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dimanche 22 novembre 2009

Philippe Vandel régénère l'interview radiophonique

Depuis juillet 2009, Philippe Vandel incarne une des deux bonnes suprises (1) de France Info.
"Tout et son contraire" installe sur la chaîne du service public une manière originale et pertinente de questionner.

Un genre très difficile

Entretien, conversation, questionnement...Les termes couramment employés pour désigner l'objet journalistique entretiennent un flou sémantique, une instabilité conceptuelle, sur la nature exacte de cette vieille pratique professionnelle.
- Un entretien peut consister en échanges d'arguments sans qu'il soit besoin d'interroger l'interlocuteur.
- Une conversation n'est pas forcément destinée à obtenir une révélation ou une précision.
- Le questionnement peut être intériorisé; un journaliste qui ne se pose pas de questions sur ce qu'il va collecter, dire ou écrire est en grand danger de nullité.

Même dans sa formulation anglicisée, l'art de poser les bonnes questions relève des plus hautes compétences - une véritable expertise - dans l'industrie de l'information:
- Il faut avoir une "vision" des sujets à traiter c'est à dire une culture vaste et profonde.
- Il faut savoir ce que l'on cherche tout en préservant une faculté d'étonnement. Cette faculté rare ne peut venir que d'une curiosité boulimique et d'une disponibilité intellectuelle qui s'apparente à fraîcheur d'esprit, différente de la naïveté.
- Il faut avoir, aussi et surtout, une structure mentale suffisamment rigoureuse pour ne pas se contenter de réponses esquivées ou de grossiers mensonges.
- Et puis, il y a le positionnement journalistique: faire semblant de ne pas savoir pour se rapprocher d'un auditoire supposé ignorant ou rivaliser avec l'interlocuteur au risque de valoriser excessivement le journaliste...

Un genre très galvaudé

Le fait que tous les journalistes, notamment dans l'audiovisuel, aient été admis à poser des questions à des "invités" a dévoyé ce genre noble.
- Certains se discréditent en parlant avec un réalisateur d'un film qu'ils n'ont pas vu.
- Presque tous posent les questions qu'on leur a suggéré de poser ou se contentent de "ramener du son" sans se préoccuper du contenu.
- Dans certaines chroniques radiophoniques nécrosées, le remplissage par interviews sans curiosité relève de l'escroquerie intellectuelle.
- Beaucoup ne posent que des questions de connivence qui appellent automatiquement des réponses au service exclusif de la promotion du personnage ou du produit (2).
- Quelques uns ne cherchent qu'à obtenir des réponses susceptibles de "faire"de la reprise" dans la presse écrite.
- Rares sont les journalistes qui, comme ceux de la vieille école des années soixante-dix, osent encore se comporter en "justiciers" en confondant l'interrogatoire et le questionnement. L'inculture étant devenue une norme professionnelle, les "petits soldats de l'info" ont peur de "s'en prendre plein la figure".
Dans les années quatre-vingt a été inventé par et pour les obséquieux les fausses hésitations qui, chez les journalistes paresseux et incultes, fonctionnent comme un signal subliminal, un message codé, de soumission aux "invités".
- Plus récemment, la fainéantise télévisuelle a installé le "journaliste" animateur de cacophonies absconses dans la posture du patron du café du Commerce accoudé sur son zinc et qui cherche à se faire valoir auprès d'une clientèle hébétée. Comme cet épais questionneur télévisuel qui caricature le droit de suite: "Attendez ! Là, je vous arrête ! J'ai bien entendu qu'il va pleuvoir. Donc, vous êtes en train de nous dire que des gouttes d'eau vont tomber du ciel vers le sol ? C'est bien çà ?"

Gros travail de préparation

Par la qualité de la préparation, par les angles qu'il choisit, par la tonalité qu'il instaure Philippe Vandel appartient, lui, à la caste dépeuplée des grands intervieweurs. Caste au sommet de laquelle trône toujours James Lipton, insurpassable maître de cérémonies de l'émission télévisée "Actors Studio".

