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METHODES DE VERIFICATION

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jeudi 15 juillet 2010

Le "chien et le retour du soldat": analyse d'un meme contemporain

Chiens_soldats_1.jpgAl Tomkins remarque sur Poynter Online qu'un grand nombre de séquences vidéos montrent sur YouTube des chiens qui accueillent de manière exubérante le retour de leur maîtres ou maîtresses, tous soldats américains revenant d'Irak.

Très belle intuition du blogueur journaliste et enseignant: les scènes actuelles évoquent fortement une toile réalisée par le peintre Norman Rockwell, publiée le 26 mai 1945 dans le 'Saturday Evening Post': Homecoming GI

Dans les clips comme sur l'oeuvre peinte, les caractéristiques dominantes sont une très forte émotion - pas forcément la surprise - qui surgit dans la vie quotidienne, une agitation qui contraste avec le calme apparent des soldats. Le meilleur test de similitude consiste à "mixer" virtuellement les bandes audio des vidéo sur la toile de Rockwell: ça fonctionne très bien, y compris dans les cris humains.
Ci-dessous, fragment du "Retour du GI" peint en 1945.

Chiens_soldats_Rockwell_raccourci.jpg

Il s'agit très probablement d'un meme.

Ce phénomène s'apparente au mimétisme. Il désigne la propagation par imitation - généralement inconsciente - de manies, de gestes, de rituels, de mots, de formules toutes faites, d'images, mentales ou non

Chiens_soldats_2.jpg

Une approche de type anthropologique, la ''mémétique'', s'efforce de comprendre pourquoi les memes se diffusent sans grandes transformations, par auto-réplication, comme des gènes.

Une matière journalistique

Accorder un minimum d'attention aux memes est journalistiquement intéressant pour trois raisons:

1 - Etablir la nature mimétique d'une idée lancée dans le débat public - comme en ce moment dans les polémiques autour des affaires Bettencourt - permet très souvent de déceler l'expression d'un désarroi d'une caste ou d'un groupe concernés par des mises en cause. La sagacité du journaliste peut également reconnaître des tentatives de manipulation inconsciemment inspirées par des "affaires" beaucoup plus anciennes mais qui se sont incrustées dans le "code génétique culturel" de la classe politique" (1).

Chiens_soldats_3.jpg

2 - En marge des rumeurs - dont Matthieu Aron et Franck Cognard proposent une superbe anthologie intitulée "Le vrai du faux" sur France Info - les journalistes peuvent retrouver dans certains témoignages ou dans certaines réactions les "gènes culturels" de situations antérieures. C'est le cas avec les vidéos sur le retour des soldats d'Irak: les auteurs amateurs de ces séquences sont sincères, ils ne cherchent pas à manipuler et ne connaissent peut-être même pas la toile de Norman Rockwell.

3 - Avec toute la prudence qui s'impose dans le recours à la mémétique (qui n'est pas une discipline scientifique, mais une approche empirique) le journaliste peut essayer de tirer de ces phénomènes des indications sur l'état d'esprit d'une population ou d'une communauté.

Chiens_soldats_4.jpg

S'agissant des "chiens heureux de retrouver leurs maîtres soldats", la propagation virale de séquences vidéo étrangement identiques dans leurs caractéristiques picturales peut s'interpréter sans grand risque d'erreur comme l'expression spontanée d'une profonde aspiration à la fin des guerres que mènent les Etats-Unis depuis sept ans.
Cependant, cette interprétation n'est pas totalement satisfaisante parce qu'elle est trop identique à celles que suscitent les rumeurs étudiées par le professeur Michel-Louis Rouquette.

Le retour d'un meme hexagonal

En France, un meme est en train de se manifester: la politique fiction. Plusieurs livres viennent de paraître qui rappellent ce qui s'était passé entre 1976, après la démission de Jacques Chirac en rébellion contre Valéry Giscard d'Estaing, et 1978, année d'élections législatives que la gauche pouvait gagner avec la perspective de ce que certains visionnaires décrivaient alors comme une "crise de régime" avant d'accepter l'idée et la pratique des cohabitations. Pendant les dix dix huit mois qui ont précédé ces élections, une bonne douzaines d'ouvrages -et des centaines d'articles de presse - ont essayé d'imaginer ce qui pouvait se passer.

C'était une "réponse" journalistique et mercantile aux incertitudes d'alors.
Il semble que d'autres incertitudes, à moins qu'il s'agisse d'aspirations, servent de muses aux auteurs actuels de fictions politiques.

1) Dans le code génétique de la classe politique formatée par la Vème République figurent, après les complots qui ont mis fin à la IVème République, le faux attentat du Luxembourg contre François Mitterrand, les "barbouzeries" liées à la guerre d'Algérie, l'affaire Ben Barka et plus de deux cents affaires dont certaines n'ont jamais été résolues comme les meurtres des anciens ministres De Broglie et Fontanet. Résolue ou non, chacune de ces affaires a secrété des réflexes transformés en codes "culturels" qui fonctionnent encore aujourd'hui dans les affaires Bettencourt.

jeudi 30 avril 2009

Grippe: les souches de la désinformation virale

Desinformation_trois_matrices.jpgLes trois matrices de désinformation réactivées à l'occasion de l'alerte sanitaire mondiale peuvent être comparées à des souches virales.

Filons la métaphore jusqu'au bout: les mots soulignés par mes soins sont les équivalents sémantiques des signatures ADN dans les structures biologiques d'un virus.

Les rumeurs et la désinformation sont d'ailleurs des phénomènes viraux, à étudier comme tels, avec différents outils et méthodes d'analyse textuelle (1).

Les mots clés soulignés par moi dans les visualisations révèlent l'orientation idéologique des contenus.

Voici une visualisation de la souche conspirationniste:

Desinformation_1_souche_conspirationniste.jpg
J'ai effacé de ce nuage de mots le nom d'un universitaire français dont les propos sont exploités par les conspirationnistes car je ne sais pas (encore) si cet universitaire a été piégé ou s'il est un adepte de la théorie du complot.

Variante de la matrice conspirationniste, la souche à variante anti-sioniste:

Desinformation_2_souche_antisioniste.jpg
Les néologismes "yankistan" et "sionistan" trahissent une des orientations idéologiques d'un contenu qui se veut également anticapitaliste et conspirationniste.

Souche anti-scientifique:

Desinformation_3_souche_2_anti-scientifique.jpg

Souche anti-capitaliste:

Desinformation_3_souche_anticapitaliste.jpg

Ces visualisations ont été réalisées en utilisant l'application en ligne Wordle, dont je dois la découverte au blog Technologies du langage de Jean Véronis.

''1) J'utilise, pour détecter les orientations idéologiques des contenus, une technique dérivée de la sémiométrie mise au point par Ludovic Lebart, Marie Piron, Jean-François Steiner, notamment dans leur ouvrage "La sémiométrie, essai de statistique structurale", éditions Dunod, Paris, avril 2003.

J'utilise également les logiciels Tropes, de la société Acetic ainsi que parfois les logiciels "Le dico" et "Contexte", de Jean Véronis.''

mardi 28 avril 2009

La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie

Dans l'état actuel de mon travail (1) sur les rumeurs qui ont précédé et qui accompagnent désormais l'émergence du phénomène H1N1, j'ai pu identifier trois matrices factuelles, quatre vecteurs de propagation, une structure rhétorique commune et une dynamique d'amplification, principalement dans la blogosphère.

