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jeudi 22 avril 2010

Prison Valley chef d'oeuvre absolu du rich media journalistique

Extension et actualisation de mon livre "Communiquer en rich media", (éditions du CFJ), le blog Hypermedia propose une analyse d'un webdocumentaire produit par Arte, Upian et le CNC sur l'industrie carcérale dans le Colorado.

Arte_Prison_Valley_ceremonie.jpg

Voici le début de cette analyse:

"Prison Valley" représente à ce jour l’horizon indépassable du rich media journalistique.
Indépassable, sans doute provisoirement, par son budget de 230 000 euros.
Mais l’argent ne recouvre pas toutes les raisons de considérer cette réalisation comme un chef d’œuvre absolu.
Il y a aussi et surtout une compréhension aigüe des dimensions que le web ajoute aux traitements traditionnels des contenus informatifs.
Il y a une réflexion exemplaire sur l’architecture et l’ergonomie de « l’objet » web.
Sans oublier le talent des deux reporters, David Dufresne et Philippe Brault et celui des développeurs qui ont su trouver d’impressionnantes solutions pour valoriser les matériaux ramenés du Colorado.
La suite en cliquant sur le:

Lien permanent vers l'analyse détaillée du chef d'oeuvre.

PRECEDENTS BILLETS CONSACRES AU RICH MEDIA JOURNALISTIQUE:

- Les JO de Vancouver par le NewYork Times

- Haïti: le rich media pour mieux comprendre

- Le sommaire de "Communiquer en rich media" (éditions du CFJ)

- Webreportage en Haïti, la valeur ajoutée du rich media

- L'Université de Metz crée une licence de journaliste multimédia.

- Un colloque raconté en rich media avec Vuvox.

- Le New York Times explore une catastrophe aérienne en rich media.

-Webreportage en Haïti, modèle de journalisme actuel.

- La créativité rich media du Financial Times

- Webreportage de Géo récompensé aux Etats-Unis.

- Flyp, magazine en rich media presque parfait.

- Un stage de rich media à Tunis

- Les webreportages de Geo donnent de la profondeur à l'information.

- Un procès en rich media artisanal.

- Du webreportage à l'état pur sur le site du magazine Geo

mardi 16 février 2010

JO de Vancouver: le rich media concentré du New York Times

Kim_Yu-Na_tryptique.jpg

Dédié aux réalisations et aux solutions d'enrichissement des contenus informatifs, le blog Hypermedias analyse le travail exemplaire des équipes du New York Times en ligne: photos, vidéo, animations électroniques dans une même interface avec du son bien ajusté et un texte réduit à sa plus simple expression, la plus performante sur le web.

vendredi 15 janvier 2010

Haïti: le rich media pour mieux comprendre les causes profondes

Le nombre exceptionnellement élevé de morts et de blessés est la principale caractéristique de la catastrophe survenue en Haïti.

Cette dimension n'a pas été mieux expliquée, jusqu'à présent, que par le reportage réalisé en ''rich media'' par deux journalistes indépendants, Jean Abbiateci et Julien Tack.

Avec leur argent personnel et en utilisant intelligemment toutes les ressources du web, les deux reporters ont passé trois semaines sur place pour dévoiler de manière quasiment prémonitoire les causes structurelles du bilan humain:

Haiti_texte.jpg
Alors que les médias linéaires traditionnels - radios et télévisions, notamment - se répètent de manière émotive et superficielle ou s'excitent bizarrement sur les "performances" des seuls sauveteurs français, comme si la tragédie était un terrain de compétition entre les équipes françaises et américaines, l'approche en rich media journalistique décompose la situation complexe d'Haïti en unités de sens qui, très bien documentées et remarquablement illustrées, donnent de la profondeur et de la densité à l'actualité.

Haiti_photo.jpg Photo Julien Tack

On ne comprend pas pourquoi il y a eu tant de victimes si on n'est pas entré dans le reportage de Jean Abbiateci et Julien Tack.
Reportage auquel j'ai consacré plusieurs billets ici et ici et qui justifie un chapitre entier dans mon livre "Communiquer en rich media". En l'occurrence un dialogue avec Jean Abbiateci, l'un des deux auteurs sur les conditions de réalisation de l'enquête.

vendredi 16 octobre 2009

Une actualité multi sources hiérarchisée par des algorithmes

Actu24_logo_haut.jpgOrange propose depuis quelques mois un agrégateur d'informations qui fait appel à de nombreuses sources d'informations de la presse écrite, de la radio et de la télévision.

Agréable et ergonomique, la page d'accueil produit une impression de sérieux et de profusion.

Actu24_page_d_accueil_2.jpg
Dès son arrivée sur la "une", le visiteur a une vue d'ensemble de l'actualité structurée selon une hiérarchie ternaire de discernement: les principaux évènements, les évènements intéressants et les autres. Entre les deux premiers niveaux, les dépêches défilent.

Quiconque s'intéresse particulièrement à un évènement ou à un dossier, peut entrer dans les sélections de reportages en vidéo, de séquences audio et d'articles sur le thème choisi grâce à une technologie de clustering.

Laurent_Frisch_presentation_generale_go__.jpg

Selon Laurent Frisch, chef de produit, deux algorithmes spéciaux justifient le caractère novateur de ce service hybride, à la fois agrégateur et moteur de recherche.

Les algorithmes de 2424 actu (01'08)

Il s'agirait même d'une première mondiale. Affirmation en cours de vérification, enregistrée dans cette courte séquence vidéo:

Voici un aperçu de ce que les algorithmes de clustering proposaient dès le premier clic sur le dossier de l'offensive lancée par l'armée pakistanaise contre certaines tribus:

2424actu_Pakistan_2.JPG

Neuf reportages provenant des chaînes de télévision - c'était le dimanche 18 octobre au début de l'offensive - , des liens vers cinquante articles de presse écrite et une rubrique intitulée "En savoir plus" contenant d'autres reportages sur différents aspects de l'actualité pakistanaise récente.

