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STRUCTURES REDACTIONNELLES

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jeudi 4 février 2010

Yammer, le micro blogging (presque) idéal pour les rédactions

Yammer_petit_logo_gauche.JPGL'avenir du journalisme se joue en grande partie sur l'enrichissement des contenus et sur l'appropriation, par les professionnels de l'information, des outils susceptibles de revaloriser leur métier (1).

Certains de ces outils se prêtent à des transformations radicales des méthodes de travail. C'est le cas de Yammer, plateforme de micro-blogging inspirée de Twitter.

Yammer_barre_navig_entreprise.JPG
Comme le célèbre espace gazouillant à 140 caractères par message, Yammer permet aux salariés d'échanger des messages courts, hors courriels, au sein d'un réseau privé sécurisé.

Gains de productivité: ils échangent non pas sur ce qui les émeut ou sur ce qui pourrait les mettre en valeur - le bruit qui brouille le signal sur Twitter - mais sur l'état d'avancement de leurs tâches respectives.

Yammer_charte_organisation.jpg
C'est donc un vrai réseau social d'entreprise avec profiles des salariés précisant fonctions et expertises, espaces de discussions, groupes constitués par services ou projets, bases de connaissances pour savoir, par des nuages de mots, ce qui s'est dit sur différents sujets d'intérêt collectif.
Des images peuvent compléter les messages textuels.
Chaque salarié peut se connecter à la plateforme par un terminal nomade.

Yammer_interieur_d_un_groupe.jpg
Contrairement à Twitter, Yammer a un vrai modèle économique.
Les investisseurs se bousculent d'ailleurs pour financer le développement du produit.
Plus de 10.000 entreprises totalisant 60.000 salariés dans le monde utilisent ce service aux tarifs ajustés : gratuit pour les particuliers, 1 dollar par mois et par utilisateur, 3 à 5 dollars par salariés selon les fonctionnalités qu'une entreprise souhaite ajouter à la prestation de base.
Les premières rentrées d'argent ont été fournies par 200 entreprises qui ont choisi Yammer pour leur 4000 salariés. Parmi elles, la BBC et 500 utilisateurs, la compagnie espagnole Telefonica et les 350 ingénieurs de son centre de Recherche et Développement.

Adaptations faciles aux nouveaux impératifs des rédactions

Yammer_liste_groupes.jpg
Il ne manque pas grand chose à Yammer pour devenir l'outil idéal de travail collaboratif au service d'une rédaction réactive.

La nécessaire polyvalence des journalistes exige que chacun sache, en temps réel, qui peut faire quoi, à quel niveau d'expertise ou de simple compétence, dans les différents domaines du journalisme actuel: veille, collecte dont évidemment reportages sur le train, vérification des faits, traitement c'est à dire structuration de l'information, modalités de diffusion.

Echanges continus d'informations utiles

Les essaims d'expertises et de compétences qui convergent sur un évènement urgent ou sur une lourde réalisation en rich media doivent impérativement être soudés par des échanges continus d'informations opérationnelles, des requêtes et des réponses instantanées.

Au même titre que Jamespot pour les revues de presse et réflexions partagées, Yammer mérite des tests purement journalistiques en marge des développements qui se concoctent dans la start up californienne.

1) Selon un universitaire qui travaille sur la sociologie des médias, une journaliste appartenant au Syndicat National des Journalistes aurait déclaré en substance :" En maîtrisant les nouveaux outils de collecte et de traitement de l'actualité, nous pourrions devenir aussi puissants et incontournables que le Syndicat du Livre, naguère dans la presse écrite." Bien vu, chère consoeur inconnue: la polyvalence des journalistes opérant avec et/ou sur le web est la meilleure manière de lutter contre le déclassement.

jeudi 4 décembre 2008

Une cartographie des outils collaboratifs en ligne

Aaarrrgh ! J'aurais tellement aimé rédiger le billet que Marc Mentré a publié mercredi sur son indispensable blog...Il y est question d'une cartographie des principaux outils collaboratifs gratuits en ligne.

