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  <title>Journalistiques</title>
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  <description>Le journalisme à l'ère électronique</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 02 Feb 2012 11:22:23 +0100</pubDate>
  <copyright>Reproduction intégrale interdite sans autorisation de l'auteur</copyright>
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  <item>
    <title>Anatomie d'un compte Twitter</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2012/01/28/Anatomie-d-un-compte-Twitter</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a8277356e5ccd46ab9539b6f690bd9b2</guid>
    <pubDate>Sat, 28 Jan 2012 19:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>METHODES DE COLLECTE</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;L'arrivée d'un 1000ème abonné fournit le prétexte (pas du tout narcissique,
juste un peu paresseux) à un inventaire qui devrait se prolonger en
visualisations de données. Paresseux dans la mesure où un chiffre rond facilite
le calcul de pourcentages comme celui-ci: 39,4% de mes abonnés sont
journalistes..&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Twitter_nuage_sur_reseaux_m.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_nuage_sur_reseaux.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_nuage_sur_reseaux.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Les sources de cet outil de veille et de sérendipité viennent de 18 pays mais
sont américaines à 60% et anglo-saxonnes à 73%.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Twitter_sources_internationales_m.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_sources_internationales.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_sources_internationales.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Ces sources sont essentiellement des entreprises ou des fils Twitter de
communautés spécialisées auxquels s'ajoutent des experts de la veille sur
internet, des bases de données et de la visualisation interactive.Très peu de
journalistes français figurent parmi mes sources.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Quatre gazouillis par jour&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma production de gazouillis est raisonnable puisqu'elle se situe autour de 4
&lt;em&gt;tweets&lt;/em&gt; par jour, en moyenne en deux années d'activité. Parmi ces
messages figurent des &lt;em&gt;ReTweets&lt;/em&gt; qui ne demandent qu'un petit effort de
vérification des contenus mentionnés par mes sources.&lt;br /&gt;
En fait, c'est la productivité de Twitter qui retient l'attention dans cette
gazouillante introspection. Avec des sources sévèrement sélectionnées et
constamment évaluées, une documentation particulièrement pertinente arrive
toute seule. Répercuter cette documentation obéit au double objectif de
mémorisation et de partage avec mes abonnés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Members only&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces abonnés sont considérés comme une communauté à respecter. D'abord parce
que, comme le stipulait le billet du premier bilan annuel (1), il ne se passe
pas de semaine sans qu'un(e) abonné(e) soit refusé(e).&lt;br /&gt;
Soit parce qu'il ou elle verrouille son propre fil, ce qui empêche de savoir
qui est cette personne.&lt;br /&gt;
Soit parce que, comme Melle T.... ci-dessous, son profil et ses arguments
demanderaient, éventuellement, à être examinés ailleurs que dans un espace
professionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_Tabatha_viree_2.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_Tabatha_viree_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_Tabatha_viree_2.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
D'autres &lt;em&gt;twittos&lt;/em&gt; sont exclus pour cause de non-pertinence avec l'idée
que je me fais des gens auxquels je m'adresse. Une idée plutôt élevée,
valorisante pour l'auteur. &lt;em&gt;(En effet, s'adresser à des imbéciles quand on
n'y est pas obligé est une tâche pénible et humiliante, donc masochiste).&lt;/em&gt;
Chaque semaine, vidange des insuffisants cérébraux, des incultes et des fâcheux
de toutes sortes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Gazouiller pour l'avenir&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reste une communauté restreinte d'abonnés, restreinte mais de qualité. Le fait
que des journalistes, étudiants et journalistes en activité, forment le
contingent le plus important est, somme toute, un peu surprenant.&lt;br /&gt;
Mes gazouillis ne parlent ni de moi ni des gens de la profession. Ils sont
centrés sur des pratiques professionnelles encore marginales. Seul l'âge moyen,
que j'espère assez bas, de ces abonnés permettrait de savoir si mes centres
d'intérêt ont de l'avenir ou pas.&lt;br /&gt;
Pour l'heure, force est de constater que la distorsion entre l'origine et la
nature des sources, d'une part, et le nombre et la qualité des abonnés
majoritaires, d'autre part, fait de ce compte Twitter un petit espace artisanal
de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;curation&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;: l'offre de contenus y est en quelque
sorte très orientée, à défaut d'être parfaitement ciblée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_graphique_followers.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_graphique_followers.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_graphique_followers.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La catégorie des abonnés &amp;quot;divers&amp;quot; comprend des gens qui n'ont que peu de
rapports avec l'industrie de l'information: artistes, mouvements associatifs,
simples citoyens dont les gazouillis ne sont ni &lt;em&gt;moitrinaires&lt;/em&gt; ni
idiots.&lt;br /&gt;
Au train où se répandent les gazouillis et au rythme sporadique des
abonnements, le prochain compte rond ne devrait intervenir que dans deux
ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Twitter_Estimations_2014_2012_m.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_Estimations_2014_2012.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_Estimations_2014_2012.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1) &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journalistiques.fr/post/2011/01/30/Un-an-d-utilisation-de-Twitter%3A-avantages-et-inconv%C3%A9nients&quot;&gt;
Le bilan de la première année&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.journalistiques.fr/post/2012/01/28/Anatomie-d-un-compte-Twitter#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Développer le &quot;journalisme citoyen&quot; en Tunisie</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2012/01/15/D%C3%A9velopper-le-%22journalisme-citoyen%22-en-Tunisie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9424f1735ecdc9ce38772139d10b9d02</guid>
    <pubDate>Sun, 15 Jan 2012 18:55:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>PRATIQUES PROFESSIONNELLES</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/PaCTE_Speak_out_logo_carte.jpg&quot; alt=&quot;PaCTE_Speak_out_logo_carte.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;PaCTE_Speak_out_logo_carte.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;Le PaCTE tunisien,
association engagée dans le processus démocratique, veut former un réseau de
&amp;quot;journalistes citoyens&amp;quot; en faisant appel au &lt;em&gt;crowdfunding&lt;/em&gt; afin de
garantir l'indépendance de ce réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réussite de l'expérience - donc le succès de la collecte de fonds - concerne
d'abord les Tunisiens mais aussi tous ceux qui s'intéressent à la régénération
de la collecte et du traitement de l'information.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Pacte des Compétences Tunisiennes Engagées (PaCTE) est né en vidéo
conférence sur Skype le 16 janvier 2011, au surlendemain de la fuite de Ben
Ali.&lt;br /&gt;
Il a fallu trois nuits blanches fiévreuses aux jeunes étudiants, ingénieurs,
universitaires et informaticiens pour élaborer une charte éthique
exemplaire.&lt;br /&gt;
Ils étaient en Tunisie, en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, au
Japon, soudés par trois mots: &amp;quot;Plus jamais çà&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.PaCTE_AG_m.jpg&quot; alt=&quot;PaCTE_AG.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;PaCTE_AG.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Le PaCTE a tenu le 14 janvier 2012 sa première assemblée générale dans
l'arrière-salle d'un café du 9ème arrondissement de Paris. Ci-dessus, les
membres du Conseil d'Administration qui viennent d'être élus. Remarquablement
organisé, l'évènement a permis de faire le point sur les initiatives menées en
2011: formation de 4000 observateurs et actions de vigilance dans les bureaux
de vote en Tunisie, en France et en Allemagne lors de l'élection de l'assemblée
constituante, collecte de livres pour les bibliothèques en Tunisie, conférences
sur l'éducation, le développement régional, projets économiques centrés sur les
régions les plus défavorisées et lancement de la plateforme PacTE TV.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le &amp;quot;Journalisme citoyen&amp;quot; a acquis une légitimité en
Tunisie&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette plateforme, webTV et blog, se veut le pivot d'une entreprise originale
qui vise à former des &amp;quot;journalistes citoyens&amp;quot; et à leur donner les moyens
techniques de rendre compte de ce qui se passe dans le pays.&lt;br /&gt;
La formation sera assurée par Anne Medley, documentaliste américaine de grand
talent qui enseigne à la Faculté de Journalisme de Missoula (Montana) ainsi
qu'à l'organisation &amp;quot;Liberté et Diversité&amp;quot; installée à Nashville
(Tennessee).&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/PaCTE_building_a_free_press.jpg&quot; alt=&quot;PaCTE_building_a_free_press.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;PaCTE_building_a_free_press.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Cette organisation émane de la fondation &amp;quot;Forum de la Liberté&amp;quot;, dont le siège
est à Washington. Anne Medley a notamment travaillé au Congo. Elle va assurer
en Tunisie des stages d'éthique et de savoir-faire pratiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'&lt;ins&gt;'Mise au point&lt;/ins&gt;: le fait que l'expression &amp;quot;journalisme citoyen&amp;quot; soit
systématiquement affublée de guillemets dans ce billet vient de ce que je
considère le mot &amp;quot;citoyen&amp;quot; comme l'euphémisme du mot &amp;quot;amateur&amp;quot;. Ma position ne
relève pas d'un corporatisme méprisant. Il y a de très bons journalistes
amateurs. Mais on leur décerne le qualificatif valorisant de &amp;quot;citoyen&amp;quot; qui
n'est reconnu ni aux musiciens amateurs, ni aux sportifs amateurs même quand
ils ont beaucoup de talent.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui s'est passé en Tunisie en décembre 2010 et janvier 2011 confère une
indéniable légitimité au &amp;quot;journalisme citoyen&amp;quot; dans ce pays.&lt;br /&gt;
Ce sont bien des citoyens tunisiens qui ont produit de l'information de très
grande valeur, notamment en vidéo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(&lt;em&gt;C'est grâce à l'un de ces rushes, enregistré avec un téléphone nomade que
j'ai compris, bien avant que les journalistes professionnels en fassent état,
le rôle décisif de l'armée. Cette scène montrait une vieille dame encadrée par
des militaires, dont un officier et, mitraillettes pointées vers les toits, les
soldats protégeaient les civils, manifestement prêts à ouvrir le feu sur
d'éventuels policiers ou miliciens embusqués.&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme le faisait remarquer une jeune responsable du PaCTE, ce sont probablement
les images du massacre de Kasserine, le 7 janvier 2011, notamment celles qui
ont été été filmées dans l'hôpital, qui ont fait basculer le rapport de forces.
Témoins et narrateurs, les citoyens ont donc fait oeuvre de journalisme
puisqu'ils ont diffusé de l'information décisive et de portée historique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Journalisme amateur et marque média&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, ces témoins narrateurs ont, pour la plupart, cessé de produire de
l'information. En vrais amateurs - rien de péjoratif - ils sont retournés à
leurs occupations principales. Ils se mobiliseraient sans doute à nouveau, et
massivement, dans la collecte et la diffusion d'informations brutes en cas
d'évènements graves. A la légitimité acquise pendant l'hiver 2010-2011 s'ajoute
un énorme potentiel de vigilance et de savoir-faire que le PaCTE a raison de
vouloir transformer en atout pour la démocratie.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/PaCTE_equipe_tunisienne.jpg&quot; alt=&quot;PaCTE_equipe_tunisienne.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;PaCTE_equipe_tunisienne.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Car la presse professionnelle tunisienne ne s'est pas complètement débarrassée
de réflexes et d'habitudes imposées par plus d'un quart de siècle de pouvoir
autoritaire. La légitimité et le potentiel du &amp;quot;journalisme citoyen&amp;quot; offrent
donc l'opportunité d'amener cette presse à évoluer plus profondément et plus
radicalement qu'elle ne l'a fait depuis un an.&lt;br /&gt;
Une initiative comme &lt;em&gt;Speak Out Tunisia&lt;/em&gt; (si elle avait été française,
elle se serait appelée &amp;quot;Exprime-toi, Tunisie&amp;quot;), cette initiative peut offrir
aux Tunisiens une information alternative. A eux de comparer l'information de
la presse traditionnelle à celle que leur proposeraient les &amp;quot;journalistes
citoyens&amp;quot; de &lt;em&gt;Speak Out Tunisia.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les Tunisiens avaient de bonnes raisons de préférer l'info des &amp;quot;journalistes
citoyens&amp;quot;, les journalistes professionnels seraient contraints d'en tenir
compte et de s'adapter. Encore faut-il que &lt;em&gt;Speak Out Tunisia&lt;/em&gt; réussisse
à générer, à terme, une offre d'information vraiment concurrentielle. C'est à
dire à imposer une véritable marque media à côté des organes de presse
traditionnels. La question fondamentale est de savoir si on peut créer une
marque média avec des journalistes amateurs. Et autrement, bien sûr, qu'en
reproduisant le &lt;em&gt;business model&lt;/em&gt; peu éthique du Huffington Post.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le &lt;em&gt;crowdsourcing&lt;/em&gt; régénérateur&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S'il se confirme que de nombreux jeunes journalistes tunisiens se montrent
intéressés par les stages d'Anne Medley, la solution pourrait venir de la
collecte participative. Une collaboration entre des &amp;quot;journalistes citoyens&amp;quot; et
des journalistes professionnels dans le cadre de &lt;em&gt;Speak out Tunisia&lt;/em&gt;
devrait produire des pratiques intéressantes pour au moins deux raisons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/PaCTE_diagramme_2.jpg&quot; alt=&quot;PaCTE_diagramme_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;PaCTE_diagramme_2.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
La première existe dans la presse quotidienne régionale depuis très longtemps.
Les correspondants locaux ne sont pas des journalistes professionnels mais ce
ne sont pas non plus de vrais amateurs car, tout en exerçant une autre activité
professionnelle, ils se &amp;quot;frottent&amp;quot; aux exigences du journalisme professionnel.
Ils ont souvent leur propre réseau d'informateurs et certains écrivent,
photographient ou filment aussi bien que les pros des rédactions régionales.
Ici, pointe un problème: les correspondants de la presse quotidienne régionale
sont payés à la pige...&lt;br /&gt;
La deuxième raison de penser que le &lt;em&gt;crowdsourcing&lt;/em&gt; peut régénérer
l'information en Tunisie réside précisément dans le fait que des citoyens qui
ont su produire une information décisive, ces gens-là - qui sont
majoritairement des jeunes - ont la légitimité et la capacité de veiller à ce
que les professionnels ne reviennent pas aux anciennes pratiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pour une critique intelligente des médias&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le &amp;quot;journalisme citoyen&amp;quot; selon l'approche &lt;em&gt;Speak Out Tunisia&lt;/em&gt; -
&amp;quot;Exprime-toi, Tunisie&amp;quot; - pourrait en même temps s'ériger en une instance de
critique intelligente des médias (&lt;em&gt;media watch&lt;/em&gt;) qui, soit dit en
passant, fait cruellement défaut de ce côté-ci de la Méditerranée. Après tout,
il y a aussi cette dimension de la démocratie dans le &amp;quot;Plus jamais çà &amp;quot; du
PaCTE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le recul manque encore pour être certain que la Tunisie développe une forme
inédite de démocratie. C'est possible. Comme est possible, grâce à l'initiative
du PaCTE, que les témoins narrateurs de la révolution tunisienne contribuent à
l'émergence d'un autre journalisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://pactetunisien.com&quot;&gt;Le site du PaCTE&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://pactetunisien.org&quot;&gt;La charte du
PaCTE&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.kickstarter.com/projects/1924314583/speak-out-tunisia-a-citizen-journalism-training-pr&quot;&gt;
Contribuer financièrement au projet ''Speak Out Tunisia''&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.annemedley.com/index2.php#/home/&quot;&gt;Le site principal
d'Anne Medley&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.jour.umt.edu/node/340&quot;&gt;Un autre site d'Anne
Medley&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://freedomforumdiversity.org/&quot;&gt;Le Forum Freedom and
Diversity&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://freedomforumdiversity.org/&quot;&gt;La Fondation du Forum de la
Liberté&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.journalistiques.fr/post/2012/01/15/D%C3%A9velopper-le-%22journalisme-citoyen%22-en-Tunisie#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.journalistiques.fr/post/2012/01/15/D%C3%A9velopper-le-%22journalisme-citoyen%22-en-Tunisie#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Google Viz &quot;Elections 2012&quot;: data journalism sans journalistes</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/12/14/Google-Viz-Elections-2012%3A-data-journalism-sans-journalistes</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ee12863f33c0f9f77ce3983c3d81ae7d</guid>
    <pubDate>Wed, 14 Dec 2011 18:41:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>DEFIS ACTUELS</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le concours de visualisation de données organisé par Google a détecté six
applications en ligne susceptibles d'améliorer l'assimilation par les
internautes des enjeux de la campagne électorale de 2012.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Google_Data_Viz_droite_m.jpg&quot; alt=&quot;Google_Data_Viz_droite.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Google_Data_Viz_droite.jpg, déc. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jury indépendant composé d'ingénieurs, d'un architecte de l'information,
d'un spécialiste de l'opinion publique, d'un expert en marketing web et de deux
journalistes a désigné &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://mediarena2012.fr/#c1=lefigaro&amp;amp;c2=candidates&amp;amp;c3=liberation&quot;&gt;Mediarena&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
comme la meilleure des applications finalistes.&lt;br /&gt;
Les cinq autres réalisations récompensées sont:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://partie-2-campagne.appspot.com/#action=0;&quot;&gt;Partie 2
campagne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://par-la-fenetre.net/retwhit2012/&quot;&gt;ReThwit
2012&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://dev.fabelier.org/bubble-t/&quot;&gt;Bubble
Tweet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://presidentielles-dataviz.cloudfoundry.com/&quot;&gt;Thema
Tweets&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://jeromecukier.net/stuff/googleviz/politweets.html&quot;&gt;PoliTweets&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En tant que membre du jury, j'analyserai toutes les applications finalistes
dans le blog &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://datajournalism.canalblog.com/archives/2011/12/14/22965492.html&quot;&gt;Data
Journalism&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui prolonge &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cfpj.com/editions/data-journalism.html&quot;&gt;mon ouvrage publié aux
éditions du CFPJ.&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Un tout petit sondage très édifiant&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la soirée de proclamation des résultats, j'ai demandé aux lauréats qui
venaient de s'expliquer sur leur travail s'ils avaient fait appel à des
journalistes politiques.&lt;br /&gt;
Réponses: non.&lt;br /&gt;
Donc, la réflexion, la mise au point et la validation d'outils de traitement
d'une l'actualité électorale passionnante et complexe se sont effectuées sans
qu'aucun journaliste politique ne soit consulté.&lt;br /&gt;
Aucun de ceux et celles qui ont signé ces très belles applications n'a pensé
aux journalistes. Un des gagnants a même laissé entendre, poliment, qu'il avait
préféré éviter les journalistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Trois hypothèses consternantes pour la profession&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'espérais, quand les membres du jury ont commencé à évaluer les applications,
reconnaître des questionnements, des &amp;quot;angles&amp;quot; spécifiquement
journalistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après tout, l'appropriation de nouvelles manières de faire son métier a
toujours été source de créativité. C'est ce qui s'est passé pour le
journalisme, jadis, quand le téléphone s'est ajouté au porte-plume - le scoop
d'Alex Virot sur l'Anschluss - puis quand la radio s'est ajoutée à la machine à
écrire, puis la télévision...Chaque implémentation technique a régénéré le
journalisme sans le réinventer totalement. Internet apporte, avec les
webdocumentaires, twitter et le &lt;em&gt;crowdsourcing&lt;/em&gt;, une timide contribution
à cette régénération. Mais, là, dans le journalisme de données appliqué à une
actualité aussi importante que la période électorale en période de crise, rien.