Laurent Frisch se fait une certaine idée de l'infonaute idéal:Laurent_Frisch_diaporama_6.jpg

Le visiteur rêvé de 2424 actu (00'22)

Les équipes qui travaillent sur l'agrégateur d'Orange ne produisent aucun contenu. Sa substance éditoriale étant délivrée par des organes de presse, la première question qui vient à l'esprit concerne le risque de cannibalisation: si les infonautes trouvent leur bonheur sur 2424 actu, pourquoi iraient-ils visiter des sites media des fournisseurs d'Orange...La réponse de Laurent Frisch:

Un contenu complémentaire à ceux des sites médias (00'45)

France Télévision rejoint d'ailleurs l'agrégateur. D'autres fournisseurs francophones viendront plus tard. Ce sera la profusion réjouissante du web. On pourra parler de diversité et le chef de produit de 2424 actu prend même le risque de placer le pluralisme comme valeur suprême de l'agrégateur.

D'accord sur la profusion, doute sur le pluralisme

Il peut y avoir de la diversité dans la profusion, mais ce n'est pas certain. En tous cas, c'est sous-estimer gravement le conformisme des journalistes français que de croire que le pluralisme - c'est à dire les manières différentes de choisir, de hiérarchiser et de traiter l'actualité - découle naturellement de la profusion des sources.

Bien avant que le web et Google soient accusés de "tuer l'information' (voir les woltonneries et autres joffrinades récemment stigmatisées par mes soins) , la presse française dépérissait lentement, inexorablement, au point d'être désormais la moins lue parmi celles des nations développées, et de moins en moins crédible selon le baromètre annuel "La Croix / Sofres).

Le conformisme des journalistes français a réduit la diversité qui prévalait aux lendemains de la Libération à quelques monopoles naturels qui disent tous la même chose sur les mêmes évènements de la même manière, c'est à dire le contraire du pluralisme. Lequel est un effet de la liberté dont les journalistes français usent bien peu.

La preuve avec cette offre de diversité non pluraliste vue sur 2424 actu:

Actu24_pluralisme.jpg
Personne n'a évidemment envie de "profiter" d'une diversité aussi monotone (1) , typique du copier-coller de dépêches, c'est à dire du journalisme low cost. Tellement bas de gamme qu'il peut s'effectuer sans journalistes, vieux rêve des patrons de presse.

Ce journalisme low cost n'est pas le fait de 2424 actu (qui n'emploie pas de journalistes) mais bien celui d'une presse française dont l'offre de contenus apparait cruellement répétitive et conformiste dans les pages de l'agrégateur.
Les algorithmes de l'agrégateur ne font que capter les causes de l'ennui qui tue l'information à la française beaucoup plus sûrement que Google.

On demande des journalistes capables de hiérarchiser l'information

Autre conséquence des multiples renoncements journalistique, l'éminente responsabilité qui consistait à structurer l'actualité en sélectionnant et en hiérarchisant les évènements risque d'être confiée à des algorithmes, c'est à dire à des séquences informatiques qui évalueront le poids et l'importance des contenus, à la place des "cerveaux" de journalistes.

La réponse de Laurent Frisch est intéressante:

Hiérarchisation algorithmique journalistiquement assistée (01'25)

(ACTUALISATION LE 22 OCTOBRE: voir le commentaire N°7 signé Laurent Frisch: il contient des précisions très intéressantes).

Actu24_autopub_3.jpg

Compte tenu de tout ce qui précède, l'excellent outil d'information 2424actu se destine à trois types d'internautes:

- les enseignants qui auraient la bonne idée de proposer des exercices de discernement médiatique aux futurs citoyens.

- les jeunes citoyens qui souhaitent s'informer à partir de sources sérieusement sélectionnées, parmi lesquelles de vraies "marques médias".

- les infonautes boulimiques qui bénéficient de l'une des plus belle revue de presse jamais offerte par le web.

C'est d'ailleurs sur cet axe qu'Orange diffuse la vidéo de lancement de 2424 actu.

(1) Un petit oxymoron fait du bien de temps en temps.

mardi 16 juin 2009

Webreportage en Haïti: valeurs ajoutées du rich media structuré

Haiti_nuage_de_mots_B.jpgA la question souvent posée: "Quelle différence entre multimédia et rich media? , la meilleure réponse est actuellement: "Allez voir, lire et écouter le webreportage de Jean Abbiateci et Julien Tack sur la route de la faim en Haïti."

Haiti_menu_2_B.jpg

Le projet de ces deux jeunes journalistes entrepreneurs avait inspiré une note admirative dans ce blog en novembre 2008.
Le résultat démontre que les valeurs ajoutées du rich media se situent dans la structuration du webreportage et, à partir de cette structuration, dans la manière d'affecter les modes d'expression aux contenus.

L'expression "valeur ajoutée" se justifie par rapport aux sites et blogs multimédia dans lesquels le texte, les sons, les photos, les vidéos et les liens sont disposés - souvent "déposés" - sans qu'apparaisse une démarche cohérente étroitement liée au sens du reportage (1).

Haiti_graphique_double_dimension.jpgL'architecture choisie pour "La route de la faim" est remarquable parce qu'elle concilie la consultation verticale et l'assimilation linéaire. Il s'agit, en fait, d'une grille invisible avec ses deux dimensions puissamment intuitives puisque ce sont celles des catalogues, des manuels ou des onglets dans les applications web. Lors de la consultation, l'utilisateur cherche ce qui l'intéresse, - et qui n'est pas forcément au début - il assimile puis il passe à un autre thème.

Haiti_Le_dossier_B.jpg

On n'insistera jamais assez sur les vertus de cette ergonomie utilitariste. L'infonaute cesse d'être passif comme un vulgaire téléspectateur. Il comprend d'instinct que toute liberté lui est donnée e il reçoit cette liberté comme une gratification. C'est la grande différence avec la situation souvent pénible de l'auditeur et du téléspectateur obligés de subir un déroulement linéaire imposé par autrui, même quand ce déroulement comporte des inepties. Grâce à l'ergonomie de la "grille invisible", l'infonaute agit sur sa manière à lui d'assimiler un contenu. Ce contenu en devient d'autant plus attractif. L'infonaute avisé peut, par exemple, choisir de commencer par le "making off" pour savoir qui sont les auteurs.

Haiti_les_bonus_B.jpg

La seconde valeur ajoutée de "La route de la faim" apparaît rapidement dans l'exploitation pertinente des modes d'expression.