LES MATRICES FACTUELLES

J'appelle "matrice" un fait ou un ensemble de faits avérés qui constitue la source lointaine ou récente d'une rumeur. Une des caractéristiques de la désinformation est de s'appuyer sur des réalités passées ou présentes puis de les modifier de manière plus ou moins subtile pour aboutir à des factoïdes ou pseudo-faits.

Dans le cas de la grippe dite porcine, voici par ordre d"ancienneté, les trois matrices identifiées à ce jour:

1- la guerre bactériologique: les réalités historiques, telles qu'elles sont manipulées aujourd'hui, remontent à la Deuxième Guerre mondiale et notamment aux agissements japonais. Une tentative plus récente se réfère aux relations entre les Etats-Unis et Cuba dans les années soixante-dix. Ces jours-ci est apparue une variante "prospective" qui implique Israël et l'Iran.

2 - L'accident de laboratoire: il y a eu, en février, une erreur de manipulation dans un laboratoire pharmaceutique situé en Europe. Le thème de l'éprouvette qui s'écrase sur le sol et qui libère un poison (2) dévastateur est une constante anthropologique (l'apprenti sorcier et, plus profondément, le mythe de Prométhée) que l'on retrouve dans les courants d'opinion anti-scientifiques.
Ce thème fait partie de la mémétique (Voir ce billet ainsi que mon livre, pages 84, 89, 90.)

3 - L'anti-capitalisme : les performances boursières, positives ou négatives, de certains groupes pharmaceutiques réactivent une allégation aussi ancienne que le SIDA: les "big pharmas" créeraient de nouvelles maladies pour améliorer leur chiffre d'affaires. On trouve notamment dans cette matrice 3 une référence à la firme Bayer qui a été accusée de distribuer des produits dangereux et ceux - conspirationnistes ou anti-capitalistes - qui exploitent cette matrice se réfèrent systématiquement au même article du quotidien "Le Monde".

Desinformation_trois_matrices.jpg

Desinformation_film_.jpgRemarque: Hollywood a exploité la matrice 1 (guerre bactériologique) et la matrice 2 (accident de laboratoire), dans "Alerte !" de Wolfgang Petersen avec, notamment, Dustin Hoffmann et Donald Sutherland.
Ce film catastrophe emprunte à la matrice 1, le thème du secret et celui de la pulsion apocalyptique attribués au "complexe militaro-industriel" américain (dénoncé naguère par le général Eisenhower). Sutherland incarne un général psychopathe qui renvoie au climat de guerre froide cultivé dans "Le docteur Folamour".

"Alerte !" emprunte à la matrice 2 le thème de l'accident de laboratoire. Un des personnages, incarné par Kevin Spacey, est atteint par un virus parce que sa combinaison de protection se déchire.
Ce film est sorti le 12 avril 1995, c'est à dire au moment précis où un laboratoire militaire du Maryland récupérait le virus H1N1 retrouvé dans les poumons d'une fillette tuée en Alaska par la grippe espagnole de 1918. Mais le scénario hollywoodien avait été imaginé et écrit avant la récupération militaire du virus dont la structure génétique a été publiée en 2005.

Desinformation_Epidemic.jpg A l'intention des blogueurs incultes qui commentent ce qu'ils ne comprennent pas dans un style rédactionnel typique de la confusion mentale, voici une nouvelle image à plagier.
Elle renvoie à un film de "science fiction" signé Lars Von Trier, film sorti en 1987.

LES VECTEURS DE PROPAGATION

Vecteur A: les groupes conspirationnistes, adeptes de la "théorie du complot". Leurs blogs et leurs réseaux sociaux accusent les Etats-Unis (pêle-mêle: la CIA, le Pentagone, la Maison Blanche) d'avoir fabriqué puis libéré la souche A/H1N1. Parmi les innombrables "preuves" proposées par ces groupes, celle-ci: un savant mexicain serait mort de la grippe porcine vingt-quatre heures après avoir rencontré le président Obama en visite officielle...

Vecteur B: une mouvance écolo-altermondialiste-anticapitaliste. Ces trois sensibilités se rejoignent dans la mise en cause de Wall Street, des grandes firmes pharmaceutiques et de la mondialisation. A côté de cette mouvance, des groupes opposés à la vaccination obligatoire des enfants reprennent, avec une probable sincérité, les "démonstrations" idéologiques d'une fraction de l'ultra-gauche.

Vecteur C: les réseaux anti-sionistes. Leur virulence les rend particulièrement délirants. Au point de sombrer dans une certaine confusion. L'un d'entre eux affirme que l'Iran aurait bénéficié de l'aide d'anciens biologistes militaires soviétiques afin de prévenir une attaque israélienne programmée pour la mi-juillet 2009....A noter que quelques blogs ultra-sionistes évoquent une "peste islamiste".

Vecteur D: les blogs et tweets de faux experts mythomanes affamés de notoriété. Ils semblent, pour l'instant, peu influents mais leurs "raisonnements" d'allure scientifique commencent à alimenter les vecteurs A et C en "preuves" apparemment rationnelles.

Remarque: un grand nombre de ces vecteurs, parmi les plus anciens et les plus actifs - relevant essentiellement des types A, B et D - sont géographiquement situés au Québec. Je cherche à savoir pourquoi.

Desinformation_quatre_vecteurs.jpg
Des vecteurs différents s'alimentent aux mêmes matrices pour développer leurs propres tonalités de désinformation: les alter-mondialistes (B) puisent, comme les conspirationnistes (A) dans la même matrice 1 de la guerre bactériologique qui relève, fondamentalement, de l'anti-américanisme. De même, les anti-sionistes qui se distinguent des anti-sémites mais qui, dans la désinformation que j'étudie sont dominés par les anti-sémites (C) puisent dans la matrice anti-capitaliste 3. Les traits noirs se réfèrent à des liens explicites entre les différents vecteurs: ils sont évidents entre les anti-sionistes et les conspirationnistes. Le courant (bleu) opposé à la vaccination obligatoire va chercher des arguments un peu partout. Les faux experts (D) distribuent leurs "raisonnements scientifiques" à tout le monde.

LA STRUCTURE RHETORIQUE

La rhétorique des propagateurs de désinformations en tous genres prend appui sur:

1- la perplexité, le scepticisme ou, au contraire, la crédulité voire l'anxiété qui commence à générer l'incertitude sensible depuis mardi soir chez certains officiels.

2 - les zones d'opacité qui apparaissent temporairement ou qui subsistent parfois dans l'information officielle et médiatique. Et, désormais, quelques incohérences et contradictions dans cette information.

3 - la défiance que les médias inspirent de manière latente.

Voici un échantillon synthétique, reconstitué, de cette structure narrative: "On ne vous dit pas tout. On vous cache des choses. La preuve, les officiels et les médias se contredisent sur tel point. Donc, ils mentent. S'ils mentent c'est qu'ils ont des objectifs inavouables. Objectifs cachés que nous sommes en mesure de dévoiler..." Commence alors la litanie des "preuves", souvent mélangées à des faits réels anciens ou récents, intacts ou déformés.