Collaborative_tools_online.jpg

Pas question de plagier le travail d'un confrère sous prétexte de le résumer. Juste un petit aperçu, rien que pour vous inciter à vous ruer sur son billet et vers les sources qu'il rassemble: 150 outils, répartis en 13 catégories, de la créations de réseaux sociaux privés au micro-blogging en passant par les logiciels de présentation, les wikis, les espaces de messagerie instantanée. De quoi s'émerveiller comme un gamin de moins de douze ans devant un magasin de jouets

Cet inventaire est, évidemment, le fruit d'un travail collaboratif en ligne qui se poursuit.

Il me reste à tester, dans les jours et les semaines qui viennent, certains de ces outils et à imaginer leurs possibles contributions à une régénération du journalisme.

SOURCE:Media Trend, les nouveaux médias & les nouveaux usages

jeudi 16 octobre 2008

La crise financière implique un travail collaboratif en essaim

Un phénomène complexe et durable comme la crise financière appelle un traitement fiable, riche en angles et aussi didactique que possible.

Dans les médias traditionnels soumis aux flux linéaires, la rigidité de l’organisation verticale et cloisonnée des rédactions ne favorise ni la régénération du travail de journaliste ni la productivité.
Les contenus sont toujours conçus et fabriqués selon un schéma top-down qui va, schématiquement, du rédacteur en chef au reporter de base en passant par les services spécialisés.

Crise_organisation_redaction_verticale_2.jpg

Dérivée des organigrammes militaires, cette structure favorise le contrôle de la ligne éditoriale mais surtout le conformisme. Elle stérilise la créativité et occasionne des gaspillages de temps et de ressources.

Les médias électroniques, en particulier s’ils opèrent en ''rich media'', sont à priori mieux adaptés au caractère (très) évolutif de l’actualité boursière. Du moins s’ils renoncent à proposer sur le web ce qui se fait sur les supports et vecteurs traditionnels.

Crise_redactions_Organisation_circulaire_corrigee_et_coloriee.jpg

Le mode d’organisation adapté au web et à ce type d’actualité (crises, catastrophes, élections décisives) est celui de l’essaim.

Le fonctionnement réactif et aéré de l'essaim

C’est un dispositif flexible dont l'efficacité opérationnelle dépend de cinq pré-requis:

1 - Des responsabilités partagées supposent qu’à tout moment décisif du traitement de l’actualité, chaque partie prenante de l’essaim assume la "direction" du projet. Il peut s’agir du rédacteur en chef à un moment T, du chercheur-vérificateur à un autre moment si sa fonction lui permet de trouver des angles originaux, du développeur s’il propose des représentations graphiques interactives, du reporter s’il a trouvé des données qui ne sont pas encore intégrées dans la production rédactionnelle.
Si la responsabilité principale est située, par convention graphique, en haut du cercle, le cercle peut tourner pour placer temporairement le reporter en position de chef de projet.

2 - Une certaine polyvalence est utile afin que, par exemple, le « recherchiste » (= spécialiste de la veille et de la vérification des faits) aie de bonnes notions en matière financière, que le spécialiste des affaires boursières sache ce qu’un infographiste peut développer en guise d’illustrations interactives.

3 - Un protocole intériorisé par chacun évite que les responsabilités soient trop diluées. Ce protocole repose sur le partage instantané et permanent des informations et ressources, dans le respect du temps de travail de chacun. (La France est un des pays où la gestion du temps de tous et de chacun est ignorée, notamment au sein des rédactions où la perte de temps productif est considérable.)

4 - Des outils de travail collaboratif, sortes de bureaux virtuels temporaire. Chaque phénomène de type « crise financière » peut justifier la création d’un espace électronique dédié comme, par exemple la solution gratuite Think Free qui permet de produire, de stocker et departager des documents, y compris sur des terminaux nomades. N’ont accès à ces ressources que les journalistes impliqués dans le traitement d’une actualité précise. La plateforme Twitter est un exemple d’outils pertinents dans le traitement d’un phénomène complexe et très évolutif.