Premier constat, tous les modes d'expression sont mobilisés.

Haiti_tableau_des_modes_d_expression_2_B.jpg

Deuxième constat: chaque mode d'expression est mobilisé pour ce qu'il apporte de manière spécifique.

  • Le texte est réduit au minimum mais il devient essentiel puisqu'il "dit" ce que les images et les sons ne peuvent pas "dire" aussi bien.


  • A part une perplexité personnelle sur le choix d'une pièce de piano romantique dans la description d"un ancien hôtel de luxe, les sons délivrent des informations que ni le texte ni les images ne peuvent fournir. C'est vrai des interviews, c'est vrai des ambiances et c'est encore plus vrai des commentaires en voix "off", sobres et consistants.


  • Les images pourraient se passer de commentaires tant elles sont riches en informations, en indices. Seules, elles constitueraient un émouvant reportage, comme d'ailleurs celui qui est proposé en bonus. Mais, précisément, les textes écrits et les sons ont été formulés de telle sorte qu'ils augmentent la puissance des images en leur fournissant un solide contexte journalistique.


  • Les liens procurent au webreportage la profondeur documentaire qui constitue la troisième dimension du rich media journalistique.


Bien conçu, bien découpé, bien scénarisé, riche en données et agréablement consultable malgré la gravité du sujet, le webreportage de Jean Abbiateci et Julien Tack était un modèle de bricolage informationnel. Il s'est transformé en exemple de journalisme actuel. Un cas d'école.

Haiti_bandeau_du_carnet_de_route_B.jpg
Lire aussi le carnet de route des deux reporters depuis leur arrivée à Miami le 27 novembre 2008 jusqu'à leurs récentes démarches pour vendre leur travail à différents organes de presse.

Un autre blog, de facture plus classique, sur certains aspects de la situation en Haïti.

1) Le secrétaire de rédaction d'un magazine imprimé avait coutume de demander une photo de dimensions précises, non pas pour donner du sens au reportage mais pour "faire joli" dans la page. C'était du multimédia sur papier.

mercredi 20 mai 2009

L'Université de Metz crée une licence de rich media journalistique

Jean-Luc Raymond m'a récemment signalé le remarquable billet de Mélissa, jeune journaliste (1), qui s'insurgeait le 11 mai dernier contre les carences de l'enseignement proposé par les écoles françaises, en particulier dans le traitement multimédia (2) de l'information.

Melissa_titre_du_billet_.jpg

Je souscris sans réserve à l'orientation générale de ce cri de colère, parfaitement argumenté et judicieusement étayé par de nombreux exemples probants. Plutôt que de picorer quelques extraits dans la diatribe de Mélissa, je vous conseille de lire l'intégralité de sa prose, bien sentie au demeurant.

Deux petits désaccords:

1 - Je ne crois pas que le journalisme multimédia, ou "rich media", puisse se passer complètement du texte comme "entrée" dans des contenus modulaires et comme élément de structuration.Melissa_oublier_le_texte.jpg
Il s'agit plutôt, selon moi, de libérer le texte d'un certain nombre de pesanteurs que d'autres modes d'expression, dont les images et les sons, peuvent prendre en charge de manière plus pertinente.
Ce qui implique une écriture web particulièrement ajustée, d'une précision de joaillerie.

2 - La maîtrise des langages de programmation et, notamment de Flash, ne me semble pas absolument nécessaire pour un(e) journaliste qui doit essentiellement se préoccuper du contenu, de la production de sens, du confort d'assimilation par les infonautes.

Melissa_Logo_fac_Metz.jpgAu-delà de ces réserves subsidiaires, je signale à Mélissa et à tous les futurs ou jeunes journalistes qui se sentent concernés par l'avenir du métier d'informer que l'université Paul Verlaine de Metz ouvre en septembre prochain une formation de journalisme "rich media" très proche, dans ses objectifs, des stages de sensibilisation que j'anime depuis deux ans au CAPJC de Tunis, un des établissements francophones pionniers en la matière (2).

Melissa_ile_du_Saulcy.jpg

Les enseignements qui seront dispensés dans le cadre enchanteur de l'île du Saulcy, en plein coeur de la ville, par Arnaud Mercier semblent à priori parfaitement ajustés aux évolutions actuelles et futures du journalisme. Extraits:

- Techniques rédactionnelles (20 h. td)
- Reportages audiovisuels et radiophoniques (20 h. td)
- Outils de gestion de contenus en ligne (14 h. td)
- Création et exploitation d'un site d'information (14 h. td)
- Traitement numérique des images (20 h. td)
- Méthodologie de la recherche d'informations en ligne (4 h. cm + 10 td)
- Médias collaboratifs, webzines (4 h. cm + 10 td)
- Usages et réception des médias numériques (14 h. cm)
- Écritures hypertextuelles (14 h. cm)
- Sémiologie des productions médiatiques et réception des informations (14 h. cm)
- Sociologie critique des pratiques journalistiques (14 h. cm)
- Stratégies éditoriales de l'information en ligne (4 h. cm + 10 td)
- Écriture multimédias d'information et mise en ligne (14 h. td)
- Vérification de l'information et rapports aux sources

Précisions apportées le 23 mai par Jean-Christophe Dupuis-Rémond, professeur associé à cette Université:

- Les écrits d'admission pour les candidats retenus se dérouleront le 4 juin prochain.

- Avec mon collègue Nicolas Bastuck du Républicain Lorrrain ainsi qu'avec Arnaud Mercier, nous encadrerons une conférence de rédaction bi-hebdomadaire à partir de la rentrée de septembre 2009. Elle déterminera les produits qui seront mis en ligne par nos étudiants sur un support web dédié.

Ce support se veut un laboratoire d'exposition sans contraintes dans la forme (...)Les futurs employeurs de nos étudiants pourront ainsi se faire une idée de leur potentiel.

RAPPEL de notes consacrées, sur ce blog, au rich media journalistiquement structuré:

- Exploitation de Vuvox par La Gazette

- Le New York Times

- Apture

- Le Financial Times

- Webreportage de Géo

- Flyp

- Polyvalences

- Un stage de rich media à Tunis

- Hiérarchie de l'information

- Un procès en rich media artisanal

Melissa_panneau_a_la_recherche.jpg- UN EXEMPLE récent (mai 2009) de reportage en ''rich media'' réalisé en moins de trente-six heures, collecte sur le terrain comprise, par trois stagiaires du CAPJC de Tunis.
D'autres réalisations de stagiaires qui n'ont pas utilisé Vuvox sont également probantes.