Pas de journalistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fait que des non-journalistes réussissent à construire des outils
d'exploration de l'actualité aussi performants conduit à trois hypothèses
consternantes pour ceux dont le métier est de détecter, de comprendre,
d'expliquer l'actualité:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1 -&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Les journalistes politiques actuellement en
fonction sont incapables de maîtriser les outils de leur époque.&lt;/strong&gt; Ils
s'abaissent à la même capitulation que celle de leurs ainés qui, dans les
années soixante-dix, ont abandonné aux &amp;quot;directeurs des études&amp;quot; des &amp;quot;instituts&amp;quot;
de sondages le soin d'analyser les enquêtes d'opinion. Aujourd'hui encore, je
ne connais pas un journaliste politique l'audiovisuel capable de &amp;quot;parler&amp;quot; des
sondages avec un minimum de discernement.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;(Raison pour laquelle, j'avais été amené à créer en 1997 sur LCI - après
une algarade en conférence de rédaction avec David Pujadas - un magazine
hebdomadaire: le Club de l'Opinion. On y traitait déjà de données sous formes
de statistiques.)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remarque: après avoir comblé les insuffisances des journalistes &amp;quot;spécialisés&amp;quot;
dans l'analyse des sondages, les directeurs d'études les ont carrément remplacé
dans le commentaire hors sondages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2 -&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Les contenus à forte valeur ajoutée ne seront plus
produits par des journalistes.&lt;/strong&gt; Cela signifie que &amp;quot;les professionnels
de la profession&amp;quot; ne comprennent pas qu'entre les platitudes dispensées sur
l'audiovisuel et des outils simples, ludiques, intelligents, les internautes
les plus intéressants pour l'avenir de l'industrie de l' information choisirons
forcément les riches applications du web. La platitude du journalisme politique
crispé sur ses pauvres métaphores guerrières - &amp;quot;Machin monte au créneau,
Duschmoll mobilise ses troupes&amp;quot; - ne s'applique pas aux contenus des grandes
marques média de la presse écrite. Mais les sites web de cette presse-là ne
proposent guère d'outils interactifs qui permettraient aux internautes
d'explorer l'actualité complexe.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;En tous cas, une profession qui ne sait pas produire des contenus à
forte valeur ajoutée se dévalorise.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3 -&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Le fait que des non-journalistes produisent des
contenus informatifs nouveaux et passionnants est plutôt réjouissant.&lt;/strong&gt;
Cela signifie que les programmeurs, les designers qui ont signé, par exemple,
les six applications récompensées par Google ont à la fois le sens de
l'actualité et une bonne connaissance de ce que les internautes
attendent.&lt;br /&gt;
En plus,ces non-journalistes savent repérer les bonnes données, les organiser.
Et surtout, ils savent raconter la complexité, la rendre accessible avec des
graphismes interactifs agréables et pertinents.&lt;br /&gt;
Ce qui est grave pour les futurs journalistes et pour les jeunes qui ne peuvent
pas encore se faire entendre dans les rédactions, c'est que les journalistes
politiques en vue n'ont pas encore compris, eux, qu'en plus de leur manque de
savoir-faire, ils sont victimes de leurs connivences avec la caste
politicienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;Anecdote:&lt;/ins&gt; un développeur dont l'application n'a malheureusement pas
été sélectionnée avait pris en compte la candidature de Dominique de Villepin
au moins trois semaines avant la déclaration de l'ancien premier ministre à la
télévision. Ce n'est peut-être pas un scoop. Mais çà donne une idée de la
fraîcheur de l'actualité politique observée par des non journalistes. Comparée
à cette stimulante vision de l'actualité, la logorrhée audiovisuelle dégage une
odeur de naphtaline.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://googlefrance.blogspot.com/2011/12/les-gagnants-du-concours-google-de-data.html&quot;&gt;
Le palmarès du concours Google Dataviz Elections 2012&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://datajournalism.canalblog.com/archives/2011/12/14/22965492.html&quot;&gt;Analyse
de l'application gagnante&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://datajournalism.canalblog.com/archives/2011/12/15/22972378.html&quot;&gt;Analyse
de l'application &amp;quot;Partie2Campagne&amp;quot;.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://datajournalism.canalblog.com/archives/2011/12/16/22979670.html&quot;&gt;Analyse
de l'application Retwhit 2012&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://tiny.cc/a2iuq&quot;&gt;Analyse e l'application
Bubble-Tweets&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://datajournalism.canalblog.com/archives/2011/12/20/23010661.html&quot;&gt;Analyse
de l'application Thema Tweets&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.journalistiques.fr/post/2011/12/14/Google-Viz-Elections-2012%3A-data-journalism-sans-journalistes#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.journalistiques.fr/post/2011/12/14/Google-Viz-Elections-2012%3A-data-journalism-sans-journalistes#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Cinquante ans de métier</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/08/30/Cinquante-ans-de-m%C3%A9tier</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2836d3d69a6d7188574e74810da5c2f5</guid>
    <pubDate>Thu, 01 Sep 2011 00:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>PRATIQUES PROFESSIONNELLES</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;1er septembre 1961, Mme Puhl-Demange, directrice du Républicain lorrain,
sourit et dit à mon père: &amp;quot;Confiez-nous votre poète de fils pendant trois mois.
Nous verrons s'il est possible d'en faire un journaliste.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis stupéfait. Une profession alors prestigieuse accueille sans plus de
formalités un cancre de dix-sept ans au bord de la délinquance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès les premières heures au sein de la rédaction et pendant des années, les
Vieux entourent l'apprenti, l'aident, le soutiennent. Ils transmettent leur
savoir-faire et leurs valeurs. Pas n'importe quelles valeurs: MM Steckler,
Ramet, Berger, Bentz étaient devenus journalistes juste après l'épuration de la
presse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Cinquante_ans_de_metier_1.jpg&quot; alt=&quot;Cinquante_ans_de_metier_1.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Cinquante_ans_de_metier_1.jpg, août 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils croient me faire plaisir en m'envoyant, seul avec un photographe, au
concert que Johnny Halliday donne le 16 septembre à Metz. Deux semaines
seulement après l'embauche, sans attendre la fin du pré-stage de trois mois.
Cette année-là, les fans et les blousons noirs cassaient les fauteuils des
salles de spectacle et se battaient parfois avec les flics avant et après le
spectacle. Plutôt amateur de jazz que de rock, je fonce quand même dans la loge
de Johnny pour parler de blues, d'Elvis, de l'Amérique...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Cinquante_ans_de_metier_2_t.jpg&quot; alt=&quot;Cinquante_ans_de_metier_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Cinquante_ans_de_metier_2.jpg, août 2011&quot; /&gt;L'Amérique...C'est un de ses plus
grands journalistes, John Gunther, qui avait vrillé la vocation dans les
songeries du cancre encore enfant. J'avais emprunté la version française de
&amp;quot;Inside USA&amp;quot; à la bibliothèque du Cours Complémentaire de Bar-le-Duc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Révélation: on peut raconter ce qui vient de se passer comme c'est écrit dans
les livres d'Histoire. L'actualité, c'est l'Histoire en train de se faire.
Découverte indélébile. Conviction toujours active. De plus en plus
exigeante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n'ai pas rendu ce livre à la bibliothèque scolaire. Il a été lu et relu une
bonne dizaine de fois en un demi-siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Cinquante_ans_de_metier_3_m.jpg&quot; alt=&quot;Cinquante_ans_de_metier_3.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Cinquante_ans_de_metier_3.jpg, août 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Il faut savoir admirer dans ce métier. Hormis Rimbaud, Bachelard, Gracq,
Kerouac et Cioran, nombreux sont les professionnels de l'information dont j'ai
vénéré l'acuité intellectuelle, la profondeur des analyses ou le style.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se protéger surtout, avec quelques positionnements affichés: indifférence à la
notoriété, aversion à l'encontre des gens de pouvoir, mépris du conformisme et
des réseaux de connivences, haine de la corruption couverte par une omerta
corporatiste. Quelques pulsions motrices: passion pour les faits, surveillance
des idéologies masquées, quête obsessionnelle de fiabilité. Essayer, enfin, de
construire sa singularité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dose quotidienne d'étonnements&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Républicain lorrain, J'informe, France Inter, Le Télégramme de Brest, France
Culture, France Info, France 3, Caméra Vidéo, LCI,.. Presse écrite, radio,
télévision.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Cinquante_ans_de_metier_4.jpg&quot; alt=&quot;Cinquante_ans_de_metier_4.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Cinquante_ans_de_metier_4.jpg, août 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Et le web, découvert avec Mosaïc sur Compuserve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Emerveillement pérenne: depuis octobre 1993, il me faut ma dose d'étonnements
quotidiens.&lt;br /&gt;
Une récompense: parler en 1999 avec Vinton Cerf, un des inventeurs d'internet,
de ce qui s'est passé en 1979 avec le réseau français &amp;quot;Cyclades&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Des jeunes construisent l'age d'or de l'information&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Vieux qui avaient accueilli et entouré l'apprenti de dix sept ans il y a un
demi-siècle, m'obligent à essayer de transmettre certaines de leurs valeurs et
quelques savoir-faire pratiques, anciens et nouveaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les jeunes journalistes sont victimes d'injustices ignobles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, certains d'entre eux sont déjà en train de construire l'âge d'or de
l'information annoncé par l'informatique en réseaux.&lt;br /&gt;
Effectuées à l'IFP, au CFPJ, au CAPJC de Tunis, à l'Université Paul Verlaine de
Metz, à l'IUT de Lannion, les tentatives de transmission suggèrent qu'il y a,
en moyenne, 25% de très grands professionnel(le)s en devenir par
promotion.&lt;br /&gt;
Ils et elles sont déjà admirables et se reconnaîtront.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pour le sourire adressé au cancre&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Besogneux - nuits blanches, week-ends laborieux - adepte de la volupté de
comprendre, le travail m'est une drogue nécessaire. Normal: quand on a triplé
sa classe de troisième pour se faire jeter un diplôme de BEPC à la figure, la
condition d'autodidacte est une condamnation à perpétuité. Peine jubilatoire
malgré les énormes lacunes qui restent à combler.&lt;br /&gt;
Je fais encore ce métier parce que ce métier m'a fait.&lt;br /&gt;
Comme disait la dame qui a souri au cancre il y a un demi-siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Cinquante_ans_de_metier_5_m.jpg&quot; alt=&quot;Cinquante_ans_de_metier_5.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Cinquante_ans_de_metier_5.jpg, août 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.journalistiques.fr/post/2011/08/30/Cinquante-ans-de-m%C3%A9tier#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Monétiser l'information sur le web: un livre salutaire et stimulant</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/06/21/Mon%C3%A9tiser-l-information-sur-le-web</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5df84209400fa97a1566f43eb30ab961</guid>
    <pubDate>Tue, 21 Jun 2011 16:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>DEFIS ACTUELS</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux cent pages réparties en trois sections et quinze chapitres. Des
dizaines d'études de cas concrets. Un style simple et tonique.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En sélectionnant et en décrivant &amp;quot;Les modèles économiques gagnants&amp;quot; de la
presse en ligne, Pascale Bonnamour et Ludivine Garnaud proposent une enquête
journalistique susceptible d'alimenter ce qui manque le plus à l'industrie
française de l'information: des visions stratégiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.CFPJ__3_camembert_couv_ecran_m.jpg&quot; alt=&quot;CFPJ__3_camembert_couv_ecran.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;CFPJ__3_camembert_couv_ecran.jpg, juin 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enquête démarre fort avec trois incitations à la réflexion:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Le système français - unique en Europe - d'aides publiques directes à la
presse &amp;quot;peut représenter un frein potentiel à l'innovation et à l'agressivité
commerciale&amp;quot;.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les éditeurs devraient s'intéresser à l'économie de l'attention au lieu de
s'accrocher sur le web à l'économie de l'audience.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dans un environnement très concurrentiel, les contenus doivent être de
qualité, c'est à dire rares et adaptés aux attentes des internautes.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.CFPJ__2_page_soulignee_m.jpg&quot; alt=&quot;CFPJ__2_page_soulignee.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;CFPJ__2_page_soulignee.jpg, juin 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Ayant rappelé que les cinq modèles d'affaires - gratuit, &lt;em&gt;freemium&lt;/em&gt;,
payant, au compteur et par micro-paiement - ne génèrent pas toujours la
rentabilité telle qu'elle est encore trop souvent fantasmée à partir de la
presse traditionnelle, les deux auteures suggèrent des approches par enjeux
pour chaque type de presse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Contenus, crédibilité, innovation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La répartition des sites d'information en trois grandes catégories -
généralistes, locaux, spécialisés - se différencie de la typologie utilisée
pour la presse traditionnelle en ce que, simples exemples, le temps réel ayant
annihilé la périodicité et la mémoire numérique étant particulièrement
prégnante, le quotidien et le magazine se confondent sur le web beaucoup plus
que sur le papier. Comme d'ailleurs fusionnent dans la narration journalistique
l'écrit, le son, et l'image.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant dans cette approche, c'est la possibilité de comparer
les enjeux. &amp;quot;Développer la dimension communautaire&amp;quot; apparaît fréquemment dans
les préconisations de Pascale et de Ludivine mais certains sites doivent
relever des défis plus spécifiques. Ainsi, l'information spécialisée investit
dans la rareté qui la valorise; mais cette rareté ne se réduit pas à la vitesse
et au &lt;em&gt;scoop&lt;/em&gt; car la justification des offres &lt;em&gt;super premium&lt;/em&gt;,
c'est la personnalisation de l'info: faire payer très cher des contenus dont
les décideurs ne peuvent pas se passer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Portrait-robot d'un site rentable&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chapitre dédié à l'analyse du site d'information financièrement idéal
contient pas mal de rappels comme ceux qui concernent le positionnement, le
référencement, la manière d'écrire et le &amp;quot;réflexe du lien&amp;quot;. On y appréciera
surtout la grille de performances ergonomiques ainsi que l'inventaire des
extensions mobiles avec leurs contenus spécifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.CFPJ_1_avec_ecran_m.jpg&quot; alt=&quot;CFPJ_1_avec_ecran.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;CFPJ_1_avec_ecran.jpg, juin 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Dans cette deuxième section, l'animation de communautés d'internautes est à la
fois consistante et subtile. Consistante parce tout y est, même si les
solutions doivent être développées avec d'autres ouvrages spécialisés. Subtile
parce que les deux auteures n'hésitent pas à proposer des réponses à des
questions qui ne sont pas toujours bien posées comme celle de la place à
donner, sur le site, aux contenus participatifs. Selon que le site s'appelle
&amp;quot;Figaro.fr&amp;quot; ou &amp;quot;Doctissimo&amp;quot;, l'espace réservé aux internautes n'est pas conçu
et géré de la même manière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Privilégier l&lt;em&gt;'Open Source&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pascale Bonnamour et Ludivine Garnaud prennent franchement position sur le
choix des outils technologiques. En énonçant d'abord une vérité peu cultivée:
&amp;quot;Un site d'information rentable a une longueur d'avance technologique.&amp;quot; En se
prononçant, ensuite et surtout, en faveur de l'environnement &lt;em&gt;Open
Source&lt;/em&gt;. Elles s'en expliquent longuement avec des arguments qui font de
cette partie du livre un délice pour technophiles en même temps qu'une vraie
initiation pour les néophytes. Les pages 151 à 160 ne contiennent que de
l'irréfutable et du stimulant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enthousiasme faiblit un peu à la lecture des &amp;quot;moyens de faire payer
l'internaute&amp;quot;. Il est vrai que les réponses ne sont pas évidentes. Les patrons
de presse commencent seulement à prendre conscience des conséquences de leur
faute historique: offrir gratuitement leurs contenus en 1997-98 sur le web. Les
expériences engagées pour essayer de revenir, au moins en partie, sur le culte
de la gratuité n'ont pas encore produit de résultats significatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après quelques recettes - publicité, marketing, produits dérivés - que le
journaliste à intérêt à connaître mais qu'il ne peut pas expérimenter, le livre
s'achève sur un chapitre particulièrement court (cinq pages dont trois remplies
de graphiques) qui est en fait un outil de modélisation. Il contient des
indicateurs de coûts et de revenus faciles à mettre en place pour soupeser la
viabilité d'une vision stratégique.&lt;br /&gt;
Pages salutaires comme toutes celles qui les précèdent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cfpj.com/editions/monetiser-l-information-sur-le-web.html&quot;&gt;CFPJ
Editions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.journalistiques.fr/post/2011/06/21/Mon%C3%A9tiser-l-information-sur-le-web#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.journalistiques.fr/post/2011/06/21/Mon%C3%A9tiser-l-information-sur-le-web#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.journalistiques.fr/feed/atom/comments/615115</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>DSK torpille le newsgame du &quot;Monde&quot; sur les primaires au PS</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/05/15/DSK-torpille-le-nwsgame-du-Monde</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:08bf1f1713009cbcb8c6fef68dfe1baa</guid>
    <pubDate>Sun, 15 May 2011 13:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>DEFIS ACTUELS</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Dominique Strauss-Kahn rend un fieffé service à l'information en général et
au journalisme en particulier.&lt;br /&gt;
Il vient de torpiller &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot;, le &lt;em&gt;newsgame&lt;/em&gt; que Le
Monde.fr s'apprête à infliger à ses lecteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.DSK_jeu_DSK_2_m.jpg&quot; alt=&quot;DSK_jeu_DSK_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSK_jeu_DSK_2.jpg, mai 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Un &lt;em&gt;newsgame&lt;/em&gt; est, selon un de ses concepteurs qui s'exprimait le jeudi
12 mai à Lille, &amp;quot;un dispositif interactif d'information qui reprend les
techniques et les codes du jeu vidéo&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Ce dispositif a été présenté en avant-première aux journées d'études sur
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://journalisme-numerique.esj-lille.fr/&quot;&gt;&amp;quot;Le journalisme
numérique&amp;quot;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; organisées par l'ESJ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Quand le réel gifle le ludique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le jeu &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot;, l'internaute est invité à &amp;quot;prendre le rôle&amp;quot;
(sic) d'un candidat - au hasard, le jeudi 12 mai: Dominique Strauss-Kahn
finement rebaptisé &amp;quot;Strauss-Kex&amp;quot; - qui mène campagne contre deux autres
candidats.&lt;br /&gt;
L'internaute se place alors à &amp;quot;l'intersection du jeu et du journalisme&amp;quot; (sic).
