
Dédié aux réalisations et aux solutions d'enrichissement des contenus
informatifs,
le blog Hypermedias analyse le travail exemplaire des équipes du
New York Times en ligne: photos, vidéo, animations électroniques dans une même
interface avec du son bien ajusté et un texte réduit à sa plus simple
expression, la plus performante sur le web.
EDITION, PUBLICATION
mardi 16 février 2010
JO de Vancouver: le rich media concentré du New York Times
Par Alain Joannes le mardi 16 février 2010, 19:24
vendredi 15 janvier 2010
Haïti: le rich media pour mieux comprendre les causes profondes
Par Alain Joannes le vendredi 15 janvier 2010, 23:29
Le nombre exceptionnellement élevé de morts et de blessés est la principale
caractéristique de la catastrophe survenue en Haïti.
Cette dimension n'a pas été mieux expliquée, jusqu'à présent, que par
le
reportage réalisé en ''rich media'' par deux journalistes
indépendants, Jean Abbiateci et Julien Tack.
Avec leur argent personnel et en utilisant intelligemment toutes les ressources
du web, les deux reporters ont passé trois semaines sur place pour dévoiler de
manière quasiment prémonitoire les causes structurelles du bilan humain:

Alors que les médias linéaires traditionnels - radios et télévisions, notamment
- se répètent de manière émotive et superficielle ou s'excitent bizarrement sur
les "performances" des seuls sauveteurs français, comme si la tragédie était un
terrain de compétition entre les équipes françaises et américaines, l'approche
en rich media journalistique décompose la situation complexe d'Haïti
en unités de sens qui, très bien documentées et remarquablement illustrées,
donnent de la profondeur et de la densité à l'actualité.
Photo Julien Tack
On ne comprend pas pourquoi il y a eu tant de victimes si on n'est pas entré
dans le reportage de Jean Abbiateci et Julien Tack.
Reportage auquel j'ai consacré plusieurs billets
ici et ici
et qui justifie un chapitre entier dans mon livre
"Communiquer en rich media". En l'occurrence un dialogue avec Jean
Abbiateci, l'un des deux auteurs sur les conditions de réalisation de
l'enquête.
vendredi 16 octobre 2009
Une actualité multi sources hiérarchisée par des algorithmes
Par Alain Joannes le vendredi 16 octobre 2009, 18:41
Orange propose depuis quelques mois
un agrégateur
d'informations qui fait appel à de nombreuses sources
d'informations de la presse écrite, de la radio et de la télévision.
Agréable et ergonomique, la page d'accueil produit une impression de sérieux et
de profusion.

Dès son arrivée sur la "une", le visiteur a une vue d'ensemble de l'actualité
structurée selon une hiérarchie ternaire de discernement: les principaux
évènements, les évènements intéressants et les autres. Entre les deux premiers
niveaux, les dépêches défilent.
Quiconque s'intéresse particulièrement à un évènement ou à un dossier, peut
entrer dans les sélections de reportages en vidéo, de séquences audio et
d'articles sur le thème choisi grâce à une technologie de
clustering.

Selon Laurent Frisch, chef de produit, deux algorithmes spéciaux justifient
le caractère novateur de ce service hybride, à la fois agrégateur et moteur de
recherche.
Les algorithmes de 2424 actu (01'08)
Il s'agirait même d'une première mondiale. Affirmation en cours de
vérification, enregistrée dans cette courte séquence vidéo:
Voici un aperçu de ce que les algorithmes de clustering proposaient
dès le premier clic sur le dossier de l'offensive lancée par l'armée
pakistanaise contre certaines tribus:

Neuf reportages provenant des chaînes de télévision - c'était le dimanche 18
octobre au début de l'offensive - , des liens vers cinquante articles de presse
écrite et une rubrique intitulée "En savoir plus" contenant d'autres reportages
sur différents aspects de l'actualité pakistanaise récente.
Laurent Frisch se fait une certaine idée de l'infonaute idéal:
Le visiteur rêvé de 2424 actu (00'22)
Les équipes qui travaillent sur l'agrégateur d'Orange ne produisent aucun
contenu. Sa substance éditoriale étant délivrée par des organes de presse, la
première question qui vient à l'esprit concerne le risque de cannibalisation:
si les infonautes trouvent leur bonheur sur 2424 actu, pourquoi iraient-ils
visiter des sites media des fournisseurs d'Orange...La réponse de Laurent
Frisch:
Un contenu complémentaire à ceux des sites médias
(00'45)
France Télévision rejoint d'ailleurs l'agrégateur. D'autres fournisseurs
francophones viendront plus tard. Ce sera la profusion réjouissante du web. On
pourra parler de diversité et le chef de produit de 2424 actu prend même le
risque de placer le pluralisme comme valeur suprême de l'agrégateur.
D'accord sur la profusion, doute sur le pluralisme
Il peut y avoir de la diversité dans la profusion, mais ce n'est pas certain.
En tous cas, c'est sous-estimer gravement le conformisme des journalistes
français que de croire que le pluralisme - c'est à dire les manières
différentes de choisir, de hiérarchiser et de traiter l'actualité - découle
naturellement de la profusion des sources.
Bien avant que le web et Google soient accusés de "tuer l'information'
(voir
les woltonneries et autres joffrinades récemment stigmatisées par mes
soins) , la presse française dépérissait lentement, inexorablement, au
point d'être désormais la moins lue parmi celles des nations développées, et de
moins en moins crédible selon le baromètre annuel "La Croix / Sofres).
Le conformisme des journalistes français a réduit la diversité qui prévalait
aux lendemains de la Libération à quelques monopoles naturels qui disent tous
la même chose sur les mêmes évènements de la même manière, c'est à dire le
contraire du pluralisme. Lequel est un effet de la liberté dont les
journalistes français usent bien peu.
La preuve avec cette offre de diversité non pluraliste vue sur 2424 actu:

Personne n'a évidemment envie de "profiter" d'une diversité aussi
monotone (1) , typique du copier-coller de dépêches, c'est à dire
du journalisme low cost. Tellement bas de gamme qu'il peut s'effectuer
sans journalistes, vieux rêve des patrons de presse.
Ce journalisme low cost n'est pas le fait de 2424 actu (qui n'emploie
pas de journalistes) mais bien celui d'une presse française dont l'offre de
contenus apparait cruellement répétitive et conformiste dans les pages de
l'agrégateur.
Les algorithmes de l'agrégateur ne font que capter les causes de l'ennui qui
tue l'information à la française beaucoup plus sûrement que Google.
On demande des journalistes capables de hiérarchiser
l'information
Autre conséquence des multiples renoncements journalistique, l'éminente
responsabilité qui consistait à structurer l'actualité en sélectionnant et
en hiérarchisant
les évènements risque d'être confiée à des algorithmes, c'est à
dire à des séquences informatiques qui évalueront le poids et l'importance des
contenus, à la place des "cerveaux" de journalistes.
La réponse de Laurent Frisch est intéressante:
Hiérarchisation algorithmique journalistiquement assistée
(01'25)
(ACTUALISATION LE 22 OCTOBRE: voir le commentaire N°7 signé Laurent
Frisch: il contient des précisions très intéressantes).