Les liens qualitatifs entre Vandel et Lipton ne sont pas évidents.
- D'abord parce que Vandel n'est pas de la génération Lipton (qui, lui, se réfère curieusement à Bernard Pivot).
- Ensuite parce que le format télévisuel d'Actors Studio n'a rien à voir avec celui de la chronique radiophonique "Tout et son contraire".
- Enfin parce que le registre de Lipton est concentré sur les plus grands acteurs du Septième Art alors que les interviews de Vandel ont une thématique beaucoup plus ouverte, ce qui implique moins de rituel et une plus grande diversité d'approches.
Au-delà de ces différences flagrantes, la filiation Lipton-Vandel apparaît dans le plaisir que le téléspectateur dans un cas, l'auditeur dans l'autre cas, ressentent à l'écoute des réponses.
Il suffit de chercher à comprendre pourquoi on éprouve ce plaisir à l'écoute des réponses obtenues par Philippe Vandel pour découvrir que, comme chez Lipton, il y a de la culture, du travail en amont et en aval (au montage notamment), un positionnement journalistique original, une vraie fraîcheur d'esprit.

Il importe peu de savoir si le questionneur le plus stimulant de France Info a lui-même rassemblé sa documentation ou s'il dispose d'un(e) extraordinaire documentaliste. Le fait est qu'il connaît parfaitement les sujets dont il veut faire parler ses interlocuteurs.


Philippe Vandel (20 secondes)

Quand il évoque Bourdieu avec le philosophe Michel Onfray, Philippe Vandel ne s'est manifestement pas contenté de parcourir le communiqué de presse de la maison d'édition ou la quatrième de couverture d'un livre .

Un angle original

Le positionnement de ses quatre rendez-vous quotidiens (3) consiste, non pas à faire croire qu'il va obtenir des révélations inédites, mais à supposer que ses auditeurs savent - ou croient savoir - un certain nombre de choses, et à les vérifier. C'est souvent à la faveur de ces vérifications que la personne interrogée corrige ou confirme, en ajoutant souvent des éléments qui, pour le coup, sont vraiment inédits.


Philippe Vandel (5 secondes)

"Tout et son contraire" n'est pas une instance de consécration médiatique, c'est une actualisation fine des réputations médiatiques. Opération effectuée par petites touches bien ajustées de précisions biographiques.

Modestie et curiosité

Enfin, il y a une tonalité. Elle se fonde sur une modestie spontanée qui le place sans démagogie du côté de ses auditeurs. Quand il s'exclame: " Ah tiens ! Je ne le savais pas..;", il ne flatte pas l'ignorance supposée de ceux qui l'écoutent.


Philippe Vandel (12 secondes)

La tonalité Vandel, c'est surtout la curiosité. Si elle est feinte, elle est bien jouée. En tous cas, elle fonctionne admirablement.
Aucune connivence douteuse, aucune agressivité artificielle. Juste des inflexions enjouées qui véhiculent un singulier mélange de spontanéité et de rouerie. L'auditeur partage cette envie un peu goguenarde de savoir. Et quand le questionneur insiste, c'est avec une fausse naïveté tellement convaincante, mais au fond très exigeante, que la personne en face ne peut pas résister. Même les réponses sèches des interlocuteurs coriaces contribuent à la spontanéité de l'interview; Ce que Philippe Vandel a bien compris lorsqu'il travaille sur le montage.


Philippe Vandel (12 secondes)

La récompense du bon intervieweur, c'est une réponse comme celle-ci:


Etienne Daho (3 secondes)

Ou comme celle-ci:


Philippe Vandel avec le philosophe Michel Onfray (7 secondes)

(1) Les autres instants de bonheur offerts par France Info sont les chroniques "Il était une mauvaise foi" du génial Jean-Pierre Gauffre, le seul héritier spirituel de Pierre Desproges.