En fait - là, petit glissement sémantique - &amp;quot;Il joue avec l'information&amp;quot;. Puis
le glissement sémantique se transforme en dérapage: l'internaute devient
carrément &amp;quot;producteur d'informations et de données&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pas de chance, ou manque de talent, pour les concepteurs et les journalistes
qui se sont prêtés à ce jeu: c'est Dominique Strauss-Kahn - et non son
personnage Dominique Strauss-Kex - qui &amp;quot;produit&amp;quot; l'information.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut même dire qu'en &amp;quot;faisant l'actualité&amp;quot; de cette manière, sans se prêter
au jeu simpliste, bêtement réducteur, de &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot;, le directeur du
FMI occasionne quelques dégâts collatéraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme le répétait, l'inoubliable Serge July, ancien patron de &amp;quot;Libération&amp;quot;, par
ailleurs organisateur du jeu télévisé &amp;quot;Vive la crise&amp;quot;, avec Yves Montand comme
personnage ludique: &amp;quot;Le réel nous gifle, parfois.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car, et c'est la première tare des &lt;em&gt;newsgames&lt;/em&gt;, la réalité est cent fois
plus intéressante que n'importe quelle fiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La preuve par &amp;quot;Le Monde&amp;quot;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.DSK_alerte_Le_Monde_m.jpg&quot; alt=&quot;DSK_alerte_Le_Monde.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSK_alerte_Le_Monde.jpg, mai 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Que les concepteurs, et surtout les journalistes impliqués dans ce projet,
n'aient pas prévu que le directeur du FMI pourrait être éliminé par une
histoire de ce genre avant ou pendant les primaires du parti socialiste est à
priori incompréhensible: &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2011/05/15/strauss-kahn-et-les-femmes-les-histoires-de-trop-203849#&quot;&gt;
Rue89 rappelle ce qu'un estimable confrère, Jean Quatremer, avait publié en
2007&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait,il suffisait d'écouter les promoteurs de &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot; pour
identifier quelques unes des autres tares, nombreuses, des
&lt;em&gt;newsgames&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils affirmaient jeudi 12, dans l'amphithéâtre de l'ESJ, que:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&amp;quot;le bon joueur est celui qui s'informe le plus.&amp;quot; Faux: le joueur, comme
l'enfant, s'évade dans le jeu. D'ailleurs:&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&amp;quot;Le joueur doit adopter une attitude ludique - pléonasme: un internaute qui
n'adopte pas une attitude ludique n'est pas un joueur - pour s'approprier des
connaissances&amp;quot;. Cette injonction mérite une traduction.&amp;quot;L'attitude ludique&amp;quot;
désigne une forme de crédulité, un renoncement à l'exercice de la raison et du
discernement. Tout le contraire de la curiosité et de la volonté de
s'informer.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Le &lt;em&gt;gamer&lt;/em&gt; doit avoir la foi. Il doit croire à ce que le jeu lui
dit.&lt;br /&gt;
Le &lt;em&gt;gamer&lt;/em&gt; est fondamentalement un croyant. Un dévot.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un des concepteurs de &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot; l'a benoîtement reconnu: &amp;quot;La
subjectivité du joueur est encadrée&amp;quot;.(Remplacez dans cette phrase &amp;quot;joueur&amp;quot; par
&amp;quot;croyant&amp;quot;, &amp;quot;fidèle&amp;quot; ou &amp;quot;dévot&amp;quot; et vous obtenez un reflet assez précis de
l'univers mental avec lequel les &lt;em&gt;newsgames&lt;/em&gt; voudraient coloniser
l'information.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&amp;quot;Le jeu fondé sur les primaires socialistes de 2006 ne sera actualisé que
deux fois&amp;quot;.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Nul doute, depuis dimanche matin, qu'une troisième actualisation majeure
soit utile:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.DSK_torpille_titre_gauche_m.jpg&quot; alt=&quot;DSK_torpille_titre_gauche.jpg&quot; title=&quot;DSK_torpille_titre_gauche.jpg, mai 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défaut de ce &amp;quot;raisonnement&amp;quot; vient de ce que les connaissances de 2006, à
supposer qu'elles aient été complètes et bien sélectionnées, n'ont plus aucune
pertinence. La crise économique, les évolutions du monde arabe, etc...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Après les journalistes &amp;quot;embarqués&amp;quot;, le journalisme
&amp;quot;enchâssé&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs de ce NON (= Nouvel Objet Numérique) dévoilent leurs véritables
intentions avec des sentences comme celles-ci:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&amp;quot;Un bon joueur serait le double du journaliste d'investigation&amp;quot;. Crapulerie
intellectuelle car l'investigation, en tant qu'opération mentale, est à
l'opposé du jeu aux règles duquel se soumettent les &amp;quot;subjectivités encadrées&amp;quot;.
D'ailleurs, contradiction immédiate qui équivaut à un aveu:&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&amp;quot;La mise en scène de l'information passe par des procédures qui enchâssent
le discours journalistique dans la rhétorique du jeu.&amp;quot;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Que l'actualité soit une construction médiatique supposant une certaine
&amp;quot;mise en scène&amp;quot;, on le sait depuis les travaux du sociologue François Jost.
Mais voici que l'observation et le récit journalistiques sont &amp;quot;enchâssés&amp;quot;,
c'est à dire soumis à d'autres règles que celles qui valident le métier
d'informer.&lt;br /&gt;
Après les journalistes embarqués (&lt;em&gt;embed&lt;/em&gt;) par l'Armée américaine lors
de la Guerre du Golfe de 1991, le journalisme enchâssé par l'industrie du
jeu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le jeu, instrument idéologique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rien d'étonnant. Les relations entre le jeu et la propagande sont aussi
étroites que les similitudes entre la fiction et le mensonge (1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 2002, le Pentagone a rassemblé au sein d'un &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://ict.usc.edu/&quot;&gt;Institut pour les Technologies Créatives&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; des
firmes de jeux vidéo, des studios de cinéma et de télévision ainsi que des
laboratoires universitaires de recherche en psychologie neurocognitive.&lt;br /&gt;
Installé en Californie du Sud, cet institut travaille sur des enjeux médicaux
mais aussi pour Hollywood, pour des projets sécuritaires et pour l'Armée. Il a
notamment conçu un &amp;quot;environnement de synthèse générateur de stress&amp;quot; qui se
trouve à Fort Sill (Oklahoma) où les officiers en partance pour l'Afghanistan
se préparent mentalement à leurs futures missions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce stade, la simulation présente encore des caractéristiques scientifiques,
proches de celles qui permettent aux pilotes de s'entraîner en immersion dans
le virtuel avant de prendre l'air réellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/DSK_Americas_army.jpg&quot; alt=&quot;DSK_Americas_army.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSK_Americas_army.jpg, mai 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Le Pentagone a fait développer pour les besoins du recrutement,
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://americasarmy.com&quot;&gt;un jeu beaucoup plus
réaliste&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot;. Des millions de jeunes
Américains vont chercher sur ce site les émotions fortes que certains d'entre
eux veulent éprouver &amp;quot;pour de vrai&amp;quot; en s'engageant.&lt;br /&gt;
La propagande par le jeu coûte beaucoup moins cher qu'une campagne d'enrôlement
par voie publicitaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La &amp;quot;gamification&amp;quot; de l'information, Arme de Diversion
Massive&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les promoteurs de &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot; ont défendu, sans grande conviction,
l'idée selon laquelle leur jeu allait attirer vers les articles sérieux du
&amp;quot;Monde&amp;quot; des internautes &amp;quot;peu tentés par les analyses.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Cet argument avait été démoli par une de leurs précédentes affirmations: &amp;quot;Il
faut y passer beaucoup de temps&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Or, le vrai problème de l'information aujourd'hui est bien celui du &amp;quot;temps de
cerveau disponible&amp;quot;. Compte tenu de la prolifération des sollicitations
générées par les réseaux - courriels, blogs, tweets, Facebook - le temps passé
sur le jeu sera enlevé à l'assimilation de l'information sérieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.DSK_jeu_tweets_en_direct_m.jpg&quot; alt=&quot;DSK_jeu_tweets_en_direct.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSK_jeu_tweets_en_direct.jpg, mai 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Dans cette problématique du temps saturé par toutes sortes d'activités
cognitives, les &lt;em&gt;newsgames&lt;/em&gt; apparaissent bien comme des Armes de
Diversion Massive, incitations à se détourner de l'essentiel.&lt;br /&gt;
Certaines sont dérisoires, comme le &amp;quot;journalisme&amp;quot; lol (&lt;em&gt;laughing out
loud&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;
D'autres sont puissantes: le sport a cessé d'être un divertissement et s'est
mis à envahir l'information dans les années quatre-vingt, quand l'argent a
commencé à le gangréner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec son scénario pulvérisé par l'actualité avant même d'exister, &amp;quot;Primaires à
gauche&amp;quot; fait partie de ces entreprises de diversion qui n'apportera rien, au
contraire, à la marque média &amp;quot;Le Monde&amp;quot;.&lt;br /&gt;
D'abord parce que ce jeu est peu innovant. Il ressemble beaucoup à ce que CNN
avait proposé pour les primaires américaines de 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/DSK_jeu_CNN_2008.jpg&quot; alt=&quot;DSK_jeu_CNN_2008.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSK_jeu_CNN_2008.jpg, mai 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Ensuite et surtout parce que la &amp;quot;gamification&amp;quot; de l'info ne sert véritablement
que le &lt;em&gt;business&lt;/em&gt; de l'industrie du jeu. D'où, peut-être, la gêne
perceptible jeudi 12 mai à la table d'animation de l'atelier consacré à cette
OPA sur l'info.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une étudiante qui avait participé aux tests venait de déclarer: &amp;quot;J'ai vu dans
ce projet plus de jeu que d'information&amp;quot;. Borborygme:&amp;quot; Heu, on a
amélioré...&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, l'atelier s'achève et - après deux heures d'explications - de 14h30 à
16h30 - le mot de la fin tombe de la bouche d'un animateur de la table
ronde:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/DSK_azmphi_3_bulle_B.jpg&quot; alt=&quot;DSK_azmphi_3_bulle_B.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSK_azmphi_3_bulle_B.jpg, mai 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
En attendant, la tentative de racolage des &lt;em&gt;gamers&lt;/em&gt; par le journal
d'Hubert Beuve-Mery, Jacques Fauvet, Pierre Viansson-Ponté, Raymond Barrillon,
André Laurens, Thierry Pfister, Jean-Yves Lhommeau et autres mémorables
signatures révèle l'état de panique dans lequel macèrent les patrons de
presse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une panique qui les amène à contribuer à la destruction de la crédibilité du
journalisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le métier d'informer n'avait pas besoin de çà pour se dévaluer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Surtout venant du quotidien français de référence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1) &lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Relations entre la réalité et la fiction:&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;
Contrairement aux techniques de diversion dont use le genre &lt;em&gt;newsgame&lt;/em&gt;
afin de parasiter l'information, la littérature et le cinéma affichent
clairement la séparation entre la réalité des faits et le potentiel cognitif de
la fiction.&lt;br /&gt;
Des romans inspirés de faits et de personnages réels peuvent amener à
comprendre certaines situations plus facilement que l'information; mais plus
ils se soumettent aux faits, plus ils sont intéressants; ils rendent ainsi
hommage au travail des humbles collecteurs de faits que sont les
journalistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La force d'un certain cinéma hollywoodien, et même de certaines séries
télévisées comme &amp;quot;Deadwood&amp;quot; ou &amp;quot;The Shield&amp;quot;, réside dans cette quête exigeante
de réalisme. On peut lire périodiquement dans le Los Angeles Times des récits
journalistiques de faits divers auxquels s'alimentent des séries comme &amp;quot;The
Shield&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Il est certain, par ailleurs, que des équipes d'enquêteurs et de scénaristes
sont actuellement en train de rassembler des faits, des détails, sur la mort de
Ben Laden et qu'un Oliver Stone ou un Ridley Scott sortiront dans deux ans un
film qui s'inspirera des articles de Bob Woodward et de livres qui seront
publiés sur le sujet. Il y aura, d'une part, le journalisme et sa crédibilité
et, d'autre part, la fiction avec ses codes implicitement acceptés par les
cinéphiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une des initiatives journalistiques récentes les plus intéressantes à propos de
&amp;quot;l'actualité DSK&amp;quot; est disponible sur le site du magazine GQ: &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gqmagazine.fr/pop-culture/pop-culture/diaporama/affaire-dsk-de-la-fiction-au-reel/4840/image/377204&quot;&gt;
une anthologie, non exhaustive mais significative, de films qui traitent
d'affaires comparables&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt; Un &amp;quot;angle&amp;quot; journalistique beaucoup plus
pertinent et beaucoup plus riche que &amp;quot;Primaires à gauche&amp;quot;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.journalistiques.fr/post/2011/05/15/DSK-torpille-le-nwsgame-du-Monde#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.journalistiques.fr/post/2011/05/15/DSK-torpille-le-nwsgame-du-Monde#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.journalistiques.fr/feed/atom/comments/607799</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Les Cahiers du journalisme&quot; et les enjeux de la formation</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/04/27/Les-Cahiers-du-journalisme-et-les-enjeux-de-la-formation</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a2b451108d5cbe18a3d18f1e13a3dfc0</guid>
    <pubDate>Wed, 27 Apr 2011 18:16:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>DEFIS ACTUELS</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;C'est ce qu'on appelle une publication consistante. &lt;a href=&quot;http://www.cahiersdujournalisme.net&quot;&gt;__La vingt et unième livraison des
&amp;quot;Cahiers du Journalisme&amp;quot;__&lt;/a&gt; contient trois cent quatre-vingt pages et, à
raison de trois données, réflexions ou idées en moyenne par page, sa lecture
s'avère exceptionnellement nourrissante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Cahiers_couverture_m.jpg&quot; alt=&quot;Cahiers_couverture.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Cahiers_couverture.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'inventaire raisonné des enjeux de la formation au métier d'informer
n'existait pas. Le voici, dressé par une trentaine de contributeurs, et grâce à
la collaboration qui dure depuis 1996 entre l'Université de Laval (Québec) et
l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Cahiers_cartes_et_editeurs.jpg&quot; alt=&quot;Cahiers_cartes_et_editeurs.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Cahiers_cartes_et_editeurs.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de rappeler le contexte, à la fois pathologique et roboratif, qui
rend cet inventaire si précieux.&lt;br /&gt;
Autant entrer d'emblée dans le vif du sujet avec Bertrand Labasse (Université
d'Ottawa) qui actualise le très vieil antagonisme entre les praticiens et les
théoriciens de l'acte d'informer, entre &amp;quot;le professionnel ombrageux qui assène
son mépris péremptoire pour tout enseignement&amp;quot; et &amp;quot;l'universitaire
condescendant pour qui tout devrait procéder du savoir académique et de
l'approche critique.&amp;quot; Entre les deux postures, &amp;quot;l'employeur, borné dans sa
nature, infini dans ses voeux qui réclame une main d'oeuvre taillée aux normes
de sa propre production&amp;quot; et &amp;quot; le prophète des nouvelles technologies annonçant
la fin des temps anciens et promettant le salut à ceux-là seuls qui se
convertiront sans réserve aux réseaux sociaux ou à tout autre avatar du web
2.0, voire du web 3.0&amp;quot;... Quand même, ça fait rudement du bien de lire des
choses comme çà.&lt;br /&gt;
Et ça donne envie d'aller plus avant dans le sommaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Formes figées et compétences entamées&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résumer les chapitres les plus intéressants reviendrait à les trahir tant ils
sont riches et subtils. On ne trouvera donc ici qu'un florilège parfaitement
arbitraire.&lt;br /&gt;
Comme ceci: &lt;em&gt;Dans les programmes de journalisme, les étudiants travaillent
principalement les formes d'écriture les plus simples et les plus figées, des
formes que la plupart de leurs professeurs n'ont pas utilisées depuis
longtemps, et, pour dire la vérité, n'ont aucun désir de réutiliser.&lt;/em&gt; Non,
ce propos ne concerne pas l'enseignement du journalisme à la française. Il est
de Mitchell Stephens, New York University.&lt;br /&gt;
Philippe Breton, Université de Strasbourg, détecte une grosse lacune qui
explique la gêne, pour ne pas dire le malaise, que suscite le mode de
questionnement adopté par les officiants de l'audiovisuel : &lt;em&gt;Les
étudiants en journalisme, dès lors qu'ils ne reçoivent pas une formation
adéquate en argumentation, éprouvent dans leurs pratiques de description de
l'argumentation, notamment dans le débat public et le débat politique,
d'importantes difficultés qui entament leurs compétences professionnelles
potentielles&lt;/em&gt;; Il est gentil, le professeur Philippe Breton. La vérité est
que si le ridicule tuait, il y aurait une hécatombe d'animateurs de &lt;em&gt;talk
show&lt;/em&gt;s, notamment dans les stations radiophoniques et télévisuelles
d'information continue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Cahiers_ordinateur_m.jpg&quot; alt=&quot;Cahiers_ordinateur.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Cahiers_ordinateur.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Approche plus globale de Rémy Le Champion (IFP, Panthéon-Assas) qui analyse les
réponses fournies entre décembre 2009 et janvier 2010 par 1216 cadres des
rédactions à un questionnaire sur leur perception des formations
initiales.&lt;br /&gt;
Le détail est passionnant mais allons à l'essentiel: &lt;em&gt;L'adéquation entre les
offres de formation et les attentes du marché du travail est discutable
puisqu'elles se placent au 5ème rang des justifications d'embauche pour les
écoles reconnues par la profession et au 9ème rang pour les écoles non
labellisées. Discutable est un euphémisme car l'auteur poursuit:&lt;/em&gt; Seuls
environs 15% des journalistes titulaires d'une carte de presse sont diplômés
d'une école de journalisme reconnue par la profession.''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà donc une profession qui embauche peu de jeunes formés dans ses écoles...