5 - Une méthodologie. Elle dépend, évidemment, du positionnement de chaque rédaction. En voici une esquisse possible :

- La stratégie éditoriale définit les finalités du traitement d’une actualité donnée, depuis le rythme de diffusion des alertes jusqu’à un éventuel DVD ou supplément imprimé.

- La charte éditoriale d’une actualité complexe définit de manière approximative les parts relatives des contenus textuels, audio et picturaux.

- L’organisation du travail de chacun fait l’objet d’adaptations périodiques et concertées.

- Les réunions et conférences de rédaction sont à priori exclues au profit des communications brèves et ponctuelles.

Dans de telles conditions et quel que soit le nombre de professionnels impliqués, le fonctionnement de l'essaim est à la fois beaucoup plus réactif que celui d'une rédaction rigide et cloisonnée et, pour chacun de ceux qui en font partie, beaucoup plus aéré pour la gestion des blocs de temps.

Un investissement immatériel pour un avantage concurrentiel

L’essaim journalistique économise beaucoup de temps, implique de manière forte et soutenue tous les acteurs du traitement de l’actualité, stimule la créativité et la réflexion, anticipe les attentes des infonautes.

La mise en place d'une organisation de ce type ne s'improvise pas. C'est un investissement dans l'innovation technologique au service du métier de journaliste. Le retour sur investissement sera, notamment, mais pas uniquement, un avantage concurrentiel décisif entre les marques média.

mardi 15 avril 2008

SugarSync: pour les reporters et pour le travail collaboratif

SugarSync_bandeau_generique.jpg

L'incontournable Walt Mossberg, du Wall Street Journal, s'étant enthousiasmé pour un espace de stockage en ligne, je viens de souscrire un essai gratuit de 45 jours à SugarSync. En moins de trois minutes j'avais expédié 987 mégas de fichiers de travail dans mon hangar tout neuf dont la contenance est de 10 gigas. Au cours actuel du dollar, je ne vais sans doute pas tarder à m'inscrire pour 100 gigas à 149,99 dollars par an. Il avait raison de s'enthousiasmer, ce cher vieux Walt: SugarSync est une solution doublement géniale.

D'abord, outre la simplicité de l'inscription et du transfert des dossiers, le site web personnel qui vient de m'être alloué est accessible de partout dans le monde et de n'importe quel ordinateur. J'y ai donc transféré tous les dossiers - textes, photos et vidéos - dont je vais avoir besoin quand je travaillerai, à deux reprises prochainement, hors de France. Ma documentation sera disponible à partir d'un PC ou d'un Mac, depuis un bureau ou un cybercafé.

SugarSync_deux_ordinateurs.jpg

Ensuite, les fichiers confiés à SugarSync sont automatiquement actualisés. Cette fonctionnalité convient au travail collaboratif. Soit entre journalistes travaillant "en essaim" sur un sujet pour lequel ils ont décidé de structurer une documentation commune. Soit pour un reporter qui, opérant loin de sa rédaction, reçoit une documentation actualisée en permanence. Dans les deux cas, on peut imaginer qu'un plan de travail soit ainsi confié au serveur sécurisé de SugarSync.

Aux Etats-Unis, la gestion et la consultation des dossiers mis à l'abri sur le réseau mondial sont possibles à partir de téléphones mobiles. J'attends, pour m'enthousiasmer davantage, que les concepteurs de SugarSync me disent comment cet accès est envisageable en Europe et, éventuellement, en Afrique. Si la 3G Plus est nécessaire, l'investissement sera légitime.

Voir:

- La vidéo de démonstratiion

- Le blog dédié.