(2) Prenant la défense de Laurent Bignolas qui prétendait interroger Albert Dupontel sur son film "Le vilain", après avoir déclaré qu'il n'avait pas vu ce film, Frédéric Taddei a ouvertement légitimé, lundi sur France 3, le fait qu'un journaliste puisse poser des questions "ouvertes" afin que "l'invité" puisse faire sa propre promotion. C'est la première fois qu'un animateur reconnaît publiquement la pratique des "interviews promotionnels". Sur une chaîne du service public.

(3) Du lundi au vendredi à 6h20, 9h40, 11h10, 13h40, 15h10, 17h10, 22h20 et 23h50.

samedi 14 mars 2009

Une remarquable cartographie des métiers de la presse

Metiers_de_la_presse_logo_observatoire_bis.jpgLa presse reste, heureusement, une activité ouverte à toutes sortes de compétences.

Question de légitimité: la profession au sens large doit pouvoir accueillir des représentants de toutes les couches sociales.

Question de survie: toutes les compétences induites pas les innovations technologiques ne sont pas délivrées par les écoles de journalisme encore formatées par la référence au "Monde" d'Hubert Beuve-Méry. Or, l'information a également un besoin urgent de compétences émergentes.

Créé le 7 avril 2005 par un accord entre les partenaires sociaux sur la formation professionnelle, le bien nommé Observatoire prospectif des métiers de la presse vient de mettre en ligne un outil encore en devenir mais très original et déjà très performant.

Metiers_de_la_presse_carte_interactive.jpg
C'est une base de données qui bénéficie d'une interface simple, plutôt agréable et intuitive car sa métaphore graphique renvoie à la notion d'orientation, par allusion à la boussole.
Quand la molette est déplacée à l'intérieur du cadran circulaire, elle active huit onglets qui conduisent vers autant de grands domaines d'activités de la presse.

Dans la fenêtre de droite apparaissent les métiers impliqués dans ces différents domaines d'activité ainsi que, sous l'onglet voisin, les profils de ces métiers.
Si un de ces métiers intéresse particulièrement le visiteur, la fenêtre située sous le cadran circulaire propose le téléchargement d'une documentation plus complète en PDF.

Metiers_de_la_presse_animation_tres_large.jpg
C'est le premier référent professionnel commun à toutes les entreprises de presse. Il permet d'ores et déjà d'ajuster les vocations aux besoins de cette industrie de contenus. Les jeunes peuvent y découvrir toutes sortes de parcours possibles et comment y accéder.

La prochain développement, imminent, de cet outil salutaire permettra aux DRH de mettre en ligne des annonces de recrutement et aux salariés de consulter le descriptif inter-entreprises de leur poste.

SOURCE: Centre Inffo :information sur la formation

vendredi 30 janvier 2009

Le trimestriel XXI démontre qu'un journalisme de qualité est rentable

 Pendant que les responsables, globalement incompétents, de la presse écrite quotidienne quémandent de l’argent au pouvoir politique et tandis que des regroupements de journalistes préparent l’avenir en scrutant attentivement leurs rétroviseurs, les créateurs de XXI enregistrent un phénomène à peine croyable: la qualité paie puisque leur trimestriel est rentable au bout d’un an.

