Spot.us est une plateforme
californienne sur laquelle des citoyens demandent à des journalistes de
réaliser des reportages que des organes de presse peuvent acheter.
Ainsi résumée, la place de marché relèverait d'une forme de journalisme à la
demande.

Cependant, le
fonctionnement détaillé de l'espace triangulaire - audiences,
reporters, publications - révèle des potentialités plus intéressantes qu'un
journalisme soumis aux éventuelles lubies de lecteurs futiles et
capricieux.
Le principe de base est celui de l'offre et de la demande mises en relations
grâce à ce que l'on appelait dans les années quatre-vingt dix une
marketplace C2B (= Consumers to Business).

Offre: un journaliste dont le profile professionnel est
disponible sur le site propose un sujet de reportage et en affiche le prix
(frais de réalisation + rémunération).
Le journaliste s'explique en vidéo sur la manière dont il va mener l'enquête et
en quoi le sujet est à la fois important et intéressant. Il défend son projet
de reportage comme dans une conférence de rédaction. Mais, grosse différence,
directement devant ses audiences potentielles. Bonnie, par exemple, plaide pour
son projet dont le thème est: "comment la récession économique peut affecter
l'industrie du sexe à San Francisco."

Les offres journalistiques rencontrent une demande ou des attentes dans la
mesure où des internautes intéressés par le sujet investissent quelques
dizaines de dollars sur ce projet.

La progression du financement est constamment actualisée et les donateurs
peuvent se regrouper en communauté autour du journaliste et de son sujet de
reportage.

Un blog ainsi
qu'un fil sur Twitter
rendent compte de l'activité de ces communautés d'infonautes.
Quand le montant des dons (fiscalement déductibles) atteint le prix fixé par le
journaliste, le reportage peut débuter.

Il n'est pas publiable avant d'avoir été relu par un vérificateur "
factualiste" (= facts checker).
Pour limiter les risques de financements orientés, les investissements
individuels ne peuvent pas dépasser 20% du coût total du reportage.
Demande: des internautes déposent sur le site des idées de
reportages. Les demandes rencontrent les offres quand des journalistes
s'emparent des suggestions qu'ils reformulent parfois. Là encore, le
financement est assuré par les audiences.
Publication: un organe d'information qui veut acheter un reportage
doit être agréé par Spot.US qui vérifie si le fonctionnement de cette
publication correspond à l'éthique de la Société des Journalistes
Professionnels.
Si un organe d'information verse 100% du coût du reportage, il en obtient
l'exclusivité. S'il verse 50% du coût, il n'en a l'exclusivité que pour une
première publication.
L'intérêt, pour une publication, d'entrer dans la coopérative porte d'une part
sur une meilleure connaissance des attentes des audiences et, d'autre part, sur
une diversification des traitements journalistiques: un "indépendant" a une
manière de s'exprimer différente de celle des journalistes intégrés dans
l'organisation.
Quand un reportage n'obtient pas son financement, l'argent déposé par les
internautes leur est remboursé ou déposé sur un compte destinés à d'autres
investissements dans des contenus journalistiques. Les organes de presse agréés
peuvent alimenter un compte qui permet à Spot.us de payer des journalistes
indépendants afin qu'ils puissent entreprendre des reportages intéressants mais
peu demandés.
Donner un pouvoir éditorial aux audiences
Ce n'est pas un hasard si cette expérience de coopération triangulaire a lieu
dans la région de San Francisco, berceau des technologies de la communication
mais aussi creuset historique d'innovations sociales.
La mobilisation de citoyens impliqués est plus évidente dans la Baie que dans
n'importe quelle autre région du monde. Les anciens hippies devenus
universitaires, financiers ou chefs d'entreprises y ont crée des formes
d'investissements éthiques qui s'efforcent de concilier les valeurs écologistes
et la spéculation: plusieurs firmes cotées en bourse en ont subi les
implacables exigences (1).
L'engagement peut prendre, en Californie, des formes d'engagement militant en
faveur d'un thème d'investigation journalistiques. Des groupes de supporters se
forment, arborant des T shirts sur lesquels s'inscrivent les attentes des
internautes.

Cet engagement citoyen se manifeste d'ailleurs dans la hiérarchie des sujets
réclamés par les internautes: pollution, fonctionnement de la police, mesures
de sécurité dans l'éventualité d'un tremblement de terre. Il n'est pas certain
que les organes de presse aient eu spontanément l'idée de lancer une enquête
sur les dysfonctionnements de la police à Okland.