Compte tenu de tout ce qui précède, l'excellent outil d'information 2424actu se
destine à trois types d'internautes:
- les enseignants qui auraient la bonne idée de proposer des exercices de
discernement médiatique aux futurs citoyens.
- les jeunes citoyens qui souhaitent s'informer à partir de sources
sérieusement sélectionnées, parmi lesquelles de vraies "marques médias".
- les infonautes boulimiques qui bénéficient de l'une des plus belle revue de
presse jamais offerte par le web.
C'est d'ailleurs sur cet axe qu'Orange diffuse la vidéo de lancement de 2424
actu.
(1) Un petit oxymoron fait du bien de temps en temps.
mardi 16 juin 2009
Webreportage en Haïti: valeurs ajoutées du rich media structuré
Par Alain Joannes le mardi 16 juin 2009, 13:32
A la question souvent posée: "Quelle
différence entre multimédia et rich media? , la meilleure réponse est
actuellement: "Allez voir, lire et écouter le webreportage de Jean Abbiateci et
Julien Tack sur la
route de la faim en Haïti."

Le projet de ces deux jeunes
journalistes entrepreneurs avait inspiré une
note admirative dans ce blog en novembre 2008.
Le résultat démontre que les valeurs ajoutées du rich media se situent dans la
structuration du webreportage et, à partir de cette structuration, dans la
manière d'affecter les modes d'expression aux contenus.
L'expression "valeur ajoutée" se justifie par rapport aux sites et blogs
multimédia dans lesquels le texte, les sons, les photos, les vidéos et les
liens sont disposés - souvent "déposés" - sans qu'apparaisse une démarche
cohérente étroitement liée au sens du reportage (1).
L'architecture
choisie pour "La route de la faim" est remarquable parce qu'elle concilie la
consultation verticale et l'assimilation linéaire. Il s'agit, en fait, d'une
grille invisible avec ses deux dimensions puissamment intuitives puisque ce
sont celles des catalogues, des manuels ou des onglets dans les applications
web. Lors de la consultation, l'utilisateur cherche ce qui l'intéresse, - et
qui n'est pas forcément au début - il assimile puis il passe à un autre
thème.

On n'insistera jamais assez sur les vertus de cette ergonomie utilitariste.
L'infonaute cesse d'être passif comme un vulgaire téléspectateur. Il comprend
d'instinct que toute liberté lui est donnée e il reçoit cette liberté comme une
gratification. C'est la grande différence avec la situation souvent pénible de
l'auditeur et du téléspectateur obligés de subir un déroulement linéaire imposé
par autrui, même quand ce déroulement comporte des inepties. Grâce à
l'ergonomie de la "grille invisible", l'infonaute agit sur sa manière à lui
d'assimiler un contenu. Ce contenu en devient d'autant plus attractif.
L'infonaute avisé peut, par exemple, choisir de commencer par le "making off"
pour savoir qui sont les auteurs.

La seconde valeur ajoutée de "La route de la faim" apparaît rapidement dans
l'exploitation pertinente des modes d'expression.
Premier constat, tous les modes d'expression sont mobilisés.

Deuxième constat: chaque mode d'expression est mobilisé pour ce qu'il apporte
de manière spécifique.
- Le texte est réduit au minimum mais il devient essentiel puisqu'il "dit" ce
que les images et les sons ne peuvent pas "dire" aussi bien.
- A part une perplexité personnelle sur le choix d'une pièce de piano
romantique dans la description d"un ancien hôtel de luxe, les sons délivrent
des informations que ni le texte ni les images ne peuvent fournir. C'est vrai
des interviews, c'est vrai des ambiances et c'est encore plus vrai des
commentaires en voix "off", sobres et consistants.
- Les images pourraient se passer de commentaires tant elles sont riches en
informations, en indices. Seules, elles constitueraient un émouvant reportage,
comme d'ailleurs celui qui est proposé en bonus. Mais, précisément, les textes
écrits et les sons ont été formulés de telle sorte qu'ils augmentent la
puissance des images en leur fournissant un solide contexte
journalistique.
- Les liens procurent au webreportage la profondeur documentaire qui
constitue la troisième dimension du rich media journalistique.
Bien conçu, bien découpé, bien scénarisé, riche en données et agréablement
consultable malgré la gravité du sujet, le webreportage de Jean Abbiateci et
Julien Tack était un
modèle de bricolage informationnel. Il s'est transformé en exemple de
journalisme actuel. Un cas d'école.

Lire aussi le carnet de
route des deux reporters depuis leur arrivée à Miami le 27
novembre 2008 jusqu'à leurs récentes démarches pour vendre leur travail à
différents organes de presse.
Un autre blog, de facture plus classique, sur certains aspects de
la situation en
Haïti.
1) Le secrétaire de rédaction d'un magazine imprimé avait coutume de
demander une photo de dimensions précises, non pas pour donner du sens au
reportage mais pour "faire joli" dans la page. C'était du multimédia sur
papier.
mercredi 20 mai 2009
L'Université de Metz crée une licence de rich media journalistique
Par Alain Joannes le mercredi 20 mai 2009, 12:08
Jean-Luc
Raymond m'a récemment signalé
le remarquable billet de Mélissa, jeune journaliste (1), qui
s'insurgeait le 11 mai dernier contre les carences de l'enseignement proposé
par les écoles françaises, en particulier dans le traitement multimédia (2) de
l'information.