Précisions apportées par Laurent Beccaria le 02 février 2009: les ventes nettes, retours déduits, ont été de 44.000 (janvier 07), 31.000 (avril 07), 27.000 (juillet 07), 37.000 (octobre) et le premier mois de vente record du dernier numéro donne des projections à 44.000 (janvier 09).
Il y a aujourd'hui 2.522 abonnements à 60 euros, sans mailing ni réduction, juste avec les coupons insérés dans les exemplaires.
Le rythme des abonnements a doublé depuis septembre.
Le CA 2008 HT (5,5% de TVA) est à 1,98 k€, avec 0,8k€ de résultat.
Le point mort d'un numéro est à 31.000 ex pour 47.000 ex de tirage.
Les invendus représentent 18% des exemplaires envoyés chez les libraires.
L'impression compte pour 28% des charges.
Les frais de structure 21%.
Les frais de reportages (BD et portfolio inclus) 34%.
Les illustrations (direction artistique et maquette incluses)13%.
Les frais de promotion (relations libraires, PLV comptoir) 4%.
La mise de fond a été de 450K€; 250K€ ont été utilisés pour l'investissement (pré-maquette, numéro zéro, colonnes en bois pour les libraires, etc.). Le reste constitue le fond de roulement de XXI.
Les auteurs sont payés avant ou à parution (le remboursements des frais de reportage et le montant des piges sont précisés à la fin du troisième module audio de mon billet, module qui est situé sous le paragraphe "Des journalistes bien payés..."), l'imprimeur à 45 jours, alors que les recettes des libraires, elles, sont encaissées à 135 jours fin de mois.
Ainsi le CA du numéro mis en vente le 8 janvier, imprimé fin décembre, ne sera encaissé que le 15 mai.
C'est une contrainte importante par rapport au réseau NMPP (en plus d'une TVA à 5,5% et non à 2,1%).

Critères de qualité valables pour le papier comme sur le web

(A ce point du billet, les mots et locutions qui apparaîtront en caractères gras désigneront des exigences qui ont produit le succès de XXI , mais qui selon moi s'appliquent également aux projets éditoriaux sur le web.)

La qualité, en matière de presse, suppose d’abord un refus des scléroses corporatistes, comme celle qui s’exprime dans le mot d’ordre « Faites court, les gens ne lisent plus. »
L'exigence d'un journalisme de qualité passe par le rejet du conformisme professionnel qu'illustre le mot d'ordre répandu dans presque toutes les rédactions « Restez dans la ligne générale (sous entendu: ne vous écartez surtout pas de ce que publient les autres organes de presse); si ce n’est pas dans l’AFP, ce n’est pas de l’actu. »


La rencontre entre l’éditeur Laurent Beccaria et le journaliste Patrick de Saint-Exupéry était placée sous le signe du refus et du rejet, donc de la singularité. Laurent Beccaria raconte comment les contraintes de la presse traditionnelle ont amené Patrick de Saint-Exupéry à chercher, et trouver une autre approche de l'actualité;

La qualité, en matière de presse, c’est ensuite la créativité. Prendre le temps de la réflexion pour concevoir un projet, étudier sa faisabilité sans passer par les normes artificielles du marketing.

Patrick de Saint-Exupéry et Laurent Beccaria se sont rencontrés chaque jeudi, pendant plusieurs mois, pour chercher ensemble les modalités pratiques de mise en oeuvre de ce journalisme singulier et de qualité.


En suivant les stéréotypes du marketing - le lecteur-type, la publicité, la périodicité, le prix - le projet était condamné par "les professionnels de la profession". Un jeudi matin, après une nuit passée à exorciser un renoncement qui semblait inéluctable, une équation à trois paramètres s'est imposée. C'était la formule de la cohérence.

Des journalistes bien payés, traités comme des auteurs

Laurent Beccaria parle d'auteurs à propos des journalistes du trimestriel.
Peut-être parce qu'il est éditeur de livres, habitué à traiter avec des écrivains, maîtres de leur production intellectuelle, mais pas seulement.
La dignité d' auteur attribuée à un journaliste désigne une concentration de talents qui fait de ce journaliste un aristocrate de la profession. Sans doute par l'acuité de son regard sur l'actualité. Acuité qui comporte naturellement une grande profondeur de champ, une capacité à aller au-delà des faits et des apparences pour saisir et restituer des phénomènes décisifs. Une capacité à construire un récit, comme un écrivain mais au service de la réalité observée. Talent d'écriture aussi. Avec la probabilité, malgré tout, d'être corrigé et d'avoir, peut-être, à réécrire plusieurs fois son article

Effectivement, l'écriture est travaillée dans XXI. Cependant...