Parmi elles, une structure modulaire qui s'ouvre sur une image "clicable" et qui décompose le sujet en un texte, une photo, une vidéo, un son et des liens. Son titre: "Le rich media par lui-même".

Melissa_film_panorama.jpg

Mon approche personnelle du "rich media journalistiquement structuré"- expression utilisée pour le distinguer du rich media inventé par la publicité dans les années quatre-vingt dix - cette approche est exposée notamment dans le chapitre 2 de mon livre avec ses implications dans l'analyse des évènements et la hiérarchisation de l'information, son impact sur les polyvalences professionnelles et sur l'organisation du travail au sein des rédaction.

1) le site de Mélissa, à ne pas confondre avec son blog.

2) Je préfère l'anglicisme "rich media" pour trois raisons:

a) l'approche multimédia consiste souvent, pas toujours, à déposer une photo ici, une vidéo ailleurs, pour des raisons plus décoratives que journalistiquement justifiées. C'est ce qui se passe sur la plupart des sites d'organes de presse hexagonaux où on a le sentiment qu'un secrétaire de rédaction de journal papier demande une image "pour faire joli" dans la page, pas vraiment pour donner du sens à l'information.

b) l'approche "rich media" suppose, de mon point de vue, une structuration journalistique des différents modes d'expression - texte, photos, sons, vidéos, liens - au service des contenus informatifs et pour favoriser une meilleure assimilation de ces contenus par les infonautes.

c) le vocable "rich media" contient la notion d'enrichissement de l'information, notion qui implique selon moi une nouvelle stratégie éditoriale, une nouvelle organisation du travail dans les rédactions et un nouveau type de relations avec les audiences.

Cependant, foin de querelles sémantiques: le fait que quelqu'un emploie le terme "multimédia" ne me gêne pas dans la mesure où il s'agit de désigner une manière de rendre compte en utilisant les outils du web.''


2) En 2008, comme cette année, mes stagiaires tunisiens en rich media démontrent en quelques jours qu'il est possible de s'emparer avec enthousiasme et beaucoup de talent des outils souvent gratuits avec lesquels les journalistes ont intérêt à s'exprimer sur le web. Ils sont signé des réalisations remarquables à partir de reportages très courts.

vendredi 13 mars 2009

Un colloque en rich media avec l'application en ligne Vuvox collage

Rien de plus statique qu'un colloque. C'est le type d'évènement qui ne convient, à priori, qu'à la presse écrite magazine ou, à la rigueur - et dans des formats réducteurs - à la télévision.

Moniteur_resume_du_diaporama.jpgPour le site de La Gazette Santé Social (groupe Moniteur), Guillaume Garvanèse a réalisé avec Hélène Delmotte et Jacques Paquier un reportage en ''rich media'' d'autant plus intéressant que le thème de la conférence n'était pas facile.


Le choix de la rédaction s'est porté sur Vuvox Collage, une application en ligne et gratuite qui intègre du texte, des sons, des vidéos et des liens dans un diaporama.

Moniteur_vue_generale_avec_icone.jpg

Du point de vue de l'internaute, la consultation de Vuvox est extrêmement gratifiante. Les photos racontent un évènements de manière linéaire. Sur certaines de ces photos, il est possible de s'arrêter pour obtenir des précisions délivrées dans une fenêtre pop up sous la forme d'un enregistrement audio, d'une séquence vidéo, d'un texte ou de liens.

Il s'agit donc bien d'une solution d'enrichissement d'un contenu primaire - ici, la photo au lieu du texte dans la plupart des cas - par d'autres contenus formulés dans différents modes d'expression.

Attractivité, consistance, profondeur

Le résultat, remarquable, est exemplaire pour deux raisons. D'abord, le sujet, bien sûr. La preuve est faite, avec le traitement que "La Gazette Santé" a fait de ce colloque, que le journalisme en rich media rend l'actualité plus attractive, plus consistante et plus profonde que quand elle est traitée par les modes d'expression des médias conventionnels: le compte-rendu de ce colloque serait ennuyeux en presse écrite (sauf à multiplier les entrées et les encadrés); il serait parcellaire en radio, assurément réducteur en télévision.

Moniteur_exposition.jpg

Ce résultat est exemplaire, aussi et surtout, parce que l'équipe de "La Gazette Santé" avait pris le risque de découvrir l'outil rich media dans les conditions réelles de la production du contenu pour le site. Elle aurait pu faire un test "à blanc", sur un sujet facile, permanent et pas forcément crucial pour la ligne éditoriale.

L'équipe a choisi, au contraire, de travailler sous la contrainte du reportage sur un évènement dont la durée était limitée dans le temps; pas question de revenir prendre du son ou refaire de photos.


Guillarme Garvanèse, secrétaire de rédaction web, justifie cette prise de risque par une approche qui est à la base de toute l'approche du rich media journalistique.
Guillaume Garvanèse (53 secondes):

Le reportage a mobilisé trois personnes: une pour le son, une pour la photo, une pour la vidéo. Mais cette configuration ne s'impose pas toujours. Dans certains cas - manifestations de rues, les spectacles de plein air très animés - un seule personne peut collecter des sons et prendre des photos parce que l'ambiance s'y prête. Dans le cas de colloque, le photographe qui voulait des images intéressantes et aussi spontanées que possible, pouvait difficilement se charger des interviews sonores.

Engranger, organiser, sélectionner

Sur place, au moment de la collecte, il est recommandé de rassembler le plus possible de matériaux visuels. Outre les photos de personnages, il faut prévoir des prises de vues qui situent les lieux, des plans d'ensemble .
La raison de cette boulimie par Guillaume Garvanèse (40 secondes):

Collecter beaucoup d'éléments en amont suppose beaucoup de temps en pour le dérushage et de la rigueur pour classer photos, sons et vidéos avant de les envoyer vers la bibliothèqe médias de l'application en ligne.
Vuvox collage est une interface agréable, confortable pour les internautes. Derrière, il y a un outil sophistiqué.
Guillaume Garvanèse résume ici les conseils de base pour gagner du temps avec Vuvox (2 minutes 02).