LIEN PERMANENT

jeudi 20 décembre 2007

Les bienfaits indirects de l'information hyperlocale

Journaliste au long cours, Mark Glaser décrit dans le blog MediaShift les développements rédactionnels et économiques de l'information hyperlocale (nouvelles émanant d'associations, de communautés, de quartiers, de villages). Généralement écartée, ou abusivement filtrée, par les médias traditionnels, l'actualité des petits groupes humains représente un énorme potentiel pour un journalisme à réinventer.

Information_hyperlocale_Northwest_Voice_logo.jpgD'abord parce que ce sont les moyens de communication électronique - rapides, faciles à utiliser et peu coûteux - qui régénèrent l'information hyperlocale. Or ces mêmes moyens de communication font partie de l'avenir du journalisme. Ensuite parce qu 'un investissement dans l'actualité hyperlocale permet de collecter des ressources publicitaires auprès d'annonceurs qui recherchent une communication géographiquement très ciblée. Sur The Olympian, par exemple, un service de maintenance informatique s'adresse aux PME et aux particuliers résidant autour de ce port situé au fond d'une baie dans l'Etat de Washington. Enfin et surtout parce que le web favorise des échanges équilibrés entre les citoyens journalistes et les journalistes professionnels.

Mark Glaser décrit différents modes de fonctionnement de l'information hyperlocale. La note et ses commentaires sont à lire dans leur intégralité. Je ne retiens ici que les approches les plus porteuses d'avenir.

Il y a d'abord l'espace d'information citoyenne pure. Il est régulé par des contributeurs non professionnels qui sont également les modérateurs du médium citoyen. Ils éliminent eux-mêmes les contenus diffamatoires ou fallacieux. Dans cette configuration, les sujets sont nombreux et variés mais n'ont pas toujours les caractéristiques de l'information selon les critères journalistiques. Ce sont souvent des témoignages, estimables en tant que tels, sur la vie d'une chorale, la remise d'un diplôme à une étudiante, la célébration chauvine du folklore.

Information_hyperlocale_Broken_Spoke.jpg

Une autre approche plus répandue mais assez classique donne aux médias locaux traditionnels la responsabilité de sélectionner les contributions de citoyens journalistes, soit directement sur une plateforme d'information dédiée, soit à travers un espace de blogging. Information_hyperlocale_Your_Street_logo.jpgIl arrive que certaines informations fournies par les amateurs soient reprises dans les versions imprimées des journaux régionaux. Les nouvelles sont évidemment plus intéressantes mais moins nombreuses et moins variées que dans la configuration précédente. Les agrégations de blogs constituent des variantes de cette approche. Les reportages en video sur the Olympian prouvent que le journalisme hybride, mi-professionnel mi-amateur, propose un équilibre satisfaisant entre l'intérêt de l'information et la spontanéité du témoignage citoyen.

L'exploitation des cartes électroniques interactives se répand rapidement dans l'information hyperlocale. Cherchant par exemple à savoir ce qui se passe dans une région rurale au sud est de Nashville, je dispose d'une application qui signale les sources et la fraîcheur des nouvelles disponibles dans la contrée.

Information_hyperlocale_Tennessee.jpg

La formule la plus intéressante consiste à faire collaborer des journalistes professionnels et des citoyens journalistes au sein d'un meme organe électronique. Cette collaboration préserve le caractère hyperlocal de l'actualité tout en conciliant la richesse des contributions citoyennes et la rigueur des pratiques professionnelles, notamment dans la sélection des sujets.

La note de Mark Glaser inspire plusieurs réflexions strimulantes.

La première est que l'information hyperlocale est, grâce aux moyens de communication électronique, une puissante occasion de revitaliser l'information tout court en lui donnant plus de diversité, plus de profondeur, plus de résonances avec la vie quotidienne des gens. Certains faits divers, certains personnages, certaines activités sont injustement "confinés" ( = censurés ) par les médias traditionnels trop préoccupés par les moindres faits et gestes des grands de ce monde.

