L'innovation s'intensifie dans la détection, l'exploration et l'exploitation
des gisements de contenus. Voici cinq applications susceptibles d'enrichir la
recherche d'informations et la validation des sources en complétant
Google.
Je les propose dans l'ordre séquentiel des quatre opérations auquel tout
journaliste opérant sur le web devrait se consacrer s'il est soucieux de
préserver sa crédibilité. En attendant que les organes de presse hexagonaux
veuillent bien créer la fonction de recherchiste-vérificateur qui est enseignée
depuis pas mal de temps au Québec.
Ce qui suit peut être considéré comme l'ébauche d'un dispositif à enrichir avec
d'autres applications.
I - Recherches étendues
Cleeki est un collecteur de mots-clés. Il
considère chaque mot sélectionné sur une page web comme un élément d'une
requête. Il suffit de proposer ce mot à un moteur, un annuaire ou une base de
données comme Wikipedia pour déclencher une recherche sur une de ces
ressources.
![]()
Cleeki est capable de ratisser plusieurs mots-clés et de les lancer dans une
requête dans plusieurs directions simultanées. Il propose enfin des mots-clés
qui ne sont pas présents dans la page examinée mais qui peuvent, selon lui,
suggérer une extension de la recherche.
II - Recherches approfondies
Exploredge m'a été
signalé par Mohamed Chelbi lors d'une récente formation sur la recherche et la
veille au CAPJC de
Tunis. Cet outil de recherche experte, métamoteur intelligent à
vocation encyclopédique, est tout simplement fantastique et il est
français.

Exploredge mobilise une vingtaine de moteurs dont les résultats pour une
requête sont soumis aux technologies de traitement sémantique des contenus. Des
interventions humaines en mode collaboratif améliorent grandement la pertinence
et la précision des résultats.
Concrètement, l'approche
sémantique fait émerger les mots, les notions, les associations d'idées, les
suggestions avec une puissance dont le cerveau humain est incapable sur des
laps de temps très courts.
Les interventions humaines vérifient, valident, classent et hiérarchisent les
réponses des moteurs, ce dont les algorithmes ne sont pas capables avec une
telle intelligence (= compréhension) de la requête.
Les suggestions d'approfondissements et d'affinements apparaissent dans un
volet latéral gauche. Elles sont classées dans une arborescence logique. A la
date de mise en ligne de cette note, dix domaines étaient structurés - dont
l'intelligence économique et la veille - et onze autres étaient en cours de
validation. A la fin de l'année, Exploredge proposera une centaine de centres
d'intérêt comprenant chacun entre 500 et 1000 termes.
Sous le métamoteur, une encyclopédie est donc en expansion, alimentée par des
contributeurs volontaires Les journalistes qui auront la sagacité d'inclure
Exploredge dans leur panoplie d'investigations sur le web n'ont qu'à s'inscrire
afin de recevoir la lettre d'information, sans omettre de s'abonner au
blog dédié.
III - Vérification des faits
Wolfram alpha
s'annonce comme un outil journalistique assez révolutionnaire dans la mesure où
il semble vouloir combiner la puissance de Google et l'exhaustivité de
Wikipedia.

Son ambition n'est rien moins que de rendre toute connaissance immédiatement
consultable par ordinateur. C'est un projet à long terme mais il suffit de
tester les premières catégories proposées - par exemple, celle de la culture et
des médias - pour comprendre qu'une technologie puissante est au service
d'objectifs originaux, avec des résultats "non substituables", d'ores et déjà
sans concurrence possible.
True knowledge
ressemble à Exploredge, en moins puissant et en moins précis. Mieux vaut
l'utiliser comme vérificateur factuel que comme moteur.