Autres conseils:
Durées souhaitables des modules audio dans VuVox: (32 secondes):

Comment convertir au mieux les fichiers vidéo pour VuVox (45 secondes):

samedi 14 février 2009

Le New York Times explore en rich media toutes les dimensions de la catastrophe aérienne de Buffalo

Pionnier et virtuose du traitement de l'informationBuffalo_diaporama.jpg en rich media depuis la fin des années quatre-vingt dix, le site du New York Times démontre, à propos de la catastrophe aérienne de Buffalo, l'absolue et irréversible supériorité de l'écran sur le papier pour l'analyse et la compréhension d'évènements complexes.

Sur l'écran, le texte reste prépondérant en volume mais il ne monopolise plus la production de sens. Il devient la trame d'un récit éclaté.

Un récit structuré de telle sorte que l'internaute est libre de voyager à l'intérieur du contenu au gré de ses curiosités.

La trame du texte distribue les réponses aux attentes des lecteurs.
La répartition des modules qui enrichissement la narration se fait sur trois niveaux:

Buffalo_diagramme_des_trois_niveaux.jpg

- Niveau 1: 7 liens hypertexte renvoient aux définitions sommaires, au rapides compléments d'information qui correspondent, sur le support papier, aux encadrés ou aux notes en bas de page. Un clic permet de savoir ce qu'est, et ce que fait, le Bureau National de la Sécurité des Transports.
Un autre conduit vers les articles que le New York Times a consacré au constructeur canadien de l'avion.
Ces liens de premier niveau ne perturbent pas une lecture linéaire de l'article: 7 sorties possibles dans un corpus de 1252 mots représentent une digression tous les 178 mots, soit à peu près le volume de texte, et la durée de lecture, de ce billet depuis son début jusqu'à la fin de ce paragraphe.

Les tentations de quitter la trame du récit sont donc rares.

Il va de soi que les infonautes peuvent revenir sur chacun de ces liens pour aller au-delà de la brève présentation du constructeur de l'avion, par exemple. Ils peuvent également suivre le forum de discussion d'experts et de passionnés sur un site dédié à la sécurité aérienne.

Buffalo_phases_du_vol.jpg- Niveau 2 : 4 modules graphiques font pénétrer l'internaute dans les mécanismes intimes de la catastrophe.
Une carte analyse les principales phases du vol de New York à Buffalo avec les principales données que sont les altitudes successives et la chronologie.
Une animation interactive décompose en cinq séquences les dernières minutes du vol 3407.Buffalo_degivrage.jpg L'ultime image - ici en teintes inversées pour une meilleure lisibilité - de ce module interactif explique le fonctionnement du système qui aurait dû éliminer la glace en formation sur les ailes, l'empennage et les stabilisateurs de l'appareil.
Un plan de Buffalo utilisant les vues de Google Street View situe les lieux de la catastrophe.
Un diaporama de dix photos montre les conséquences du crash sur le secteur habité.

- Niveau 3 : 4 hyperliens signalent l'existence d'autres articles relatifs à la catastrophe, parmi lesquels une émouvante évocation des vies brisées de quelques passagers. Celle d' une avocate qui enquêtait sur le génocide au Rwanda. Celle d'un ancien combattant au Vietnam qui avait survécu à deux accidents d'hélicoptères, qui avait une peur bleue de l'avion mais qui s'était résolu à prendre le vol 3407 pour rendre visite à un vieil ami.
Buffalo_six_vies_brisees.jpg
Le fait qu'il n'y ait pas de séquence vidéo dans ce contenu en rich media signifie que les équipes du New York Times n'en ont pas obtenu ou que ce mode d'expression n'apporte rien à la compréhension de l'évènement. Une analyse des quatre vidéos mises en ligne par le Buffalo News révèle la différence de traitement d'un même faits divers par un quotidien national et par un quotidien local: la première approche déploie toutes les dimensions techniques et humaines de la tragédie; la seconde privilégie l'aspect émotionnel, avec des récits de témoins qui, au demeurant, n'ont pas vu grand chose, sauf l'incendie, mais qui racontent leur peur rétrospective.

La puissance tragique du son brut

Rien d'étonnant à ce que le son soit le mode d'expression le plus émouvant dans le récit de la catastrophe. Les journaux télévisés remplacent souvent le son original d'un évènement tragique par de la musique de fiction parce que les sons réels - hurlements des blessés, cris des témoins et des sauveteurs, par exemple - seraient insupportables.

Buffalo_bandeau_site_audio.jpg

Buffalo_Rebecca_Shaw.jpgLe document proposé par le New York Times provient du site spécialisé Air Traffic Control. C'est l'enregistrement brut, avec des silences, de trente minutes de conversations entre la tour de contrôle de Buffalo et les avions aux alentours. Dont le vol 3407. Dans cet extrait, la voix de la co-pilote Rebecca Shaw, 24ans, (photographiée ici au terme de ses études avant d'entrer au sein de la compagnie aérienne en janvier 2008) dialoguant avec un contrôleur aérien quelques minutes avant la chute:

Bribe de conversation qui a dû se produire peu avant l'enregistrement des derniers échos radar:
Buffalo_derniers_echos_radars3.jpg
Le document sonore aurait dû figurer, normalement, au niveau 2 à côté des modules graphiques dans un souci de cohérence audiovisuelle. C'est peut-être la durée de l'enregistrement qui a incité les journalistes du New York Times à le placer au niveau 1 où il illustre, en quelque sorte, les témoignages des autres pilotes et des responsables de la navigation aérienne.

De cette nouvelle (1) leçon de journalisme en rich media, six enseignements pratiques peuvent être tirés:

1) La rédaction web du New York Times ne recourt pas au rich media à tout propos. Elle choisit des évènements complexes - une catastrophe aérienne résulte toujours de plusieurs causes cumulatives - et à propos desquels l'opinion a besoin d'un maximum d'explications (cf. la catastrophe du Mont Saint-Odile, en France, enveloppée de graves suspicions par manque d'explications.)

2) Les équipes du New York Times ont fait preuve d'un réel discernement dans l'affectation des différents modules et des hyperliens.

