L'avenir du journalisme se joue en
grande partie sur
l'enrichissement des contenus et sur l'appropriation, par les
professionnels de l'information, des outils susceptibles de revaloriser leur
métier (1).
Certains de ces outils se prêtent à des transformations radicales des méthodes
de travail. C'est le cas de Yammer, plateforme de micro-blogging
inspirée de Twitter.
Comme le célèbre espace gazouillant à 140 caractères par message, Yammer permet
aux salariés d'échanger des messages courts, hors courriels, au sein d'un
réseau privé sécurisé.
Gains de productivité: ils échangent non pas sur ce qui les émeut ou sur ce qui
pourrait les mettre en valeur - le bruit qui brouille le signal sur Twitter -
mais sur l'état d'avancement de leurs tâches respectives.

C'est donc un vrai réseau social d'entreprise avec profiles des salariés
précisant fonctions et expertises, espaces de discussions, groupes constitués
par services ou projets, bases de connaissances pour savoir, par des nuages de
mots, ce qui s'est dit sur différents sujets d'intérêt collectif.
Des images peuvent compléter les messages textuels.
Chaque salarié peut se connecter à la plateforme par un terminal nomade.

Contrairement à Twitter, Yammer a un vrai modèle économique.
Les investisseurs se bousculent d'ailleurs pour financer le
développement du produit.
Plus de 10.000 entreprises totalisant 60.000 salariés dans le monde utilisent
ce service aux tarifs ajustés : gratuit pour les particuliers, 1 dollar
par mois et par utilisateur, 3 à 5 dollars par salariés selon les
fonctionnalités qu'une entreprise souhaite ajouter à la prestation de
base.
Les premières rentrées d'argent ont été fournies par 200 entreprises qui ont
choisi Yammer pour leur 4000 salariés. Parmi elles, la BBC et 500 utilisateurs,
la compagnie espagnole Telefonica et les 350 ingénieurs de son centre de
Recherche et Développement.
Adaptations faciles aux nouveaux impératifs des
rédactions

Il ne manque pas grand chose à Yammer pour devenir l'outil idéal de travail
collaboratif au service d'une rédaction réactive.
La nécessaire polyvalence des journalistes exige que chacun sache, en temps
réel, qui peut faire quoi, à quel niveau d'expertise ou de simple compétence,
dans les différents domaines du journalisme actuel: veille, collecte dont
évidemment reportages sur le train, vérification des faits, traitement c'est à
dire structuration de l'information, modalités de diffusion.
Echanges continus d'informations utiles
Les essaims d'expertises et de compétences qui convergent sur un évènement
urgent ou sur une lourde réalisation en rich media doivent impérativement être
soudés par des échanges continus d'informations opérationnelles, des requêtes
et des réponses instantanées.
Au même titre que Jamespot
pour les revues de presse et réflexions partagées, Yammer mérite des tests
purement journalistiques en marge des développements qui se concoctent dans la
start up californienne.
1) Selon un universitaire qui travaille sur la sociologie des médias, une
journaliste appartenant au Syndicat National des Journalistes aurait déclaré en
substance :" En maîtrisant les nouveaux outils de collecte et de traitement de
l'actualité, nous pourrions devenir aussi puissants et incontournables que le
Syndicat du Livre, naguère dans la presse écrite." Bien vu, chère consoeur
inconnue: la polyvalence des journalistes opérant avec et/ou sur le web est la
meilleure manière de lutter contre le déclassement.
STRUCTURES REDACTIONNELLES
jeudi 4 février 2010
Yammer, le micro blogging (presque) idéal pour les rédactions
Par Alain Joannes le jeudi 4 février 2010, 15:02
jeudi 4 décembre 2008
Une cartographie des outils collaboratifs en ligne
Par Alain Joannes le jeudi 4 décembre 2008, 18:06
Aaarrrgh ! J'aurais tellement aimé rédiger
le billet que Marc Mentré a publié mercredi sur son indispensable
blog...Il y est question d'une cartographie des principaux outils collaboratifs
gratuits en ligne.