Plus que jamais nécessaire au sein des rédactions, la fonction de facts
checker associée à une expertise de recherche et de veille a besoin de
bases de données "interrogeables" comme True Knowledge pour éviter ce qui vient
d'arriver à plusieurs quotidiens britanniques: reprise aveugle d'une fausse
citation glissée dans Wikipedia par un étudiant en sociologie qui étudie la
fiabilité journalistique.
IV - Validation des sources
Touchgraph est la providence du
journaliste ou du documentaliste chargé de valider les sources d'information.
Cette opération consiste notamment à mesurer l'écart entre ce qu'un site, ou un
blog, prétend être et ce qu'il est réellement. Si l'écart est nul, le gisement
d'informations mérite d'être validé. Si l'écart est significatif, la rédaction
doit être avertie de son manque de fiabilité, voire de sa nocivité.
Plusieurs outils, dont certaines fonctionnalités de Google, permettent de
confronter les contenus avec leur environnement matérialisé par les liens
entrants: un blog qui se prétend juridique mais vers lequel pointent des liens
sans rapport avec le droit doit être exclu, à priori, des ressources
rédactionnelles.

Comme outil de validation, Touchgraph est une merveille. L'alliance de la
sémantique et de la visualisation de données dévoile, dans le cas de ce blog,
différents univers agrégés en constellations.

En "zoomant" sur une de ces constellations de sites ou de blog, un coup d'oeil
suffit pour vérifier le voisinage du blog correspond bien à sa ligne
éditoriale: l'information, le journalisme à l'ère électronique.
Dans un volet latéral, à
gauche de la remarquable interface graphique, apparait la liste des sites qui,
à un moment, ou à un autre, ont pointé vers le blog "journalistiques".
Un aperçu de ces sites ou blogs permet de se faire une idée de la raison pour
laquelle ils se sont intéressés à tel ou tel billet. Il suffit de cliquer sur
l'adresse du visiteur pour en savoir davantage.
Cette maquette de dispositif de recherche-vérification-validation peut
accueillir bien d'autres moteurs, ainsi que des applications greffées sur les
navigateurs comme Gnosis
ou Surf
Canyon.
Voir aussi: "Comment j'évalue
l'actualité"






Remarque:
Hollywood a exploité la matrice 1 (guerre bactériologique) et la matrice 2
(accident de laboratoire), dans "Alerte !" de Wolfgang Petersen avec,
notamment, Dustin Hoffmann et Donald Sutherland.
A l'intention des blogueurs incultes
qui commentent ce qu'ils ne comprennent pas dans un style rédactionnel typique
de la confusion mentale, voici une nouvelle image à plagier.


Au
début du mois de février dernier, j'ai proposé comme sujet d'examen à mes
étudiants de l'Institut Français de Presse un travail de recherche et
d'évaluation sur le risque de pandémie grippale. Les médias se désintéressaient
alors d'un phénomène sur lequel j'exerce une veille systématique depuis
2005.
m'a permis de bénéficier de la
sérendipité pour réaliser une enquête sur la réactivation en 2005 de
l'actuel virus H1N1 à partir de cadavres de personnes tuées en Alaska par la
pandémie de 1918 (2).


La presse reste,
heureusement, une activité ouverte à toutes sortes de compétences.

Une fois installé, très
facilement, le plug in peut rester invisible ou déployer son tableau
de bord, à gauche de la page à inspecter, quand on a choisi cette option dans
le menu "affichage".

En deux ou trois
secondes, le cerveau d'un journaliste moyen, pas forcément expert en économie,
saisit l'univers dans lequel baigne l'article.


il peut se procurer le récent - 12 février 2009
- et tout à fait passionnant
Pour le site de







Il faut sans doute être
ouvert bien sûr mais aussi sélectif et rigoureux pour agréger, sur des thèmes
précis et consistants, des communautés susceptibles de fonctionner en
intelligences collectives.
L'intérêt de ces boîtiers peu onéreux (2) est dans un terme anglo-saxon qui ne
se traduit pas en français: convenient (3). C'est d'ailleurs parce
qu'ils sont pratiques, faciles à utiliser, que trois modèles de deuxième
génération (la première génération date du printemps 2008) font l'objet d'un
véritable engouement aux Etats-Unis:


d'un projet ou d'une
proposition de loi déposé, par exemple, à l'Assemblée nationale pour avoir
accès, via le site officiel du Palais-Bourbon, à ses origines - auteurs, ou
extraits de communiqués officiels de conseils des ministres - et pouvoir
suivre, ensuite, le cheminement tout au long de la procédure
parlementaire.
Mais
la tâche du recensement quotidien étant automatisée, le journaliste peut
déployer sa créativité en utilisant LexFeed pour étudier de près le travail
parlementaire. Une excellente occasion de mieux informer les citoyens,
d'enrichir la fonction de journaliste parlementaire et de contribuer à la
réhabilitation du parlement.
en rich media depuis la fin des années quatre-vingt dix,

- Niveau 2 : 4 modules
graphiques font pénétrer l'internaute dans les mécanismes intimes de la
catastrophe.
L'ultime image - ici en teintes inversées pour une meilleure lisibilité - de ce
module interactif explique le fonctionnement du système qui aurait dû éliminer
la glace en formation sur les ailes, l'empennage et les stabilisateurs de
l'appareil.