Or, rappelle Marie-Christine Lipani Vaissade dans le chapitre suivant, &lt;em&gt;il y
a en France plus de soixante neuf formations préparant au journalisme.
Seulement treize d'entre elles proposent un cursus reconnu...Les critères de
reconnaissance sont très pointus et exigeants.&lt;/em&gt; La profession exige mais
n'obtient pas, en somme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Investissement insuffisants en matière grise&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Explications partielles mais significatives dans l'étude déjà citée de Rémy Le
Champion: les cadres des rédactions déplorent le manque de culture générale des
jeunes journalistes qui sortent de ces écoles, ainsi que leur formatage en
style et en analyse,leur conformisme et leur manque d'originalité..&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Cahiers_questionnaire_1_s.jpg&quot; alt=&quot;Cahiers_questionnaire_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Cahiers_questionnaire_1.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;Rien d'étonnant, dès lors,que
&lt;em&gt;l'avantage pratique du passage par une école professionnelle apparaisse
paradoxal à l'entrée sur le marché du travail&lt;/em&gt;, selon Christine
Leteinturier (IFP, Panthéon-Assas, Paris 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yannick Estienne et Emmanuel Vandamme (ESJ de Lille) pointent deux réalités
pénibles:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Dans le domaine des nouveaux médias numériques, les écoles et les
formations en France figurent encore aujourd'hui en marge de la dynamique
d'innovation.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Les grands medias apparaissent comme des structures lourdes et inertes,
préférant externaliser le développement et reporter sur de petites structures
les risques qui lui sont afférents.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Ajoutés au manque de culture générale et d'originalité, l'absence
d'innovation dans les écoles et de recherche et développement dans les groupes
de presse aboutit au constat suivant: une profession qui se veut intellectuelle
souffre d'une insuffisance d'investissements en matière grise.&lt;br /&gt;
Mais les patrons de presse et les cadres de plus de quarante ans ne sont pas
seuls responsables de ce déficit intellectuel car, comme le remarquent Yannick
Estienne et Emmanuel Vandamme, &lt;em&gt;contrairement aux représentations véhiculées
sur la génération dites des&amp;quot;digital natives&amp;quot; (...) les étudiants en journalisme
n'ont pas forcément une appétence pour les technologies de
l'information&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Les deux piliers de la valeur ajoutée&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'auteur de ce blog signe une réflexion sur &amp;quot;la formation face à l'innovation&amp;quot;
à partir de la problématique du &lt;em&gt;data journalism&lt;/em&gt;. Un journaliste doit
s'intéresser aux langages de programmation. Pas forcément devenir programmeur
mais savoir au moins ce que la programmation peut faire. Car la valeur ajoutée
de l'information dépendra à parts égales de la qualité et de l'originalité de
l'investigation et de l'originalité des interfaces par lesquelles les audiences
pourront accéder à la complexité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Les Cahiers du Journalisme sont distribués par:&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;l'Ecole Supérieure de Journalisme, 50 rue Gauthier-de-Châtillon 59046 Lille
cedex&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les Presses de l'Université Laval, Pavillon Pollack, bureau 3103 2305, rue
de l'Université, Québec (QC),Canada.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.journalistiques.fr/post/2011/04/27/Les-Cahiers-du-journalisme-et-les-enjeux-de-la-formation#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.journalistiques.fr/post/2011/04/27/Les-Cahiers-du-journalisme-et-les-enjeux-de-la-formation#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Un an d'utilisation de Twitter: avantages et inconvénients</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/01/30/Un-an-d-utilisation-de-Twitter%3A-avantages-et-inconv%C3%A9nients</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6691f2dbbd6b7cff570aa0c493e7d463</guid>
    <pubDate>Sun, 30 Jan 2011 14:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>METHODES DE COLLECTE</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_1.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Twitter_1.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;Récusant
toute forme de narration autre que des bribes de témoignages, une exploitation
journalistique de Twitter s'avère extrêmement productive.&lt;br /&gt;
A condition de l'intégrer dans un dispositif de veille plus large et plus
structuré que l'univers des gazouillis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan d'un an d'utilisation circonspecte mais attentive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'expérience a débuté sous le signe de l'imposture franchouillarde.&lt;br /&gt;
Selon un abruti de la mouvance &lt;em&gt;geek&lt;/em&gt;,&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_8_blob_bleu.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_8_blob_bleu.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Twitter_8_blob_bleu.jpg, janv. 2011&quot; /&gt; l'auteur de ce blog lui aurait confié,
une semaine avant l'ouverture de son compte, qu'il &amp;quot;n'irait jamais sur
Twitter&amp;quot;. Or, en vertu du conseil de Michel Audiard de &amp;quot;ne jamais parler aux
cons parce que çà les instruit&amp;quot;, l'auteur de ce blog n'a jamais adressé la
parole à l'abruti en question.&lt;br /&gt;
Cette mise au point étant tardivement envoyée dans le groin du &lt;em&gt;geek&lt;/em&gt;,
congédions l'accessoire et cinglons vers l'essentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Trois vidanges par semaine&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ecrire que Twitter est chronophage reviendrait à proférer une banalité.&lt;br /&gt;
Mieux vaut désigner les différents &amp;quot;bruits&amp;quot; qui, en perturbant la perception
des &amp;quot;signaux&amp;quot;, occasionnent une incroyable perte de temps.&lt;br /&gt;
Voici ces nuisances rapidement décrites dans un ordre décroissant de
nocivité:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;Surprenantes bouffées de narcissisme chez de vieux &lt;em&gt;geeks&lt;/em&gt;:&lt;/ins&gt;
Des gens qui, dans la vraie vie et parfois sur leurs blogs, semblent calmes et
rationnels, voire lucides, se comportent sur Twitter comme des adolescents
boutonneux en quête de reconnaissance sociale.&lt;br /&gt;
Ils ont pourtant &amp;quot;passé l'âge&amp;quot; de faire savoir à la twittosphère qu'ils sont
vraiment très contents d'eux-mêmes et qu'ils seraient ravis que leur génie
visionnaire soit massivement gazouillé.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_Blob_travers_6.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_Blob_travers_6.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Twitter_Blob_travers_6.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;Certains poussent l'exhibitionnisme
jusqu'à informer le monde entier qu'ils se sont en route vers un restaurant de
Toulouse avec l'intention de manger un cassoulet.&lt;br /&gt;
Cette non-information émane de journalistes chevronnés. Ils ne possèdent même
pas l'élémentaire culture anglaise du &lt;em&gt;non sense&lt;/em&gt; qui leur permettrait
de twitter quelque chose comme: &amp;quot; Enfin à Toulouse pour manger une bonne
choucroute&amp;quot;.&lt;br /&gt;
La plupart de ces &lt;em&gt;twitteros&lt;/em&gt; auto-centrés se comportent comme les
starlettes des années soixante sur les plages privées des palaces de Cannes,
pendant le Festival. Ils se trémoussent en déhanchements égotistes: &amp;quot; Je suis
invité par une chaîne de radio pour parler de moi.&amp;quot;... &amp;quot;Je vais parler de
moi-même dans une émission de télévision absolument géniale puisque j'y
paraîtrai en compagnie d'autres génies que je salue ici...&amp;quot; (1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Twitter_AAA_4_m.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_AAA_4.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_AAA_4.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Le peuple des internautes s'en badigeonne le nombril avec le pinceau de
l'indifférence. Le fait est, pourtant, que ces obscènes mignardises perturbent
l'assimilation des &lt;em&gt;tweets&lt;/em&gt; intéressants, susceptibles de conduire vers
des éléments d'informations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_3.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_3.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_3.jpg, janv. 2011&quot; /&gt; Il faut
donc vidanger les Narcisse qui contemplent bruyamment leur reflet numérique
dans leurs écoulements infatués. C'est à dire renoncer à des abonnements qui
s'annonçaient à priori riches en pistes d'informations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;La désopilante fumisterie du &amp;quot;personnal branding&amp;quot;.&lt;/ins&gt; Qu'un adolescent
prolongé vienne infliger sa stratégie de &amp;quot;marque personnelle&amp;quot; à une audience de
futurs journalistes qui ne lui ont pourtant pas fait de mal est un spectacle
navrant en ces temps délétères, &amp;quot;sans gaîté comme sans remords&amp;quot;, de crise de la
presse, de chômage des jeunes et d'escroqueries célébrées comme l'avenir de
l'information.&lt;br /&gt;
L'ennui de Twitter est que le &amp;quot;personnal branding&amp;quot; y sévit de manière
insidieuse.&lt;br /&gt;
Au début, certains gazouillis retiennent l'attention par le caractère
surprenant ou utilitariste des contenus vers lesquels ils conduisent.&lt;br /&gt;
Puis il devient vite évident que les auteurs de ces gazouillis répètent
plusieurs fois les mêmes messages. A la longue, ils n'hésitent pas à asséner
des contradictions qui révèlent, peut-être, des fêlures mentales; en tous cas,
un manque de cohérence dans leur ligne éditoriale, s'ils en ont une: &amp;quot;Dix
raisons de préférer le café au thé&amp;quot;, &amp;quot;Dix raisons de ne pas boire de café&amp;quot;,
&amp;quot;Dix raisons d'éviter le thé.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_5.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_5.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_5.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
En fait, les &amp;quot;personnal brandeurs&amp;quot; se comportent exactement comme les
hebdomadaires débiles qui titrent une fois par an sur la franc-maçonnerie en
espérant redresser des ventes déclinantes.&lt;br /&gt;
Les adeptes du &amp;quot;marketing de soi&amp;quot; sur les réseaux sociaux s'y congratulent en
&lt;em&gt;Re-Tweets&lt;/em&gt; compulsifs dans l'espoir, sans doute, d'y gagner de
&amp;quot;influence&amp;quot;, autre mythologie du web 2.0 mais condition nécessaire pour être
reconnu comme un &amp;quot;geek&amp;quot;.(2)&lt;br /&gt;
La quantité impressionnante de blagues vaseuses émises par des &lt;em&gt;geeks&lt;/em&gt;
surannés ne peut s'expliquer que par un désir - on n'ose parler de stratégie -
d'être &lt;em&gt;retweetés&lt;/em&gt; par d'autres &lt;em&gt;geeks&lt;/em&gt; dans un ronde pataude de
connivences flasques. En quête de notoriété et de &lt;em&gt;followers&lt;/em&gt; par la
blague alléchés, l'auteur de la blague en profite pour vérifier qui le
&lt;em&gt;retweete&lt;/em&gt;. C'est à dire, en somme, qui le regarde et qui sourit à ses
pitoyables facéties de fin de banquet.&lt;br /&gt;
Ainsi vont, étroitement enlacés, le &lt;em&gt;personnal branding&lt;/em&gt; et le
&amp;quot;journalisme&amp;quot; lol, piétinant ce qui reste de dignité à une profession gravement
discréditée.&lt;br /&gt;
Il faut vidanger systématiquement les frénétiques adorateurs de leur marque
personnelle dans la mesure où ils partagent et répètent à satiété les seules
&amp;quot;informations&amp;quot; qui peuvent servir leur réputation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;Les encombrants suiveurs&lt;/ins&gt; font l'objet d'un troisième type de vidange
impitoyable.&lt;br /&gt;
Les suiveurs mercantiles et leurs sous-produits du &amp;quot;journalisme&amp;quot; lol - petites
gouapes sans talent qui n'ont d'autres solutions que de se mettre au service de
la désinformation - doivent être éliminés d'un compte Twitter sans retard et
sans explications.&lt;br /&gt;
Si les suiveurs gagnent à être globalement considérés comme un essaim de
passionnés partageant des centres d'intérêt, certains gazouilleurs n'ont pas
leur place dans un essaim cohérent. Ce qu'ils gazouillent est dissonant ou
insipide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Un fantastique outil de veille acèrée&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand les vidanges sont bien faites, à fond et régulièrement, Twitter se révèle
bien plus intéressant que les moteurs de recherche.&lt;br /&gt;
Les abonnements purgés et certains suiveurs évacués laissent la place à des
alertes excitantes, à des ouvertures vers des contenus d'une grande richesse, à
des suggestions porteuses de réflexion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_texture_de_reseau_jpeg.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_texture_de_reseau_jpeg.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_texture_de_reseau_jpeg.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
La plateforme devient une intarissable source d'émerveillements.&lt;br /&gt;
Des gens que l'on ne connaît qu'à travers leur expertise deviennent de
précieuses références. Ces personnes de confiance ne parlent jamais - ou très
rarement - d'elles-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_2.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_2.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Elles offrent des éléments d'informations et incitent à partager d'une manière
d'autant plus désintéressée qu'il n'y a rien à gagner. Que des accès vers de
nouvelles connaissances, de nouveaux savoirs parfois, de nouvelles
interrogations, souvent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Twitter fournit beaucoup plus de sérendipité (3) que les moteurs de recherche
comme Google, instrument du conformisme journalistique (4). Or, la sérendipité
est une des conditions nécessaires (mais pas suffisante) à l'originalité du
travail journalistique.&lt;br /&gt;
Bien filtrés, les flux de tweets révèlent les singularités (5) annonciatrices
d'émergences (6).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_reseau_flasque.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_reseau_flasque.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_reseau_flasque.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Quand l'actualité devient évanescente, placée sous le signe des incertitudes,
comme ce fut le cas au plus fort des révoltes populaires en Tunisie, Twitter se
transforme en une épreuve de discernement. Il faut repérer dans les torrents de
gazouillis les fragments de témoignages susceptibles de s'agréger en éléments
d'informations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ces performances s'ajoute la capacité de mémorisation des liens vers des
contenus intéressants. La plus touffue des documentations se retrouve,
quasiment indexée, sur un serveur distant, donc accessible de partout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le faux problème de l'instantanéité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les attardés qui gémissent sur l'accélération sans se demander ce que recouvre,
exactement, cette notion (7) donnent une image affligeante de leur conception
du journalisme.&lt;br /&gt;
Il y a tout lieu de craindre, en vérité, que leur appareil conceptuel (s'ils en
sont équipés) dérape sur le verglas des apparences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Twitter_10_m.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_10.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_10.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Ce n'est pas parce que Twitter charrie beaucoup de gazouillis que ces
gazouillis sont vrais et intéressants.&lt;br /&gt;
Se croire obligé de diffuser ce qui vient de &amp;quot;tomber&amp;quot; relève, au mieux, de la
mythologie puérile du scoop; au pire, de ce conformisme corporatiste qui amène
les journalistes français à vouloir dire en même temps les mêmes choses
relatées de la même manière.&lt;br /&gt;
La fausse &amp;quot;accélération&amp;quot; a toujours existé dans l'industrie de l'information.