En attendant que soit validé le modèle économique de Spot.us, le premier
enseignement qui émerge de cette expérience concerne le rôle des audiences dans
la stratégie éditoriale.
Sans verser dans la démagogie ou dans le marketing de l'info, le journalisme a
un besoin urgent de relations formalisées avec des audiences motivées et
exigeantes.
Seule l'intervention directe et permanente des audiences peut permettre au
journalisme à la française d'en finir avec les connivences et le
conformisme.
Seul un droit de regard des audiences sur la stratégie éditoriale est de nature
à limiter les effets désastreux des connivences entre les journalistes et les
pouvoirs politiques (soumission et carriérisme) et les pouvoirs économiques
(veulerie et corruption).
Seuls ceux qui font à priori confiance aux journalistes peuvent les dissuader
de se copier les uns les autres - les journaux puis la radio puis la
télévision, en boucle - dans une quête de conformisme - "surtout, être dans le
ton général"- qui est proprement suicidaire.
Il faut maintenant imaginer les modalités d'une implication des
audiences.
La solution californienne du financement coopératif ne semble pas adaptée aux
mentalités hexagonales.
Reste la communauté d'infonautes dont les membres seraient cooptés.
Cette communauté proposerait des thèmes d'investigation.
Elle interpellerait la rédaction sur le traitement de l'actualité.
Elle imposerait une régulation des emballements médiatiques.
Elle exigerait un meilleur suivi, voire un approfondissement des dossiers
importants.
Il s'agit bien,
comme l'a écrit le New York Times, de donner un pouvoir éditorial
aux audiences.
Les outils existent, qui peuvent favoriser l'affirmation de ce "Tiers-Etat de
l'information" (2).
(1) Des fonds d'investissements éthiques californiens ont obligé une puissante firme japonaise à renoncer à construire une installation industrielle sur un site de reproduction des baleines; ce projet avait été obtenu grâce à la corruption des décideurs mexicains. Les fonds éthiques californiens ont amené d'autres investisseurs à vendre massivement leurs actions, ce qui a provoqué la chute en bourse de la firme japonaise. Ils se sont également donné les moyens de révéler la corruption des politiciens mexicains.
(2) La référence au Tiers-Etats de 1789 n'a évidemment rien à voir avec la sinistre bouffonnerie des "états généraux" de la presse. Il s'agit d'une métaphore historique dans laquelle le rôle de l'aristocratie est tenu par les propriétaires des organes de presse, les journalistes incarnant le bas clergé médiatique, les lecteurs-auditeurs-téléspectateurs-internautes s'entassant dans un Tiers-Etat que les deux castes professionnelles méprisent.

Créée
en 2007 à partir de technologies développées depuis près de dix ans,





Excellent exercice de
vérification journalistique: dans son souci d'évaluer la consistance de cette
rumeur,
Le
thème de l’exode rural dans un des pays les plus pauvres du monde est
intéressant. Mais ce qui l’est encore plus, c’est la manière d’entreprendre ce
webreportage en vue d’un déploiement ultérieur en rich media.
Dans
l’immédiat, il s’agit d’
Cette
plate-forme est structurée à la fois pour une répartition des contenus en rich
media et pour un dispositif multicanal.
Relèvent de la répartition rich media les
espaces dédiés aux textes,- dont
Le
dispositif multicanal comporte des flux RSS,
Dans le cahier des charges d'un appel
d'offre destiné à se doter des moyens de mieux comprendre l'opinion, le
ministère de l'éducation nationale fournit gratuitement une belle leçon de
veille.
Pour chaque citation qui se propage
amplement sur le web, l'outil permet d'en trouver l'origine. Il mesure la
décroissance de sa propagation virale.
- "Les
fondamentaux de notre économie sont bons" - retombe bien vite en nombre de
reprises parce que, dans l'actualité de la crise financière radiographiée à
travers les traînes de réplications, une citation chasse l'autre.

Le quotidien sud africain The Times vient
d'ouvrir
L'offre de contenus englobe les
informations mondiales, nationales et locales dans les rubriques géopolitiques,
économiques, culturelles et sportives. Les infonautes sont prévenus par des
alertes et peuvent accéder aux articles de fond. Ils peuvent également
télécharger des reportages ou des débats en vidéo.

Le reproche qui était adressé à France
Info en 1987 prend ici une nouvelle acuité. La radio d'information continue
place généralement au début de ses sessions, non pas ce qui est le plus
important mais - sauf circonstances exceptionnelles comme les élections
américaines - ce qui est le plus récent: un faits divers à forte charge
émotionnelle qui sera oublié le lendemain prend la place, dans le flux
radiophonique linéaire, d'un fait qui aura peut-être une portée
historique.








Dans 





Echonimo est précieux en ces temps fébriles
parce qu’il ne propose que 116 réponses à la requête « crise
financière » (Google en déverse cinq millions) et parce que ces résultats
d’origines diversifiées mais très pertinents sont chronologiquement répartis
entre une "actualité du jour" et une "actualité de la semaine". Le journaliste
peut, dès lors, construire son récit et le mettre en perspective.

en raison de la diversité et de la qualité
de ses contributeurs.Pas vraiment didactique mais utile, quand même, pour qui
veut comprendre ce qui se passe en évitant les fadeurs médiatiques. Ce site se
donne pour ambition de diffuser «Les infos absentes des prompteurs des
journaux télévisés ».
C'est après avoir lu, dans
est
également consulté par des institutions qui le rémunèrent; il n'y aucune raison
pour que l'économiste délivre gratuitement des analyses qu'il fait payer par
ailleurs. Seules une certaine éthique et la crédibilité du professeur
garantissent l'intérêt des analyses gratuites car leur auteur ne peut pas
publier le contraire de ce qu'il vend.
Meilleur
site d’information en rich media selon ma conception du rich media (1)