Je souscris sans réserve à l'orientation générale de ce cri de colère,
parfaitement argumenté et judicieusement étayé par de nombreux exemples
probants. Plutôt que de picorer quelques extraits dans la diatribe de Mélissa,
je vous conseille de lire l'intégralité de sa prose, bien sentie au
demeurant.
Deux petits désaccords:
1 - Je ne crois pas que le journalisme multimédia, ou "rich media", puisse se
passer complètement du texte comme "entrée" dans des contenus modulaires et
comme élément de structuration.
Il s'agit plutôt, selon moi, de libérer le texte d'un certain nombre de
pesanteurs que d'autres modes d'expression, dont les images et les sons,
peuvent prendre en charge de manière plus pertinente.
Ce qui implique une écriture web particulièrement ajustée, d'une précision de
joaillerie.
2 - La maîtrise des langages de programmation et, notamment de Flash, ne me
semble pas absolument nécessaire pour un(e) journaliste qui doit
essentiellement se préoccuper du contenu, de la production de sens, du confort
d'assimilation par les infonautes.
Au-delà de ces réserves subsidiaires,
je signale à Mélissa et à tous les futurs ou jeunes journalistes qui se sentent
concernés par l'avenir du métier d'informer que l'université
Paul Verlaine de Metz ouvre en septembre prochain une formation de
journalisme "rich media" très proche, dans ses objectifs, des stages de
sensibilisation que j'anime depuis deux ans au CAPJC de Tunis, un des
établissements francophones pionniers en la matière (2).

Les enseignements qui seront dispensés dans le cadre enchanteur de l'île du
Saulcy, en plein coeur de la ville, par Arnaud Mercier semblent à priori
parfaitement ajustés aux évolutions actuelles et futures du journalisme.
Extraits:
- Techniques rédactionnelles (20 h. td)
- Reportages audiovisuels et radiophoniques (20 h. td)
- Outils de gestion de contenus en ligne (14 h. td)
- Création et exploitation d'un site d'information (14 h. td)
- Traitement numérique des images (20 h. td)
- Méthodologie de la recherche d'informations en ligne (4 h. cm + 10 td)
- Médias collaboratifs, webzines (4 h. cm + 10 td)
- Usages et réception des médias numériques (14 h. cm)
- Écritures hypertextuelles (14 h. cm)
- Sémiologie des productions médiatiques et réception des informations (14 h.
cm)
- Sociologie critique des pratiques journalistiques (14 h. cm)
- Stratégies éditoriales de l'information en ligne (4 h. cm + 10 td)
- Écriture multimédias d'information et mise en ligne (14 h. td)
- Vérification de l'information et rapports aux sources
Précisions apportées le 23 mai par Jean-Christophe Dupuis-Rémond,
professeur associé à cette Université:
- Les écrits d'admission pour les candidats retenus se dérouleront le 4 juin
prochain.
- Avec mon collègue Nicolas Bastuck du Républicain Lorrrain ainsi qu'avec
Arnaud Mercier, nous encadrerons une conférence de rédaction bi-hebdomadaire à
partir de la rentrée de septembre 2009. Elle déterminera les produits qui
seront mis en ligne par nos étudiants sur un support web dédié.
Ce support se veut un laboratoire d'exposition sans contraintes dans la forme
(...)Les futurs employeurs de nos étudiants pourront ainsi se faire une idée de
leur potentiel.
RAPPEL de notes consacrées, sur ce blog, au rich media
journalistiquement structuré:
- Exploitation de
Vuvox par La Gazette
-
Le New York Times
-
Apture
- Le Financial
Times
- Webreportage de
Géo
- Flyp
- Polyvalences
- Un stage de
rich media à Tunis
- Hiérarchie de
l'information
- Un
procès en rich media artisanal
- UN EXEMPLE
récent (mai 2009) de reportage
en ''rich media'' réalisé en moins de trente-six heures, collecte
sur le terrain comprise, par trois stagiaires du CAPJC de Tunis.
D'autres réalisations de stagiaires qui n'ont pas utilisé Vuvox sont également
probantes.
Parmi elles, une structure modulaire qui s'ouvre sur une image "clicable" et
qui décompose le sujet en un texte, une photo, une vidéo, un son et des liens.
Son titre: "Le rich media par lui-même".

Mon approche personnelle du "rich media journalistiquement structuré"-
expression utilisée pour le distinguer du rich media inventé par la publicité
dans les années quatre-vingt dix - cette approche est exposée notamment dans le
chapitre 2 de mon
livre avec ses implications dans l'analyse des évènements et la
hiérarchisation de l'information, son impact sur les polyvalences
professionnelles et sur l'organisation du travail au sein des rédaction.
1) le site de
Mélissa, à ne pas confondre avec son blog.
2) Je préfère l'anglicisme "rich media" pour trois raisons:
a) l'approche multimédia consiste souvent, pas toujours, à déposer une photo
ici, une vidéo ailleurs, pour des raisons plus décoratives que
journalistiquement justifiées. C'est ce qui se passe sur la plupart des sites
d'organes de presse hexagonaux où on a le sentiment qu'un secrétaire de
rédaction de journal papier demande une image "pour faire joli" dans la page,
pas vraiment pour donner du sens à l'information.
b) l'approche "rich media" suppose, de mon point de vue, une structuration
journalistique des différents modes d'expression - texte, photos, sons, vidéos,
liens - au service des contenus informatifs et pour favoriser une meilleure
assimilation de ces contenus par les infonautes.
c) le vocable "rich media" contient la notion d'enrichissement de
l'information, notion qui implique selon moi une nouvelle stratégie éditoriale,
une nouvelle organisation du travail dans les rédactions et un nouveau type de
relations avec les audiences.
Cependant, foin de querelles sémantiques: le fait que quelqu'un emploie le
terme "multimédia" ne me gêne pas dans la mesure où il s'agit de désigner une
manière de rendre compte en utilisant les outils du web.''
2) En 2008, comme cette année, mes stagiaires tunisiens en rich media
démontrent en quelques jours qu'il est possible de s'emparer avec enthousiasme
et beaucoup de talent des outils souvent gratuits avec lesquels les
journalistes ont intérêt à s'exprimer sur le web. Ils sont signé des
réalisations remarquables à partir de reportages très courts.
vendredi 13 mars 2009
Un colloque en rich media avec l'application en ligne Vuvox collage
Par Alain Joannes le vendredi 13 mars 2009, 16:30
Rien de plus statique qu'un colloque. C'est le type d'évènement qui ne
convient, à priori, qu'à la presse écrite magazine ou, à la rigueur - et dans
des formats réducteurs - à la télévision.
Pour le site de
La Gazette Santé
Social (groupe Moniteur), Guillaume Garvanèse a réalisé avec
Hélène Delmotte et Jacques Paquier un reportage en ''rich
media'' d'autant plus intéressant que le thème de la conférence
n'était pas facile.
Le choix de la rédaction s'est porté sur Vuvox Collage, une application en ligne et
gratuite qui intègre du texte, des sons, des vidéos et des liens dans un
diaporama.
![]()
Du point de vue de l'internaute, la consultation de Vuvox est extrêmement
gratifiante. Les photos racontent un évènements de manière linéaire. Sur
certaines de ces photos, il est possible de s'arrêter pour obtenir des
précisions délivrées dans une fenêtre pop up sous la forme d'un
enregistrement audio, d'une séquence vidéo, d'un texte ou de liens.
Il s'agit donc bien d'une solution d'enrichissement d'un contenu primaire -
ici, la photo au lieu du texte dans la plupart des cas - par d'autres contenus
formulés dans différents modes d'expression.
Attractivité, consistance, profondeur
Le résultat, remarquable, est exemplaire pour deux raisons. D'abord, le sujet,
bien sûr. La preuve est faite, avec le traitement que "La Gazette Santé" a fait
de ce colloque, que le journalisme en rich media rend l'actualité plus
attractive, plus consistante et plus profonde que quand elle est traitée par
les modes d'expression des médias conventionnels: le compte-rendu de ce
colloque serait ennuyeux en presse écrite (sauf à multiplier les entrées et les
encadrés); il serait parcellaire en radio, assurément réducteur en
télévision.