Desinformation_citation_Quebec.jpg

Une des manipulations les plus redoutables, dans les actuelles opérations de désinformation, consiste à amener un universitaire à apporter, sans qu'il sans doute peut-être, des éléments de preuve aux conspirationnistes. Un chercheur français vient, dans une réponse ambivalente apportée à un intervieweur, de valider une partie de la thèse conspirationniste inspirée par la matrice 1 (guerre bactériologique).

LA DYNAMIQUE D'AMPLIFICATION

Dans la mesure où l'information officielle et médiatique a été relativement rapide, dense et plutôt crédible jusqu'à présent, la désinformation menée par les groupes à irrationalités exacerbées n'a pas obtenu la même puissance qu'après les attentats de septembre 2001. Mais cette dynamique de désinformation est plus forte qu'à l'automne 2005 quand la grippe aviaire est devenue un thème médiatique.

La dynamique d'amplification prend son essor à partir de données officielles incomplètes. Par exemple, la nature exacte de l'incident de laboratoire survenu en février.

Cette dynamique se nourrit, dès qu'elle le peut, de la moindre contradiction au sein de l'information conventionnelle (= information officielle et information médiatique). Par exemple, ce mardi, un virologue a brièvement évoqué à la radio 2000 à 3000 contaminations humaines au Mexique; cette évaluation est "sortie" sans explications; elle n'a aucune cohérence avec le nombre officiel de décès dûs à ce virus au Mexique; elle accrédite la rhétorique du "on ne nous dit pas tout; donc, on nous cache quelque chose."

Une relance de la dynamique de désinformation pourrait intervenir par le biais de polémiques dont les médias audiovisuels sont friands:

- Un expert accuse le gouvernement de mentir sur la préparation de la France à une éventuelle pandémie. On a pu lire aussitôt sur certains blogs des commentaires émanant de personnels hospitaliers qui accusent (anonymement mais avec des exemples crédibles) de mentir au pays; il est évident que les personnels hospitaliers ont, en ce moment, des tas de raisons d'accuser le gouvernement mais le soupçon de défaillance en matière de santé publique est évidemment plus porteur que des revendications catégorielles.

- Un candidat aux élections européennes n'hésite pas à s'emparer du thème de la grippe porcine pour essayer d'attirer l'attention sur une campagne à laquelle personne ne s'intéresse.

- Certains sites médiatiques peu scrupuleux sont à la recherche de "sujets" susceptibles de "faire du buzz" à leurs profit (3). Leur business consiste à "balancer" n'importe quoi pourvu que ça fasse du bruit, sous la signature d'un contributeur amateur, de laisser le temps aux "vrais" journalistes de vérifier - en réalité: de laisser le "buzz" enfler - puis de faire plus ou moins machine arrière en dégageant la responsabilité de la rédaction.

- A court de matière rédactionnelle, si le développement de l'émergence ralentit dans les jours qui viennent, les médias traditionnels n'hésiterons pas à "relancer" l'actualité avec des polémiques, des "buzz" (4) et des "scoops". Autant d"atouts qui seront offerts aux maniaques de la désinformation.

Desinformation_dynamique.jpg

Dans l'état actuel des choses, grâce au web et à la partie experte de la blogosphère, le risque de pandémie n'a donné lieu à aucun dérapage de quelque ampleur. Sauf sur Twitter qui déverse des torrents d'inanités mais où l'on trouve aussi des sources rapides et fiables.

1) Pour des raisons éthiques - et mon étude n'étant pas terminée - je ne fournirai pas, dans un premier temps, les liens conduisant vers les vecteurs de propagation de la désinformation. Trop d'exaltés se précipiteraient vers ces blogs pour y chercher des arguments qu'ils répliqueraient de manière virale. Quelques sites médiatiques iraient y chercher de quoi créer le buzz indispensable à leur business''. Quelques "journalistes citoyens" s'adonneraient à leur activité préférée: le plagiat.

2) Ce n'est pas ce qui s'est passé en février 2009 où il y a eu une erreur de manipulation non expliquée entre la maison mère, sa filiale européenne et une entreprise sous-traitante .

3) J'ai été contacté par une "journaliste" se réclamant , la pauvre, de l'un de ces sites: elle était vivement intéressée par un seul détail de mon billet de dimanche: "C'est quoi la rumeur ? C'est quoi l'adresse du blog qui a lancé la rumeur ?". (Encore un peu de patience, cocotte, tu sauras bientôt tout).

4) J'attends avec une gourmandise sardonique, je dois l'avouer, l'argumentation des médias tradionnels qui diront, en substance: " C'est à cause du web. Il y avait un tel buzz qu'on a été obligés de traiter le sujet. Même si on savait que c'est faux. A partir du moment où tout le monde en parle, çà relève de l'actu." Ben voyons.

lundi 6 avril 2009

Twitter: "Le Monde" participe à la fabrication d'une légende urbaine

Dans le quotidien "Le Monde" daté du mardi 7 avril, Laurence Girard participe à la fabrication d'une légende urbaine sur le rôle de Twitter pendant les attentats de Bombay en novembre 2008

Twitter_Le_Monde.JPG

Des utilisateurs de Twitter ont envoyé des masses énormes de "gazouillis" mais les "gazouilleurs" étaient presque tous devant leurs écrans de télévision. La journaliste du "Monde" considère que des spectateurs qui regardent un faits divers à la télévision sont des témoins. Puisse-t-elle ne jamais avoir à enquêter sur des évènements cruciaux.

Aucun des otages enfermés dans l'Hôtel Oberoi n'a livré sur Twitter sa version des faits pendant qu'ils se déroulaient.

A part quelques badauds qui ont photographié des hélicoptères dans le ciel de Bombay et le spectacle, sans aucun intérêt, de dégâts anodins dans certaines rues, aucun utilisateur de Twitter n'a produit, à l'époque, de "photos des évènements qui se déroulaient sous leurs yeux."

Les seules images journalistiquement intéressantes des attentats de Bombay ont été prises par des reporters professionnels - en particulier la seule photo d'un terroriste encore vivant une arme à la main- ou par les caméras de surveillance à la gare centrale.

Si des journaux se sont faits l'écho du volume exceptionnel de tweets émotionnels, affectifs, hystériques émis pendant les attentats, aucun journal sérieux- à part un rédacteur peu convaincant du "Figaro" - n'a utilisé Twitter comme s'il s'agissait d'une agence de presse.

Qu'une journaliste du "Monde" évoque les scoops de Twitter à propos des attentats de Bombay en dit long sur la fiabilité actuelle du quotidien du soir.

vendredi 12 septembre 2008

Conspirationnisme: l'effet Koulechov appliqué à la construction de l'actualité

Un amuseur de fin de banquet vient de réactiver le fantasme du « 11 septembre 2001, mise en scène du gouvernement américain ». Le pathétique visionnaire fournit l’occasion d’avancer une hypothèse sur le fonctionnement du conspirationnisme: l’effet Koulechov appliqué à l’actualité telle qu'elle est construite par l'industrie de l'information.

Selon le sociologue des médias François Jost (1), ce que l'on appelle "actualité" est en fait une manière de présenter dans un certain ordre certaines représentations de certains évènements. Ce constat donne la mesure de l’écart entre ce qui se passe et ce qui est relaté et montré.

Le montage, moteur cognitif

Trois agissementss intentionnels exploitent l'écart entre la réalité et sa représentation médiatique.

- Le bidonnage pratiqué par les journalistes.

- La manipulation par des agents d’influence.