3) Dense, précis et diversifié, le contenu a été réalisé en vingt-quatre heures.

4) La rédaction du New York Times exploite une des potentialités les plus intéressantes du traitement en rich media: la progressivité de l'enrichissement. Actualisation: le 15 février, soit quarante-huit heures après la catastrophe et vingt-quatre heures après la mise en ligne de modules déjà très complets, le site publiait un diaporama consacré à quelques une des victimes, un reportage sur les lieux et une analyse sur certaines conséquences de la récession dans l'évolution récente du trafic aérien.

5)La presse écrite imprimée ne peut pas lutter contre la richesse et la profondeur documentaire de l'information électronique traitée en rich media.

6) Les organes d'information sur le web qui se contentent de refaire, pour les écrans d'ordinateurs, le traitement très limité du papier (texte, carte, photos) apparaitront de plus en plus ternes et "plats" au fur et à mesure que le rich media se développera.

Ces poor medias en ligne qui trouvent le moyen de "faire du papier" avec des pixels - régression objective - se condamnent au dépérissement.

LIENS COMPLEMENTAIRES OBTENUS PAR APTURE

1) En juillet 2002, le site du New York Times avait mobilisé et remarquablement structuré tous les modes d'expression du rich media- textes, sons, photos, vidéos, cartes, animations électroniques - pour raconter, quasiment en temps réel, le sauvetage des mineurs de Quecreek en Pennsylvanie (page 35 de mon livre "Le journalisme à l'ère électronique".)

mercredi 11 février 2009

APTURE révolutionne l'écriture avec des hyperliens en rich media

L'apparition, il y a vingt ans, des systèmes hypertexte transformait radicalement la manière de consommer un récit. La norme linéaire était bousculée par l'accès aléatoire à de multiples séquences agrégées dans un contenu.
Apture_carres_colores.jpgFinalisée par le World Wide Web de Tim-Berners-Lee, cette révolution a régénéré le récit journalistique tout en lui imposant quelques contraintes, dont celle de produire des contenus à la fois riches et facilement assimilables.
Une bande de jeunes informaticiens de Stanford réunis dans la start up Apture est en train de répandre la révolution des hyperliens en rich media.

Apture_image_principale.jpg

Il faut d'abord ouvrir un compte gratuit sur le site d'Apture et y inscrire son ou ses blog(s). Chaque site ou blog doit ensuite être pourvu d'un script sans lequel l'innovation ne peut pas fonctionner. Pour implémenter cette ligne de code, un tutoriel propose une procédure généraliste ainsi que des méthodes adaptées aux principaux éditeurs de blogs.
(Sur ce blog, par exemple, qui utilise DocClear, le script d'Apture est à copier-coller dans un widget "texte.)

Apture_logos_des_editeurs.jpg

Quand Apture a reconnu le site ou le blog qui lui est affilié, l'administrateur ou les rédacteurs sont en mesure de confier à un seul hyperlien plusieurs accès vers différentes sources textuelles, sonores, visuelles (photos, cartes, vidéos, animations électroniques).

Apture_logos_des_medias_exploitables.jpg

Démonstration rapide avec le mouvement de protestation des chercheurs.

Un lien, six contenus différents dans une seule fenêtre pop up

Pour que l'hyperlien aille de l'expression "mouvement de protestation" vers six destinations différentes - trois vidéos et trois documents textuels - proposées dans une seule fenêtre annexe, il m'a suffi de surligner l'expression en question. Un boîte de dialogue m'a proposé d'inscrire de adresses de sites, des fichiers vidéos. J'aurais pu ajouter sur le même lien des sons, des cartes ou des animations. Il s'agit bien de rich media, mais il est proposé en arrière-plan du contenu.

Si les ressources disponibles par syndication automatique dans le hub d'Apture sont encore limitées en français, cette lacune peut être comblée par la sélection manuelle d'adresses ou de contenus audio et visuels "empaquetés". Les formats de contenus acceptés sont suffisamment nombreux pour que l'on puisse, par exemple, regarder (vidéo Flash) et écouter (MP3) un instrumentiste tout en suivant la partition du morceau qu'il interprète (PDF).

Apture_musicien_et_partition.jpg
Le site Apture.com propose des exemples de mise en oeuvre particulièrement adaptées au journalisme. En particulier:

- Le Washington Post propose des données politiques plus denses et plus transparentes, dont les résultats de votes parlementaires, les statistiques du Congrès, etc.

- Les blogs du San Francisco Gate proposent d'agréables enrichissements du texte par des vidéos pertinentes.

Implications considérables.

Au niveau de l'assimilation d'abord.
Dans le système hypertexte antérieur à l'émergence d'Apture, il y a une contradiction potentielle entre le nombre de liens que le journaliste souhaite proposer et le confort d'assimilation de ses lecteurs.

Un journaliste qui a bien compris les apports professionnels du web, ainsi que l'éthique qui en découle, est tenté d'incruster dans son récit de très nombreux liens:
- parce qu'il n'a pas suffisamment de place pour développer un aspect intéressant de son reportage
- parce qu'il met un point d'honneur à donner ses sources afin que ses lecteurs évaluent la qualité de son propos
- parce qu'il souhaite partager des connaissances plus profondes.

Mais, plus il incruste de liens, plus il risque de pulvériser l'acte de lire. Le lecteur peut se perdre dans une prolifération de liens, en particulier si ces liens conduisent à des sources riches, elles-mêmes très arborescentes.

Avec Apture, le danger de dispersion de l'attention est considérablement atténué. La fenêtre qui s'ouvre n'est pas une digression aussi perturbante que la perdition dans une arborescence infinie. Le lecteur ne perd pas le fil. Exemple, avec une documentation expresse proposée dans un reportage à San Francisco:

Apture_carte_et_3D.jpg

C'est donc au niveau de l'écriture que tout se joue.

Le journaliste doit évidemment limiter le recours à Apture dans un contenu qui est déjà structuré en rich media. Inutile de plaquer de nombreuses structures légères comme celles d'Apture sur une structure lourde.

Le journaliste doit aussi séparer les liens hypertexte en deux catégories pour deux usages différents.