Pas question de plagier le travail d'un confrère sous prétexte de le
résumer. Juste un petit aperçu, rien que pour vous inciter à vous ruer sur son
billet et vers les sources qu'il rassemble: 150 outils, répartis en 13
catégories, de la créations de réseaux sociaux privés au micro-blogging en
passant par les logiciels de présentation, les wikis, les espaces de messagerie
instantanée. De quoi s'émerveiller comme un gamin de moins de douze ans devant
un magasin de jouets
Cet inventaire est, évidemment, le fruit d'un travail collaboratif en ligne qui
se poursuit.
Il me reste à tester, dans les jours et les semaines qui viennent, certains de
ces outils et à imaginer leurs possibles contributions à une régénération du
journalisme.
SOURCE:Media Trend, les nouveaux médias & les nouveaux usages
jeudi 16 octobre 2008
La crise financière implique un travail collaboratif en essaim
Par Alain Joannes le jeudi 16 octobre 2008, 17:32
Un phénomène complexe et durable comme la crise financière appelle un
traitement fiable, riche en angles et aussi didactique que possible.
Dans les médias traditionnels soumis aux flux linéaires, la rigidité de
l’organisation verticale et cloisonnée des rédactions ne favorise ni la
régénération du travail de journaliste ni la productivité.
Les contenus sont toujours conçus et fabriqués selon un schéma
top-down qui va, schématiquement, du rédacteur en chef au reporter de
base en passant par les services spécialisés.

Dérivée des organigrammes militaires, cette structure favorise le contrôle de la ligne éditoriale mais surtout le conformisme. Elle stérilise la créativité et occasionne des gaspillages de temps et de ressources.
Les médias électroniques, en particulier s’ils opèrent en ''rich
media'', sont à priori mieux adaptés au caractère (très) évolutif
de l’actualité boursière. Du moins s’ils renoncent à proposer sur le web ce qui
se fait sur les supports et vecteurs traditionnels.
Le mode
d’organisation adapté au web et à ce type d’actualité (crises,
catastrophes, élections décisives) est celui de l’essaim.
Le fonctionnement réactif et aéré de l'essaim
C’est un dispositif flexible dont l'efficacité opérationnelle dépend de cinq
pré-requis:
1 - Des responsabilités partagées supposent qu’à tout moment
décisif du traitement de l’actualité, chaque partie prenante de l’essaim assume
la "direction" du projet. Il peut s’agir du rédacteur en chef à un moment T, du
chercheur-vérificateur
à un autre moment si sa fonction lui permet de trouver des angles originaux, du
développeur s’il propose des représentations graphiques interactives, du
reporter s’il a trouvé des données qui ne sont pas encore intégrées dans la
production rédactionnelle.
Si la responsabilité principale est située, par convention graphique, en haut
du cercle, le cercle peut tourner pour placer temporairement le reporter en
position de chef de projet.
2 - Une certaine polyvalence est utile
afin que, par exemple, le « recherchiste » (= spécialiste de la
veille et de la vérification des faits) aie de bonnes notions en matière
financière, que le spécialiste des affaires boursières sache ce
qu’un infographiste peut développer en guise d’illustrations
interactives.
3 - Un protocole intériorisé par chacun évite que les
responsabilités soient trop diluées. Ce protocole repose sur le partage
instantané et permanent des informations et ressources, dans le respect du
temps de travail de chacun. (La France est un des pays où la gestion du
temps de tous et de chacun est ignorée, notamment au sein des rédactions où la
perte de temps productif est considérable.)
4 - Des outils de travail collaboratif, sortes de
bureaux
virtuels temporaire. Chaque phénomène de type « crise
financière » peut justifier la création d’un espace électronique dédié
comme, par exemple
la solution gratuite Think Free qui permet de produire, de stocker
et departager des documents, y compris sur des terminaux nomades. N’ont accès à
ces ressources que les journalistes impliqués dans le traitement d’une
actualité précise. La plateforme
Twitter est un exemple d’outils
pertinents dans le traitement d’un phénomène complexe et très
évolutif.