...Une préciosité stylistique - "le bien écrire journalistique" en successions de phrases courtes sujet/verbe/complément, fonctionnant de manière répétitive comme une rythmique disco - m'agace prodigieusement dans certaines livraisons de XXI.

 Quoi qu'il en soit, le fait que des journalistes soient considérés comme des auteurs prouve que la profession n'est pas fatalement vouée à la déqualification. Et la notion d'aristocratie qui s'attache au statut d'auteur renvoie à au prestige d'une marque média, avec sa légitimité fondée sur des valeurs reconnues: fiabilité, singularité, créativité, profondeur. Laurent Beccaria récuse l'idée de marque media. Il préfère parler de titre. D'accord: un titre, c'est aristocratique aussi.


La beauté sur papier c'est le rich media sur le web

Il n'y pas de ligne éditoriale, à XXI. Le contenu de chaque livraison est déterminé par un engagement:

L'engagement de traiter le réel dans l'actualité constitue une valeur éthique. Cette valeur est reconnue par les nombreux lecteurs qui achètent le trimestriel et qui ont assuré un succès surprenant au coffret de Noël des quatre premiers numéros. Le succès commercial fonde la légitimité de XXI.
Mais, dans la temporalité dont vient de parler Laurent Beccaria , et surtout dans la manière de détecter les faits à longue portée et de les traiter en conséquence, transparaît aussi la temporalité du rich media qui, sur le web, consiste à structurer les évènements en fonction de leur consistance, de leur complexité - un mot que mon interlocuteur n'aime pas mais tant pis - et dans leur durée. C'est la même démarche, pour le papier comme pour les écrans.


Autre analogie entre la qualité de l'information sur papier et celle de l'information sur écran(s), le culte du beau. Pour XXI, le choix du format, du papier, de la typographie, des illustrations ( photographie, dessins, bandes dessinées), tout concourt à faire de la revue un bel objet, dans lequel on a envie de s'immerger rien qu'en contemplant une couverture belle comme une oeuvre d'art hyper réaliste.

(Sur l'art d'illustrer l'information selon XXI, voir ce billet dans mon autre blog, "Communiquer par l'image.)

Le travail des directeurs artistiques contribue à installer l'identité, la singularité. C'est une inestimable valeur ajoutée.

(Remarque: dans la mesure le rich media numérique exploite pour leurs spécificités les différents modes d'expression que sont le texte, le son, l'image fixe et l' image animée, XXI fait en quelque sorte du rich media sur papier en exploitant pour leurs spécificités la mise en page, la typographie, toutes les variétés d'images qui s'impriment en noir et blanc ou en couleurs.)


Rien d'étonnant, dès lors, à ce qu'un projet éditorial aussi pertinent, aussi cohérent, aussi exigeant et aussi riche rencontre un public nombreux, sociologiquement très diversifié.
XXI est un succès transgénérationnel, avec un lectorat composé de jeunes, de vieux, de citadins et de ruraux, de gens aisés et d'autres qui le sont beaucoup moins.
Tous aiment lire. Ils dépensent 15 euros tous les trimestres, c'est à dire 5 euros par mois, soit encore 1, 20 euro par semaine parce qu'ils comprennent qu'ils en ont (largement) pour leur argent.

XXI ne fait pas de cadeaux. C'est la marque de l'indépendance et de la considération pour les auteurs comme pour les lecteurs. Pas d'abonnements à tarifs réduits. Pas d'objets promotionnels. Pas de service de presse gratuits pour les journalistes. XXI n'a de gratuit que la consultation de son blog.

XXI_bandeau_du_blog.jpg

mardi 1 juillet 2008

Jean-François Kahn à "Marianne": réponses à apprendre par coeur

A lire de toute urgence et à conserver précieusement, l'entretien que Jean-François Kahn accorde à l'hebdomadaire "Marianne" N° 584, en kiosques du 28 juin au 4 juillet 2008. Rien que pour ces quatre pages, c'est un numéro historique, un collector. Les écoles de journalisme devraient en imposer une lecture commentée à tous leurs étudiants.

