines activités journalistiques mais il convient donc d'accueillir avec une aimable réserve l'affirmation d'un responsable de ce dispositif selon qui, le téléphone remplace désormais l'ordinateur portable.

SOURCES Editors Weblog

Money CNN

Press Gazette

Shaping the Future of Newspaper

RESSOURCES

Nokia Research Center

ComVu

Reuters Mojo blog

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