Ce résultat est exemplaire, aussi et surtout, parce que l'équipe de "La
Gazette Santé" avait pris le risque de découvrir l'outil rich media
dans les conditions réelles de la production du contenu pour le site. Elle
aurait pu faire un test "à blanc", sur un sujet facile, permanent et pas
forcément crucial pour la ligne éditoriale.
L'équipe a choisi, au contraire, de travailler sous la contrainte du reportage
sur un évènement dont la durée était limitée dans le temps; pas question de
revenir prendre du son ou refaire de photos.

Guillarme Garvanèse, secrétaire de rédaction web, justifie cette prise de
risque par une approche qui est à la base de toute l'approche du rich
media journalistique.
Guillaume Garvanèse (53 secondes):
Le reportage a mobilisé trois personnes: une pour le son, une pour la photo,
une pour la vidéo. Mais cette configuration ne s'impose pas toujours. Dans
certains cas - manifestations de rues, les spectacles de plein air très animés
- un seule personne peut collecter des sons et prendre des photos parce que
l'ambiance s'y prête. Dans le cas de colloque, le photographe qui voulait des
images intéressantes et aussi spontanées que possible, pouvait difficilement se
charger des interviews sonores.
Engranger, organiser, sélectionner
Sur place, au moment de la collecte, il est recommandé de rassembler le plus
possible de matériaux visuels. Outre les photos de personnages, il faut prévoir
des prises de vues qui situent les lieux, des plans d'ensemble .
La raison de cette boulimie par Guillaume Garvanèse (40
secondes):
Collecter beaucoup d'éléments en amont suppose beaucoup de temps en pour le
dérushage et de la rigueur pour classer photos, sons et vidéos avant
de les envoyer vers la bibliothèqe médias de l'application en ligne.
Vuvox collage est une interface agréable, confortable pour les internautes.
Derrière, il y a un outil sophistiqué.
Guillaume Garvanèse résume ici les conseils de base pour gagner du temps avec
Vuvox (2 minutes 02).
Autres conseils:
Durées souhaitables des modules audio dans VuVox: (32
secondes):
Comment convertir au mieux les fichiers vidéo pour VuVox (45
secondes):
samedi 14 février 2009
Le New York Times explore en rich media toutes les dimensions de la catastrophe aérienne de Buffalo
Par Alain Joannes le samedi 14 février 2009, 12:38
Pionnier et virtuose du traitement de l'information
en rich media depuis la fin des années quatre-vingt dix,
le site
du New York Times démontre, à propos de la catastrophe aérienne de
Buffalo, l'absolue et irréversible supériorité de l'écran sur le papier pour
l'analyse et la compréhension d'évènements complexes.
Sur l'écran, le texte reste prépondérant en volume mais il ne monopolise plus
la production de sens. Il devient la trame d'un récit éclaté.
Un récit structuré de telle sorte que l'internaute est libre de voyager
à l'intérieur du contenu au gré de ses curiosités.
La trame du texte distribue les réponses aux attentes des lecteurs.
La répartition des modules qui enrichissement la narration se fait sur trois
niveaux:

- Niveau 1: 7 liens hypertexte renvoient aux définitions
sommaires, au rapides compléments d'information qui correspondent, sur le
support papier, aux encadrés ou aux notes en bas de page. Un clic permet de
savoir ce qu'est, et ce que fait, le Bureau National de la Sécurité des
Transports.
Un autre conduit vers les articles que le New York Times a consacré au
constructeur canadien de l'avion.
Ces liens de premier niveau ne perturbent pas une lecture linéaire de
l'article: 7 sorties possibles dans un corpus de 1252 mots représentent une
digression tous les 178 mots, soit à peu près le volume de texte, et la durée
de lecture, de ce billet depuis son début jusqu'à la fin de ce
paragraphe.
Les tentations de quitter la trame du récit sont donc
rares.
Il va de soi que les infonautes peuvent revenir sur chacun de ces liens pour
aller au-delà de la brève présentation du constructeur de l'avion, par exemple.
Ils peuvent également suivre le forum de discussion d'experts et de passionnés
sur un
site dédié à la sécurité aérienne.
- Niveau 2 : 4 modules
graphiques font pénétrer l'internaute dans les mécanismes intimes de la
catastrophe.
Une carte analyse les
principales phases du vol de New York à Buffalo avec les
principales données que sont les altitudes successives et la chronologie.
Une animation interactive décompose en
cinq séquences les dernières minutes du vol 3407.
L'ultime image - ici en teintes inversées pour une meilleure lisibilité - de ce
module interactif explique le fonctionnement du système qui aurait dû éliminer
la glace en formation sur les ailes, l'empennage et les stabilisateurs de
l'appareil.
Un plan
de Buffalo utilisant les vues de Google Street View situe les
lieux de la catastrophe.
Un
diaporama de dix photos montre les conséquences du crash sur le
secteur habité.
- Niveau 3 : 4 hyperliens signalent l'existence d'autres articles
relatifs à la catastrophe, parmi lesquels une
émouvante évocation des vies brisées de quelques passagers. Celle
d' une avocate qui enquêtait sur le génocide au Rwanda. Celle d'un ancien
combattant au Vietnam qui avait survécu à deux accidents d'hélicoptères, qui
avait une peur bleue de l'avion mais qui s'était résolu à prendre le vol 3407
pour rendre visite à un vieil ami.