- Les rumeurs de type « théorie du complot ».

Ces trois interférences - bidonnage, manipulation et rumeurs conspirationnistes - ont un point commun avec la construction journalistique de l'actualité: le montage. Or, le montage contient un vice de forme originel connu sous le nom d'effet Koulechov.

L’effet Koulechov, c’est l’art de faire dire n’importe quoi aux images.

Conspirationnisme_dessin_ciels.jpg
Dès les origines du cinéma, le théoricien russe Lev Koulechov a démontré que le même plan (une expression d'étonnement, par exemple) donne à une séquence des significations différentes selon que l'image de l'étonnement est accolée à une image plaisante ou à une image menaçante.

L'organisation des trois images transforme la signification d’ensemble. Autrement dit, le sens d’une séquence est donné par sa structure.

Le rôle "cognitif" du montage est avéré dans le cas du bidonnage, quand une conférence de presse de Fidel Castro est transformée, par ajout de plans, en un entretien exclusif; il est confirmé dans le cas de la manipulation quand le charnier de Timisoara est présenté dans le contexte des violences exercées par la dictature roumaine; il se vérifie dans le cas de la théorie du complot quand des détraqués alignent des faits vrais dans un certain ordre pour suggérer que les attentats contre le World Trade Center et contre le Pentagone auraient été organisés par l’administration Bush.

Il s’agit bien, dans ce dernier cas, d’un effet Koulechov puisque c’est l’alignement dans un certain ordre – montage – d’images vraies qui produit la suggestion.

Moins de crédibilité, plus de crédulité

Peu importent les motivations pathologiques des rumoristes. Ce qui devrait retenir l’attention, c’est la contribution objective des journalistes à l’écart entre la réalité et ce qu’ils en montrent.

Les médias construisent une actualité que les conspirationnistes déconstruisent pour fabriquer la leur. Ils pratiquent l’effet Koulechov, plaçant une image du Pentagone endommagé à côté d’une autre image, l’association des deux images étant censée démontrer les mensonges des autorités et la complicité des médias institutionnels.

Le problème est que la déconstruction de l’actualité médiatique est décidément trop facile. Les bricoleurs de thèses putrides trouvent leur matière première dans les failles d’un journalisme de marketing trop porté vers le spectacle et l’émotivité.

Le déclin de l’investigation, la faiblesse de la vérification des faits, la connivence avec les pouvoirs (manipulateurs par nature), la paresse qui répand trop de formules toutes faites et d’images-prétextes, sans oublier les emballements médiatiques qui réduisent "l'Histoire en train de se faire" à un seul évènement - la visite du pape en ce moment en France, par exemple - tous ces choix inspirés par le conformisme collectif de rédactions normalisées, formatées, ouvrent des espaces providentiels à ceux qui profèrent et propagent les bouffées virales d’histoire viciée.

Les visionneurs de complots ne prospèrent que sur la crédulité, laquelle augmente parce que la crédibilité des journalistes diminue.

Graphique_conspirationnisme_Timisoara.jpg

Le web propage mais révèle et réagit

, Les technophobes - notamment les très nombreux journalistes atteints de cette déficience culturelle - ne manquent pas de gargouiller que le web et les blogs sont responsables de la propagation des rumeurs (2).

Ils méconnaissent le fait que le révisionnisme (moule archaïque du conspirationnisme actuel) s'est propagé de manière rampante bien avant l'émergence d'internet, que c'est une chaîne de télévision qui a fait connaître le premier initiateur français des délires sur le attentats du 11 septembre 2001, donnant à son livre une publicité inespérée et enfin que c'est la station de radio Europe 1, qui dans une émission d'une niaise complaisance, a laissé le grotesque ami du président de la République déployer ses insanités sur les évènements du 11 septembre 2001.

Les mêmes journalistes technophobes ne peuvent évidemment pas concevoir que si le web contribue à répandre les détritus de l'actualité, il a le double mérite de révéler très rapidement un départ de rumeur et de faciliter le tri sélectif: au moment où une infamie apparaît, des sites et des blogs proposent l'antidote, comblant ainsi en partie les failles de crédibilité du journalisme traditionnel.

Trois exemples:
Snopes, base de données des légendes urbaines.
Charlatans, blog de dissection jubilatoire des mystifications.
Ego-net, blog de vigilance dont l'auteur pratique l'éthique (rare) du "point de vue": il énumère les nombreuses convictions à partir desquelles il s'exprime. Ce qui ne se fait pas dans les médias traditionnels.

1) « Introduction à l’analyse de la télévision », Paris, Ellipses, 2004

2) A lire, à ce propos, dans "Culture web", pages 57 et 58, la magistrale démythification du journalisme "en place" par Alain Le Diberder,dans un superbe chapitre consacré aux contenus numériques auto-édités. Dont les blogs et l'aversion sournoise qu'ils inspirent aux "professionnels de la profession."

mardi 22 juillet 2008

Karadzic: investigation sur la vidéo qui a retourné l'opinion serbe

Le 3 juin 2005, le Tribunal International de La Haye projetait une cassette vidéo dont l'impact est une des origines lointaines de l'arrestation de Radovan Karadzic. Avant d'avoir vu sur leurs écrans de télévision l'exécution de six Bosniaques par un groupe paramilitaire, les Serbes ne croyaient pas à l'implication directe de leur pays dans le massacre de Sebrenica. Après la diffusion de ce document, la Serbie a globalement cessé de considérer ses tueurs comme des héros.

L'étonnante histoire de la cassette a été reconstituée par Tim Judah et Daniel Sunter deux journalistes de l'Observer opérant respectivement à Sarajevo et à Belgrade. Un travail d'investigation exemplaire parce qu'il fait du journaliste un auxiliaire de l'historien.
La cassette de quatre-vingt dix minutes relate en plusieurs séquences l'intervention en Bosnie des Scorpions, unité en uniforme qui dépend du ministère serbe de l'intérieur. Les membres de ce commando sont parfois recrutés parmi les détenus de droit commun et certains deviendront officiers de police. Ratko Mladic demande leur intervention pour créer une diversion près de Sarajevo pendant que ses troupes encerclent Sebrenica.

Un prêtre orthodoxe bénit les tueurs

La première scène montre un prêtre orthodoxe en train de bénir les Scorpions au moment où ils vont quitter leur base de Sid, une petite ville serbe située à 80 km de Belgrade. Plus loin sur la bande, on voit six Bosniaques jetés hors d'un camion. Quatre d'entre eux n'ont pas 18 ans. Les deux autres ont à peine 30 ans. Ces prisonniers ont été confiés aux tueurs serbes par Radovan Karadzic qui officie sur le mont Jahorina, au-dessus de Sarajevo. Il se charge, avec son vice-président de la répartition des prisonniers à exterminer. Les quatre plus jeunes sont exécutés rapidement parce que la batterie du caméscope est presque vide. Les deux autres sont tués après avoir traîné les corps de leurs compagnons dans un baraquement. Les faits se sont déroulés entre le 15 et 19 juillet 1995.
Scorpions_1.jpg Selon les journalistes de l'Observer, la cassette a été copiée en vingt exemplaires par les Scorpions, particulièrement fiers de leurs exactions. Ils étaient considérés comme des héros par la population serbe. Mais, dès qu'il a eu eu connaissance de la duplication, le chef du commando a fait détruire les vingt copies. Ce qui prouve qu'il craignait déjà que ces images aient, un jour, une valeur de preuve. Il ignorait qu'une autre copie avait été réalisée avant le retour des Scorpions en Serbie. Elle a été retrouvée en 2003 par Natasa Kandic, une des animatrices du toujours actif Humanitarian Law Center.