5 - Une méthodologie. Elle dépend, évidemment, du
positionnement de chaque rédaction. En voici une esquisse possible :
- La stratégie éditoriale définit les finalités du traitement d’une
actualité donnée, depuis le rythme de diffusion des alertes jusqu’à un éventuel
DVD ou supplément imprimé.
- La charte éditoriale d’une actualité complexe définit de manière
approximative les parts relatives des contenus textuels, audio et
picturaux.
- L’organisation du travail de chacun fait l’objet d’adaptations périodiques
et concertées.
- Les réunions et conférences de rédaction sont à priori exclues au profit
des communications brèves et ponctuelles.
Dans de telles conditions et quel que soit le nombre de professionnels
impliqués, le fonctionnement de l'essaim est à la fois beaucoup plus réactif
que celui d'une rédaction rigide et cloisonnée et, pour chacun de ceux qui en
font partie, beaucoup plus aéré pour la gestion des blocs de temps.
Un investissement immatériel pour un avantage concurrentiel
L’essaim journalistique économise beaucoup de temps, implique de
manière forte et soutenue tous les acteurs du traitement de
l’actualité, stimule la créativité et la réflexion, anticipe les attentes des
infonautes.
La mise en place d'une organisation de ce type ne s'improvise pas. C'est un
investissement dans l'innovation technologique au service du métier de
journaliste. Le retour sur investissement sera, notamment, mais pas uniquement,
un avantage concurrentiel décisif entre les marques média.
mardi 15 avril 2008
SugarSync: pour les reporters et pour le travail collaboratif
Par Alain Joannes le mardi 15 avril 2008, 18:56

L'incontournable Walt Mossberg, du Wall Street Journal, s'étant enthousiasmé pour un espace de stockage en
ligne, je viens de souscrire un essai gratuit de 45 jours à SugarSync. En moins de
trois minutes j'avais expédié 987 mégas de fichiers de travail dans mon hangar
tout neuf dont la contenance est de 10 gigas. Au cours actuel du dollar, je ne
vais sans doute pas tarder à m'inscrire pour 100 gigas à 149,99 dollars par an.
Il avait raison de s'enthousiasmer, ce cher vieux Walt: SugarSync est une
solution doublement géniale.
D'abord, outre la simplicité de l'inscription et du transfert des dossiers,
le site web personnel qui vient de m'être alloué est accessible de partout dans
le monde et de n'importe quel ordinateur. J'y ai donc transféré tous les
dossiers - textes, photos et vidéos - dont je vais avoir besoin quand je
travaillerai, à deux reprises prochainement, hors de France. Ma documentation
sera disponible à partir d'un PC ou d'un Mac, depuis un bureau ou un
cybercafé.

Ensuite, les fichiers confiés à SugarSync sont automatiquement actualisés.
Cette fonctionnalité convient au travail collaboratif. Soit entre journalistes
travaillant "en essaim" sur un sujet pour lequel ils ont décidé de structurer
une documentation commune. Soit pour un reporter qui, opérant loin de sa
rédaction, reçoit une documentation actualisée en permanence. Dans les deux
cas, on peut imaginer qu'un plan de travail soit ainsi confié au serveur
sécurisé de SugarSync.
Aux Etats-Unis, la gestion et la consultation des dossiers mis à l'abri sur
le réseau mondial sont possibles à partir de téléphones mobiles. J'attends,
pour m'enthousiasmer davantage, que les concepteurs de SugarSync me disent
comment cet accès est envisageable en Europe et, éventuellement, en Afrique. Si
la 3G Plus est nécessaire, l'investissement sera légitime.