Le document proposé par le New York
Times provient du site spécialisé 
Finalisée par le World Wide Web de
Tim-Berners-Lee, cette révolution a régénéré le récit journalistique tout en
lui imposant quelques contraintes, dont celle de produire des contenus à la
fois riches et facilement assimilables.





Pendant que les
responsables, globalement incompétents, de la presse écrite quotidienne
quémandent de l’argent au pouvoir politique et tandis que des regroupements de
journalistes préparent l’avenir en scrutant attentivement leurs rétroviseurs,
les créateurs de XXI enregistrent un phénomène à peine croyable: la qualité
paie puisque leur trimestriel est rentable au bout d’un an.


Quoi qu'il en soit, le
fait que des journalistes soient considérés comme des auteurs prouve que
la profession n'est pas fatalement vouée à la déqualification.
Et la notion d'aristocratie qui s'attache au statut d'auteur renvoie à au
prestige d'une marque média, avec sa
légitimité fondée sur des valeurs reconnues:
fiabilité, singularité, créativité, profondeur. Laurent Beccaria
récuse l'idée de marque media. Il préfère parler de titre.
D'accord: un titre, c'est aristocratique aussi.





A la mi-décembre de
l'année 2008, France Info a ouvert pratiquement toutes ses sessions
d'information de la journée avec l'histoire d'une dame qui avait glissé sur une
frite.

de ses contenus par la
radio et la télévision parce que ce pillage relève moins du droit de citation
que du plagiat et du vol d'idées. Il faut savoir, en effet, que toute
conférence de rédaction au sein d'une station de radio ou d'une chaîne de
télévision consiste essentiellement à chercher dans les journaux imprimés ce
qui peut être transposé en sons ou en images. Bien sûr, il y a l'AFP, agence de
presse encore respectable. Mais les dépêches de l'AFP ne sont pas diffusables
telles quelles. C'est du brut. Les articles de la presse écrite ont prédigéré
cette matière brute et préparé, en synthétisant un évènement complexe et en
scénarisant un récit, la mise en forme dont l'audiovisuel a besoin.
Si quelques mémorables
reportages sonores, sur les journées des barricades à Alger ou pendant les
évènements de mai 68 par exemple, ont joué le même rôle de légitimation du
journalisme radiophonique que "Cinq colonnes à la une" pour la télévision, ces
prouesses historiques (au sens où elles servent l'Histoire) ont surtout été un
alibi au déploiement d'une industrie du plagiat qui prospère quotidiennement
jusqu'à aujourd'hui au détriment de la presse écrite.

celle de John Gunther par exemple (3),
s'explique - en partie, pas chez tout le monde, il est vrai - par des
motivations balzaciennes: un journaliste de presse écrite ambitionne
naturellement de passer par la radio, puis "faire" de la télévision.
8
janvier 2009: 

Et d'ailleurs, le
dispositif Napster d'échange de fichiers musicaux dans la configuration de
réseau P2P (=Peer to Peer ) a plongé les responsables de l'industrie
discographique dans la même rage impuissante que les "représentants" de la
presse écrite qui vociféraient récemment contre les animateurs de Google venus
les rencontrer à Paris.
Un mathématicien du
CNET avait conçu un protocole de transmission par paquets qui intéressait
beaucoup les précurseurs américains du web: son projet a été torpillé par la
DGT, ancêtre de France Telecom, et par le pouvoir politique de l'époque
(Giscard-Barre-Segard) qui craignait que des contenus voyageant sur de
puissants réseaux décentralisés portent préjudice à l'audiovisuel centralisé et
à la presse régionale.

Chris Atton, de