Quand la Serbie niait

En juillet 2005, lors du 10ème anniversaire du massacre de Sebrenica, les officiels serbes - officiellement démocrates - continuent de nier toute responsabilité dans cette affaire. Natasa Kandic affirme alors qu'elle détient la preuve de l'implication serbe sur une cassette. Elle en confie une copie à la justice de son pays. Laquelle ne réagit pas. Les images sont envoyées au Tribunal international de La Haye et projetées pendant le procès Milosevics. L'opinion serbe a été tout à coup réellement traumatisée. Une jeune Bosniaque a découvert comment son frère a été tué. Une jeune Serbe a reconnu son père parmi les tueurs.
Grâce au travail de l'organisation Humanitarian Law Center, qui a pris de gros risques, et grâce au travail de recoupement dans le moindre détail des deux journalistes britanniques, les juges de La Haye et les historiens sauront tout: les noms des victimes, ceux des tueurs, le lieu, la date, les circonstances exactes.

La dialectique des images

Ce n'est pas la première fois que des images journalistiquement vérifiées contribuent à un retournement historique d'une opinion publique. En montrant le calvaire des "boys" mais aussi les exactions de l'"US Army" au VietNam, les chaînes de télévision américaines ont amené l'esprit public a souhaiter la fin de la guerre. Le souvenir de ce retournement historique a incité le Pentagone à cadrer les prises de vues lors de la Guerre du Golfe en 1991 et à contrôler les médias lors de l'invasion de l'Irak en 2003.
Mais si les journalistes "embarqués" ne peuvent plus guère témoigner, les technologies de la communication entretiennent avec la censure et la propagande une dialectique implacable. Il suffit d'un téléphone nomade doté d'un capteur à trois millions de pixels et d'une plateforme de partage d'images comme YouTube pour qu'un acteur produise la preuve en images d'une exaction. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé pour les scènes de torture dans une prison américaine en Irak ou lors de l'exécution de Saddam Hussein.

L'Histoire en train de se faire

Le travail des journalistes consiste alors à écarter le sensationnalisme et à enquêter sur l'histoire des images elles-mêmes. Ce que n'ont pas fait les chaînes de télévision françaises pour le "massacre" de Timisoara - alors qu'il y avait doute - et ce que n'a pas fait la rédaction de France 3 quand elle a montré des talibans pulvérisés par des tireurs britanniques alors qu'il s'agissait de volatiles tués par des chasseurs dans le Colorado.

Il faut, pour enquêter sur des "images preuves", avoir en tête l'idée - peu répandue dans la profession - que l'actualité, la vraie, ne devrait s'intéresser qu'à l'Histoire en train de se faire.

mardi 15 juillet 2008

Iran: une photo truquée source de documentation

Les photos truquées au service de la propagande existent depuis la guerre de Crimée (1853) et on en détecte à l’occasion de tous les conflits, y compris les plus récents comme au Liban en 2006. S'agissant de l'Iran, il y en a eu de plus grossières en février dernier pour essayer d’impliquer les Etats-Unis dans des actions terroristes. Celle de l’agence Sepah News mobilise les blogueurs experts qui fournissent, à cette occasion, une précieuse documentation.

Iran_trois_missiles.jpg

La manipulation de l’image originale ci-dessus ne présente guère d’intérêt en elle-même. Ses auteurs ont utilisé la fonctionnalité la plus banale d’un logiciel de retouche du type Photoshop pour ajouter un missile à une scène de tir. Mike Nizza, qui tient un blog d’analyse des médias sur la plateforme du New York Times a montré que plusieurs éléments bêtement répliqués apparaissent sur la « fauxtographie » ci-dessous.


Mike Nizza souligne que la photo originale montrant trois missiles a été diffusée le jeudi 10 juillet par plusieurs agences, dont Associated Press. Prise sous le même angle et avec le même cadrage, la scène à quatre missiles a été diffusée le lendemain, vendredi 11 juillet, notamment par l’Agence France Presse qui l’a enlevée après avoir décelé les traces de manipulations numériques. Le vendredi soir, cette image avait disparu du site iranien.

Au-delà du truquage...

Iran_drapeau_des_gardiens.jpgUne première interprétation intéressante de l’image « photoshoppée » est proposée par le blog Backspin, dont l’auteur, Pesach Benson, a questionné Meir Javedanfar, expert irano-israelien des problèmes du Moyen-Orient.
On apprend d’abord que Sepah News, qui a mis en ligne et probablement truqué le document, est l’organe des Gardiens de la Révolution. C’est une source parmi d’autres pour essayer de savoir ce qui se passe en Iran; mais elle ne serait fiable que pour rendre compte des activités et des vues des seuls Gardiens de la Révolution. Autrement dit, pas celles des religieux. A partir de cette précision, qui suppose plusieurs forces pas forcément unanimes au sein du pouvoir iranien, Meir Javedanfar pense que le truquage signifie que les Gardiens de la Révolution redoutent une action militaire israelo-américaine et veulent faire croire à une forte capacité de nuisance. Pouvoir tirer quatre missiles en même temps constitue, en effet, un indice d’efficacité dans la réplique.

Mais d’autres analystes, notamment sur le site déjà cité The Lede pensent que le quatrième missile a été ajouté entre le jeudi 10 et le vendredi 11 pour masquer le fait qu’une fusée n’est pas partie et que la démonstration de force a été un échec.
Enfin, le Washington Post insinue que pour illustrer la récente révélation concernant un nouveau missile capable de frapper Israël, l’organe des Gardiens de la Révolution aurait tout simplement retouché une photo prise en 2006 et qui ne montre pas le nouveau missile mais des anciens modèles (Shahab), connus des experts militaires.

... une esquisse méthodologique

Une image grossièrement retouchée peut être, comme une rumeur, une source indirecte d’information. Il s’agit moins de chercher à savoir si la photo (ou la rumeur) est vraie ou fausse que d’analyser les raisons pour lesquelles elles sont diffusées.
C’est une variante de la sérendipité, art de trouver quelque chose sans vraiment le chercher tout en créant les conditions de la trouvaille. Ici, le truquage en apprend plus sur le pouvoir iranien que sur les missiles eux-mêmes. Il est surtout l'occasion d'esquisser une méthodologie de recherche sur le web.
Iran_points_d_appui.jpgDans le schéma ci-contre, les rectangles représentent des sites web et les cercles désignent des blogs. La couleur verte symbolise la fiabilité; plus elle est foncée, plus la fiabilité est élevée. la couleur orange est associée à une source orientée mais intéressante.
1 - Le site du Washington Post se réfère au blog anti-musulman Little Green Football.

2 - Le blog Little Green Football cite le blog Media Backspin, pro-israélien.

3 - Le blog pro israélien Media Backspin mentionne le site Meepas.com alimenté par un expert irano-israélien très documenté (4) et le blog d'analyse médiatique The lede (5).