Voir:
dimanche 6 janvier 2008
Une nouvelle fonction: SEO
Par Alain Joannes le dimanche 6 janvier 2008, 17:56
Tout changement technologique condamne certains métiers, en transforme d'autres et appelle de nouvelles spécialisations professionnelles. Tel est le cas de la fonction Search Engine Optimization"(SEO) que l'on pourrait définir en français par Responsable de l'Optimisation des Contenus, dont l'acronyme (ROC) sonnerait de manière consistante.
Bien que les techniques de référencement
consistant à essayer de placer un site web parmi les premiers résultats des
moteurs de recherche relève historiquement du marketing, le journalisme doit
s'en emparer et les adapter à ses propres objectifs.
Le travail d'optimisation des contenus consiste à faire en sorte que les titres et les textes soient facilement reconnus par les moteurs de recherche. On reconnaît là une des responsabilités des bons secrétaires de rédaction. Mais, outre une vaste culture générale et la maîtrise d'un riche vocabulaire, un(e) chargé(e) d'optimisation doit connaître le fonctionnement des moteurs de recherche, se tenir informé(e) d'une actualité foisonnante dans les domaines de l'indexation des mots et des images, des folksonomies. C'est déjà une énorme qualification: elle suppose quelques compétences en programmation, en technologies du langage et une aptitude à la veille. En effet, le ou la responsable de l'optimisation des contenus doit se tenir courant de tout ce qui se passe dans la recherche sur le web et surtout en faire profiter la rédaction, dans la mise en valeur des articles (objectif principal) mais aussi dans l'amélioration de la recherche en ligne (objectif secondaire).

Le responsable de l'optimisation intervient principalement sur les contenus. Soit pour recommander certaines formulations dans le journalisme en ligne. Soit pour adapter aux moteurs de recherche les accroches destinés aux articles imprimés. En même temps, il collabore avec le webmaster pour améliorer l'ergonomie du site et il perfectionne les méthodes de recherche aussi bien pour les journalistes en ligne que pour leurs confrères travaillant pour les éditions papier.
Sans aller jusqu'à suggérer la création d'une filière et d'un diplôme, il est clair que n'importe qui ne peut pas s'improviser expert en SEO et que toute personne prétendant exercer cette fonction doit être mise à l'épreuve et soumise à une obligation de résultats.
Bien sûr, les contraintes économiques qui poussent les journalistes à devenir de plus en plus polyvalents peuvent amener un webmaster à assumer cette fonction. Cependant, il est important que le Responsable de l'Optimisation des Contenus soit un journaliste pour au moins deux raisons. Il avoir une expérience des problèmes que pose la rédaction d'un article. Il doit surtout partager ses compétences entre les rédacteurs qui travaillent principalement pour la version papier et ceux qui opèrent sur le web. CNET News.com cite l'exemple d'un quotidien californien dont l'accroche percutante en première page, ne produit absolument aucun effet sur les robots des moteurs de recherche. Le chargé d'optimisation doit donc transposer ce qui fonctionne pour l'exposition en kiosques en formulation qui accroche les moteurs de recherche.
Cette nouvelle fonction est vitale parce que, compte tenu de la croissance exponentielle des contenus, la visibilité de la production journalistique est déjà un gros problème. Ensuite et surtout parce qu'il y va de l'audience, donc de l'influence, de l'organe de presse en ligne. Les meilleurs articles du monde ne servent pas la cause d'un journalisme de qualité s'ils ne sont pas lus. Parce qu'ils ne sont pas accessibles. Parce qu'ils ne sont pas visibles dans les résultats des moteurs de recherche. Bien sûr, cette nouvelle fonction aura ses dérives, au demeurant pas vraiment inédites: sujets raccoleurs, achats de mots-clefs. Elles ne sont rien à côté de ce que la SEO peut apporter au prestige, c'est à dire à la légitimité et à l'autorité intellectuelle d'un organe de presse.