Information_hyperlocale_Chicagoist.jpgLa deuxième réflexion porte sur la nécessité de réguler les contributions des citoyens journalistes, pas du tout dans une attitude de condescendance de la part des professionnels à l'égard des amateurs, mais parce que parmi les nouvelles compétences attendues du journaliste à l'ère électronique figure celle qui consiste à "donner du sens" aux faits massivement collectés et colportés. Il ne s'agit pas, là, d'éditorialiser mais de faire apparaître les liens entre plusieurs faits disparates.

La troisième réflexion amène à la nécessité de faire participer les médianautes à la régulation de l'information hyperlocale. Le traitement de l'actualité est une quetsion trop importante pour être abandonnée aux seuls journalistes. Les internautes doivent intervenir dans le choix des sujets, leur hiérarchisation, l'approfondissement et le suivi.

Enfin, si des "mojos" (journalistes mobiles) professionnels peuvent se porter sur le terrain pour travailler en symbiose avec les citoyens journalistes, il va de soi que le système doit permette à des citoyens journalistes de devenir professionnels. Il n'était pas rare, naguère, que la presse régionale embauche les meilleirs de ses correspondants locaux, quand ils étaient jeunes, et en fasse des journalistes à plein temps. Le blog MediaShift a d'ailleurs ouvert un atelier - IdeaLab - où les journalistes citoyens peuvent se former à la collecte et au traitement de l'actualité hyperlocale. L'ouverture du métier à toutes sortes d'enracinement, de sensibilités et de formations est une des conditions de sa survie.

SOURCE: Cyberjournalist.net

QUELQUES SOURCES HYPERLOCALES

Northwest Voice

The Olympian

The Chicagoist

Everyblock

Yourstreet

Yourhub

Phillyfuture

Le site hyperlocal du Washington Post

DOCUMENTATION GENERALE

Réflexion sur le citoyen journaliste

Ethique du citoyen journaliste

Facebook et l'information hyperlocale

L'information hyperlocale par l'American Journalism Review

Un groupe de presse construit son avenir dans l'hyperlocal en ligne

Les géants de la presse papier se réveillent

Etude de cas: Hartsville Today

Un point de vue sur l'échec de Backfence

Un autre point de vue sur l'échec de Backfence

Liens trouvés sur l'excellent blog ZEROSECONDE

Internet Actu

ReadWriteWeb

LIEN PERMANENT

vendredi 7 décembre 2007

La problématique des rédactions intégrées

The Editors Weblog alimente depuis plusieurs mois un passionnant débat sur les avantages et les inconvénients de réunir au sein d'une rédaction intégrée les journalistes qui travaillent pour le support papier et ceux qui travaillent pour le site web.

De nombreux organes de presse se sont dotés de rédactions intégrées notamment en Suisse, en Grande-Bretagne, en Suède, aux Pays-Bas. En France, même les quotidiens en grande difficulté comme "Le Monde", refusent d'envisager cette solution de productivité et de bon sens. (Le responsable d'une édition électronique française devrait même, en juin prochain, intervenir dans un colloque international pour expliquer à ses homologues venus du monde entier que "les rédactions intégrées, ça ne marche pas.")

Les problèmes posés par l'intégration se hiérarchisent ainsi:

- blocages culturels: l'aristocratie du journalisme traditionnel sur papier considère le web comme une perturbation, une nuisance professionnelle. Les blocages sont tels, dans un pays attardé comme la France, qu'un grand quotidien a dû désigner deux "ambassadeurs" chargés de négocier de futures et précautionneuses coopérations limitées entre la rédaction "papier" et la rédaction "électronique". (Cette situation évoque les relations entre la France et l'Allemagne aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale; mais là, les protagonistes sont des salariés qui travaillent pour le même journal en péril.)

- réorganisations fonctionnelles: il faut non seulement repenser l'organisation des services, voire en inventer, mais aussi implémenter de nouvelles spécialisations. Par exemple, la "SOE" (Search Engines Optimization) grâce à laquelle les contenus en ligne attirent davantage d'internautes.