Le fait qu'il n'y ait pas de séquence vidéo dans ce contenu en rich media
signifie que les équipes du New York Times n'en ont pas obtenu ou que ce mode
d'expression n'apporte rien à la compréhension de l'évènement. Une analyse des
quatre vidéos mises en ligne par le Buffalo
News révèle la différence de traitement d'un même faits divers par
un quotidien national et par un quotidien local: la première approche déploie
toutes les dimensions techniques et humaines de la tragédie; la seconde
privilégie l'aspect émotionnel, avec des récits de témoins qui, au demeurant,
n'ont pas vu grand chose, sauf l'incendie, mais qui racontent leur peur
rétrospective.
La puissance tragique du son brut
Rien d'étonnant à ce que le son soit le mode d'expression le plus émouvant dans
le récit de la catastrophe. Les journaux télévisés remplacent souvent le son
original d'un évènement tragique par de la musique de fiction parce que les
sons réels - hurlements des blessés, cris des témoins et des sauveteurs, par
exemple - seraient insupportables.

Le document proposé par le New York
Times provient du site spécialisé Air
Traffic Control. C'est l'enregistrement brut, avec des silences,
de trente minutes de conversations entre la tour de contrôle de Buffalo et les
avions aux alentours. Dont le vol 3407. Dans cet extrait, la voix de la
co-pilote Rebecca Shaw, 24ans, (photographiée ici au terme de ses études
avant d'entrer au sein de la compagnie aérienne en janvier 2008)
dialoguant avec un contrôleur aérien quelques minutes avant la chute:
Bribe de conversation qui a dû se produire peu avant l'enregistrement des
derniers échos radar:

Le document sonore aurait dû figurer, normalement, au niveau 2 à côté des
modules graphiques dans un souci de cohérence audiovisuelle. C'est peut-être la
durée de l'enregistrement qui a incité les journalistes du New York Times à le
placer au niveau 1 où il illustre, en quelque sorte, les témoignages des autres
pilotes et des responsables de la navigation aérienne.
De cette nouvelle (1) leçon de journalisme en rich media, six
enseignements pratiques peuvent être tirés:
1) La rédaction web du New York Times ne recourt pas au rich media à tout
propos. Elle choisit des évènements complexes - une catastrophe aérienne
résulte toujours de plusieurs causes cumulatives - et à propos desquels
l'opinion a besoin d'un maximum d'explications (cf. la catastrophe du Mont
Saint-Odile, en France, enveloppée de graves suspicions par manque
d'explications.)
2) Les équipes du New York Times ont fait preuve d'un réel discernement dans
l'affectation des différents modules et des hyperliens.
3) Dense, précis et diversifié, le contenu a été réalisé en vingt-quatre
heures.
4) La rédaction du New York Times exploite une des potentialités les plus
intéressantes du traitement en rich media: la progressivité de
l'enrichissement. Actualisation: le 15 février, soit
quarante-huit heures après la catastrophe et vingt-quatre heures après la mise
en ligne de modules déjà très complets, le site publiait un
diaporama consacré à quelques une des victimes, un
reportage sur les lieux et une
analyse sur certaines conséquences de la récession dans
l'évolution récente du trafic aérien.
5)La presse écrite imprimée ne peut pas lutter contre la richesse et la
profondeur documentaire de l'information électronique traitée en rich
media.
6) Les organes d'information sur le web qui se contentent de refaire, pour les
écrans d'ordinateurs, le traitement très limité du papier (texte, carte,
photos) apparaitront de plus en plus ternes et "plats" au fur et à mesure que
le rich media se développera.
Ces poor medias en ligne qui trouvent le moyen de "faire du papier"
avec des pixels - régression objective - se condamnent au dépérissement.
LIENS COMPLEMENTAIRES OBTENUS PAR APTURE
1) En juillet 2002, le site du New York Times avait mobilisé et remarquablement structuré tous les modes d'expression du rich media- textes, sons, photos, vidéos, cartes, animations électroniques - pour raconter, quasiment en temps réel, le sauvetage des mineurs de Quecreek en Pennsylvanie (page 35 de mon livre "Le journalisme à l'ère électronique".)
mercredi 11 février 2009
APTURE révolutionne l'écriture avec des hyperliens en rich media
Par Alain Joannes le mercredi 11 février 2009, 15:41
L'apparition, il y a vingt ans, des systèmes hypertexte transformait
radicalement la manière de consommer un récit. La norme linéaire était
bousculée par l'accès aléatoire à de multiples séquences agrégées dans un
contenu.
Finalisée par le World Wide Web de
Tim-Berners-Lee, cette révolution a régénéré le récit journalistique tout en
lui imposant quelques contraintes, dont celle de produire des contenus à la
fois riches et facilement assimilables.
Une bande de jeunes
informaticiens de Stanford réunis dans la start up
Apture est en train de
répandre la révolution des hyperliens en rich media.

Il faut d'abord ouvrir un compte gratuit sur le site d'Apture et y inscrire
son ou ses blog(s). Chaque site ou blog doit ensuite être pourvu d'un
script sans lequel l'innovation ne peut pas fonctionner. Pour
implémenter cette ligne de code, un tutoriel propose une procédure généraliste
ainsi que des méthodes adaptées aux principaux éditeurs de blogs.
(Sur ce blog, par exemple, qui utilise DocClear, le script d'Apture
est à copier-coller dans un widget "texte.)