En 1927 - donc un peu avant l'avènement de Twitter - un quotidien
franchouillard a tellement accéléré qu'il a raconté en détail l'accueil
triomphal des aviateurs Nungesser et Colli à New York où ils ne sont jamais
arrivés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Twitter_9_reveil.jpg&quot; alt=&quot;Twitter_9_reveil.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Twitter_9_reveil.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Sans même évoquer les éditions spéciales extrêmement délicates comme celles qui
ont marqué les premiers pas de l'homme sur la Lune, les instants nocturnes de
bouclage dans des périodes dominées par l'incertitude ne sont pas du tout
&amp;quot;accélérés&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Ils exigent prosaïquement des choix devant lesquels les &amp;quot;twitteros précoces&amp;quot;
reculent lâchement: publier n'importe quoi ou retenir un témoignage
&lt;em&gt;tweeté&lt;/em&gt; aussi longtemps qu'il n'est pas digne de devenir une
information.&lt;br /&gt;
Twitter propage beaucoup de témoignages, d'affirmations qui peuvent devenir
mais qui ne sont pas, d'emblée, des informations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est grande pitié que de voir tant de journalistes incapables de se retenir
sur une actualité chaude.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Précédents billets consacrés à Twitter:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journalistiques.fr/post/2010/01/06/Twitter-et-la-valeur-ajout%C3%A9e-de-l-information&quot;&gt;Twitter
et la valeur ajoutée de l'information&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journalistiques.fr/post/2009/04/06/Le-Monde-fabrique-une-legende-urbaine&quot;&gt;&amp;quot;Le
Monde&amp;quot; participe à la fabrication d'une légende urbaine&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journalistiques.fr/post/2008/11/27/Attentats-en-Inde%3A-citizen-journalists-plus-commentateurs-que-reporters&quot;&gt;
Attentats de Bombay: un journaliste français informe en lisant les tweets de
téléspectateurs indiens&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Curieusement, alors que ce sont,de vrais em..., ils ne gazouillent
jamais: &amp;quot; Et maintenant, je tire la chasse d'eau&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2) Les &lt;em&gt;geeks&lt;/em&gt; forment un cercle d'adorations mutuelles dont les membres
se comportent en élite autoproclamée de l'innovation technologique. Ce petit
monde mériterait une étude ethnologique car il est doublement nocif:&lt;br /&gt;
- les modes futiles qu'ils &amp;quot;lancent&amp;quot; plusieurs fois par an entravent l'adoption
massive des innovations intéressantes.&lt;br /&gt;
- leurs agitations aussi creuses que fébriles légitiment la technophobie.
&lt;em&gt;Geeks&lt;/em&gt; et technophobes incarnent deux aspects complémentaires,
objectivement complices, de la franchouillardise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3) Ceux qui ne connaissent pas le sens de ce mot n'ont rien à faire sur ce
blog.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4)Tout le monde regarde les mêmes huit premiers résultats sur la même première
page de Google, donc tout le monde raconte la même chose ce qui produit une
information morne, ennuyeuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5) Singularité: trace, indice, signe, fait ou phénomène qui n'a pas
d'explication connue. Une série régulière ou discontinue de singularité dans un
registre précis de l'actualité annonce une émergence. Les premiers signes
relatifs à l'attitude de l'armée tunisienne ont été des singularités
perceptibles sur Twitter et surtout sur Facebook.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6) Emergence: apparition lente ou surgissement d'une situation inédite,
susceptible de modifier &amp;quot;l'ordre des choses&amp;quot;. La révolte du peuple tunisien est
une émergence géopolitique, plus perceptible sur certains canaux de Twitter que
sur Facebook, trop émotionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7) Hartmut Rosa: &amp;quot;Une critique sociale du Temps&amp;quot;, édition de la Découverte: le
temps ne s'accélère pas; c'est la quantité de &amp;quot;choses à faire&amp;quot; en une durée
donnée qui augmente.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Tunisie: vers des états généraux de la presse</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/01/19/Tunisie%3A-%C3%A9tats-g%C3%A9n%C3%A9raux-de-la-presse</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:21eb98dfafcb88973d4faad831e3b89b</guid>
    <pubDate>Wed, 19 Jan 2011 19:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>FONDAMENTAUX</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le mardi 11 janvier - soit quatre jours avant le départ de Ben Ali et au
plus fort de la répression - Henda Chennaoui, jeune journaliste à la station de
radio Shems FM, exige au cours d'une assemblée générale du personnel que les
bulletins d'informations de la station publient les vrais chiffres sur le
nombre de personnes tuées et blessées par la police:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.journalistiques.fr/?pf=player_flv.swf&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.journalistiques.fr/?pf=player_flv.swf&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;title=Henda_Chennaoui.mp4&amp;amp;margin=1&amp;amp;showvolume=1&amp;amp;showtime=1&amp;amp;showfullscreen=1&amp;amp;buttonovercolor=ff9900&amp;amp;slidercolor1=cccccc&amp;amp;slidercolor2=999999&amp;amp;sliderovercolor=0066cc&amp;amp;flv=http://www.journalistiques.fr/public/Henda_Chennaoui.mp4&amp;amp;width=400&amp;amp;height=300&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Aussitôt, Henda Chennaoui a été écartée de l'antenne et privée de travail par
la hiérarchie de la station de radio.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait , les ennuis d'Henda Chennaoui avec son employeur ont commencé dès la
publication, le 7 janvier &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://hendoudfree.blogspot.com/2011/01/confession-dune-journaliste-handicapee.html&quot;&gt;
d'un témoignage bouleversant sur la condition de journaliste&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
pendant la dictature et la répression policière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle vient de mettre en ligne &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://hendoudfree.blogspot.com/2011/01/journalistes-unissons-nous.html&quot;&gt;sur
son blog&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; un appel à l'organisation d'états généraux de
l'information.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce texte intègre dans la réflexion sur l'avenir de l'information, un des
éléments caractéristiques (avec le rôle de l'armée) de la révolution
tunisienne: les témoignages des blogueurs. Témoignages qu'on appelle aussi
&lt;em&gt;crowdsourcing&lt;/em&gt; sous d'autres cieux et qui s'est fait là-bas, avec une
spontanéité ravageuse pour l'ancien régime.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Tunisie: l'actualité traitée comme &quot;l'Histoire en train de se faire&quot;</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/01/14/Tunisie%3A-l-actualit%C3%A9-trait%C3%A9e-comme-%22l-Histoire-en-train-de-se-faire%22</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:29add995302e64f581dde247e75a4c3b</guid>
    <pubDate>Fri, 14 Jan 2011 16:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>DEFIS ACTUELS</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Il serait réjouissant d'apprendre que toutes les écoles françaises de
journalisme ont interrompu leurs programmes pour inciter les futurs
professionnels de l'information à affronter l'actualité la plus noble:
l'Histoire en train de se faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Histoire s'accomplit en temps réel sur le web, sans réduire le rôle des
médias traditionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'Histoire en train de se faire submerge les écrans, seconde par seconde, sans
compromettre le recul dont les journalistes ont besoin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Actualite_Tunisie_etudiants_en_francais_m.jpg&quot; alt=&quot;Actualite_Tunisie_etudiants_en_francais.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Actualite_Tunisie_etudiants_en_francais.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si toutes les écoles françaises de journalisme obligeaient les étudiants à
travailler sur ce qui se passe à trois heures de Paris, dans un pays
majoritairement francophone, elles pourraient tirer les enseignements que
voici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Twitter comme outil de veille, de repérage et d'analyse&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à ce qu'on affirmé quelques &lt;em&gt;geeks&lt;/em&gt; hexagonaux, Twitter
n'est ni une &amp;quot;agence de presse&amp;quot; ni un outil de narration.&lt;br /&gt;
La recherche #Sidibouzid est un flux qui charrie sporadiquement, par dizaine de
tweets toutes les dix secondes en moyenne, un flux de témoignages, d'émotions,
de rumeurs, de propagande,de manipulations, de plaisanteries.&lt;br /&gt;
Ce torrent est un défi au discernement. Les étudiants qu'il emporterait dans
ses remous n'ont pas leur place dans cette profession. Croire qu'un ministre
des affaires étrangères tunisien peut annoncer sa démission sur un blog sans
vérifier la date et le lieu de création de ce blog témoigne d'une inculture web
absolument rédhibitoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Actualite_tunisie_blog_Kamel_Morjane_m.jpg&quot; alt=&quot;Actualite_tunisie_blog_Kamel_Morjane.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Actualite_tunisie_blog_Kamel_Morjane.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce faux a été immédiatement intégré dans Wikipedia, ce qui constitue un nouvel
avertissement pour les étudiants paresseux qui ne se fient qu'à Google et à une
encyclopédie (trop) participative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Actualite_tunisie_wikipedia_m.jpg&quot; alt=&quot;Actualite_tunisie_wikipedia.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Actualite_tunisie_wikipedia.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Twitter est aussi un moyen de repérer et de sélectionner des sources
potentielles afin de les confronter. Il est facile, en suivant #sidibouzid, de
comprendre que certains messages sont émis par des témoins dont le point de vue
est limité mais assez intéressant pour justifier des vérifications. Il est
d'ailleurs significatif que les envoyés spéciaux de journaux anglo-saxons
-comme ceux du &amp;quot;Guardian&amp;quot; - twittent assez régulièrement, contrairement à leurs
homologues français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Twitter, dans le cas de la Tunisie, est un outil d'analyse. Toutes les rumeurs
charriées par #sidibouzid doivent être étudiées parce qu'elle révèlent des
frustrations et des aspirations. Le manque d'informations est la première cause
des rumeurs de gens qui, dans le chaos, croient trouver des explications
rassurantes et les propagent. Le sens de ces rumeurs est intéressant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Actualite_tunisie_appelsa_l_armee.jpg&quot; alt=&quot;Actualite_tunisie_appelsa_l_armee.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Actualite_tunisie_appelsa_l_armee.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Depuis le début de la semaine, le recours à l'armée est invoqué. Des textes,
des photos et des vidéos suggèrent que les militaires protègent les
manifestants contre la police et que certains soldats fraternisent avec la
population. Ces éléments d'appréciation ne sont pas suffisants pour constituer
une information. Ce sont des indices à surveiller.&lt;br /&gt;
Comme ces &amp;quot;consignes&amp;quot; qui, émises par de jeunes Tunisiens, accusent la France
d'être le principal soutien du régime qu'ils contestent: ils demandent de ne
plus &amp;quot;tweeter&amp;quot; en français, mais en arabe ou en anglais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Facebook, gisement d'images qui accusent&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Détourné naguère aux Etats-Unis par un étudiant douteux qui voulait l'utiliser
pour draguer les filles de son campus, Facebook se révèle, dans le cas de la
Tunisie, comme le plus dangereux des dispositifs pour le régime en place.&lt;br /&gt;
Le réseau social à vocation plutôt conviviale regorge de vidéos brutes qui
touchent l'opinion publique mondiale. Sans ces images, les Etats-Unis et
l'Union européenne n'auraient pas réagi aussi rapidement et aussi
fermement.&lt;br /&gt;
Ce n'est pas un hasard si TF1 - chaîne technologiquement très sensibilisée
depuis longtemps à la puissance de l'image - n'a diffusé le 12 janvier au soir
que des images vidéos provenant de Facebook ou de &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://w0ofer.net/mirrorlist/&quot;&gt;sites miroirs.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; Choix éditorial qui
n'enlève rien à la qualité des reportages réalisés sur place par ses envoyés
spéciaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Facebook a été un des signes par lesquels Ben Ali a voulu incarner la modernité
de son pays. Beaucoup de Tunisiens, jeunes et moins jeunes, lui accordaient le
crédit d'avoir placé l'informatique et internet au coeur de ses promesses sur
le développement économique, comme relais à l'industrie du tourisme.&lt;br /&gt;
Mais, les jeunes surtout, ne supportaient plus depuis longtemps cet &amp;quot;Ammar
404&amp;quot;, sorte de Père Ubu qui désignait la censure pratiquée sur le web.&lt;br /&gt;
D'où ce paradoxe: Ben Ali a encouragé l'utilisation de l'outil qui aura
peut-être mis fin à son régime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;L'Histoire dans l'actualité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la faveur d'un exercice de discernement sur l'actualité comme Histoire en
train de se faire en Tunisie, les écoles françaises de journalisme devraient
engager une réflexion sur le contenu de leur enseignement qui, de toute
évidence, n'est pas adapté à un traitement de l'actualité digne de notre
époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien sûr, les envoyés spéciaux de TF1, d'Arte Journal à Strasbourg, d'iTélé et
de France 24 notamment accomplissent un travail remarquable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reste que c'est sur le web, en dépit des rumeurs et de l'intox , que &amp;quot;ça se
passe&amp;quot;, que l'Histoire palpite. Seuls des sites d'information &lt;em&gt;pure
players&lt;/em&gt; comme rue89 on vibré à l'unisson de cette première vraie
tachycardie électronique de l'Histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Miniaturisation, connexion, temps réel, usages&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les futurs professionnels de l'information ne comprendront jamais leur
environnement sans que soit développé ce concentré d'histoire
technologique:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- 1988:&lt;/strong&gt; les premières caméras vidéo - pas encore caméscopes -
enregistrent de l'intérieur le mouvement estudiantin de protestation contre la
loi Devaquet. Images sans précédent mais sans impact parce que le documentaire
qui rassemble des &lt;em&gt;rushes&lt;/em&gt; collectés dans la France entière n'a jamais
été diffusé par une chaîne de télévision nationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- 1991-1992:&lt;/strong&gt; un amateur enregistre avec son caméscope le
tabassage d'un automobiliste afro-américain par des policiers. Le document est
diffusé par des chaînes de télévision dans le monde entier. Un an plus tard,
l'acquittement des policiers provoque des émeutes à Los Angeles South Central:
65 morts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;- 2011: l&lt;/strong&gt;es téléphones nomades équipés de capteurs
électroniques sont connectés au web et notamment aux réseaux sociaux dont les
Tunisiens sont des utilisateur intensifs et experts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Actualite_henda.jpg&quot; alt=&quot;Actualite_henda.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Actualite_henda.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Dans une salle de rédaction tunisienne, au début de cette semaine, alors
que la répression s'accentuait, une jeune journaliste, Henda Chennaoui, demande
en assemblée générale que la station de radio où elle travaille diffuse les
vrais chiffres concernant les morts et les blessés.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre dimensions cruciales de l'histoire de la technologie ont permis à
l'Histoire de s'accomplir dans l'actualité:&lt;br /&gt;
- la miniaturisation des appareils de captation&lt;br /&gt;
- la puissance du réseau mondial&lt;br /&gt;
- la diffusion en temps réel&lt;br /&gt;
- les usages, Car Facebook n'a pas été développé dans le but derenverser une
dictature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il serait rassurant, pour l'avenir de l'information en France, que ces sujets
aient déjà été concrètement traités dans toutes les écoles de journalisme.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Tunisie: journalistes et citoyens</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/01/11/Tunisie%3A-journalistes-et-citoyens</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ccffea3d1b5c29b422a6087b5817bdc6</guid>
    <pubDate>Tue, 11 Jan 2011 17:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>PRATIQUES PROFESSIONNELLES</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Tunisie_transparence_m.jpg&quot; alt=&quot;Tunisie_transparence.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Tunisie_transparence.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Un arbitre français des élégances journalistiques a lâché un jour avec une moue
méprisante: &amp;quot;En Tunisie, il n'y a pas de journalistes.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/video/video.php?v=143141072409745&amp;amp;oid=36555169158&quot;&gt;
La terrible séquence enregistrée avec un téléphone portable&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans
un hôpital de Kasserine inflige un humiliant démenti à ce &lt;em&gt;geek&lt;/em&gt;
péremptoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce reportage de trois minutes et trente-trois secondes- un ensemble de rushes,
une sorte de plan-séquence chaotique - contient des coupures mais aucune trace
de montage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Crowdsourcing&lt;/em&gt; de crise&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La bande-son (il faut bien employer cette expression plutôt destinée à la
fiction) est faite de cris insoutenables de souffrances et de terreur.&lt;br /&gt;
C'est la marque des tragédies vécues.&lt;br /&gt;
Une preuve de vérité réaliste que les chaînes de télévision européennes
remplacent ordinairement par une musique du style &amp;quot;Ionisation&amp;quot; d'Edgard Varèse.
A cause des sirènes.&lt;br /&gt;
Il ne faut surtout pas traumatiser les audiences démocratiques. Le son est
beaucoup plus violent que l'image. Une musique de fiction &amp;quot;euphémise&amp;quot; les
images. En général.&lt;br /&gt;
Il n'y a pas d'euphémisme possible dans cette vidéo digne des &amp;quot;Choses vues&amp;quot; de
Victor Hugo. Aucune télévision européenne ne pourrait la mixer avec une
&amp;quot;musique dramatique&amp;quot;, pour effacer les cris, sans se livrer à une manipulation
aussi crapuleuse qu'une retouche Photoshop sur une image de guerre ou de
catastrophe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les auteurs de ce document ont tenu à le signer: &amp;quot;Amicale des Anciens de
l'Institut de Presse&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Tunisie_texte_anciens_journalistes_m.jpg&quot; alt=&quot;Tunisie_texte_anciens_journalistes.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Tunisie_texte_anciens_journalistes.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Ils fournissent des éléments qui confirment ce qu'écrivent certains
blogueurs:&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;quot;...tirer au dessus de la ceinture (ce qui explique également l’intention
de tuer car ma foi pour la légitime défense il faut tirer sur les membres
inférieurs)…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Tunisie_traces_de_balles.jpg&quot; alt=&quot;Tunisie_traces_de_balles.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Tunisie_traces_de_balles.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
C'est sans doute ce que Michèle Alliot-Marie appelait hier à l'Assemblée
nationale &amp;quot;une technique de maintien de l'ordre&amp;quot;...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce même blogueur - un artiste peu politisé jusqu'à ces derniers jours - donne
une explication à la perplexité d'une journaliste française qui s'étonnait hier
matin du retrait subit de la police dans certaines villes: il s'agit, écrit-il,
de favoriser les pillages pour illustrer les accusations portées lundi soir par
Ben Ali contre des &amp;quot;voyous à la solde de l'étranger&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Enfin, le reportage des anciens de l'Institut de Presse confirme visuellement
les remarques d'un autre reporter français: le personnel hospitalier est
déborder par l'arrivée incessante de blessés et de mourants. Ce qui tendrait à
prouver que la police tire massivement, sans discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle que soit la cause de ce crâne fracassé, elle ne peut pas avoir été
provoquée par une &amp;quot;technique de maintien de l'ordre&amp;quot; usant de &amp;quot;retenue&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Tunisie_crane_fracasse.jpg&quot; alt=&quot;Tunisie_crane_fracasse.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Tunisie_crane_fracasse.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai énormément de préventions à l'égard de Facebook. Mais le fait est que
c'est - dans les pays arabes en général, au Maghreb en particulier et en
Tunisie surtout - un moyen de collecter des données brutes. Tout ce qui y est
publié ne peut pas être considéré comme de l'information. Mais les contenus
bruts, à analyser, à vérifier, à recouper, y sont beaucoup plus denses que sur
Twitter (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas confondre la presse et les journalistes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La presse tunisienne n'est guère attrayante. Cependant, il y a, dans ce pays,
d'excellents journalistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les jeunes sont plutôt plus cultivés - et plus politiquement conscients - que
leurs homologues français. Ils sont surtout très motivés et extraordinairement
compétents dans les technologies de la communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;(Ils se forment, notamment, grâce à accord non écrit que Steve Ballmer
aurait passé avec Ben Ali: Microsoft fermerait les yeux pendant quelques années
encore sur les galeries marchandes pleines de logiciels &amp;quot;craqués&amp;quot;, à condition
que l'Administration tunisienne s'équipe de logiciels Microsoft, histoire de
compenser les pertes occasionnées par le piratage que les autorités tolèrent.