- réorganisation hiérarchique: conséquence des réorganisations fonctionnelles, la hiérarchie classique doit être bouleversée en intégrant les responsabilités requises par l'information en temps réel et l'information en profondeur.

- l'aménagement matériel de la salle de rédaction: le "design" a une importance considérable. C'est lui qui fait vivre les changements précédemment évoqués. Or, une salle de rédaction intégrée coûte très cher. Il ne faut donc pas se tromper.

Parmi les approches possibles:

- partir du principe qu'il n'y a pas un modèle standard d'intégration; chaque organe d'information doit trouver sa propre réponse aux défis.

- construire la solution propre à un organe d'information sur une solide stratégie à long terme, fondée notamment sur les perspectives de migration des contenus en fonction de l'évolution des audiences. (Selon une étude réalisée par Mediascope Europe pour l'Association Européenne pour la Publicité Interactive ( EIAA), 82 % des jeunes Européens âgés de 16 à 24 ans consultent internet alors que 77% regardent la télévision. L'attention portée à la télévision a reculé de 5 points en un an dans cette tranche d'âge. Les jeunes Français sont les troisièmes plus grands utilisateurs euroépens du web. Or, lorsqu'ils seront bien implantés dans la vie active, ces jeunes continueront à s'informer sur le web. (Les journalistes, en général âgés, qui créent les blocages culturels sont responsables du déclin programmé de leur journal. Il croient qu'ils seront à la retraite quand leur journal disparaïtra.)

- une rédaction virtuelle, fonctionnant grâce aux dispositifs en ligne souvent gratuits, favorise une préparation à l'intégration par l'apprentissage empirique du travail collaboratif.

QUELQUES PISTES POUR SE DOCUMENTER

- A quoi devrait ressembler la salle de rédaction du XXIème siècle ?

- Rédactions intégrées 1ère partie.

- Rédactions intégrées: la voie de l'Associated Press

- Rédactions intégrées: la voie de l'Hindustan Times

- Rédactions intégrées: importance de l'aménagement physique et matériel

- Rédactions intégrées : importance du "design" pour faire évoluer une rédaction

- Rédactions non intégrées: les arguments de Bruno Patino, responsab du "Monde interactif".

- Rédactions non intégrées: les cinq raisons pour lesquelles les rédactions du "Monde" ne seront pas intégrées.

- Rédaction non intégrées: le cas du "Figaro"

- Search Engines Optimization: concevoir des titres pour les moteurs de recherche

- Search Engines Optimization: adapter le journalisme à l'internet.

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lundi 15 octobre 2007

ABC bouge sur le Web

Abc_logo.jpg

Le réseau américain ABC vient de prendre deux initiatives qui montrent que la presse écrite n'est pas seule à se préoccuper de son devenir.

Son site web propose des informations en vidéo qui, contrairement à celles de ses concurrents, ne sont pas des reportages ou chroniques télévisées recyclées. Ce sont des contenus spécialement produits pour Internet avec la participation des journalistes les plus prestigieux du groupe. Un de ces documents montre le "making of" de l'actualité avec, exemple parmi d'autres, la discussion pendant plus de trois minutes entre un rédacteur en chef et la journaliste accréditée à la Maison Blanche après une conférence de presse de George W. Bush.

Source: New York Times du 12 octobre 2007.

Plus important car il s'agit de productivité, ABC vient d'ouvrir sept bureaux d'envoyés spéciaux permanents dans plusieurs régions du monde. Ce sont des mini-bureaux. Chacun est animé par un seul reporter-producteur doté d'un équipement numérique performant, capable de traiter du texte, du son, de la photo et de la vidéo. C'est une initiative majeure: depuis vingt ans, les grands groupes d'information ferment leurs bureaux à l'étranger. En investissant dans le journalisme électronique, ABC ouvre sept bureaux pour un coût total inférieur à celui de son ancien bureau parisien.

Source : Hollywood Reporter

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