Quand Apture a reconnu le site ou le blog qui lui est affilié,
l'administrateur ou les rédacteurs sont en mesure de confier à un seul
hyperlien plusieurs accès vers différentes sources textuelles, sonores,
visuelles (photos, cartes, vidéos, animations électroniques).

Démonstration rapide avec le mouvement de protestation des chercheurs.
Un lien, six contenus différents dans une seule fenêtre pop
up
Pour que l'hyperlien aille de l'expression "mouvement de protestation" vers six
destinations différentes - trois vidéos et trois documents textuels - proposées
dans une seule fenêtre annexe, il m'a suffi de surligner l'expression en
question. Un boîte de dialogue m'a proposé d'inscrire de adresses de sites, des
fichiers vidéos. J'aurais pu ajouter sur le même lien des sons, des cartes ou
des animations. Il s'agit bien de rich media, mais il est proposé en
arrière-plan du contenu.
Si les ressources disponibles par syndication automatique dans le hub
d'Apture sont encore limitées en français, cette lacune peut être comblée par
la sélection manuelle d'adresses ou de contenus audio et visuels "empaquetés".
Les formats de contenus acceptés sont suffisamment nombreux pour que l'on
puisse, par exemple, regarder (vidéo Flash) et écouter (MP3) un
instrumentiste tout en suivant la partition du morceau qu'il interprète
(PDF).

Le site Apture.com propose des exemples de mise en oeuvre particulièrement
adaptées au journalisme. En particulier:
- Le Washington Post propose des
données politiques plus denses et plus transparentes, dont les
résultats de votes parlementaires, les statistiques du Congrès, etc.
- Les blogs du San Francisco Gate proposent d'agréables
enrichissements du texte par des vidéos pertinentes.
Implications considérables.
Au niveau de l'assimilation d'abord.
Dans le système hypertexte antérieur à l'émergence d'Apture, il y a une
contradiction potentielle entre le nombre de liens que le journaliste souhaite
proposer et le confort d'assimilation de ses lecteurs.
Un journaliste qui a bien compris les apports professionnels du web, ainsi que
l'éthique qui en découle, est tenté d'incruster dans son récit de très nombreux
liens:
- parce qu'il n'a pas suffisamment de place pour développer un aspect
intéressant de son reportage
- parce qu'il met un point d'honneur à donner ses sources afin que ses lecteurs
évaluent la qualité de son propos
- parce qu'il souhaite partager des connaissances plus profondes.
Mais, plus il incruste de liens, plus il risque de pulvériser l'acte de lire.
Le lecteur peut se perdre dans une prolifération de liens, en particulier si
ces liens conduisent à des sources riches, elles-mêmes très
arborescentes.
Avec Apture, le danger de dispersion de l'attention est considérablement
atténué. La fenêtre qui s'ouvre n'est pas une digression aussi perturbante que
la perdition dans une arborescence infinie. Le lecteur ne perd pas le fil.
Exemple, avec une documentation expresse proposée dans un reportage à San
Francisco:

C'est donc au niveau de l'écriture que tout se joue.
Le journaliste doit évidemment limiter le recours à Apture dans un contenu qui
est déjà structuré en rich media. Inutile de plaquer de nombreuses
structures légères comme celles d'Apture sur une structure lourde.
Le journaliste doit aussi séparer les liens hypertexte en deux catégories pour
deux usages différents.
Réserver pour Apture, ceux qui conduisent vers des documents qui appuient le
corps du récit: cartes, photos, sons brefs, vidéos courtes.
Les autres sources, notamment celles qui approfondissent le contenu
journalistique, doivent être ciblées par des liens proposés à part, de manière
traditionnelle. Ce qui exige un sens de la construction non linéaire assez
développé et rigoureux.
Avec Apture, le journaliste devient un réalisateur au sens où il agrège et
structure des contenus avec le souci de leur richesse et de leur impact.
Il créé des atolls de cohérence dans le chaos du web.
Actualisation le 15 février:
Le New York Times en ligne
exploite une application qui ressemble beaucoup à celle d'Apture
pour "raconter" la tournée à travers les Etats-Unis de la chanteuse Neko Case:
une carte, de nombreuses fenêtres pop up qui proposent des photos et
des extraits de chansons en MP3.

Les trois développeurs du NYT ont prévu, ici, un code de couleurs qui indique
avec quel orchestre la chanteuse s'est produite dans les différentes étapes de
sa tournée. Une fonctionnalité en parfaite adéquation avec le fond d'un article
de cinq pages.
dimanche 30 mars 2008
Annoter des captures de pages web en travail collaboratif
Par Alain Joannes le dimanche 30 mars 2008, 16:08
Dès qu'il apparaît dans le coin
supérieur droit du navigateur Firefox, ce petit logo enclenche des gains de
productivité appréciables au sein d'une rédaction. FireShot
est un logiciel qui assure des captures d'écran, permet d'éditer ces captures
et de les échanger.
Cette extension gratuite ne demande que quelques
minutes de prise en mains. Quelques minutes d'apprentissage pour
économiser des heures de conversations pas toujours efficaces.

Soit une information mentionnée par l'agrégateur Wikio. Le fait de cliquer
sur le logo de FireShot produit la capture de la page web. Le
rédacteur en chef,ou un chef de service, dispose d'une première palette
d'outils
pour souligner un mot, encadrer une
phrase, pointer une annotation vers un chiffre Il peut aussi, en étirant un
cadre coloré ou non, attirer l'attention de ses collaborateurs sur un
paragraphe complet .
Les différentes fonctionnalités du
logiciel autorisent la mise au point au sein d'une équipe d'un protocole
rudimentaire. Un code de couleurs peut établir des niveaux d'urgence: rouge
pour une tâche absolument prioritaire ("tout de suite"), orange pour une
vérification qui peut attendre quelques heures; jaune pour une recherche à
effectuer dans des délais raisonnables (24 ou 36 heures). Les formes
rectangulaires peuvent concerner les institutions, organisations ou
entreprises, les formes arrondies étant dédiées aux personnes. Les traits de
soulignement indiquent les faits intéressants et les idées à creuser.

