Visualisation_logo_conf_rence_2.jpg

A Sacramento, du 28 octobre au 1er novembre, Infovis 2007, évènement consacré la visualisation des données et de l'information. A travers conférences, ateliers, démonstrations, expositions et rencontres informelles, 800 spécialistes échangent leurs découvertes et leurs réflexions sur les technologies, les méthodes et les avancées des sciences neurocognitives dans le domaine de la perception et de la compréhension. Les thèmes traités vont des recherches en mathématiques pures aux études sur les systèmes de sécurité en passant par l'art et la manière de rendre accessible le plus plus rapidement possible la plus grande quantité de données complexes ou l'importance de la visualisation dans le travail collaboratif en ligne.

Une des interventions les plus intéressantes a été, dimanche 28 octobre, celle de Matthew Ericson, directeur adjoint du service graphique du New York Times. Ce service comprend trente spécialistes qui se considèrent non pas comme des illustrateurs mais comme des journalistes généralistes: ils doivent entretenir une connaissance large et relativement approfondie des phénomènes qui dominent l'actualité. Leur tâche consiste à aider les autres rédacteur à rendre "aptes à l'image" les éléments constitutifs des articles avant leur mise en ligne ou leur publication imprimée, à transformer des données brutes en graphiques compréhensibles par des millions de lecteurs.

Parmi les difficultés surmontées ces derniers mois, la création d'images qui rendent compte clairement et précisément du rôle des contributions des milieux d'affaires dans le financement d'une campagne présidentielle, des changements en cours au sein de l'insurrection irakienne, des problèmes de l'industrie automobile américaine.Many_Eyes.jpg Le principal défi à relever vient des différences de capacités d'assimilation au sein du lectorat. Chaque jour, l'équipe de Matthew Ericson doit sélectionner les contenus qui demandent un complément visuel, le type de visualisation à proposer (statique, interactive) avec, pour les informations à traiter en urgence, quelques heures seulement pour prendre les décisions les plus adaptées aux attentes et aux aptitudes des audiences.

La conférence de Sacramento est "bloguée" par Fernanda Viegas, pionnière de la visualisation des données sur le web (courriers électroniques, "chats") et plus récemment sur le web 2.0 avec notamment la mise en images des implémentations de contenus sur Wikipedia. Elle vient de travailler, au sein du Visual Lab d'IBM à l'enrichissement du site Many Eyes qui permet, mieux que n'importe quel texte, de comprendre en profondeur certains phénomènes comme, par exemple, celui du leadership et de l'influence à travers les appartenances des différents pays du monde aux organisations internationales.

Infovis est le genre d'évènement qui souligne le retard pathétique de la France dans la domaine crucial de "l'intelligence visuelle". Les Etats-Unis ont une bonne dizaine d'années d'avance dans l'imagerie décisionnelle (militaire et gestion économique), l'imagerie scientifique et pédagogique avec ses applications dérivées vers le neuromarketing et, bien entendu, dans l'information où l'image est trop souvent considérée, chez nous, sous l'angle décoratif, juste bonne à égayer une masse textuelle grisâtre. Le pire est que de très nombreux graphistes français travaillent au sein des laboratoires américains les plus plus performants dans la visualisation des données et de l'information.

Source: Infosthetics

Lien permanent