La méthodologie consiste à tester le site Meepas.com et le blog The Lede pendant un mois (monitoring) afin d'ajuster leur niveau de fiabilité en hausse ou en baisse.
S'ils sont fiables, ils seront classés dans deux dossiers différents de l'agrégateur. L'un dans le dossier "géopolitique", l'autre dans le dossier "surveillance des médias". S'ils ne sont pas aussi fiables que prévu, ils disparaîtront de l'agrégateur.

Les adresses des blogs en orange sont conservées dans un dossier spécial de l'agrégateur pour être consultés ponctuellement, en cas de crise, car ils sont alimentés par des lobbies qui sont susceptibles de retenir l'attention.

L'intérêt de cette méthode est triple:

- gagner du temps en fiabilité dans les situations d'urgence.

- obtenir des informations ou des angles plus originaux, moins conformistes, que ceux de Google.

- parier sur le fait que les sites ou blogs fiables fourniront des liens vers d'autres blogs ou sites fiables sur différents sujets.

dimanche 17 février 2008

SMS, web et journalisme d'investigation à la française

Trois remarques sur la publication par le site du Nouvel Observateur du contenu d'un SMS attribué au président de la République:

1) Même si ce message téléphonique était authentique, il ne présenterait aucun intérêt. Ce n'est pas une information. Tout au plus un meme. (1)

2) Le fait de diffuser une non-information sur le web mais pas dans la version imprimée de l'organe de presse en dit long sur le mépris des journalistes français à l'égard des internautes: ce qui est "bon" pour le web - "support volatile pour futilités mondaines" - est indigne du papier, "support noble de l'écriture et donc de la pensée".

3) La publication de cette non information est attribuée à quelqu'un qui se réclame du journalisme d'investigation. Telle est bien, en effet, la véritable nature de l'investigation à la française. Des "Diamants de Bokassa" à "Clearstream" en passant le "Rainbow warrior", il y a peu d'investigation réelle dans le journalisme à la française. Les rédactions qui s'en réclament servent surtout de boîtes à lettres instrumentalisées pour des opérations de déstabilisation ou des règlements de comptes entre clans au sein des pouvoirs politiques et économiques. Sauf si l'intéressé produit la preuve de ce qu'il avance, tout ce qu'il a publié (2) et publiera dorénavant comme résultat d'une investigation pourra être considéré comme suspect. Tout en le condamnant, sa rédaction est curieusement solidaire, ce qui entame la crédibilité d'ensemble de cette rédaction.

1) Un meme est un fait , réel ou fantasmé, qui se propage par autoréplication à l'instar d'un gène (Merci à Laurent Grard qui a corrigé une analogie fallacieuse). J'évoque, dans mon livre, pages 90 et 91, le meme du "camion rempli de cadavres" qui parcourt l'histoire contemporaine et l'actualité internationale de 1945 à 2005 en une dizaine de mutations-adaptations d'un seul noyau sémiotique. Il semble bien, en l'occurrence, que la plus récente version du "SMS" soit la première réplication d'une anecdote plus ancienne, avec le même personnage masculin, la même destinataire mais une autre femme "sur le point d'être épousée". Une journaliste.

2) Le New York Times du 17 février évoque un probable truquage de la conversation en chat entre Jérôme Kerviel et autre employé de la Société Générale. Une transcription de ce chat avait été diffusée par le site de l'organe de presse qui a fait état du SMS.

LIEN PERMANENT

lundi 11 février 2008

Usages alternatifs de Wikipédia

AJR_logo.jpgIntéressantes réflexions, dans l’American Journalism Review de février-mars 2008, sur l’exploitation journalistique de Wikipedia. Donna Shaw, auteur de l’article, cite trois journaux qui ont publiquement mentionné l’encyclopédie en ligne comme une de leurs sources d’information. Elle fait également état d’interdictions formelles, édictées par des rédacteurs en chef, de recourir à cette publication controversée.

L’anonymat des contributeurs suffit à exclure Wikipédia des sources d’information et de vérification. L’historique des débats qui ont entouré l'actualisation de la biographie de Ségolène Royal, en 2005-2006, montre que des enseignants ont tenté de régler des comptes avec l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Education.

Depuis le 13 août 2007, le moteur WikiScanner.Virgil.com détecte les ingérences de grandes firmes: elles croient pouvoir profiter de l'anonymat des contributeurs pour faire modifier, par leurs salariés, les contenus qui leur sont défavorables.

Ainsi, le 1er février 2007, entre 11h46 et 12h06, quelqu’un a voulu introduire neuf changements dans la biographie de Patrick Poivre d’Arvor, dont la suppression du passage consacré à sa fausse interview de Fidel Castro.

Wikipedia_PPDA_V3.jpg

Or les tentatives de manipulation de Wikipédia émanent d'un ordinateur connecté au réseau depuis le siège de TF1, ordinateur associé au nom d'une certaine Sophie B.:

Preuve_de_TF1_V2.jpg

WikipediaVision, une application plus récente du type Twitter, relève en temps réel toutes les tentatives de modification.

Wikip_dia_modif_instantan_e.jpg

Il n’y a rien donc rien d’étonnant à ce que le bannissement de Wikipedia soit inscrit dans le code de déontologie du bureau de l’AFP à Londres.

Pourtant, Donna Shaw relève plusieurs concentrés d’érudition dans cette encyclopédie. Elle cite le cas de la bataille de Guadalcanal qui fait l’objet de 95 citations avec leurs références, 33 ouvrages et 19 liens vers des sites web. Obtenir une telle quantité et une telle diversité de sources en deux clics est assez rare, même avec un moteur comme Google qui « ramasse » beaucoup trop de liens inutiles. Il y a donc dans Wikipedia des zones de savoir recommandables.

Wikipedia_petit_logo.jpgD’où l’idée d’utiliser dans certains cas l’encyclopédie comme un moteur thématique. Testé à propos des élections municipales , cet usage alternatif s'avère productif avec, notamment, un tableau exhaustif de tous les scrutins depuis les débuts de la Vème République. Sur la Société Générale, l’actualisation est presque convaincante. Dommage qu'une phrase ajoutée le 6 février et qui se réfère à un site web pas particulièrement crédible, laisse entendre que le ministère de l’Economie va « aider » la banque avec un chèque d’un milliard. Sans cette formulation tendancieuse, qui manque singulièrement de recul pour une encyclopédie, l’entrée « Société générale » serait crédible.

Wikipedia, point d’appui vers des sources fiables, oui à trois conditions:

- éviter les sujets à la mode

- éviter les thèmes passionnels

- privilégier les articles qui proposent le plus grand nombre possible d'instances de validation: livres, revues et sites web qui font autorité dans le domaine traité.

LIEN PERMANENT

samedi 26 janvier 2008

L'apport des blogs d'experts dans l'affaire de la Société Générale

Les blogs d'experts - voir dans mon livre la typologie des blogs (page 57) et la hiérarchie des sources (page 103) - jouent un rôle irremplaçable (1) dans la compréhension de ce qui s'est passé, et de ce qui va se passer, à la Société Générale.

Blogs_traders_2.jpg

Jeudi: un récit mal ficelé

Jeudi matin, le récit des dirigeants de la banque comportait tellement d'incohérences que l'incrédulité s'imposait. Pour identifier ces incohérences, j'ai tracé un tableau à deux colonnes. Dans la colonne de gauche, j'ai aligné les affirmations factuelles du PDG. Dans la colonne de droite, j'ai copié-collé d'autres affirmations et faits établis qui annulent les citations de la colonne de gauche. Résultat: une douzaine d'invraisemblances.