Réserver pour Apture, ceux qui conduisent vers des documents qui appuient le corps du récit: cartes, photos, sons brefs, vidéos courtes.

Les autres sources, notamment celles qui approfondissent le contenu journalistique, doivent être ciblées par des liens proposés à part, de manière traditionnelle. Ce qui exige un sens de la construction non linéaire assez développé et rigoureux.

Avec Apture, le journaliste devient un réalisateur au sens où il agrège et structure des contenus avec le souci de leur richesse et de leur impact.

Il créé des atolls de cohérence dans le chaos du web.

Actualisation le 15 février:

Le New York Times en ligne exploite une application qui ressemble beaucoup à celle d'Apture pour "raconter" la tournée à travers les Etats-Unis de la chanteuse Neko Case: une carte, de nombreuses fenêtres pop up qui proposent des photos et des extraits de chansons en MP3.

Apture_Neko_Case_.jpg
Les trois développeurs du NYT ont prévu, ici, un code de couleurs qui indique avec quel orchestre la chanteuse s'est produite dans les différentes étapes de sa tournée. Une fonctionnalité en parfaite adéquation avec le fond d'un article de cinq pages.

dimanche 30 mars 2008

Annoter des captures de pages web en travail collaboratif

FireShot_gros_logo.jpgDès qu'il apparaît dans le coin supérieur droit du navigateur Firefox, ce petit logo enclenche des gains de productivité appréciables au sein d'une rédaction. FireShot est un logiciel qui assure des captures d'écran, permet d'éditer ces captures et de les échanger.

Cette extension gratuite ne demande que quelques minutes de prise en mains. Quelques minutes d'apprentissage pour économiser des heures de conversations pas toujours efficaces.

FireShots_capture_integrale.jpg

Soit une information mentionnée par l'agrégateur Wikio. Le fait de cliquer sur le logo de FireShot produit la capture de la page web. Le rédacteur en chef,ou un chef de service, dispose d'une première palette d'outils Fireshot_outils_pointeur_formes_dessins.jpgpour souligner un mot, encadrer une phrase, pointer une annotation vers un chiffre Il peut aussi, en étirant un cadre coloré ou non, attirer l'attention de ses collaborateurs sur un paragraphe complet .

Fireshot_4_Gilles_Carrez_bio.jpgLes différentes fonctionnalités du logiciel autorisent la mise au point au sein d'une équipe d'un protocole rudimentaire. Un code de couleurs peut établir des niveaux d'urgence: rouge pour une tâche absolument prioritaire ("tout de suite"), orange pour une vérification qui peut attendre quelques heures; jaune pour une recherche à effectuer dans des délais raisonnables (24 ou 36 heures). Les formes rectangulaires peuvent concerner les institutions, organisations ou entreprises, les formes arrondies étant dédiées aux personnes. Les traits de soulignement indiquent les faits intéressants et les idées à creuser.

Fireshot_2_trouver_rapport.jpg

Les captures d'écran ainsi enrichies sont sauvées sous différents formats dont celui des images jpeg.Fireshot_outils_verticaux_noirs.jpg Ces images peuvent être exportées vers un dossier du disque dur, vers un serveur externe ou envoyées par courrier électronique.

Une des premières exploitations qui vient à l'esprit concerne l'organisation du travail dans une approche hiérarchique verticale, du haut vers le bas. Le rédacteur en chef demande à un journaliste de vérifier et de compléter une information. Le chef de service et tous ceux qui contribuent à la réalisation des éditions reçoivent, eux aussi, les directives.
Dans le cas d'un enrichissement long et complexe, la capture d'écran peut être modifiée par le journaliste qui fait ainsi connaître la progression de son travail à l'ensemble de l'équipe.

Il y aussi la possibilité d'utiliser FireShot dans une approche collaborative horizontale. Un reporter sur le terrain peut demander à ses collègues de la rédaction de vérifier certains points. Une équipe engagée dans une investigation peut se mettre à travailler en essaim à partir de captures d'écran ainsi annotées.

Fireshot_outils_exportation.jpg

Le fait que ces documents de travail puissent être stockés limite les risques de compréhension erronée, les oublis qui découlent des sollicitations multiples et du stress. Le stockage des documents annotés et échangés favorise également la genèse d'une mémoire collective, la construction d'une culture collaborative génératrice de créativité. Sans que soit porté atteinte à la singularité du travail de chaque journaliste.

Téléchargement gratuit

SOURCE: Netwizz

LIEN PERMANENT

dimanche 13 janvier 2008

Rich media et hiérarchie de l'information

Loïc Hergott, étudiant à Rennes, pose à propos du chapitre de mon livre consacré à l'information en rich media, le problème de la hiérarchisation. Donner du sens à l'actualité en aidant les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes à distinguer ce qui est important de ce qui l'est moins reste une des plus hautes responsabilités des journalistes. C'est d'ailleurs en grande partie parce qu'ils ont renoncé à l'effort de discernement, et parce qu'ils ont esquivé le risque de se tromper dans leurs évaluations, que les journalistes ont vu leur fiabilité s'éroder notamment depuis la fin des années quatre-vingt.

L'information en temps réel, la profusion des sources et le mélange des genres accentuent les risques de déclin de l'autorité morale et de l'influence de ceux qui sont payés pour rendre compte de "l'Histoire en train de se faire" et rendre intelligible sa matière chaotique et complexe.

Riche_media_visualisation_2.jpg

Marcos Wescamp propose, avec sa newsmap, une résolution à priori intéressante du dilemme " rapidité ou complexité". Il a mis au point un logiciel de visualisation qui cartographie les flux de l'agrégateur Google News. Fréquemment actualisées, donc pas très éloignées de l'impératif du temps réel, les cartes informatives de Marcos Wescamp effectuent trois opérations de discernement:

- en fonction des origines géographiques

- en fonction des principaux thèmes de l'actualité

- en fonction du volume de dépêches sur un sujet donné.

Rich_media_France_1_international_et_business.jpg Le nombre d'occurrences captées par un moteur de recherche constitue un critère d'évaluation de l'information en ce sens que si un évènement réellement historique survient, il suscitera forcément de nombreux articles et commentaires. Mais l'algorithme de Google n'est pas un modèle de discernement journalistique. Par exemple, la nouvelle de la mort de sir Edmund Hillary, vainqueur de l'Everest, occupe un territoire plus important parce que Google a drainé 2800 articles à ce propos. Or, il y avait assurément, ce jour-là, des évènements plus porteurs d'avenir que le décès de cet homme estimable. La quantité d'articles peut être un symptôme de conformisme en même temps qu'une incitation à s'y soumettre.