SOURCE: Search Insider
DEFINITIONS:
ETUDE DE CAS:
- La fonction de Search Editor au Times of London. Source : Pandia
SITES ET BLOGS A SUIVRE:
- SEOstory
QUELQUES OUTILS:
- SEOPlug
jeudi 20 décembre 2007
Les bienfaits indirects de l'information hyperlocale
Par Alain Joannes le jeudi 20 décembre 2007, 17:33
Journaliste au long cours, Mark Glaser décrit dans le blog MediaShift les développements rédactionnels et économiques de l'information hyperlocale (nouvelles émanant d'associations, de communautés, de quartiers, de villages). Généralement écartée, ou abusivement filtrée, par les médias traditionnels, l'actualité des petits groupes humains représente un énorme potentiel pour un journalisme à réinventer.
D'abord parce que ce sont les moyens de
communication électronique - rapides, faciles à utiliser et peu coûteux - qui
régénèrent l'information hyperlocale. Or ces mêmes moyens de communication font
partie de l'avenir du journalisme. Ensuite parce qu 'un investissement dans
l'actualité hyperlocale permet de collecter des ressources publicitaires auprès
d'annonceurs qui recherchent une communication géographiquement très ciblée.
Sur The Olympian, par exemple, un service de maintenance informatique s'adresse
aux PME et aux particuliers résidant autour de ce port situé au fond d'une baie
dans l'Etat de Washington. Enfin et surtout parce que le web favorise des
échanges équilibrés entre les citoyens journalistes et les journalistes
professionnels.
Mark Glaser décrit différents modes de fonctionnement de l'information hyperlocale. La note et ses commentaires sont à lire dans leur intégralité. Je ne retiens ici que les approches les plus porteuses d'avenir.
Il y a d'abord l'espace d'information citoyenne pure. Il est régulé par des contributeurs non professionnels qui sont également les modérateurs du médium citoyen. Ils éliminent eux-mêmes les contenus diffamatoires ou fallacieux. Dans cette configuration, les sujets sont nombreux et variés mais n'ont pas toujours les caractéristiques de l'information selon les critères journalistiques. Ce sont souvent des témoignages, estimables en tant que tels, sur la vie d'une chorale, la remise d'un diplôme à une étudiante, la célébration chauvine du folklore.

Une autre approche plus répandue mais assez classique donne aux médias
locaux traditionnels la responsabilité de sélectionner les contributions de
citoyens journalistes, soit directement sur une plateforme d'information
dédiée, soit à travers un espace de blogging.
Il arrive que certaines informations
fournies par les amateurs soient reprises dans les versions imprimées des
journaux régionaux. Les nouvelles sont évidemment plus intéressantes mais moins
nombreuses et moins variées que dans la configuration précédente. Les
agrégations de blogs constituent des variantes de cette approche. Les reportages en video sur the Olympian
prouvent que le journalisme hybride, mi-professionnel mi-amateur, propose un
équilibre satisfaisant entre l'intérêt de l'information et la spontanéité du
témoignage citoyen.
L'exploitation des cartes électroniques interactives se répand rapidement dans l'information hyperlocale. Cherchant par exemple à savoir ce qui se passe dans une région rurale au sud est de Nashville, je dispose d'une application qui signale les sources et la fraîcheur des nouvelles disponibles dans la contrée.

La formule la plus intéressante consiste à faire collaborer des journalistes professionnels et des citoyens journalistes au sein d'un meme organe électronique. Cette collaboration préserve le caractère hyperlocal de l'actualité tout en conciliant la richesse des contributions citoyennes et la rigueur des pratiques professionnelles, notamment dans la sélection des sujets.
La note de Mark Glaser inspire plusieurs réflexions strimulantes.
La première est que l'information hyperlocale est, grâce aux moyens de communication électronique, une puissante occasion de revitaliser l'information tout court en lui donnant plus de diversité, plus de profondeur, plus de résonances avec la vie quotidienne des gens. Certains faits divers, certains personnages, certaines activités sont injustement "confinés" ( = censurés ) par les médias traditionnels trop préoccupés par les moindres faits et gestes des grands de ce monde.
