La crise d'hystérie berlinoise qui vient d'agiter frénétiquement le
journalisme à la française a repoussé les limites du ridicule tout en dévoilant
l'ignominie de l'arbitraire médiatique.
Le comble du grotesque a été atteint avec la mise en scène hypertrophiée d'un
spectacle futile, sans intérêt, sans autre contenu que d'insipides lieux
communs sur la Liberté. L'enflure des phrases rabâchées sans conviction ne
parvenait pas à dissimuler le vide du propos.
Le spectacle navrant de la sous-culture journalistique
Cette pénible journée de ruminations aussi prétentieuses que bêtifiantes
aura au moins eu le mérite de dévoiler le mécanisme pervers qui détruit la
crédibilité de l'industrie hexagonale de l'information depuis décembre 1989
(affaire du faux charnier de Timisoara).
En imposant cette morne commémoration comme le principal fait d'actualité de ce
9 novembre 2009, les rédactions, notamment audiovisuelles, ont montré la
dimension arbitraire de leur fonctionnement.
Ces rédactions ne songeaient en effet qu'à donner le spectacle narcissique de
leur improbable rencontre avec l'Histoire; mais ce n'était qu'un simulacre de
l'Histoire.
La réalité est que les journalistes ont écarté tous les autres sujet de leurs
sommaires. A les entendre - notamment sur Radio-France - et à les voir -
notamment sur les chaînes de télévision du service "public" - rien ne se serait
produit dans le monde, hormis le spectacle navrant de la sous-culture
journalistique en goguette à Berlin.
Les pitoyables décérébrés qui se comportaient à l'antenne comme si la France de
1989 avait libéré l'Allemagne de l'Est n'ont manifestement pas lu les mémoires
des acteurs politiques de l'époque (1) et ne savent donc pas qu'Helmut Kohl a
"trahi" son "ami" François Mitterrand en négociant directement avec Gorbatchev.
Mitterrand qui venait d'ailleurs de déclarer sur France 3 que la réunification
de l'Allemagne ne pourrait pas avoir lieu avant une donne dizaine
d'années.(2)
Pendant ce temps, Kohl négociait un prêt à l'URSS et, mieux informée, Margaret
Thatcher se rapprochait de Mitterrand pour essayer d'empêcher la réunification.
Seul le président américain de l'époque était tenu au courant de ce qui se
tramait entre Bonn et Moscou.
La France a été "cocufiée". C'est donc une vaniteuse cocue de l'Histoire que
les journalistes hexagonaux ont célébré, sans le savoir, le 9 novembre
2009.
Une industrie de la diversion qui s'instrumentalise au service du
pouvoir
Mais le commentaire 1 de Moktarama incite à examiner le fonctionnement des
médias du service "public" sous l'angle de la diversion.
La construction médiatique de cette diversion n'avait qu'une utilité: essayer
d'inscrire le pouvoir politique français dans l'Histoire. La France est éjectée
de l'Histoire depuis très longtemps. L'actuel président ne s'y résout pas. Il
construit un "ordre du jour" qui sert de conférence de rédaction et de sommaire
aux journaux du service "public".
En acceptant l'agenda élyséen sans aucun
discernement et sans aucune retenue, les journalistes de Radio
France et de France Télévision se laissent instrumentaliser. Ils concoctent un
écrin médiatique aux vanités du pouvoir en place. Ils détournent l'attention de
leurs audiences vers les efforts désespérés que déploie le locataire de
l'Elysée pour ne pas être éclipsé par un véritable acteur de l'Histoire en
train de se faire - ma définition de l'actualité -, Barack Obama.
Les historiens de 2109 qui voudraient savoir ce qui s'était passé un siècle
auparavant ne trouveraient dans les archives médiatiques de l'Hexagone que des
gens sous la pluie et des speakerines maquillées comme des mémères
endimanchées.
Privées d'informations pendant une journée entière, les audiences ont toutes
les raisons de mépriser une profession qui se déshonore en oubliant à ce point
que sa mission est de montrer, dans ce qui se passe, ce qui est décisif, ce qui
est important, ce qui change le cours des choses. Les nouvelles, quoi.
1) Aux futurs et jeunes confrères qui ne se reconnaissent pas dans le
journalisme à la française tel qu'il s'est exhibé à Berlin le 9 novembre 2009,
je recommande la lecture des pages 71 à 86 du livre d'Hubert Védrine, "Face à
l'hyper-puissance" (éditions Fayard). Hubert Védrine était un très proche
collaborateur de François Mitterrand. Il a participé à la structuration de la
politique franco-allemande. Il raconte très honnêtement ce qui s'est passé en
novembre 1989. Par sa culture et son expérience, Hubert Védrine est un des
personnages publics les plus estimables de la France actuelle. Raison pour
laquelle les médias le consultent peu.
2) Cité par "Le monde électronique" du 11 novembre 2009,
un journal suisse fournit des liens vers des sources officielles
sur les méfiances françaises à l'égard de la réunification allemande.


Florence Le Cam est, par ailleurs,
animatrice du
sur des thèmes aussi
variés que les cursus pédagogiques initiaux, la formation continue ou en
alternance, la formation interne des entreprises médiatiques, l'appropriation
des innovations technologiques.










Le web n’est pas seulement un espace de
recherche d’informations et de vérifications. Certains de ses contenus peuvent
aider les journalistes à s’extraire du conformisme et du suivisme qui rendent
l’information hexagonale globalement fade.
Le recours à « La
vie des idées » est cependant beaucoup plus productif par la structure
thématique du site. Impossible de ne pas trouver au moins un article qui
enrichira les conférences de rédaction. La performance de ce magazine réside en
effet dans la capacité des auteurs à cultiver le recul nécessaire à la
réflexion tout en intervenant sur l’actualité durable (1). Exemples, parmi de
nombreux autres: « L’enterrement des 35 heures », « Comment mettre en
œuvre une réforme en France », « Réformer les minima sociaux »
…
















La
solution 
La solution 
Si ce résultat est dû au serveur
d'optimisation au transcodage, il y a de quoi s'intéresser à ce dispositif, qui
a d'ailleurs obtenu plusieurs récompenses en 2007 et au début de cette
année.

Il est
exemplaire, d'abord, parce qu'il ne cherche pas à reproduire sur internet ce
qui se fait à la télévision. Un sujet est découpé en plusieurs modules de
quatre minutes, diffusés comme les chapitres d'une grande enquête. La rupture
du flux linéaire propre à la radio et à la télévision n'est pas simplement une
astuce pour fidéliser les audiences comme tentent de le faire les feuilletons;
c'est conforme à la manière dont les contenus sont assimilés sur internet où
l'interactivité de l"internaute se substitue à la passivité du
téléspectateur.
plusieurs
volets fonctionne depuis longtemps dans la presse écrite. Il prend une autre
dimension à l'ère électronique caractérisée par la diversité des supports: les
webreportages de Géo se regardent sur un écran d'ordinateur mais également sur
des terminaux nomades de type Ipod.Le format de quatre minutes par chapitre
correspond aussi au mode de vie de l'individu hypermoderne qui fragmente son
emploi de temps en courtes séquences correspondant aux durées de ses trajets, à
ses instants de convivialité, à ses pulsions de curiosité.
