Toujours aussi veule à l'égard des puissants du moments, notamment à l'égard du pouvoir politique, la presse française s'extasie sans retenue sur les contrats commerciaux signés par le président de la République à l'occasion de sa visite officielle au Maroc. Les chaînes de télévision, les stations de radio et même certains quotidiens économiques réputés fiables rivalisent de superlatifs pour présenter le chef de l'Etat comme un magicien - un Harry Potter du commerce extérieur - qui ,soudain et par enchantement, "décroche" de mirifiques contrats qu'il dépose dans l'escarcelle de la richesse nationale.

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Newspaper Index permet d'équilibrer cette méprisable présentation des relations internationales.
Maroc_1_liste_de_journaux.jpgGrâce à cet outil de vérification, une dizaine de publications marocaines fournissent un éclairage beaucoup moins flagorneur sur la place de la France et le rôle de son président. Il faut bien sûr tenir compte de la fierté nationale marocaine dans la tonalité acerbe de certains commentaires. Mais, après correction des humeurs locales, un certain nombre de faits occultés par la presse française, relativisent les pâmoisons hexagonales.

D'abord l'incident diplomatique humiliant du 10 juillet quand Nicolas Sarkozy a été sèchement prié d'annuler une escale au Maroc. Ensuite l'annulation d'un salon aéronautique qui devait se tenir du 24 au 27 octobre au Maroc: il était sponsorisé par la firme Dassault qui s'est retirée par les Marocains ont préféré le "F16" américain au "Rafale" français. Le simple fait que cette manifestation ait été officiellement annoncée montre que la France était certaine de remporter ce contrat militaire. Or, nos confrères marocains révèlent que la Direction Générale de l'Armement avait sous-estimé de 300 millions le coût des appareils Dassault et affirme que le ministère français de l'Economie n'a rien fait pour rendre le plan de financement présentable. Résultat : le Maroc préfère acheter 36 "F16" américains pour 2 milliards de dollars plutôt que 24 "Rafale" pour 2 milliards d'euros.

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D'autres faits économiques sur le poids véritable économique de la France - notamment sur son endettement record qui devrait lui interdire de parler d'aides à l'Afrique - alternent avec des considérations peu aimables sur le grand projet "euroméditéranéen" de Nicolas Sarkozy, qualifié de "mirage".

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