Marianne_JFK.jpg

Le seul problème que posent les réponses de Jean-François Kahn aux questions de Michel Azaïs, c'est, d'une part, le choix entre les réflexions à longue portée et les jugements acérés sur les journalistes en vue et, d'autre part, le nombre de citations que l'on peut s'autoriser sans sombrer dans le plagiat au détriment de "Marianne". Deux réflexions et deux citations ne devraient pas nuire aux ventes de l'hebdomadaire, ni à ses abonnements en ligne.

Les vices cachés du journalisme à la française

La notion d'asservissement volontaire relie ces deux phrases: "Quand j'ai commencé dans cette étrange profession, à la fin de 1959, il y avait de nombreux journalistes issus de la Résistance dans les quotidiens; mais beaucoup des petits et des grands chefs(...) venaient du vichysme ou avaient donné dans la collaboration."Voilà pour le passé.

Le présent: "J'ai été très marqué, et je le suis encore, par cette propension de certains journalistes, au nom de leur réussite sociale, ce que je peux comprendre, à se laisser happer par l'émanation du pouvoir et de l'argent."

Deux jugements vérifiés et vérifiables:

Jugement N°1, vérifié par l'auteur de ce blog: "(...) l'article de "Marianne" qui présente Jean-Claude Dassier comme un grand pro estimé de ses pairs m'a fait (un peu) rigoler."

Jugement N°2, facilement vérifiable: "Jean-Michel Aphatie, autre cas hélas, de soumission volontaire à la pensée dominante, explique que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes médiatiques."

Avantage au web

Je suis d'accord avec Jean-François Kahn quand il prévoit que la situation des médias classiques va s'aggraver et je souscris, évidemment, à l'idée que la crise des médias classique ne peut que profiter au web.

Une dernière pour la route ?
"Pourquoi de plus en plus, de nos jours, les mauvais sont-ils plus systématiquement promus que les bons ?"... Je ne cite pas la réponse, exprès pour vous obliger à lire l'intégralité de ce manifeste.

Vite, aux kiosques citoyens !

jeudi 11 octobre 2007

Les scientifiques, leurs blogs et les journalistes

Le blog français Affordance apporte une intéressante contribution à la problématique de la médiatisation scientifique, telle qu'elle est exposée par la Online Journalism Review.

Résumons : les journalistes seraient condamnés à trahir les chercheurs. Parce qu'ils n'ont pas l'armature intellectuelle requise. Parce qu'ils se dispersent entre de trop nombreuses disciplines très éloignées les unes des autres. Parce qu'ils sont formatés pour produire du "nouveau", alors que le travail scientifique s'accomplit généralement à l'écart de cette notion de "nouveauté", de "scoop".

L'existence des blogs permet de surmonter cette réelle difficulté à rendre compte en étant compréhensible sans être trop réducteur.

C'est tout l'intérêt de la contribution du blog Affordance. Sur son blog, le chercheur peut développer un langage qui n'est ni celui, inaccessible au commun des mortels, des publications savantes ni celui d'une vulgarisation tellement simplificatrice qu'elle déforme la réalité scientifique. Le chercheur qui s'exprime sur le blog Affordance nomme "valorisation", ce mode d'expression du savant blogueur. C'est la mise en valeur, grâce au blog, du travail scientifique par le scientifique lui-même, sans hermétisme et sans l'obsession de trop simplifier pour être invité dans les médias.
Les journalistes, du coup, n'ont plus d'excuses pour justifier l'éventuelle médiocrité de l'information scientifique. Ils doivent considérer les blogs de chercheurs comme des sources de première importance, comme des points d'appui pour parfaire leur propre culture.

Lien permanent

mercredi 22 août 2007

Textes de base

Les fondations légales, réglementaires, corporatives et déontologiques du journalisme en France.

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