La deuxième réflexion porte sur la
nécessité de réguler les contributions des citoyens journalistes, pas du tout
dans une attitude de condescendance de la part des professionnels à l'égard des
amateurs, mais parce que parmi les nouvelles compétences attendues du
journaliste à l'ère électronique figure celle qui consiste à "donner du sens"
aux faits massivement collectés et colportés. Il ne s'agit pas, là,
d'éditorialiser mais de faire apparaître les liens entre plusieurs faits
disparates.
La troisième réflexion amène à la nécessité de faire participer les médianautes à la régulation de l'information hyperlocale. Le traitement de l'actualité est une quetsion trop importante pour être abandonnée aux seuls journalistes. Les internautes doivent intervenir dans le choix des sujets, leur hiérarchisation, l'approfondissement et le suivi.
Enfin, si des "mojos" (journalistes mobiles) professionnels peuvent se porter sur le terrain pour travailler en symbiose avec les citoyens journalistes, il va de soi que le système doit permette à des citoyens journalistes de devenir professionnels. Il n'était pas rare, naguère, que la presse régionale embauche les meilleirs de ses correspondants locaux, quand ils étaient jeunes, et en fasse des journalistes à plein temps. Le blog MediaShift a d'ailleurs ouvert un atelier - IdeaLab - où les journalistes citoyens peuvent se former à la collecte et au traitement de l'actualité hyperlocale. L'ouverture du métier à toutes sortes d'enracinement, de sensibilités et de formations est une des conditions de sa survie.
SOURCE: Cyberjournalist.net
QUELQUES SOURCES HYPERLOCALES
Le site hyperlocal du Washington Post
DOCUMENTATION GENERALE
Réflexion sur le citoyen journaliste
Ethique du citoyen journaliste
Facebook et l'information hyperlocale
L'information hyperlocale par l'American Journalism Review
Un groupe de presse construit son avenir dans l'hyperlocal en ligne
Les géants de la presse papier se réveillent
Etude de cas: Hartsville Today
Un point de vue sur l'échec de Backfence
Un autre point de vue sur l'échec de Backfence
Liens trouvés sur l'excellent blog ZEROSECONDE
vendredi 7 décembre 2007
La problématique des rédactions intégrées
Par Alain Joannes le vendredi 7 décembre 2007, 17:08
The Editors Weblog alimente depuis plusieurs mois un passionnant débat sur les avantages et les inconvénients de réunir au sein d'une rédaction intégrée les journalistes qui travaillent pour le support papier et ceux qui travaillent pour le site web.
De nombreux organes de presse se sont dotés de rédactions intégrées notamment en Suisse, en Grande-Bretagne, en Suède, aux Pays-Bas. En France, même les quotidiens en grande difficulté comme "Le Monde", refusent d'envisager cette solution de productivité et de bon sens. (Le responsable d'une édition électronique française devrait même, en juin prochain, intervenir dans un colloque international pour expliquer à ses homologues venus du monde entier que "les rédactions intégrées, ça ne marche pas.")
Les problèmes posés par l'intégration se hiérarchisent ainsi:
- blocages culturels: l'aristocratie du journalisme traditionnel sur papier considère le web comme une perturbation, une nuisance professionnelle. Les blocages sont tels, dans un pays attardé comme la France, qu'un grand quotidien a dû désigner deux "ambassadeurs" chargés de négocier de futures et précautionneuses coopérations limitées entre la rédaction "papier" et la rédaction "électronique". (Cette situation évoque les relations entre la France et l'Allemagne aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale; mais là, les protagonistes sont des salariés qui travaillent pour le même journal en péril.)
- réorganisations fonctionnelles: il faut non seulement repenser l'organisation des services, voire en inventer, mais aussi implémenter de nouvelles spécialisations. Par exemple, la "SOE" (Search Engines Optimization) grâce à laquelle les contenus en ligne attirent davantage d'internautes.