Aux contradictions qui se heurtaient au sein même de la version officielle s'ajoutait un contexte particulier: tradition d'opacité du système bancaire français et notamment de la Société Générale, mouvements boursiers quelques jours avant la conférence de presse de jeudi, scénario déjà utilisé quelques semaines auparavant par une autre banque française pour expliquer une perte de 250 millions, petits détails bizarres dans la chronologie officielle, déclarations "prémonitoires" du gouverneur de la Banque Centrale Européenne, etc...Aucun éclaircissement convaincant sur les mécanismes précis qui auraient permis au salarié de déjouer les systèmes de contrôle mis en place par la banque.

Vendredi: premiers éclairages crédibles

Vendredi après-midi les blogs d'experts - c'est à dire de gens qui exercent le même métier que le salarié de la Société Générale - commencent à émettre des hypothèses fondées sur leur culture professionnelle, sur leur expérience et sur leurs pratiques quotidiennes. Très compliqué pour un journaliste, même s'il s'intéresse à l'économie. Mais beaucoup plus convaincant que le récit du PDG de la Société Générale. Plus intéressant encore: les commentaires nourris, pluralistes, d'autres experts blogueurs alimentent un long et passionnant débat contradictoire entre professionnels qui s'estiment, avec arguments et objections point par point.

De cette masse d'explications étayées, je retiens d'abord que les experts blogueurs américains ne croient guère à une opération menée par un homme seul mais plutôt à une manipulation pour affoler la FED et obliger la BCE à baisser ses taux directeurs. Les experts blogueurs en poste à Paris et à Londres penchent plutôt pour la thèse officielle du "trader solitaire". Dans le premier cas, je tiens compte des théories conspirationnistes qui semblent imprégner les esprits de l'autre côté de l'Atlantique et de la piètre opinion qu'ils ont du président de la FED. Dans le second cas, j'applique sur les explications hautement crédibles des experts français le filtre du narcissisme et celui du corporatisme.

Samedi: correction des biais

Les filtres sont des éléments d'appréciation empiriques qui permettent de corriger, dans une certaine mesure, ce que l'on appelle des "biais", c'est à dire des facteurs parfois inconscients de déformation dans un récit ou dans une argumentation.
Filtre narcissique: quand un "trader" démontre dans son blog qu'il aurait pu, lui aussi, faire ce qui est reproché à l'employé de la Société Générale, il réhausse considérablement son crédit (= son prestige professionnel) auprès de ses collègues. Lesquels sont en effet admiratifs. Le blogueur expert devient une vedette, un gourou pour les autres blogueurs experts. En outre, l'affaire est française et il y a pas mal d'interférences patriotiques dans l'exploit du "trader" techniquement validé par d'autres "traders" français.

Filtre corporatiste: donner raison à la direction de la Société Générale, c'est objectivement adhérer à la thèse du "trader qui avait des problèmes personnels". Ce qui donne à entendre que l'immense majorité des "traders sans problèmes personnels" assure la sécurité du système bancaire français.

Malgré les effets parfois subtils de ces deux filtres, les blogs d'experts ont été et demeurent une source extraordinairement précieuse pour le journaliste. Une source à cultiver et à densifier car certains de ces blogueurs savent manifestement ce qui se passe au sein de la Société Générale. Ils vont continuer à livrer des fragments d'informations inédites. D'autres, à Londres ou à New York s'intéressent à ce qui va se passer autour de la Société Générale et dans l'autres banques.

Dimanche: trois questions en suspens

Conclusion provisoire: les blogs d'experts ont considérablement éclairé mon appréciation du dossier "Société Générale". Je n'aurais pas eu le temps de trouver autant d'explications sérieuses, crédibles sans l'existence de ces blogs qui, en plus, se crédibilisent les uns les autres: quand un blogueur fiable cite positivement un autre blogueur, ce dernier est à priori fiable, même s'il n'est pas d'accord sur tout avec le précédent.

Mes experts blogueurs n'ont pas répondu à la question sur l'origine des dizaines de milliards que le salarié de la Société Générale devait fournir à la chambre centrale de compensation. Ils ne m'expliquent pas pourquoi la meilleure banque du monde sur ces produits dérivés aurait pu laisser un seul homme ruiner sa réputation à partir de manipulations qui auraient duré un an.

Et surtout cette question qui restera forcément sans réponse: qu'aurait fait la Société Générale si son employé avait, non pas perdu, mais gagné 5 milliards avec les mêmes méthodes ?

Néanmoins, j'ai triplé cette semaine le nombre de mes abonnements à des flux RSS en provenance de blogs tenus par des experts dans le domaine des techniques de marchés financiers.

1) Voir mes réserves sur la fiabilité des autres blogs en général et notamment des blogs qui se réclament d'un "journalisme citoyen", sans parler des blogs d'influenceurs autoproclamés.

Mes sources:
DuoandCo
Monsieur Glob
Big Picture
Paul Kedrosky
Random Roger
Bespoke Investment
Deal Braker
Fred Destin
The Kirk Report

LIEN PERMANENT

vendredi 18 janvier 2008

Blogs, rumeurs et information

Il y a un peu plus d'un an, le Poynter Institute s'interrogeait sur la fiabilité des blogs en tant que sources d'information pour les journalistes. Réponse: à quelques rares exceptions près (1), les blogs ne peuvent pas être considérés comme des sources journalistiques. Certains blogs suggèrente des pistes, des angles; quelques uns peuvent être cités, parfois mais pas toujours, en raison de la fiabilité établie de leur auteur. Or de plus en plus de journaux hexagonaux se décrédibilisent en reprenant des rumeurs qui émanent de la blogosphère.

La dernière défaillance journalistique en date a été le traitement d'une rumeur concernant une femme très médiatisée depuis quelques temps. X..., Un blogueur dont le niveau de fiabilité est proche de zéro, diffuse le 9 janvier ce qu'il présente comme un "scoop". Cette fausse information - dont l'auteur écrit qu'elle lui a été confiée par "des personnes proches des gens qui ont vu" - est reprise par les blogueurs Y et Z qui publient leurs billets sur une plateforme appartenant à un quotidien.

Blog_rumeurs.jpg

Une agence reprend la fausse information en l'attribuant au quotidien qui gère cette plateforme de blogs (zone encadrée en pointillés entre la blogosphère et la presse). Avec le nom du quotidien cité dans la dépêche de l'agence, la fausse information est labellisée "presse".

A partir de ce moment, la rumeur enfle dans la blogosphère. Les moteurs de recherche et les agrégateurs s'empiffrent mécaniquement des trois mots clefs qui résument la rumeur. Les blogs qui ressassent ces trois mots magiques gagnent en "audience", notion qui se confond désormais avec "influence". De fait, des bloggueurs ordinairement sérieux font semblant de décortiquer la rumeur mais ils se montrent ravis de voir leur prose bien placée dans les palmarès robotisés de la blogosphère. L'amplification mécanique et virale de la fausse information devient en elle-même un "phenomène" sur lesquels des universitaires ne craignent pas de se pencher . Ce qui autorise certains journalistes à se dire: "Puisqu'on en parle tellement, ce doit être vrai.".Version peu reluisante de l'adage: " Il n'y a pas de fumée sans feu".