Il y a pourtant un aspect intéressant dans cette fonctionnalité: elle donne un peu de profondeur à cette planisphère. Le fait de cliquer sur un quadrilatère coloré donne accès aux articles.Rich_media_France_2_OGm_et_arche_de_zoe.jpg Cette même fonctionnalité peut conduire au traitement en riche media d'un évènement complexe, grâce à des liens qui conduisent vers les textes, les sons, les photos, les vidéos. Bien sûr, ce n'est pas parce qu'un évènement est complexe qu'il est plus important que d'autres. Il y a quand même de fortes probabilités pour qu'un évènement de portée historique soit assez complexe.

Par ailleurs, les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes assimilent l'information selon des modalités variables. Certains veulent être alertés sur leurs terminaux nomades, d'autres sur leurs récepteurs radio, d'autres sur leurs ordinateurs. Ce qui suppose des visualisations très différentes.

La réflexion gagnerait sans doute à se prolonger à partir d'un code de couleurs par catégorie d'évènements parce qu'un tel code est assimilable sur tous les écrans. Y ajouter, peut-être une évaluation en trois points:

- Majeur : 000

- A suivre : OO

- Courant : O

Un traitement en rich média ne s'imposerait que pour les évènements majeurs, étant entendu que les évènements "à suivre" et "courants" peuvent devenir "majeurs".

''LIEN PERMANENT''

jeudi 6 décembre 2007

Quatre heures de travail pour une minute de vidéo

Professeur de journalisme électronique à l'Université du Centre Lancashire, Andy Dickinson a réalisé une enquête sur le temps passé à réaliser un reportage en vidéo. Trois séquences ont été mesurées: la préparation du reportage, le tournage et la post-production.

Les résultats méritent d'être lus en détail sur l'excellent blog andydickinson.net. Raison pour laquelle, je n'en reproduit ici que les enseignements dominants:

- 71,2% des reportages portent sur des thèmes prévisibles.

- 56% ont une durée comprise entre 2 et 3 minutes.

- 51,9% des reportages font partie d'un ensemble multimédia.

- 58,8 % des video-reporters consacrent 1 heure à la péparation du reportage ( documentation, recherche des angles, mise au point des interviews).

- 48 % passent 2 heures en tournage.

- 34,6% ont besoin de plus de 4 heures en montage-mixage.

Andy Dickinson estime qu'en moyenne 1 minute de video diffusable représente 4 heures de travail.

Il souligne le fait que le montage constitue le goulet d'étranglement mais que la durée moyenne de post-production diminue avec l'expérience, donc avec l'âge.

Lien permanent

samedi 1 décembre 2007

Un procès en rich media artisanal

Kansas_logo.jpg Reporter au "Wichita Eagle", Ron Sylvester a raconté dans son approche du rich media le procès, à Eureka, de l'assasin du sheriff de Mayberry.

Kansas_revolver.jpgIl a principalement utilisé un petit clavier relié à son téléphone nomade en mode Bluetooth pour envoyer de très fréquentes actualisations au fil des audiences. Ces actualisations ont été tellement appréciées par les internautes de la région que la rédaction a décidé de leur consacrer une page spéciale. De ce type d'écriture, Ron Sylvester retient trois enseignements: 1 - Même fragmenté en courtes phrases pas toujours élégantes, le reportage par SMS, reste une narration qui doit garder la logique et la cohérence du récit journalistique. 2 - Les actualisations en temps quasi-réel s'effectuent dans un registre émotionnel auquel le public est forcément sensible. 3 - Les actualisations de Ron Sylvester ont beaucoup servi à ceux de ses confrères qui, au siège du journal, étaient chargés de rédiger des compte-rendus plus approfondis pour la version papier du "Wichita Eagle".

Pendant toute la durée du procès, il a utilisé son ordinateur portable - à côté de la salle d'audience - pour réaliser des documents sonores avec le logiciel gratuit Audacity comme outil de montage. Ces documents étaient envoyés sur le serveur et mis en ligne immédiatement. Remarque intéressante: "Pour ce type d'évènement, le son est plus puissant que n'importe quelle vidéo."

Il était équipé de cartes à mémoires de grande capacité pout stocker les clichés par des photographes professionnels. Ces clichés lui ont notamment permis de réaliser sur son ordinateur portable des diaporamas d'excellente facture avec l'application Soundslides Plus ( +/- 50 euros) Kansas_soundlslides.jpg Le jour du verdict, le reporter a même utilisé l'application Yahoo! de messagerie instantanée pour rendre compte minute par minute directement sur la page web.

Il manque à la page spéciale que la rédaction a décidé de consacré à ce procès des vidéos, des graphiques (statistiques criminelles par exemple), des cartes. Mais l'essentiel réside dans le caractère artisanal de cette performance journalistique. Derrière le bricolage, il y a une volonté de raconter avec les moyens narratifs disponibles.

Source: Technolo- J, un blog pour les journalistes technophiles.

Lien permanent

jeudi 23 août 2007

Ecrire, parler

Expression journalistique exigeante

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vendredi 22 juin 2007

Solutions de blogging

Catalogues et comparatifs d'outils installés ou hébergés

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Régles d'édition

Bonnes pratiques de la mise en forme

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Logiciels de publication

Mise en page, gestion de contenus

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Traitement des sons

Logiciels de montage et de mixage audio

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Traitement des images

Images fixes

http://www.gimp.org

http://sourceforge.net/projects/inkscape

http://www.gliffy.com

Images animées
Attention: Open Movie ne fonctionne que sous Linux, pas sous Windows ni sous Mac OS.
http://openmovieeditor.sourceforge.net/HomePage

http://www.aswsoftware.com/products/imagetoavi/imagetoavi.shtml

Applications non encore testées fin janvier 2008 mais cela ne saurait tarder:

OpenVIP

Jahshaka

Traitement de textes

éditeurs et suites bureautiques

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