- réorganisation hiérarchique: conséquence des réorganisations fonctionnelles, la hiérarchie classique doit être bouleversée en intégrant les responsabilités requises par l'information en temps réel et l'information en profondeur.
- l'aménagement matériel de la salle de rédaction: le "design" a une importance considérable. C'est lui qui fait vivre les changements précédemment évoqués. Or, une salle de rédaction intégrée coûte très cher. Il ne faut donc pas se tromper.
Parmi les approches possibles:
- partir du principe qu'il n'y a pas un modèle standard d'intégration; chaque organe d'information doit trouver sa propre réponse aux défis.
- construire la solution propre à un organe d'information sur une solide stratégie à long terme, fondée notamment sur les perspectives de migration des contenus en fonction de l'évolution des audiences. (Selon une étude réalisée par Mediascope Europe pour l'Association Européenne pour la Publicité Interactive ( EIAA), 82 % des jeunes Européens âgés de 16 à 24 ans consultent internet alors que 77% regardent la télévision. L'attention portée à la télévision a reculé de 5 points en un an dans cette tranche d'âge. Les jeunes Français sont les troisièmes plus grands utilisateurs euroépens du web. Or, lorsqu'ils seront bien implantés dans la vie active, ces jeunes continueront à s'informer sur le web. (Les journalistes, en général âgés, qui créent les blocages culturels sont responsables du déclin programmé de leur journal. Il croient qu'ils seront à la retraite quand leur journal disparaïtra.)
- une rédaction virtuelle, fonctionnant grâce aux dispositifs en ligne souvent gratuits, favorise une préparation à l'intégration par l'apprentissage empirique du travail collaboratif.
QUELQUES PISTES POUR SE DOCUMENTER
- A quoi devrait ressembler la salle de rédaction du XXIème siècle ?
- Rédactions intégrées 1ère partie.
- Rédactions intégrées: la voie de l'Associated Press
- Rédactions intégrées: la voie de l'Hindustan Times
- Rédactions intégrées: importance de l'aménagement physique et matériel
- Rédactions intégrées : importance du "design" pour faire évoluer une rédaction
- Rédactions non intégrées: les arguments de Bruno Patino, responsab du "Monde interactif".
- Rédaction non intégrées: le cas du "Figaro"
- Search Engines Optimization: concevoir des titres pour les moteurs de recherche
- Search Engines Optimization: adapter le journalisme à l'internet.
lundi 15 octobre 2007
ABC bouge sur le Web
Par Alain Joannes le lundi 15 octobre 2007, 17:03

Le réseau américain ABC vient de prendre deux initiatives qui montrent que
la presse écrite n'est pas seule à se préoccuper de son devenir.
Son site web propose des informations en vidéo qui, contrairement à celles
de ses concurrents, ne sont pas des reportages ou chroniques télévisées
recyclées. Ce sont des contenus spécialement produits pour Internet avec la
participation des journalistes les plus prestigieux du groupe. Un de ces
documents montre le "making of" de l'actualité avec, exemple parmi d'autres, la
discussion pendant plus de trois minutes entre un rédacteur en chef et la
journaliste accréditée à la Maison Blanche après une conférence de presse de
George W. Bush.
Source:
New York Times du 12 octobre 2007.
Plus important car il s'agit de productivité, ABC vient d'ouvrir sept
bureaux d'envoyés spéciaux permanents dans plusieurs régions du monde. Ce sont
des mini-bureaux. Chacun est animé par un seul reporter-producteur doté d'un
équipement numérique performant, capable de traiter du texte, du son, de la
photo et de la vidéo. C'est une initiative majeure: depuis vingt ans, les
grands groupes d'information ferment leurs bureaux à l'étranger. En
investissant dans le journalisme électronique, ABC ouvre sept bureaux pour un
coût total inférieur à celui de son ancien bureau parisien.
Source : Hollywood Reporter