Les journalistes ont été défaillants à trois moments du phénomène (taches d'encre sur le visuel):

- quand l'agence de presse a confondu - probablement volontairement - la plateforme de blogs et le titre du journal qui gère cette plateforme.

- quand les quotidiens et hebdomadaires ont repris la dépêche d'agence sans vérifier la source, au moins au niveau des blogs Y et Z.

- quand des quotidiens, des radios et des télévisions se ont abrités derrière la mesure quantitative mais automatique du buzz pour "valider" la fausse information.

1) Mon livre propose une tyopologie des blogs qui ne peut pas être reproduite ici. Les "quelques rares exceptions" sont les blogs d'experts, alimentés par des personnes compétentes évoluant près des sources d'information. __Voir l'affaire de la Société Générale__

''LIEN PERMANENT''

mardi 23 octobre 2007

Compenser la veulerie de la presse hexagonale

Toujours aussi veule à l'égard des puissants du moments, notamment à l'égard du pouvoir politique, la presse française s'extasie sans retenue sur les contrats commerciaux signés par le président de la République à l'occasion de sa visite officielle au Maroc. Les chaînes de télévision, les stations de radio et même certains quotidiens économiques réputés fiables rivalisent de superlatifs pour présenter le chef de l'Etat comme un magicien - un Harry Potter du commerce extérieur - qui ,soudain et par enchantement, "décroche" de mirifiques contrats qu'il dépose dans l'escarcelle de la richesse nationale.

Maroc_Newspaper_index_logo.jpg

Newspaper Index permet d'équilibrer cette méprisable présentation des relations internationales.
Maroc_1_liste_de_journaux.jpgGrâce à cet outil de vérification, une dizaine de publications marocaines fournissent un éclairage beaucoup moins flagorneur sur la place de la France et le rôle de son président. Il faut bien sûr tenir compte de la fierté nationale marocaine dans la tonalité acerbe de certains commentaires. Mais, après correction des humeurs locales, un certain nombre de faits occultés par la presse française, relativisent les pâmoisons hexagonales.

D'abord l'incident diplomatique humiliant du 10 juillet quand Nicolas Sarkozy a été sèchement prié d'annuler une escale au Maroc. Ensuite l'annulation d'un salon aéronautique qui devait se tenir du 24 au 27 octobre au Maroc: il était sponsorisé par la firme Dassault qui s'est retirée par les Marocains ont préféré le "F16" américain au "Rafale" français. Le simple fait que cette manifestation ait été officiellement annoncée montre que la France était certaine de remporter ce contrat militaire. Or, nos confrères marocains révèlent que la Direction Générale de l'Armement avait sous-estimé de 300 millions le coût des appareils Dassault et affirme que le ministère français de l'Economie n'a rien fait pour rendre le plan de financement présentable. Résultat : le Maroc préfère acheter 36 "F16" américains pour 2 milliards de dollars plutôt que 24 "Rafale" pour 2 milliards d'euros.

Maroc_Gazette_logo_sur_titre.jpg

D'autres faits économiques sur le poids véritable économique de la France - notamment sur son endettement record qui devrait lui interdire de parler d'aides à l'Afrique - alternent avec des considérations peu aimables sur le grand projet "euroméditéranéen" de Nicolas Sarkozy, qualifié de "mirage".

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mardi 16 octobre 2007

Outils de discernement pour les urgences

Q_A_breaking_news.jpg

Implacable protagoniste de l'actualité, le Temps exige parfois des journalistes des états d'urgence mentale peu compatibles avec une salutaire évaluation des évènements.

Diffusée par un centre éducatif de ressources éditoriales, la lettre "Question & Réponses" propose une panoplie en ligne pour la détection et la vérification des dépêches urgentes.

Q_A_journalismNet.jpgLa détection s'effectue sur JournalismNet, qui déploie une invraisemblable panoplie de moteurs de recherche, de sites informatifs, outils de pistage, annuaires par genres et par pays. Ce site offre une vision panoramique et en profondeur de l'actualité en temps réel. Il s'utilise en mode de veille passive comme en configuration de recherches ciblées. Dans le premier cas, le journaliste consulte les sources potentielles de manière aléatoire, sans rien chercher de précis, comme s'il était en repérage; il en profite d'ailleurs pour mémoriser les sites les plus susceptibles de lui fournir des informations intéressantes à moyen terme dans un domaine donné. Dans le second cas, et grâce au travail de repérage, il donne la priorité à la consulation des sites à priori les plus performants en termes de fiabilité, de rapidité d'actualisation et de profondeur documentaire.

En quête de confirmations et d'évaluation, le journaliste se transporte sur Newspapers Index, plate-forme qui propose des liens vers les éditions actualisées de plus des principaux sites d'information dans plus de deux cents pays. C'est l'occasion de vérifier la portée des "breaking news" dans les régions et dans les domaines où elles surviennent. Le critère de hiérarchisation n'est pas seulement la quantité d'articles (qui peut être un effet de conformisme corporatiste) mais la diversité des angles d'approche.

Autre possibilité de validation sur RefDesk qui recense les sources locales et nationales dans de nombreux domaines de l'actualité.

Q_A_refdesk.jpg

En cas de doute sur la teneur d'une dépêche urgente, Snopes recense les légendes urbaines, plaisanteries et falsifications qui peuvent conduire le journaliste dans le discrédit professionnel. Le site ne procure pas une assurance absolue contre le ridicule mais sa consultation réactive la vigilance.Q_A_Snopes.jpg

Q_A_Vanderbuilt_TV.jpgEventuellement, juste pour se faire une idée sur la manière dont un évènement est traité par les "mass medias", l'université Vanderbilt gère une base documentaire qui comporte plus de trois cents extraits de journaux télévisés.

Ces quatre outils de discernement méritent de figurer au centre de la barre des marque-pages sur les navigateurs internet de tous les journalistes d'acuité, de clairvoyance et d'approches pénétrantes.

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mardi 4 septembre 2007

Traiter la rumeur "Mort de Castro"

Une nouvelle version de "Fidel Castro est mort" circule sur le web.
L'institut Poynter de journalisme pose la problématique de la rumeur en tant que phénomène global ayant des répercussions locales.
Le fait que Fidel Castro soit à nouveau donné pour mort a, sur le web notamment, un retentissement mondial que les rédactions ne peuvent pas ignorer.
Aux Etats-Unis et notamment en Floride, ce retentissement a une implication importante pour les organes de presse qui s'adressent localement à d'importantes communautés cubaines.

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lundi 3 septembre 2007

Un métamoteur pour vérifier

Allinonenews.com mobilise 1800 moteurs dans 200 pays.
Signalé par l'indispensable blog Outils froids, le métamoteur Allinonews est, pour le journaliste, un instrument de vérification plutôt qu'un outil de collecte.

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mercredi 29 août 2007

Trucages numériques

Interventions indues sur des images numériques.
Le cas du bombardement de Beyrouth.
Le cas du président de la République française.

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jeudi 23 août 2007

La rigueur du CCJ

Conseils d'une association de journalistes

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Erreurs et plagiats

Trois sites collectent les abus journalistiques

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vendredi 22 juin 2007

Vigilances médiatiques

Sites et blogs de surveillance des organes d'information

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Evaluation des sites

Méthodes des universités Cornell et de Berkeley

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