Explication invérifiable.)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Souvent formés en France, où il leur est arrivé de subir des humiliations
racistes post-coloniales, les journalistes expérimentés sont moins impatients
que leurs jeunes confrères. Ils n'expriment pas, dans des blogs aux contenus
poignants, la rage impuissante d'être contraints de pratiquer leur métier dans
l'auto-censure permanente (1). Ils observaient avec subtilité les premiers
signes discrets d'une lutte de succession enclenchée au sommet du
pouvoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Tunisie_drapeau_sanglant.jpg&quot; alt=&quot;Tunisie_drapeau_sanglant.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Tunisie_drapeau_sanglant.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;Les jeunes, eux, observent avec
inquiétude le retour depuis deux ans environs du sentiment et des signes
religieux dans une partie des classes moyennes inférieures. Celles qui
fournissent les acteurs et les victimes de la tragédie actuelle.&lt;br /&gt;
Ces jeunes journalistes avaient été humiliés, en 2008, par les déclarations de
Nicolas Sarkozy à propos des &amp;quot;progrès de la démocratie&amp;quot; en Tunisie.&lt;br /&gt;
Ni héros ni martyrs, ils vont peut-être montrer à ce président français si peu
avisé ce que signifie le mot &amp;quot;progrès&amp;quot; pour des gens cultivés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1) Un journaliste du Figaro avait affirmé, naguère, qu'il pouvait rendre compte
en temps réel du déroulement des attentats de Bombay en suivant Twitter.
Vérification faite, aucun tweet n'a jamais donné la moindre information en
temps réel sur ces évènements. Tout ce que le journaliste français lisait,
c'étaient les réactions sur Twitter de téléspectateurs indiens. Il va de soi
qu'on ne peut pas, non plus, raconter ce qui se passe en Tunisie avec les
éléments mis en ligne sur Facebook. Ces éléments sont juste plus intéressants
que les gazouillis de 140 caractères par le texte et surtout par la capacité de
Facebook de diffuser de stocker de grande quantités de sons et d'images, Et,
dans le cas de la tragédie tunisienne, par le nombre de témoins potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Compte tenu du haut niveau de surveillance des milieux intellectuels et
journalistiques tunisiens des deux côtés de la Méditerranée, aucune adresse de
blog et aucun nom ne seront publiés dans ce billet.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Otages du Niger: subtils glissements sémantiques</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2011/01/11/Otages-du-Niger%3A-subtils-glissements-s%C3%A9mantiques</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8778a2a86e1b0ea1d30784d786dfadb1</guid>
    <pubDate>Tue, 11 Jan 2011 13:32:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>METHODES DE VERIFICATION</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Vendredi 7 janvier: &amp;quot;Les &lt;strong&gt;forces nigériennes&lt;/strong&gt; ont tenté de
libérer les deux Français enlevés dans un restaurant de Niamey;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Samedi 8 janvier: &amp;quot;Les deux otages français ont été tués alors que &lt;strong&gt;des
forces nigériennes appuyées par des militaires français&lt;/strong&gt; tentaient de
les libérer.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dimanche 9 janvier: &amp;quot;Les deux otages français ont été tués par leurs ravisseurs
alors que &lt;strong&gt;des militaires français tentaient de les libérer à la
frontière entre le Niger et le Mali.&lt;/strong&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lundi 10 janvier: &amp;quot; Les deux otages français ont été exécutés par leurs
ravisseurs au cours d'&lt;strong&gt;une opération menée au Mali par les seuls
militaires français&lt;/strong&gt;&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Niger_otages_m.jpg&quot; alt=&quot;Niger_otages.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Niger_otages.jpg, janv. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;Remarque fondée sur une logique d'inférence:&lt;/ins&gt; des ravisseurs, quels
qu'ils soient, retardent le moment d'exécuter des otages pour la simple raison
que ce sont leur ultime bouclier humain.&lt;br /&gt;
Dans un combat avec les libérateurs. des ravisseurs qui tuent leurs otages se
suicident.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une telle hypothèse devrait être confirmée par les résultats de l'autopsie
prévue pour le mercredi 12 janvier. L'autopsie devrait apporter des précisions
sur le calibre des balles qui ont tué les deux jeunes gens, ainsi que sur la
distance approximative à laquelle ces balles ont été tirées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également évident que sera rendue publique - pas tout de suite, bien sûr
- la version des deux ravisseurs interrogés à Niamey sur les circonstances dans
lesquelles leurs otages ont été tués.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si de telles informations n'étaient pas rendues publiques dans des délais
raisonnables, il faudrait relire les déclaration de fermeté de Nicolas Sarkozy
à la lumière d'une exégèse publiée &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/commentaires/analyse-une-multinationale-du-crime-10-01-2011-1169389.php&quot;&gt;
mardi 11 janvier par un spécialiste du renseignement:&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &amp;quot;Nicolas
Sarkozy veut faire entendre le langage de la fermeté. &lt;strong&gt;Quoi qu'il en
coûte&lt;/strong&gt;... &amp;quot;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le travail sur les données émancipe le journalisme</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/12/20/Le-travail-sur-les-donn%C3%A9es-%C3%A9mancipe-le-journalisme</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a4944b55b14ec7379ff2eb252e160d70</guid>
    <pubDate>Mon, 20 Dec 2010 20:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>COMMUNICATION INTERACTIVE</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;En travaillant sur les données relatives à la suppression de la taxe
professionnelle, la rédaction web de &amp;quot;La Gazette des Communes&amp;quot; montre comment
cette approche peut aider la presse à se soustraire à l'influence des
informations diffusées par les pouvoirs politiques et économiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Gaette_6_m.jpg&quot; alt=&quot;Gaette_6.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Gaette_6.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même quand les données sont produites par des organismes officiels - ce sera de
moins en moins le cas - les journalistes qui cherchent les bases de données,
qui les épluchent, qui repèrent les chiffres pertinents et qui extraient les
relations les plus significatives entre ces chiffres peuvent proposer, sur un
phénomène précis, des interprétations très différentes de celles des
pouvoirs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Gaette_7_m.jpg&quot; alt=&quot;Gaette_7.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Gaette_7.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un exemple proposé par le blog &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://datajournalism.canalblog.com/archives/2010/12/20/19891249.html&quot;&gt;Data
Journalism&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, les prévisions de recettes communales établies par le
gouvernement sont rassurantes pour les élus locaux parce que le gouvernement a
choisi des hypothèses de croissance économique très (trop) optimistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au lieu de se contenter de reproduire les communiqués officiels et les dossiers
de presse, le journalisme de bases de données est en mesure de corriger la
&amp;quot;vision&amp;quot; que les gouvernements ou les entreprises souhaitent imposer. Et, même
en partant des mêmes données brutes, montrer ce que cette vision a
d'artificiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'où, sans doute, l'hostilité hargneuse du &amp;quot;journalisme de connivences&amp;quot; qui
domine la presse française.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Wikileaks: bonheur professionnel car l'actualité rejoint l'Histoire</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/12/12/Wikileaks%3A-quand-l-actualit%C3%A9-rejoint-l-Histoire</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1be7d732d8e45efbc512c00aea7bc6dc</guid>
    <pubDate>Sun, 12 Dec 2010 12:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>DEFIS ACTUELS</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Les données et documents mis en ligne par Wikileaks depuis le printemps
dernier constituent un moment sans précédent de bonheur professionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut, pour jouir pleinement de ce contentement, adopter la posture du
&amp;quot;journaliste auxiliaire des futurs historiens&amp;quot;. Une posture faite d'humilité et
d'exigence (1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Wikileaks_transparence_1_m.jpg&quot; alt=&quot;Wikileaks_transparence_1.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Wikileaks_transparence_1.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Jubilation d'étudier, volupté de comprendre&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikileaks livre des matériaux bruts: vidéos, données, documents. La jubilation
journalistique commence avec l'étude de cette matière première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jubilation se perçoit, de manière inhabituelle, dans les contenus à haute
valeur ajoutée proposés par &amp;quot;The Guardian&amp;quot;, le &amp;quot;New York Times&amp;quot;, &amp;quot;Der Spiegel&amp;quot;,
&amp;quot;Le Monde&amp;quot;. Ces rédactions ont réalisé un travail admirable dans lequel entrent
le discernement, la culture, certains savoir-faire pratiques en visualisation
interactive, le souci empathique (2) de rendre largement accessibles ces
données et ces notes diplomatiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Wikileaks_Le_Monde_2_m.jpg&quot; alt=&quot;Wikileaks_Le_Monde_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Wikileaks_Le_Monde_2.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Ces journalistes ont manifestement éprouvé un plaisir rare à pouvoir partager
avec leurs audiences la volupté de comprendre. C'est ce qui transparaît dans
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://abonnes.lemonde.fr/international/visuel/2010/12/06/wikileaks-lire-les-memos-diplomatiques_1449709_3210.html&quot;&gt;
l'interface que propose &amp;quot;Le Monde.fr&amp;quot;&lt;/a&gt;:&lt;/strong&gt; on y retrouve l'alliance,
très rare en France, de la haute compétence journalistique et de l'expertise
technologique de la société &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.linkfluence.net/&quot;&gt;LinkInfluence&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Une date dans les
annales du journalisme en ligne dans l'Hexagone.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le défi de la compétence, source de valeur&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette première dimension des relations entre Wikileaks et l'industrie de
l'information s'ajoute le passionnant défi à relever que constitue l'Histoire
rattrapée par l'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;(Dans une représentation allégorique, l'actualité serait une fille plutôt
volage et futile, en tous cas évanescente, au regard d'une Histoire s'imposant
en marâtre solide et impérieuse, qui relate sans complaisance les actes de
l'Humanité).&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les temps anciens, c'est à dire il y a une dizaine d'années, ce qui a été
dévoilé par Wikileaks eut été réservé aux futurs historiens. Ils se seraient
jetés sur ces données de guerre et sur ces documents diplomatiques avec
gourmandise pour comprendre et expliquer ce que les journalistes n'avaient pas
su, à cause du secret qui est un des instruments favoris des dominants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikileaks a permis aux journalistes de partager le bonheur des
historiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une chance historique de régénération&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Congédions l'accessoire (3) et cinglons vers l'essentiel: Wikileaks est une
chance historique pour la régénération du journalisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'abord parce que le traitement de cette matière brute élimine sans appel les
incompétents et les veules &lt;em&gt;(Ce sont souvent les mêmes, mais ils sont
nombreux et, du coup, il ne reste plus grand monde.)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ensuite parce que ne sont dignes de traiter cette matière première que les
organes de presse, les rédactions et les journalistes qui investissent dans la
culture, dans les savoir-faire pratiques offerts par l'innovation technologique
(&amp;quot;The Guardian&amp;quot;, notamment) et dans le respect que l'industrie de l'information
doit à ses audiences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Wikileaks_allegorie_de_l_opacite_2.jpg&quot; alt=&quot;Wikileaks_allegorie_de_l_opacite_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Wikileaks_allegorie_de_l_opacite_2.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin parce que si le journaliste ne peut pas s'ériger en historien dans sa
confrontation de chaque instant avec l'actualité, &amp;quot;histoire en train de se
faire&amp;quot;, il devrait souhaiter de plus en plus de Wikileaks. En effet, plus sa
culture et son discernement se rapprocheront des talents exigés des historiens,
plus il saura se rendre attractif en racontant, humblement, les faits et
phénomènes qui permettent aux gens de comprendre l'époque dans laquelle ils
vivent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et la relation de faits complexes par des journalistes compétents - sur papier
mais plus encore avec les visualisations électroniques - est un argument de
crédibilité, donc de la valeur ajoutée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le faux problème de l'accélération&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'accélération (4) n'est pas un obstacle à cette tension vers l'idéal
journalistique esquissé par l'inaccessible mais désirable stature de
&amp;quot;l'historien du présent&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les outils d'analyse et de traitement - des bases de données mais aussi des
documents grâce à la sémantique informatisée - relativisent les inconvénients
du manque de recul. Pour peu, évidemment, que les intéressés sachent que de
tels outils existent et qu'ils fassent l'effort de chercher à les
maîtriser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'argument de l'accélération et du manque du recul apparait, à vrai dire, comme
un curieux alibi, fondamentalement irrecevable.&lt;br /&gt;
Le pression du &amp;quot;bouclage&amp;quot; des dernières éditions d'un quotidien, avec la brève
de &amp;quot;dernière minute&amp;quot; griffonnée sur le marbre pendant que le dernier typographe
et le dernier metteur en page attendent impatiemment de pouvoir finir leur nuit
de labeur, le &amp;quot;temps réel&amp;quot; radiophonique importé des Etats-Unis par France Info
sont de même nature mais bien antérieurs à Twitter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, ce n'est pas l'accélération qui, le 9 mai 1927, a tué le
quotidien &amp;quot;La Presse&amp;quot;, mais la prétention d'anticiper et de &amp;quot;faire&amp;quot; l'Histoire
en racontant &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19270509&quot;&gt;un évènement qui
ne s'est pas produit&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt; Ce n'est pas l'accélération mais la
crapulerie intellectuelle qui a conduit les médias franchouillards à se
discréditer durablement avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-21-Timisoara&quot;&gt;l'affaire du
faux charnier de Timisoara.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réalité, il n'y a pas, objectivement, d'accélération du temps. Le temps
journalistique ne s'emballe pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Wikileaks_allegorie_du_temps.jpg&quot; alt=&quot;Wikileaks_allegorie_du_temps.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Wikileaks_allegorie_du_temps.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vérité est que les journalistes s'encombrent l'esprit de futilités, de
&amp;quot;factoïdes&amp;quot;(5) et autres diversions que déversent les dominants. Comme
l'attention - parfois limitée en potentiel de synapses - est convoquée par une
quantité croissante de sollicitations, les journaliste accusent le temps.
Illusion puérile: ce n'est pas parce que le paysage est de plus en plus saturé
de détails que le véhicule va plus vite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Double démonstration: les articles et commentaires les plus stupides sont été
commis par des gens qui se sont jetés sur la matière de Wikileaks sans prendre
le temps de l'analyser; ces contenus sont déjà enfouis dans les poubelles de
l'Histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les articles et datavisualisations les plus passionnants ont fait l'objet d'un
travail d'analyse et de traitement de plusieurs semaines.&lt;br /&gt;
Les historiens s'y référeront et l'Histoire retiendra que quelques organes de
presse et une petite horde de journalistes exigeants se sont hissés à sa
hauteur de vues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Roboratives conséquences&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wikilleaks, par le travail admirable de journalistes à prendre pour modèles
aura deux conséquences:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- les Etats et les dominants vont élaborer de nouvelles chapes d'opacité pour
protéger leurs secrets. C'est normal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- les militants de la transparence et les journalistes exigeants auront de plus
en plus de moyens et d'occasions de dévoiler ces secrets. C'est
réjouissant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Wikileaks_allegorie_de_la_transparence_m.jpg&quot; alt=&quot;Wikileaks_allegorie_de_la_transparence.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Wikileaks_allegorie_de_la_transparence.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1)&lt;/strong&gt; A la fin des années soixante dix, j'avais proposé dans le
mensuel &amp;quot;L'Histoire&amp;quot; une méthode d'évaluation de la décantation de
l'actualité.&lt;br /&gt;
A partir des principaux titres de quatre quotidiens nationaux recensés pendant
plusieurs mois, je mesurais le &amp;quot;taux d'évaporation&amp;quot; des faits relatés, c'est à
dire la durée de présence des titres à la &amp;quot;une&amp;quot; de ces journaux.&lt;br /&gt;
La décantation ne retenait que les évènements dont la mention à la &amp;quot;une&amp;quot; durait
le plus longtemps. Le temps agissait comme un filtre. Seuls les évènements qui
ne s'étaient pas dilués étaient, à priori, éligibles à l'attention des futurs
historiens.&lt;br /&gt;
Le fait que d'infimes fragments du travail journalistique soient dignes
d'entrer dans l'élaboration de l'Histoire est une cure d'humilité pour le
journaliste lucide.&lt;br /&gt;
C'est aussi une puissante raison de se montrer exigeant dans la hiérarchisation
des évènements, donc dans le discernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2)&lt;/strong&gt; Pour bon nombre de journaleux décérébrés - &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.desproges.fr/&quot;&gt;Desproges dixit&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; - la notion d'empathie
se confond avec la notion de sympathie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3)&lt;/strong&gt; Ce qui est dans cette affaire accessoire, secondaire, par
ordre croissant de ridicule:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;A -&lt;/strong&gt; ceux qui béatifient le &amp;quot;martyr&amp;quot; de Wikileaks dans une
amusante croisade de dévots où se découvre une religiosité saint-sulpicienne.