Les captures d'écran ainsi enrichies sont sauvées sous différents formats
dont celui des images jpeg.
Ces images peuvent être exportées vers
un dossier du disque dur, vers un serveur externe ou envoyées par courrier
électronique.
Une des premières exploitations qui vient à l'esprit concerne l'organisation
du travail dans une approche hiérarchique verticale, du haut vers le bas. Le
rédacteur en chef demande à un journaliste de vérifier et de compléter une
information. Le chef de service et tous ceux qui contribuent à la réalisation
des éditions reçoivent, eux aussi, les directives.
Dans le cas d'un enrichissement long et complexe, la capture d'écran peut être
modifiée par le journaliste qui fait ainsi connaître la progression de son
travail à l'ensemble de l'équipe.
Il y aussi la possibilité d'utiliser FireShot dans une
approche collaborative horizontale. Un reporter sur le terrain peut demander à
ses collègues de la rédaction de vérifier certains points. Une équipe engagée
dans une investigation peut se mettre à travailler en essaim à partir de
captures d'écran ainsi annotées.

Le fait que ces documents de travail puissent être stockés limite les
risques de compréhension erronée, les oublis qui découlent des sollicitations
multiples et du stress. Le stockage des documents annotés et échangés favorise
également la genèse d'une mémoire collective, la construction d'une culture
collaborative génératrice de créativité. Sans que soit porté atteinte à la
singularité du travail de chaque journaliste.
dimanche 13 janvier 2008
Rich media et hiérarchie de l'information
Par Alain Joannes le dimanche 13 janvier 2008, 18:12
Loïc Hergott, étudiant à Rennes, pose à propos du chapitre de mon livre consacré à l'information en rich media, le problème de la hiérarchisation. Donner du sens à l'actualité en aidant les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes à distinguer ce qui est important de ce qui l'est moins reste une des plus hautes responsabilités des journalistes. C'est d'ailleurs en grande partie parce qu'ils ont renoncé à l'effort de discernement, et parce qu'ils ont esquivé le risque de se tromper dans leurs évaluations, que les journalistes ont vu leur fiabilité s'éroder notamment depuis la fin des années quatre-vingt.
L'information en temps réel, la profusion des sources et le mélange des genres accentuent les risques de déclin de l'autorité morale et de l'influence de ceux qui sont payés pour rendre compte de "l'Histoire en train de se faire" et rendre intelligible sa matière chaotique et complexe.