Ce comportement de membres d'une secte illuminée forme un délicieux contraste
entre la croyance médiévale et &amp;quot;l'esprit hacker&amp;quot;. (Il faut rappeler à ces
jeunes et vieux bigots que leur martyr a été bien puéril en défiant les
Etats-Unis sans se souvenir que l'hyperpuissance flingue pour moins que çà...
Mais le &amp;quot;martyr&amp;quot; au comportement &amp;quot;cucul la praline&amp;quot; (= prétentieux et immature)
de &lt;em&gt;rock star&lt;/em&gt; narcissique n'est pas tenu d'avoir une culture historique
et géopolitique. Une culture et un simple bon sens qui lui permettraient de
connaître, et surtout de pratiquer, une stratégie avisée des rapports de
forces.&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit et compte tenu des élans mystiques qui ont mis la webosphère
hexagonale en transes lors de la reddition du &amp;quot;martyr&amp;quot;, il ne serait guère
étonnant que les dévots de la transparence et du &lt;em&gt;hacking journalism&lt;/em&gt; se
mettent en tête de présenter un(e) candidat(e) du mouvement Open Data à la
prochaine élection présidentielle.&lt;em&gt;(J'en connais une, qui a plus de talent
que Martine Aubry et Ségolène Royal superposées, mais elle a vraiment trop de
travail)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B -&lt;/strong&gt; ceux qui prétendent que les documents diplomatiques
n'apportent rien alors qu'ils fournissent un éclairage intérieur des plus
précieux à des évènements ou à des déclarations qui, eux, étaient connus;
ceux-là n'ont vraiment pas le sens de l'actualité comme &amp;quot;l'histoire en train de
se faire&amp;quot; car ils n ai'ment pas la texture, la consistance de l'Histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;C -&lt;/strong&gt; les dérisoires imposteurs franchouillards qui s'érigent en
acteurs du dévoilement planétaire avec du &lt;em&gt;databases journalism&lt;/em&gt; en
&lt;em&gt;Wordpress&lt;/em&gt; à peine amélioré et de la &lt;em&gt;datavisualisation&lt;/em&gt; sans
&lt;em&gt;data.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;D -&lt;/strong&gt; les pitoyables journalistes conventionnels traumatisés, à
juste titre, par des dévoilements qui les montrent tels qu'ils ont toujours
été: de piètres prépondérants asservis de manière obscène aux dominants.&lt;br /&gt;
Cette élite grotesque du &amp;quot;journalisme à la française&amp;quot; n'a aucune culture, même
pas une petite culture journalistique. Elle ignore comment Alex Virot a obtenu
le &amp;quot;scoop&amp;quot; de l'Anschluss, comment la vénérable Geneviève Tabouis faisait du
Wikileaks avant l'heure en révélant, chaque semaine, les confidences récoltées
dans les milieux diplomatiques. Ce sont les mêmes élites incultes qui, en avril
83, glosaient sans retenue sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.arte.tv/fr/Videos-sur-ARTE-TV/3183074.html&quot;&gt;les &amp;quot;carnet secrets
d'Adolf Hitler&amp;quot;.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce qui rend fascinants, somme toute, ces adeptes (parfois stipendiés) de la
connivence, c'est leur manière de ramper: ils se salissent eux-mêmes rien qu'en
se vautrant dans l'ignominie professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4)&lt;/strong&gt; &amp;quot;Rythmes, pouvoir, mondialisation&amp;quot; Pascal Michon (PUF);
&amp;quot;Accélération. Une critique sociale du temps&amp;quot;, Hartmut Rosa (La
Découverte)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;5)&lt;/strong&gt; Un &amp;quot;factoïde&amp;quot; est un pseudo-fait: il ne se passe rien mais
les médias en parlent tellement que le &amp;quot;rien&amp;quot; prend l'apparente consistance
d'une réalité.&lt;br /&gt;
Le &amp;quot;débat sur la nationalité&amp;quot; est le &amp;quot;factoïde&amp;quot; récent le plus honteux pour le
&amp;quot;journalisme à la française&amp;quot;. Tous les journalistes qui se sont prêtés à cette
grossière manipulation ont été, délibérément ou inconsciemment, abaissés au
niveau d'instruments du pouvoir. &lt;em&gt;(Depuis cette séquence ignoble
d'asservissement idéologique, je me suis séparé de ma carte N° 20748 de
journaliste professionnel)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le premier ouvrage consacré au journalisme de données</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/11/29/Le-premier-livre-consacr%C3%A9-au-journalisme-de-donn%C3%A9es</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3e0f9996f8bfaba24ee26d22173208d2</guid>
    <pubDate>Mon, 29 Nov 2010 19:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>PRATIQUES PROFESSIONNELLES</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Datajournalism_nouvelle_couverture_m.jpg&quot; alt=&quot;Datajournalism_nouvelle_couverture.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Datajournalism_nouvelle_couverture.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Distribué en librairie par Géodif, le livre est également disponible aux
éditions du CFPJ, 35 rue du Louvre 75002 ainsi que sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cfpj.com/editions/data-journalism.html&quot;&gt;le site des éditions du
CFPJ.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour avoir une idée du contenu, écouter &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.econotique.com/Data-Journalism-nouvelles-pratiques-et-nouveaux-outils_a305.html&quot;&gt;
l'entretien enregistré le vendredi 03 décembre par Philippe Nieuwbourg pour la
webradio Econotique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il y est question de Wikileaks, du rapport de
continuité entre le journalisme de toujours et le journalisme de bases de
données, des grands précurseurs français vénérés à l'étranger mais ignorés en
France, de la technophobie qui discrédite les élites françaises jusqu'aux
sommets de l'Etat, des lacunes dans l'enseignement du journalisme en
France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici un résumé du sommaire, sans les études de cas et les
illustrations:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 1 - Les données, leurs relations et
l’information&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les données&lt;br /&gt;
Les relations entre les données&lt;br /&gt;
L’information&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 2 - Les bases de données, conteneurs et
machines&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bases et leur gestion&lt;br /&gt;
Le web sémantique&lt;br /&gt;
Protections juridiques&lt;br /&gt;
L’ouverture des données publiques&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 3 - L’investigation journalistique appliquée aux
données&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Recherche&lt;br /&gt;
Validation&lt;br /&gt;
Chercher des données hors des bases&lt;br /&gt;
Données hors du web&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 4 - Convertir la complexité chiffrée en
simplexité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’infobésité&lt;br /&gt;
La distraction&lt;br /&gt;
La diversion&lt;br /&gt;
Diminution de l’attention&lt;br /&gt;
La complexité&lt;br /&gt;
La modélisation&lt;br /&gt;
La « simplexité »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 5 – Entrer en visualisations par les
cartographies&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Variations sur la cartographie&lt;br /&gt;
Déclinaisons de la cartographie&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 6 – Les diagrammes et leurs métaphores&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Perception de l’image&lt;br /&gt;
L’interprétation de l’image&lt;br /&gt;
Les tendances de la visualisation&lt;br /&gt;
La création d’images&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 7 – Programmation, langages, organisation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les langages&lt;br /&gt;
Journaliste et/ou programmeur&lt;br /&gt;
Les modèles du &lt;em&gt;datajournalism&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 8 – Les ancêtres, les précurseurs et les jeunes
pionniers&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands ancêtres&lt;br /&gt;
Les maîtres contemporains&lt;br /&gt;
Les jeunes pionniers français&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un blog, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://datajournalism.canalblog.com&quot;&gt;data
journalism&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; , est d'ores dédié aux extensions numériques - URL des
liens imprimés - et à l'actualisation de l'ouvrage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Datajournalism_couverture_vraies_couleurs_m.jpg&quot; alt=&quot;Datajournalism_couverture_vraies_couleurs.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Datajournalism_couverture_vraies_couleurs.jpg, déc. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce blog propose de nombreux liens vers les ressources de plus en plus
nombreuses du data journalism: répertoires de bases de données, outils
d'analyse et d'extraction, sites et logiciels de visualisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;BON DE COMMANDE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
          <enclosure url="http://www.journalistiques.fr/public/Bon_de_commande.pdf"
      length="264608" type="application/pdf" />
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Une application gratuite pour évaluer les catastrophes naturelles</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/11/11/Une-application-pour-%C3%A9valuer-les-catastrophes-naturelles</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e88c6f6ad81ae0dec41b4d5a9d3b493f</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Nov 2010 18:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>OUTILS D'ANALYSE</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_alert_logo.jpg&quot; alt=&quot;Earth_alert_logo.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Earth_alert_logo.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;Application légère téléchargeable
gratuitement, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://earthalerts.manyjourneys.com/&quot;&gt;Earth
Alerts&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; complète le dispositif des organismes de surveillance
relayés par les agences de presse ou, parfois, par les réseaux de
micro-blogging.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle s'installe discrètement au pied du bureau et ne se manifeste que pour
signaler des évènements nouveaux.&lt;br /&gt;
Son interface ressemble à celles des agrégateurs de fils RSS avec, en haut à
gauche, une typologie succincte des catastrophes naturelles:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_Alert_tableau_de_bord.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_tableau_de_bord.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_tableau_de_bord.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Cette typologie présente l'intérêt de placer tout en haut de la hiérarchie les
évènements de portée planétaire. Ce qui ne veut pas dire que les incendies de
forêts ou les glissements de terrains qui surviennent aux Etats-Unis ne
retiennent pas l'attention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès qu'un phénomène est repéré, il fait l'objet d'une description factuelle
très précise. C'est l'occasion, pour le journaliste, de se livrer à une
première évaluation de l'importance de l'évènement et de son évolution
possible, plausible ou probable. Ici, l'analyse d'une éruption signalée dans la
journée du 10 novembre 2010 au Mexique:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_Alert_description.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_description.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_description.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Cette description peut être éventuellement complétée par une sélection de
dépêches uniquement consacrées à cette éruption. La sélection ne se contente
pas de grappiller les agences de presse. Elle conduit à des articles de revues
scientifiques.&lt;br /&gt;
Le journaliste peut compléter son évaluation en sollicitant les cartes de Earth
Alerts, afin de voir notamment si le phénomène se produit assez loin ou à
proximité d'une zone urbaine très peuplée: :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_Alert_carte_du_Mexique.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_carte_du_Mexique.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_carte_du_Mexique.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Cette carte sommaire incite à aller &amp;quot;voir de plus près&amp;quot; sur Google Earth grâce
à une commande qui déclenche automatiquement l'imagerie satellitaire:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_Alert_volcan_Google_earth.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_volcan_Google_earth.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_volcan_Google_earth.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
En l'occurrence, la vue plongeante ne raconte que l'itinéraire de coulées qui
semblent relativement récentes. D'où l'intérêt de solliciter une photo du
monstre dans la collection de Earth Alerts :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_Alert_volcan_Earth_Alert.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_volcan_Earth_Alert.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_volcan_Earth_Alert.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Outre ces éléments d'appréciation sur un phénomène particulier, l'application
offre une vue générale des évènements les plus récents classés par catégories.
Ici, les 314 séismes signalés le 10 novembre 2010 avec leurs amplitudes
respectives. Un carré rouge (il n'y en a pas sur cette capture d'écran) désigne
un séisme qui a eu lieu dans l'heure écoulée. Les carrés bleus, nombreux ce
jour là dans le Pacifique le long de la Californie et en Asie, signalent les
séismes enregistrés au cours des dernières vingt-quatre heures:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Earth_Alert_planisphere_des_seismes_m.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_planisphere_des_seismes.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_planisphere_des_seismes.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Enfin, &amp;quot;l'image du jour&amp;quot; révèle des documents impressionnants comme cette
vision de l'hyperactivité industrielle de la Chine: le nuage brunâtre
représente l'accumulation de gaz nitrogène dioxyde au dessus de la plus grande
usine planétaire:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_Alert_nuage_sur_la_Chine.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_nuage_sur_la_Chine.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_nuage_sur_la_Chine.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
La veille de la publication de ce billet, &amp;quot;l'image du jour&amp;quot; montrait une
tempête en train de s'éloigner des côtes nord est des Etats-Unis:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Earth_Alert_tempete_USA.jpg&quot; alt=&quot;Earth_Alert_tempete_USA.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Earth_Alert_tempete_USA.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Durée de réalisation d'un contenu en rich media</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/10/24/Sur-le-blog-Hypermedia%3A-le-temps-de-r%C3%A9alisation-d-un-contenu-en-rich-media</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ec57f400f5824612743e57722006489c</guid>
    <pubDate>Sun, 24 Oct 2010 23:17:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>PRATIQUES PROFESSIONNELLES</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Temps_rich_media_diagramme_m.jpg&quot; alt=&quot;Temps_rich_media_diagramme.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Temps_rich_media_diagramme.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une personne opérant seule peut réaliser un contenu journalistique en rich
media en dix heures.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette évaluation est détaillée dans le blog &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://hypermedia.typepad.com/blog/2010/10/un-contenu-en-rich-media-peut-se-construire-en-dix-heures-.html&quot;&gt;
Hypermedia&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui prolonge et actualise le livre &amp;quot;&lt;strong&gt;Communiquer
en rich media&lt;/strong&gt;&amp;quot;, publié aux &lt;strong&gt;éditions du
CFPJ&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle repose sur de nombreuses expériences menées avec des étudiants en
journalisme sur toutes sortes de sujets et dans différentes
conditions.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle suppose une méthodologie et un souci de productivité.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Rich_media_dossiers_des_composantes_m.jpg&quot; alt=&quot;Rich_media_dossiers_des_composantes.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Rich_media_dossiers_des_composantes.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Les moteurs de recherche tentent de devenir prédictifs</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/10/24/Les-moteurs-de-recherches-tentent-de-devenir-pr%C3%A9dictifs</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:29c75ff9acfc0c1f249c24eb983e059e</guid>
    <pubDate>Sun, 24 Oct 2010 17:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>PROSPECTIVE</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Anticiper est, pour le journaliste, une périlleuse tentation doublée d’une
délicieuse contrainte.&lt;br /&gt;
Tentation périlleuse parce qu’elle est cause d’égarements qui ruinent une
crédibilité.&lt;br /&gt;
Contrainte délicieuse parce qu’à la différence des historiens, les journalistes
ne peuvent pas travailler comme si ce qu’ils observent était achevé; cependant,
si des faits ultérieurs valident une hypothèse, ils apportent la preuve à
posteriori que le journaliste avait bien compris la nature et la portée d'une
situation ou d'un phénomène.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois initiatives expérimentales (1) pourraient aider les professionnels de
l’information à conjurer les risques de l’anticipation tout en leur permettant
d’affûter leur évaluation des évènements.&lt;br /&gt;
Le fait que ces travaux se basent essentiellement sur les données fournies par
les moteurs de recherche incite à la prudence car si les économistes se
trompent si souvent dans leurs prévisions c’est bien parce qu’ils considèrent
que l’avenir se lit dans le passé. A tort, évidemment.&lt;br /&gt;
Il n’y a cependant rien d'inutile à mobiliser la logique des algorithmes et la
puissance des processeurs afin de détecter,dans certaines activités du web, des
signes qui peuvent être annonciateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le &lt;em&gt;Time Explorer&lt;/em&gt; de Yahoo&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Barcelone, le laboratoire de recherches de Yahoo a mis au point un
&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://fbmya01.barcelonamedia.org:8080/future/&quot;&gt;«explorateur
du temps»&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui, tout en n’étant pas globalement satisfaisant,
délivre des fragments de résultats intéressants.&lt;br /&gt;
La matière première de cette application en ligne est constituée, pour
l’instant, de 1,8 millions d’articles publiés par le New York Times entre 1987
et 2007 (2). &lt;em&gt;Time Explorer&lt;/em&gt; extrait de cette masse de documents des
faits, des lieux, des noms et des dates et, en fonction de la requête, signale
les plus pertinents sur une ligne temporelle.&lt;br /&gt;
Deux registres sont disponibles, le passé et le futur:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Avenir_Time_Recorder_1_France_Sarkozy.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_Time_Recorder_1_France_Sarkozy.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_Time_Recorder_1_France_Sarkozy.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le corpus étant limité à la production éditoriale d’un seul organe de
presse, l’affichage des articles anciens s’avère forcément décevant.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats peuvent quand même remettre en mémoire des faits ou des analyses
injustement oubliés.&lt;br /&gt;
Mêmes remarques pour les résultats obtenus dans le registre du futur. Les
algorithmes ayant enregistré les dates contenues dans les articles, ils
restituent ces prévisions dans toutes leurs fragilités:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Avenir_Time_Recorder_2_France_destinations_mondiale.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_Time_Recorder_2_France_destinations_mondiale.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_Time_Recorder_2_France_destinations_mondiale.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Là encore, le rappel des prévisions, même anciennes, n’est pas complètement
inutile. S’intéresser par exemple à la possibilité que la Chine se substitue à
la France comme première destination mondiale du tourisme en 2020 représente
une anticipation journalistiquement intéressante: effectuer des recherches,
vérifier certaines assertions, organiser des enquêtes publiables
immédiatement&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sérendipité peut même s'inviter, comme dans le cas de la Yougoslavie où le
lien, à priori incompréhensible, entre Slobodan Milosevic et Saddam Hussein
révèle que le premier a vendu, lui aussi, des armes au second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Avenir_Time_Recorder__3_Yougoslavie.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_Time_Recorder__3_Yougoslavie.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_Time_Recorder__3_Yougoslavie.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le pisteur de grippe de Google&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche prédictive de Google repose sur la confrontation entre ce que
cherchent les internautes et les données constatées sur l’objet de ces
requêtes.&lt;br /&gt;
Le moteur publie un &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.google.com/insights/search/#&quot;&gt;indicateur des grandes
tendances&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; repérées parmi les milliards de questions qui lui sont
posées.&lt;br /&gt;
Impossible, bien sûr, de lier le nombre de requêtes sur la grippe à la
probabilité d’une intensification de la maladie, pour la simple et excellente
raison que des millions d’internautes se renseignent sans être malades.&lt;br /&gt;
Afin de construire une modélisation acceptable, Google cherché les corrélations
entre les volumes saisonniers de termes liées à la grippe et les nombres de cas
de grippe effectivement enregistrés par les organismes de surveillance
épidémiologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Avenir_Google_flu_4_m.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_Google_flu_4.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_Google_flu_4.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;En haut, un extrait des données brutes collectées par Google
(septembre-octobre 2010), données que chacun peut importer dans un tableur. En
dessous, la visualisation de ces données.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux remarques:&lt;br /&gt;
1 – C’est sans doute abuser de la bonne volonté des algorithmes que de les
faire travailler sur des phénomènes saisonniers comme la grippe: elle survient
plutôt en novembre-décembre qu’en juillet-août et les allergies sont plus rares
en décembre qu’en juin.&lt;br /&gt;
2 – Il est probable que le nombre de requêtes sur la grippe augmente quand la
presse en parle beaucoup, comme ce fut le cas pour la pandémie H1N1, ce qui
rend peu fiable le paramètre des données de recherches « spontanées
».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La démarche de Google n’est cependant pas vouée à l’impasse car, d’une part,
les « nano-données » qui forment la granularité (= texture plus ou
moins fine) des bases de données les plus fécondes génèrent forcément des
corrélations inédites et robustes; et, d’autre part, les outils de détection de
ces précieuses corrélations ne peuvent que se perfectionner dans les quelques
années qui viennent, tant les enjeux sont importants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Recorded Future&lt;/em&gt; cherche les corrélations
invisibles&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Google investit (en même temps que la CIA) dans une entreprise innovante qui a
à peine plus d’un an d’existence, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.recordedfuture.com/&quot;&gt;Recorded Future&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
A la différence des moteurs de recherche qui exploitent les liens pour classer
les pages web, le moteur d’analyse temporelle de Recorded Future cherche dans
les contenus les corrélations invisibles (car non explicitées dans le langage
HTML) entre des personnes, des entreprises, des lieux, des évènements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cœur de cette technologie linguistique, un moteur d’indexation de données en
flux capte les tweets, les billets, les articles de presse, les actualisations
de sites d’entreprises et de sites officiels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La collecte est répartie entre différentes catégories de faits :
catastrophes, décisions politiques, lancements de produits, résultats
financiers, fusions d’entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces données sont toutes reliées à des dates, des personnes, des lieux, des
pays, des institutions, des entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;ins&gt;Etude cas:&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt; les documents qui pouvaient permettre de
prévoir &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.recordedfuture.com/2010/10/25/open-source-intelligence-back-to-the-future/&quot;&gt;
l'attentat perpétré en Ouganda par un groupe terroriste
somalien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;
Autre type d'exploitation possible: Ce qui se dit sur le web à propos des
candidats aux élections de la mi-mandat d'Obama aux Etats-Unis:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Avenir_Recorded_future_elections_US_1_m.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_Recorded_future_elections_US_1.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_Recorded_future_elections_US_1.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les fonctionnalités linguistiques du moteur figure l’analyse des
sentiments, positifs ou négatifs exprimés sur un thème donné. Analyse qu'il est
intéressant de confronter aux évolutions des sondages dans un scrutin sensible,
comme celui du Nevada:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Avenir_Recorded_future_elections_US_2_Nevada_m.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_Recorded_future_elections_US_2_Nevada.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_Recorded_future_elections_US_2_Nevada.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le moteur linguistique d'indexation en flux repère plusieurs corrélations
dans la compétition très serrée du Nevada. D'abord entre les fluctuations des
sondages et la mesure de l'attention accordée sur le web à chacun des
candidats: le candidat démocrate sortant a fait parler de lui, ce qui a un
impact sur les sondages et dans la répartition des sentiments positifs ou
négatifs - lignes du bas - entre lui et sa rivale républicaine.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accès aux outils en ligne est payant pour les gouvernements, les institutions
et les entreprises. Ci-dessous, un exemple de visualisation dans laquelle
apparaissent les fameuses corrélations - autres que celles des liens hypertexte
recensés par les moteurs - entre des individus, des entreprises, des
pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Avenir_recorded_future_reseau_m.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_recorded_future_reseau.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_recorded_future_reseau.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Recorded Future&lt;/em&gt; délivre gratuitement une lettre d’information qui, sur
des thèmes donnés, peut faire partie d’un dispositif de veille.&lt;br /&gt;
Un journaliste normalement constitué ne devrait pas, en effet, rester
insensible à la manière dont la firme a conçu son interface
d'interrogation:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Avenir_Recorded_future_what_who_when_m.jpg&quot; alt=&quot;Avenir_Recorded_future_what_who_when.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Avenir_Recorded_future_what_who_when.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
L’utilité journalistique de ces trois approches prometteuses englobe:&lt;br /&gt;
- la détection de phénomènes émergents.&lt;br /&gt;
- la préparation documentaire et logistique de reportages et d'enquêtes sur des
phénomènes ou des évènements hautement probables.&lt;br /&gt;
- Sans oublier ce qui impose aux journalistes lucidité et modestie:
l'opportunité de confronter la perception des faits à un moment donné aux
évolutions possibles de l’actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1) &lt;a href=&quot;http://www.hcir2010.org&quot;&gt;Human Computer Interaction and
Information Retrieval&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2) &lt;a href=&quot;http://www.nytco.com/company/Innovation_and_Technology/ResearchandDevelopment.html&quot;&gt;
Le laboratoire de Recherche et Développement du New York
Times&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La valeur de l'information dépend des internautes exigeants</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/10/05/La-valeur-de-l-information-d%C3%A9pend-des-internautes-exigeants</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f9eef08b3a276a1af248342eb39eba5e</guid>
    <pubDate>Tue, 05 Oct 2010 21:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>FONDAMENTAUX</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Animateur du &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.betatales.com/2010/10/03/what-is-the-value-of-editorial-content/&quot;&gt;groupe
de réflexion BetaTales&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, John Einar Sandvand &lt;strong&gt;(&lt;a href=&quot;http://twitter.com/#!/JohnEi&quot;&gt;à suivre sur Twitter&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt; examine les
différentes manières d’apprécier la valeur – et, donc, la rémunération – d’un
contenu journalistique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le problème concerne surtout les jeunes journalistes indépendants et plus
particulièrement ceux qui opèrent sur le web.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John Einar Sandvand distingue trois modes d’évaluation du travail des
journalistes. En voici les principaux paramètres :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 – Le temps de travail consacré à la production du contenu et la
puissance financière de l’organe de presse qui l’achète&lt;/strong&gt; pour le
diffuser.&lt;br /&gt;
Dans ce modèle, qui est celui de la presse conventionnelle, le journal, le
magazine, la station de radio, la chaîne de télévision ou le site web assument
les risques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2 - Le nombre de clics générés par le contenu en ligne détermine la
valeur du contenu&lt;/strong&gt;, valeur qui est partagée entre le site et le
journaliste.&lt;br /&gt;
Cette approche compense les lacunes des modalités actuelles de rentabilisation
de l’information sur le web.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3 - Le site ne paie pas le producteur du contenu mais lui offre une
&amp;quot;visibilité&amp;quot; sur le web&lt;/strong&gt;.Le procédé s’adresse aux blogueurs qui croient
pouvoir se doter d’une « marque personnelle ». &lt;em&gt;&lt;strong&gt;(&lt;a href=&quot;http://www.editorsweblog.org/newsrooms_and_journalism/2010/09/unpaid_huffpo_journalist_quits_warns_cit.php&quot;&gt;Une
blogueuse de talent vient de quitter le très célèbre Huffington
Post&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui ne la payait pas alors même que son travail contribuait
à entretenir l'audience du site.)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Contenus_cible.jpg&quot; alt=&quot;Contenus_cible.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Contenus_cible.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tabou de la qualité&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse de John Einar Sandvand touche à l’aspect crucial du travail
journalistique aujourd’hui : la qualité.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;(Il faudrait un billet spécifiquement dédié à la définition de la qualité
dans l’industrie de l’information. Esquisse : originalité, fiabilité,
densité sur le fond ; singularité, attractivité dans la forme…)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le modèle N°1, la valeur d’un contenu n’est reconnue et rémunérée comme
telle que par les organes de presse ou sites qui ont placé la qualité
éditoriale au-dessus de toute autre considération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils sont peu nombreux (1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rédacteur en chef qui choisit peut se tromper.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un contenu très intéressant parce qu’il est valorisé par une séquence
particulière de l’actualité peut demander moins de travail qu’un autre article,
intéressant lui aussi, mais moins favorisé par l’air du temps, lequel est
déterminé par le conformisme de la presse français et ses emballements
médiatiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un(e) jeune journaliste inventif ou au style inhabituel sera toujours moins
bien considéré(e) qu’un journaliste expérimenté, au style convenu, voire
formaté, et qui sait « se vendre ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Contenus_diagramme_modele_1.jpg&quot; alt=&quot;Contenus_diagramme_modele_1.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Contenus_diagramme_modele_1.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle N° 2 peut être un pis-aller. Mais il met en péril la qualité des
contenus pour des raisons évidentes et de plus en plus visibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui plaît le plus massivement relève rarement d’une exigence de qualité de
la part des lecteurs, des auditeurs, des téléspectateurs et des
internautes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Contenus_diagramme_modele_2.jpg&quot; alt=&quot;Contenus_diagramme_modele_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Contenus_diagramme_modele_2.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le journalisme lol, qui privilégie les idioties n’est rien d’autre que du
racolage.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;(Ce journalisme lol se répand partout sur le web franchouillard mais aussi
et surtout à la radio (2).&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Enfin, la pression des propriétaires de sites peut amener les meilleurs
journalistes à entrer dans la dérive mercantile des contenus web (3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Contenus_clown_et_cosmonaute.jpg&quot; alt=&quot;Contenus_clown_et_cosmonaute.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Contenus_clown_et_cosmonaute.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Excellent pour les blogueurs, notamment experts, le modèle N°3 est, pour un
journaliste, une pure escroquerie (4).&lt;br /&gt;
Cette escroquerie repose sur un mélange à trois composantes :&lt;br /&gt;
- l’idéologie de la gratuité qui est, en fait, un travestissement sournois de
l’idéologie « libertarienne » à la sauce hexagonale, un peu
grasse : « L’information n’a pas de valeur, donc il n’y a aucune
raison de payer ceux qui la produisent.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Contenus_BD.jpg&quot; alt=&quot;Contenus_BD.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Contenus_BD.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- la stratégie de Patrick Lelay, ancien patron de TF1, qui consiste à
« offrir » des contenus gratuits en échange d’une quantité « de
temps de cerveaux disponibles » revendus à des annonceurs (5)&lt;br /&gt;
- la croyance débile en la possibilité d’exercer une « influence sur le
web », le délicieux « doudou » des « geeks » un peu zozos,
immatures ou séniles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Contenus_diagramme_modele_3.jpg&quot; alt=&quot;Contenus_diagramme_modele_3.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Contenus_diagramme_modele_3.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuivre la réflexion amorcée sur Beta Tales par John Einar Sandvand est une
ardente obligation pour quiconque s’intéresse à l’avenir du journalisme à
travers la situation qui est faite aux jeunes journalistes et aux étudiants en
journalisme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contribuer au développement de cette réflexion suppose par ailleurs
l’approfondissement de ce qui détermine la qualité des contenus journalistiques
et qui est un tabou dans les vaticinations sur « la crise de la
presse » :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’information de qualité se mérite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les journalistes épris de qualité doivent se tourner délibérément vers l’élite
des lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes. Ne s'adresser qu'aux
citoyens exigeants, en somme. A ceux qui méritent le pluralisme de la presse et
la liberté de l'information, entre autres droits démocratiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui signifie, concrètement, que le journaliste soucieux faire respecter la
valeur de son travail doit s'orienter, en France, non pas vers l'information de
masse mais vers une information à haute valeur ajoutée - ce que les gens de
&lt;em&gt;marketing&lt;/em&gt; appellent des &amp;quot;niches&amp;quot; - quitte à inventer de nouvelles
offres de contenus, en particulier sur le web.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il vaut mieux reléguer dans la gratuité ce qui n’a pas de valeur et l’offrir à
ceux que ça intéresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est en étant élitiste que le journalisme se réhabilitera, en partenariat avec
des audiences exigeantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parce que la qualité (se) paie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/Contenus_fin.jpg&quot; alt=&quot;Contenus_fin.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Contenus_fin.jpg, oct. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''1) En France : Arte, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journalistiques.fr/post/2009/01/30/Le-trimestriel-XXI-demontre-que-la-qualite-est-rentable&quot;&gt;XXI&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;,
Le Monde, Courrier international...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2) France Info a été polluée jusqu’à cet automne par une forme particulièrement
méprisable de journalisme lol qui véhiculait une idéologie technophobe dans la
mesure où elle consistait à ne retenir des contenus du web que les imbécilités,
les vulgarités et surtout le « buzz » instrumentalisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3) Un jeune journaliste d’investigation – un des meilleurs de sa génération et,
donc, un talent prometteur pour la réhabilitation du métier – avait réalisé une
enquête austère sur ce qui se passe dans les prisons françaises. Le mot
« fellation », qui figurait dans un titre ou un sous-titre, a déclenché
une quantité extraordinaire de consultations. Il est facile d'en déduire ce
qu'un journaliste lol peut faire dans le choix des sujets, dans la mise en
forme, surtout avec le concours de nervis déguisés en SEO.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4) Une plateforme se présentant comme le « laboratoire du
journalisme » a, naguère, publié un des billets de ce blog en promettant –
ce qui m’indiffère totalement – un nombre accru de visiteurs sur
journalistiques.fr. Rien, Pas un visiteur de plus. Le « laboratoire du
journalisme » s’est simplement offert un billet gratuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5) « Mythologie de la presse gratuite », Rémy Rieffel, éditions du
Cavalier bleu, février 2010. Un billet sera prochainement consacré à ce petit
ouvrage lucide, argumenté et équilibré.''&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Protection des sources: pourquoi la plainte du &quot;Monde&quot; n'aboutira pas</title>
    <link>http://www.journalistiques.fr/post/2010/09/14/Protection-des-sources%3A-pourquoi-la-plainte-du-%22Monde%22-d-aboutira-pas</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1d8719da0ee0cfb16f5d9183625347c4</guid>
    <pubDate>Tue, 14 Sep 2010 16:37:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Alain Joannes</dc:creator>
        <category>PRATIQUES PROFESSIONNELLES</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;La plainte que le quotidien &amp;quot;Le Monde&amp;quot; s'apprêtait à déposer pour atteinte à
la protection des sources journalistiques n'aboutira pas pour deux séries de
raisons qui découlent du double verrouillage auquel le président de la
République a procédé durant les premiers mois de son mandat:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Verrouillage légal&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je l'écrivais &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.journalistiques.fr/post/2008/03/30/Breches-en-vue-dans-la-protection-des-sources&quot;&gt;dans ce blog
dès le 30 mars 2008&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, la loi invoquée par &amp;quot;Le Monde &amp;quot; prévoit deux
exceptions à la protection du secret des sources:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- « la nature et la particulière gravité d’un crime ou d’un délit »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- « les nécessités des investigations judiciaires»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est évidemment la seconde exception, activée par le directeur de la Police
Nationale, qui sera invoquée pour débouter le quotidien du soir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le journal, en effet, n'a pas été espionné, comme ce fut le cas du &amp;quot;Canard
enchaîné&amp;quot; lorsque le pouvoir pompidolien avait tenté de poser des micros au
sein de la rédaction de la rue Saint-Honoré. Ce sont les communications
téléphoniques d'un haut fonctionnaire qui ont été transmises à la DCRI par un
opérateur de téléphonie mobile.&lt;br /&gt;
Puisque rien n'est dit, dans cette loi cosmétique,contre la possibilité donnée
au pouvoir politique de faire neutraliser un informateur, la source de
documentation des journalistes se tarit en toute légalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En admettant qu'un juge soit néanmoins saisi de la plainte et veuille essayer
de se renseigner, il n'ira pas loin.&lt;br /&gt;
La Loi de programmation militaire adoptée en conseil les ministres le 24
novembre 2008 étend le &amp;quot;secret défense&amp;quot; à la Direction Centrale du
Renseignement Intérieur. C'est cet organisme - issu de la fusion entre les RG
et la DST - qui a neutralisé le haut fonctionnaire informateur du
&amp;quot;Monde&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Un juge ne pourra même pas pénétrer dans les locaux de la DCRI.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Verrouillage fonctionnel et humain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le verrouillage légal cheminait dans la procédure - Conseil
d'Etat, Parlement, etc... - le président de la République procédait à un
verrouillage fonctionnel et surtout humain qui explique la sérénité de l'Elysée
face à la menace du journal &amp;quot;Le Monde&amp;quot;:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.journalistiques.fr/public/.Diagramme_de_verrouillage_2_m.jpg&quot; alt=&quot;Diagramme_de_verrouillage_2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Diagramme_de_verrouillage_2.jpg, sept. 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En noir, les liens fonctionnels. En rouge les liens personnels.&lt;br /&gt;
Frédéric Péchenard, patron de la Direction Générale de la Police Nationale -
qui a activé la DCRI pour neutraliser l'informateur du &amp;quot;Monde&amp;quot; - est un ami
d'enfance de Nicolas Sarkozy.&lt;br /&gt;
Bernard Squarcini, patron de la DCRI, est un proche de Nicolas Sarkozy depuis
2002.&lt;br /&gt;
Bernard Bajolet, coordonnateur du renseignement est un proche de Nicolas
Sarkozy, via un de ses conseillers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
</channel>
</rss>