Marcos Wescamp propose, avec sa newsmap, une résolution à priori intéressante du dilemme " rapidité ou complexité". Il a mis au point un logiciel de visualisation qui cartographie les flux de l'agrégateur Google News. Fréquemment actualisées, donc pas très éloignées de l'impératif du temps réel, les cartes informatives de Marcos Wescamp effectuent trois opérations de discernement:
- en fonction des origines géographiques
- en fonction des principaux thèmes de l'actualité
- en fonction du volume de dépêches sur un sujet donné.
Le nombre d'occurrences captées par un
moteur de recherche constitue un critère d'évaluation de l'information en ce
sens que si un évènement réellement historique survient, il suscitera forcément
de nombreux articles et commentaires. Mais l'algorithme de Google n'est pas un
modèle de discernement journalistique. Par exemple, la nouvelle de la mort de
sir Edmund Hillary, vainqueur de l'Everest, occupe un territoire plus important
parce que Google a drainé 2800 articles à ce propos. Or, il y avait assurément,
ce jour-là, des évènements plus porteurs d'avenir que le décès de cet homme
estimable. La quantité d'articles peut être un symptôme de conformisme en même
temps qu'une incitation à s'y soumettre.
Il y a pourtant un aspect intéressant dans cette fonctionnalité: elle donne
un peu de profondeur à cette planisphère. Le fait de cliquer sur un
quadrilatère coloré donne accès aux articles.
Cette même fonctionnalité peut conduire
au traitement en riche media d'un évènement complexe, grâce à des liens qui
conduisent vers les textes, les sons, les photos, les vidéos. Bien sûr, ce
n'est pas parce qu'un évènement est complexe qu'il est plus important que
d'autres. Il y a quand même de fortes probabilités pour qu'un évènement de
portée historique soit assez complexe.
Par ailleurs, les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes assimilent l'information selon des modalités variables. Certains veulent être alertés sur leurs terminaux nomades, d'autres sur leurs récepteurs radio, d'autres sur leurs ordinateurs. Ce qui suppose des visualisations très différentes.
La réflexion gagnerait sans doute à se prolonger à partir d'un code de couleurs par catégorie d'évènements parce qu'un tel code est assimilable sur tous les écrans. Y ajouter, peut-être une évaluation en trois points:
- Majeur : 000
- A suivre : OO
- Courant : O
Un traitement en rich média ne s'imposerait que pour les évènements majeurs, étant entendu que les évènements "à suivre" et "courants" peuvent devenir "majeurs".
jeudi 6 décembre 2007
Un logiciel pour mesurer la durée d'un texte
Par Alain Joannes le jeudi 6 décembre 2007, 17:53
Au fur et à mesure que le journaliste rédige son flash, sa dépêche, son éditorial, son podcast ou son commentaire sur images, TextTime lui indique la durée de la version orale de l'article.
Cinq vitesses d'élocution sont pré-programmées dans le logiciel qui
s'implémente sur Microsoft Word ou sur Adobe InCopy.
Ces vitesses standards sont inspirées par
les genres journalistiques: un commentateur sportif parle - en principe - plus
vite qu'un spécialiste de géopolitique. Ces vitesses standards sont évidemment
paramétrables et s'adaptent au tempo de chaque journaliste, voire au style
d'énonciation de l'organe d'information
L'outil ouvre deux sources de productivité:
1 - L'expérience quotidienne montre que les journalistes perdent énormément de temps en essayant de réduire un article achevé mais trop long; l'auteur doit enlever des mots, des phrases voire des paragraphes mais il essaie de préserver la cohérence d'ensemble, ce qui implique de nombreuses re-lectures partielles ou complètes et du temps passé à essayer des formulations plus courtes. C'est tout ce temps qui est gagné, en amont pendant la rédaction, grâce à TextTime.
2 - Dans une perspective de travail collaboratif, les autres intervenants au sein de la rédaction connaissent la durée du contenu pendant que celui-ci s'élabore. Eux aussi gagnent du temps.
TexTime coûte 79 euros.
Quatre heures de travail pour une minute de vidéo
Par Alain Joannes le jeudi 6 décembre 2007, 17:14
Professeur de journalisme électronique à l'Université du Centre Lancashire, Andy Dickinson a réalisé une enquête sur le temps passé à réaliser un reportage en vidéo. Trois séquences ont été mesurées: la préparation du reportage, le tournage et la post-production.
Les résultats méritent d'être lus en détail sur l'excellent blog andydickinson.net. Raison pour laquelle, je n'en reproduit ici que les enseignements dominants:
- 71,2% des reportages portent sur des thèmes prévisibles.
- 56% ont une durée comprise entre 2 et 3 minutes.
- 51,9% des reportages font partie d'un ensemble multimédia.
- 58,8 % des video-reporters consacrent 1 heure à la péparation du reportage ( documentation, recherche des angles, mise au point des interviews).
- 48 % passent 2 heures en tournage.
- 34,6% ont besoin de plus de 4 heures en montage-mixage.
Andy Dickinson estime qu'en moyenne 1 minute de video diffusable représente 4 heures de travail.
Il souligne le fait que le montage constitue le goulet d'étranglement mais que la durée moyenne de post-production diminue avec l'expérience, donc avec l'âge.
samedi 1 décembre 2007
Un procès en rich media artisanal
Par Alain Joannes le samedi 1 décembre 2007, 20:13
Reporter au "Wichita Eagle", Ron Sylvester a
raconté dans son approche du rich media le procès, à Eureka, de l'assasin du
sheriff de Mayberry.
Il a principalement utilisé un petit
clavier relié à son téléphone nomade en mode Bluetooth pour envoyer de très
fréquentes actualisations au fil des audiences. Ces actualisations ont été
tellement appréciées par les internautes de la région que la rédaction a décidé
de leur consacrer une page
spéciale. De ce type d'écriture, Ron Sylvester retient trois enseignements:
1 - Même fragmenté en courtes phrases pas toujours élégantes, le reportage par
SMS, reste une narration qui doit garder la logique et la cohérence du récit
journalistique. 2 - Les actualisations en temps quasi-réel s'effectuent dans un
registre émotionnel auquel le public est forcément sensible. 3 - Les
actualisations de Ron Sylvester ont beaucoup servi à ceux de ses confrères qui,
au siège du journal, étaient chargés de rédiger des compte-rendus plus
approfondis pour la version papier du "Wichita Eagle".
Pendant toute la durée du procès, il a utilisé son ordinateur portable - à côté de la salle d'audience - pour réaliser des documents sonores avec le logiciel gratuit Audacity comme outil de montage. Ces documents étaient envoyés sur le serveur et mis en ligne immédiatement. Remarque intéressante: "Pour ce type d'évènement, le son est plus puissant que n'importe quelle vidéo."
Il était équipé de cartes à mémoires de grande capacité pout stocker les
clichés par des photographes professionnels. Ces clichés lui ont notamment
permis de réaliser sur son ordinateur portable des diaporamas d'excellente
facture avec l'application Soundslides
Plus ( +/- 50 euros)
Le jour du
verdict, le reporter a même utilisé l'application Yahoo! de messagerie
instantanée pour rendre compte minute par minute directement sur la page
web.
Il manque à la page spéciale que la rédaction a décidé de consacré à ce procès des vidéos, des graphiques (statistiques criminelles par exemple), des cartes. Mais l'essentiel réside dans le caractère artisanal de cette performance journalistique. Derrière le bricolage, il y a une volonté de raconter avec les moyens narratifs disponibles.
Source: Technolo- J, un blog pour les journalistes technophiles.
samedi 27 octobre 2007
DailyMe canalise le chaos
Par Alain Joannes le samedi 27 octobre 2007, 19:33
DailyMe est une tentative de
conciliation entre le formatage souvent mesquin de l'information par les médias
conventionnels et le déferlement chaotique et framentaires des dépêches sur le
web. Contrairement à la plupart des sites conventionnels qui ne diffusent que
leurs sources, DailyMe propose une grande diversité de sources. Contrairement à
presque tous les agrégateurs de nouvelles, Dailyme permet non seulement à ses
utilisateurs de structurer les informations qu'ils choisissent de recevoir,
mais aussi de choisir l'heure et les modalités de la réception et de les
imprimer. En fait, chaque abonné se retrouve en face d'un journal personnalisé
dont il a choisi le nombre de pages, les centres d'intérêt et la manière de les
nourrir. Mais ce journal électronique est aussi une base de données équipée
d'un moteur de recherche pour trouver des articles par mots-clefs.
L'inscription est gratuite et facile. D'abord un choix de domaines larges, ce qui revient à éliminer les autres domaines.Par exemple: "Technologie" mais pas "Sports". Ensuite, une sélection de secteurs à l'intérieur de chaque domaine. Par exemple, dans " Technologies", " Internet" et "Mobile". Le croisement de ces options produit, dans mon cas, quinze rubriques réparties sur quatre centres d'intérêt. Le tout est évidemment modifiable à tout moment.

J'obtiens une page qui présente l'aspec familier des journaux imprimés: trois colonnes, quelques photos avec en plus des tags, la liste des fils d'abonnement qui forment la texture de mon actualité personnalisée, les archives tt la possibilité de jeter, d'un simple clic, un coup d'oeil sur d'autres structurations de l'actualité.
Source: Editors Weblog
jeudi 23 août 2007
Ecrire, parler
Par Alain Joannes le jeudi 23 août 2007, 20:24
Expression journalistique exigeante
vendredi 22 juin 2007
Solutions de blogging
Par Alain Joannes le vendredi 22 juin 2007, 18:27
Catalogues et comparatifs d'outils installés ou hébergés
Régles d'édition
Par Alain Joannes le vendredi 22 juin 2007, 14:15
Bonnes pratiques de la mise en forme
Logiciels de publication
Par Alain Joannes le vendredi 22 juin 2007, 14:09
Traitement des sons
Par Alain Joannes le vendredi 22 juin 2007, 13:59
Traitement des images
Par Alain Joannes le vendredi 22 juin 2007, 12:42
Images fixes
http://sourceforge.net/projects/inkscape
Images animées
Attention: Open Movie ne fonctionne que sous Linux, pas sous Windows ni sous
Mac OS.
http://openmovieeditor.sourceforge.net/HomePage
http://www.aswsoftware.com/products/imagetoavi/imagetoavi.shtml
Applications non encore testées fin janvier 2008 mais cela ne
saurait tarder:
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